Squonk

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Le Squonk est une créature présente dans les légendes, vivant selon les dires dans les forêts de Hemlock, au nord de la Pennsylvanie. Cette légende - ou plutôt canular - est probablement apparue à la fin du XIXe siècle, date à laquelle s’est vu s’accroître l’importance de l’industrie du bois, et de son abattage.

Le premier écrit faisant mention des « squonks » provient d’un livre de William T. Cox intitulé Créatures effrayantes des sous-bois, plus autres bêtes du désert et de la montagne (en) (1910). Le récit de Cox est repris par Jorge Luis Borges dans son Livre des êtres imaginaires (1969).

Description[modifier | modifier le code]

Le squonk est une créature très laide, et consciente de cela. À cause de sa peau plissée, recouverte de verrues et autres marques peu ragoûtantes, il se cache afin de ne pas être aperçu, et passe son temps à pleurer douloureusement sur sa propre laideur. Les chasseurs ayant essayé d’attraper des squonks se sont bien vite aperçus que cette créature était capable de s’échapper par une dissolution complète impliquant une transformation en une mare de larmes et de bulles quand il devenait captif. On raconte qu’un certain J.P Wentling aurait réussi à en amadouer un et à le mettre dans un sac, qu’il ramena chez lui, ce dernier étrangement léger. En l’inspectant, il vit que le sac n’était plus rempli que d’un liquide, seul vestige de la mélancolique créature.

Le nom scientifique du squonk est Lacrimacorpus dissolvens (corpus, signifiant corps, lacrima, larmes, dissolvens, qui se dissout).

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Probablement inspirés par le travail de Borges, certains groupes de rock des années 1970 intégrèrent le mythe du squonk dans leurs chansons. Steely Dan fut le premier à les mentionner dans la chanson « Any Major Dude Will Tell You », dans leur album Pretzel Logic (1974). Deux ans plus tard, ce fut le tour de Genesis, dans leur album « A Trick of the Tail », comprenant la chanson « Squonk », paroles de Mike Rutherford-Tony Banks, et chantée par Phil Collins.

Plus récemment, le nom de squonk a été utilisé suivant divers contextes, notamment par un groupe des arts du spectacle dans la région de Pittsburg, Squonk Opera, une compagnie théâtrale française, « Adèle et le squonk », ainsi que par un groupe hollandais de jazz rock, « The Mighty Squonk ».

Une nouvelle de Glen David Gold intitulée «  The tears of Squonk, and what happened thereafter» (Les larmes du Squonk, et ce qu’il en advint par la suite) fait également mention de ce mythe et donne ainsi le nom de « squonk » au clown fourbe de son histoire, pleurant « des larmes de crocodile, sans aucun crédit ».

Figure mythique et symbolique reprise dans Permafrost (1997) de l'écrivaine québécoise Louky Bersianik : « Un Squonk est immortel. Il renaît toujours de ses bulles. » Ou l'art de la résilience, sans l'oubli.

Références scientifiques[modifier | modifier le code]

On retrouve également les squonks en biologie et en chimie. On appelle ainsi certaines substances qui sont stables en solution, ainsi que d’autres en forme « libre », ne pouvant être isolées ou capturées sans que l’on catalyse leur propre polymérisation ou décomposition. (« elles se dissolvent dans leurs propres larmes »). Par exemple, une molécule contenant une moitié d’acide carboxylique et une moitié d’acide labile peut être stable quand elle est initialement préparée comme l’on prépare le sel. (ex. préphénate de baryum), mais devient instable si l’on prend l’exemple de l’acide libre (acide préphénique (en)).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Toby J. Sommer, « Chemical Squonks », Chemical Innovation, 2000, 30 (April 2000), 24-32. ISSN: 1527-4799. Chemical Abstracts: 133:73580 ; CAPlus: 2000:254494.