Poliévik

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Le pol(i)évik (ou polévoï) et son équivalent féminin la polovdnitsa (ou poloudnitsa) sont des esprits de la nature comparables aux lutins et aux fées, connus du folklore des pays slaves, notamment en Pologne (polewik) et en Russie (Полевой). Ils ont pour fonction première de veiller sur les champs, mais peuvent également jouer des tours aux paysans et à leurs enfants.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'elficologue Pierre Dubois emploie la variante russe poliévik. La variante polevik correspond à la version polonaise ou tchèque. L'orthographe française est assez variable. Pour l’équivalent féminin, Pierre Dubois parle de « polovdnitsa » et Pierre Crépon de « poloudnitza ». « Poloudnitza » (Полу́дница) et ses variantes seraient issues du mot russe pour midi, polden[1].

Fonction et apparence[modifier | modifier le code]

Ils sont dévolus au soin des champs. Le poliévik commande aux herbes folles de s'écarter des herbes utiles, aux insectes de cesser leurs dégâts, au vent et à la grêle de ne pas abîmer les moissons. S'il est de mauvaise humeur, un poliévik peut s'attaquer aux paysans isolés[2] et aux ivrognes fainéants qui s'endorment dans leurs champs au lieu de labourer[1]. L'une de ses particularités serait de changer de taille en fonction de la croissance des plantes à moissonner : il retourne à la taille d'une graine après les récoltes[3],[4]. Une croyance répandue veut qu'il se cache alors dans la dernière gerbe moissonnée, qui était traditionnellement habillée comme une poupée et présentée au propriétaire des terres concernées lors d'une fête[5]. Passé le mois de septembre, le poliévik réclame ce qui n'a pas été moissonné[4]. L'apparence du poliévik reflèterait sa fonction : son corps a la couleur de la terre, et ses cheveux sont verts[5]. Pierre Dubois leur attribue une peau cuivrée et des yeux bleus[2].

La polovdnitsa est principalement connue au nord de la Russie[1]. Elle apparaîtrait aux paysannes dans les chemins pour leur poser des questions sur les plantes qui poussent dans les champs. Si elles ne savent pas répondre, elle les étrangle. Elle égare aussi les enfants dans les champs[2]. Dans la mythologie slave, la poloudnitsa est une fée des champs qui se présente généralement sous la forme d'une grande femme ou d'une fille habillée en blanc. Elle apparaît dans les champs à minuit quand les agriculteurs se reposent de leurs labeurs aux champs[6].

Origine et symbolique[modifier | modifier le code]

Comme tous les esprits des plantes et des moissons, le poliévik et la polovdnitsa symbolisent le besoin de maintenir les plantes en bonne santé et de respecter le rythme de la Terre[7]. De manière générale, ces esprits rejoignent un folklore abondant d'êtres liés à la nature, tous plus ou moins malfaisants et nés de l'imagination populaire[8]. Ils se situent dans l'espace intermédiaire entre la nature sauvage et la maison[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Crépon et de Smedt 1980, p. 224
  2. a, b et c Pierre Dubois (ill. Claudine et Roland Sabatier), La Grande Encyclopédie des lutins [détail des éditions] p. 114-115
  3. Carole Wrona, Imaginaires de la taille humaine au cinéma : de la figuration du nain, L'Harmattan, 2006, (ISBN 978-2-296-01525-8), p. 145
  4. a et b Franklin 2005, p. 124
  5. a et b Khanam 2003, p. 273
  6. (en) Patricia Turner et Charles Russell Coulter, Dictionary of Ancient Deities, Oxford University Press,‎ 2001, 608 p. (ISBN 9780195145045), p. 386
  7. Franklin 2005, p. 125
  8. Crépon et de Smedt 1980, p. 237
  9. Warner 2002, p. 38

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Georgess McHargue (ill. Frank Bozzo), The impossible people: a history natural and unnatural of beings terrible and wonderful, Holt, Rinehart and Winston,‎ 1972 (ISBN 978-0-03-080237-9)
  • Pierre Crépon et Marc de Smedt, L'Europe païenne: grecs, romains, celtes, scandinaves, germains, slaves..., vol. 10 de Mémoire vive, Seghers,‎ 1980, 368 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Dubois (ill. Claudine et Roland Sabatier), La Grande Encyclopédie des lutins [détail des éditions] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Carol Rose, Spirits, fairies, gnomes, and goblins: an encyclopedia of the little people, ABC-CLIO,‎ 1996, 369 p. (ISBN 978-0-87436-811-6)
  • (en) Elizabeth Warner, Russian myths, British Museum, coll. « Legendary past »,‎ 2002, 80 p. (ISBN 978-0-7141-2743-9)
  • Catherine Rager, Dictionnaire des fées et du peuple invisible dans l’occident païen, Brepols,‎ 2003, 1041 p. (ISBN 978-2-503-51105-4, présentation en ligne)
  • (en) R. Khanam, Demonology: socio-religious belief of witchcraft, Global Vision Publishing Ho,‎ 2003, 344 p. (ISBN 978-81-87746-70-6)
  • (en) Anna Franklin, Working with fairies: magick, spells, potions & recipes to attract and see them, Career Press,‎ 2005, 256 p. (ISBN 978-1-56414-824-7)
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