Bouraq

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Le Bouraq d'après une miniature moghole du XVIIe siècle

Le Bouraq, ou Burak, est, selon la tradition islamique, un coursier fantastique venu du paradis, dont la fonction est d'être la monture des prophètes. Selon l'histoire la plus connue, au VIIe siècle, le Bouraq fut amené par l'archange Gabriel pour porter le prophète de l'islam, Mahomet, de La Mecque à Jérusalem, puis de Jérusalem au ciel avant de lui faire effectuer le voyage de retour au cours de l'épisode dit Isra et Miraj (signifiant respectivement en arabe : « voyage nocturne » et « échelle, ascension », qui est le titre d'un des chapitres du Coran). Le Bouraq a aussi porté Ibrahim (Abraham) lorsqu'il rendit visite à son fils Ismaïl (Ismaël), à la Mecque. Il est un sujet d'iconographie fréquent dans l'art musulman, où il est généralement représenté avec une tête de femme, des ailes, et une queue de paon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « Bouraq » est de la même famille linguistique que le mot arabe برق qui signifie « éclair ».

Mentions[modifier | modifier le code]

Le Bouraq est lié au voyage nocturne de Mahomet, qui fut effectué par le prophète entre La Mecque et Jérusalem en une nuit, le nom d'« ascension » désignant son ascension de Jérusalem au ciel. Tout au long du voyage, le Prophète fut accompagné par l’Archange Gabriel (Jibril en arabe) qui le guida et lui montra les nombreux spectacles de l’Enfer et du Paradis. Selon certains textes, Gabriel mit à la disposition du Prophète une monture nommée al burāq, qui faisait des bonds gigantesques. Arrivé au plus haut des Cieux, le Prophète put s’entretenir avec Dieu, qui lui prescrivit les prières quotidiennes que les musulmans font[1].

Coran[modifier | modifier le code]

Mahomet entouré d'anges durant le voyage nocturne

Le Bouraq n'est pas mentionné dans le Coran, où il est simplement dit (« Le Voyage nocturne », XVII, 1) « II est exempt de toute imperfection, Celui Qui fit voyager de nuit Son serviteur, de la Mosquée sacrée à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni les alentours, afin de lui montrer certains de Nos signes évidents. Il est Celui Qui entend et Qui voit ». Il est donc simplement dit qu'il s'agit d'une monture[Pourquoi ?].

Sahih al-Bukhari[modifier | modifier le code]

Des descriptions plus détaillées de cet épisode dans les premiers versets des miracles d’Al-Isrâ’ et Al-Mi`râj. Un extrait d'une traduction du Sahih al-Bukhari décrit le Bouraq comme tel : « Un animal blanc et long, plus grand qu'un âne mais plus petit qu'une mule, qui pose son pied aussi loin que le regard peut porter[2]. »

Autres mentions[modifier | modifier le code]

L'épisode du Miraj par Sultan Muhammad

Un récit du voyage nocturne rapporté par Omm Hâni’ donne un autre éclairage sur le Bouraq : « Le Prophète dormait chez nous la nuit où le miracle d’al-Isrâ’ eut lieu. Je constatai son absence cette nuit là et je ne pus fermer l’œil de peur qu’un malheur ne lui soit arrivé. [À son retour], le Prophète m’expliqua : Gabriel vint me voir, il me prit par la main et nous sortîmes de la maison, puis devant la porte, je trouvai une monture entre la mule et l’âne. Il me fit monter dessus et nous partîmes. » Il s'agissait selon les interprétations des textes d'une grande bête blanche, plus grande que l'âne mais plus petite que le mulet. Elle pouvait poser ses sabots à l'extrême limite où se portait le regard. Elle avait de longues oreilles. Chaque fois qu'elle faisait face à une montagne, elle étendait les jambes. Elle avait deux ailes sur les cuisses, qui donnaient la force de ses jambes.

Le Bouraq aurait résisté quand le Prophète s'avança pour le monter. L'Archange Gabriel posa alors sa main sur sa crinière et dit : « N'as-tu pas honte, ô Buraq ? Par Allah, personne ne vous a monté dans toute la création de plus cher à Allah que lui. » En entendant cela, le Bouraq eut tellement honte qu'il sua jusqu'à devenir trempé, et il se tint immobile pour que le Prophète le monte[3].

Hamza Rhzaouni a écrit deux articles sur le Bouraq. Selon Ibn Al Qayim, « Le Prophète fit le voyage nocturne corps et âme, de la Mecque au temple sacré de Jérusalem, en chevauchant Al Bouraq en compagnie de Jibril (Gabriel). Il descendit à Jérusalem et dirigea la prière avec les prophètes, tandis que le Bouraq se trouvait attaché à la porte de la mosquée. » Puis il traversa les sept cieux et son coursier fut l'aile de Jibril jusqu'au lotus de l'extrême limite, endroit où Jibril resta en arrière.

Abraham[modifier | modifier le code]

Le Bouraq a également été mentionné comme la monture d'Abraham, lorsqu'il rendit visite à sa femme Agar et à son fils Ismaël. Selon la tradition musulmane, Abraham vivait avec Sarah à Jérusalem, sa première femme, mais le Bouraq le transporta en une matinée à La Mecque pour voir sa famille, et le ramena en une soirée à Jérusalem auprès de sa femme[4].

Interprétations et symbolique[modifier | modifier le code]

Mahomet, guidé par l'Archange Gabriel et monté sur le Bouraq, face aux démons de l'enfer
Article connexe : Cheval ailé.

Selon les érudits, le Bouraq est « le premier des quadrupèdes que Dieu ressuscitera au dernier jour : les anges poseront sur lui une selle de rubis éblouissants. Ils lui mettront en bouche un mors d'émeraude très pure, et le conduiront au tombeau du prophète. Dieu ressuscitera alors Mahomet, qui montera Al Burak et s'élèvera ainsi jusque dans les cieux[5] ».

Selon le Dictionnaire des symboles, le Bouraq est un symbole de triomphe et de gloire, qui permet l'accession des élus au Paradis divin[6].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Dans l'art, le Bouraq est généralement représenté comme un cheval ailé avec le visage d'une femme et une queue de paon. Son image change au fil des époques, il peut ressembler à un âne, un mulet ou un cerf, mais la forme représentée en majorité est celle d'un cheval ailé blanc aux ailes d'aigle, au buste de femme et à la queue de paon.

Impact culturel[modifier | modifier le code]

Mosquée du Bouraq et mur du Bouraq[modifier | modifier le code]

Une tradition rapportée par écrit au XIVe siècle par Ibn Furkah raconte que le Bouraq, monture de Mahomet, a été attachée au mur occidental lors du voyage du Prophète à Jérusalem[7]. À l'endroit précis où il attacha le Bouraq, une petite mosquée fut construite et nommée « mosquée du Bouraq »[8]. Elle se situe au coin sud-ouest de l'Esplanade des mosquées, juste au-dessus du mur occidental. Durant les années 1920, une partie du mur occidental, la seule partie restante du Second Temple dans la vieille ville de Jérusalem, commença à être appelé le « mur du Bouraq ». L'origine de ce nom est issu du récit selon lequel Mahomet attacha le Bouraq à ce mur lors du voyage nocturne[9],[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Leah Sullivan, « Jerusalem: The Three Religions of the Temple Mount », stanford.edu (consulté le 6 décembre 2008).
  2. Sahih al-Bukhari 5, 58, 227
  3. Muhammad al-Alawi al-Maliki,al-Anwar al Bahiyya min Isra wa l-Mi ' Raj Khayr al-Bariyyah
  4. (en) Reuven Firestone, Journeys in Holy Lands, SUNY Press, 1990, (ISBN 978-0791403310) p. 117
  5. « Un pégase entre mythologie et Islam » (consulté le 13 septembre 2009).
  6. Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Paris, Éditions Robert Laffont, Jupiter,‎ 1969, 1110 p. (ISBN 2-221-08716-X), p. 179.
  7. (en) Simone Ricca, « Heritage, Nationalism and the Shifting Symbolism of the Wailing Wall », Institute of Jerusalem Studies (consulté le 17 juin 2014)
  8. http://www.islamiclandmarks.com/palestine/jerusalem/buraq_masjid.html
  9. (en) Cobb, Gary L., Three Religions One Temple Mount, Xulon Press,‎ 2007 (ISBN 978-1-60266-558-3, OCLC 156820273) p. 14
  10. Hillel Halkin, « "Western Wall" ou "Mur des lamentations" ? », Jewish Virtual Library,‎ 12 janvier 2001 (consulté le 5 octobre 2008).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]