Thomas de Cantimpré
|
|
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
Thomas de Cantimpré est un théologien et hagiographe, né en 1201 près de Bruxelles et mort le 15 mai 1272.
En 1232, il entre dans l'ordre de Saint Dominique à Louvain. L'année suivante, il part à Cologne pour poursuivre ses études théologiques sous l'égide d'Albert le Grand. Quatre ans plus tard, il se rend à Paris où il continue sa formation. Il retourne à Louvain en 1240 où il enseigne la philosophie et la théologie.
Son œuvre la plus importante est le Bonum universale de apibus, une « oeuvre d'édification morale et spirituelle appuyée d'exempla et de similitudes tirées de la vie des abeilles[1]», qui sont utilisées de façon allégorique. Sa rédaction se situe entre 1256 et 1263.
Dans cet ouvrage, il fut le premier à théoriser une raison aux meurtres rituels dont les Juifs étaient alors de plus en plus accusés : pour lui, les Juifs, souffrant d'hémorragies (depuis leur interpellation à Ponce Pilate : « Que son sang soit sur nous, et sur nos enfants » [2]) se seraient vu prédire par « un des leurs, jouissant de la réputation de prophète » que « seul le sang chrétien (solo sanguine Christiano) » pourrait les soulager de ce mal. Pour Thomas de Cantimpré, les Juifs, « toujours aveugles et impies », ont alors pris cette prophétie à la lettre et commencé à récolter du sang chrétien par le moyen de meurtres rituels. Or, selon lui toujours, le vrai sens de la prophétie était que seul le sang de Jésus Christ (symboliquement bu lors de l'Eucharistie), et non le sang de n'importe quel chrétien, pouvait agir. Le seul remède pour les Juifs était donc, selon la logique de Thomas, la conversion [3],[4] .
Encyclopédie [modifier]
Il est aussi l'auteur du livre encyclopédique Liber de Natura Rerum dont la première rédaction date de 1237-1240, mais qui a été remaniée par la suite. Il s'agit d'une compilation d'auteurs anciens en 19 livres réalisée avec moins de finesse et d'esprit critique que celle de Vincent de Beauvais. Ce dernier ouvrage inspirera un peu plus tard Konrad von Megenberg. Il sera pillé jusqu'à la Renaissance pour ses catalogues de pierres, de monstres et surtout d'animaux[5].
Bibliographie [modifier]
- Archives de littérature du Moyen Âge (ARLIMA), http://www.arlima.net/qt/thomas_de_cantimpre.html
Notes [modifier]
- Baudouin Van den Abeele, « Diffusion et avatars d'une encyclopédie: le Liber de natura rerum de Thomas de Cantimpré », dans G. de Callataÿ et B. Van den Abeele, Une lumière venue d'ailleurs, Louvain-la-Neuve, Brepols, 2008, p. 142.
- Matthieu 27:25
- (en): Jewish Encyclopedia – Blood accusation, par Richard Gottheil, Hermann L. Strack, Joseph Jacobs
- Thomas de Cantimpré, Bonum universale de apibus, liber II, cap. xxix, §§ 22-23 (De puella a Iudeis crudelissimie occisa / Cur Iudaei Christianum sanguinem effundant quotannis sur le site de l'Université de Trèves)
- Baudouin Van den Abeele, « Diffusion et avatars d'une encyclopédie: le Liber de natura rerum de Thomas de Cantimpré », dans G. de Callataÿ et B. Van den Abeele, Une lumière venue d'ailleurs, Louvain-la-Neuve, Brepols, 2008, p. 158.