Croque-mitaine

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Que viene el Coco (Voici le Coco) de Francisco de Goya, vers 1797.

Le croque-mitaine (variante croquemitaine) est un personnage maléfique dont on parle aux enfants pour leur faire peur et ainsi les rendre plus sages.

Il sert souvent à marquer les interdits vis-à-vis de moments ou de lieux considérés comme dangereux, en particulier par rapport à la nuit, traditionnellement dévolue aux démons et aux mauvais esprits. Un croque-mitaine peut se dissimuler aux abords d'un cours d'eau ou d'un étang, afin de noyer les imprudents. Dans les régions où l'hiver peut être rigoureux, un croque-mitaine (Jan del Gel, en Val d'Aran) mange le nez et les doigts de l'enfant (les parties du corps les plus exposées aux gelures). La crainte provoquée par la menace de tels personnages crée une peur qui n'a plus besoin d'être motivée.

Les croque-mitaines existent dans l'imaginaire de tous les pays. Leurs noms sont extrêmement variables et, sauf quelques particularités qui permettent de les identifier, leur aspect est assez mal défini, ce qui, dans une transmission orale, permet à chacun de s'imaginer un être d'autant plus effrayant : homme, femme, animal (le loup joue parfois le rôle de croque-mitaine), ou même créature fantasmatique comme la came-cruse (camba crusa, ou camo cruso, « jambe crue »)[Note 1] en Gascogne, qui est une « jambe nue avec un œil au genou ».

Des personnes réelles et vivantes (âgées, au physique inquiétant, ou vivant en retrait de la communauté) endossent souvent, volontairement ou non, la personnalité du croque-mitaine pour menacer les enfants. À cet égard, le croque-mitaine, supposé réel pour être efficace, entre peu dans les contes de la tradition orale, qui sont en principe acceptés comme des fictions par les auditeurs, ni les légendes, considérées comme vraies mais constituées d'un récit plus ou moins précis. Le croquemitaine se situe à la lisière, les uns (les parents) ne croyant pas à sa réalité, les autres (les enfants) étant persuadés de son existence.

Le croquemitaine est devenu un sujet pour la littérature, la télévision, le cinéma.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La plupart des dictionnaires étymologiques éludent la question ou mentionnent simplement « origine obscure ». Parmi les étymologies qui sont proposées, aucune n'est véritablement convaincante. Le mot « croque-mitaine » apparaît dans la littérature au début du XIXe siècle. Collin de Plancy lui consacre un article dans son Dictionnaire infernal (1818)[1], avec un renvoi à l'entrée « Babau ». On le trouve à maintes reprises chez Victor Hugo, et dans la chanson de Béranger « Les myrmidons » datée de décembre 1819 :

mironton, mirontaine,
prends l'arme de ce héros ;
puis, en vrai croquemitaine,
tu feras peur aux marmots.

Le terme est formé de deux mots : « croque », du verbe « croquer » (mordre, manger) ou « crocher » (attraper avec un croc), et « mitaine », qui est plus difficile à interpréter. « Mitaine » pourrait dériver de l'ancien français mite, qui signifie « chat ». Il s'agirait donc d'un « mange-chat » dont le but serait de faire peur aux enfants. « Mitaine » désigne aussi un gant aux doigts coupés, ou, pour reprendre l'interprétation précédente, une patte de chat aux griffes rentrées. Le mot pourrait suggérer l'idée d'un mangeur de doigts, le monstre étant alors invoqué par les parents pour inciter leurs bambins à arrêter de sucer leur pouce. La mitaine, ou le gant, évoque plus simplement la main qui gifle : dans une farce[2], un personnage dit :

Croque, croque, mon amy,
croque cette mitaine !

en donnant un soufflet à son partenaire. Le « croque-mitaine » renverrait alors à la menace d'une gifle.

Une autre interprétation verrait plutôt dans « mitaine » une déformation de l'allemand Mädchen ou du néerlandais Meisje (dans ces langues, ces mots signifient « fille » au sens de « jeune personne féminine »)[3].

Origine du mythe[modifier | modifier le code]

  • Chez les anciens Grecs, Lamia (Λάμια) servait de croque-mitaine.
  • Platon fait référence, dans La République, à une croque-mitaine du nom de Mormo (Μορμώ). Il l'évoque de nouveau dans le Criton (46,c).
  • Lesbos a également connu une croque-mitaine : Gello (Γελλώ) la voleuse d'enfants.
  • À Rome, un brigand du nom de Cacus était utilisé pour effrayer les enfants. Il fut tué par Hercule.

Selon certains, le croque-mitaine serait à l'origine une sorte de lycanthrope. Il est censé se dissimuler de préférence dans les lieux sombres et fermés comme sous un lit, dans un placard, dans une cave, etc.

La croyance, jadis très répandue aux Pays-Bas, selon laquelle le croque-mitaine, sur l'ordre de son maître, se glissait dans la nuit par la cheminée pour apporter les cadeaux, est née au Moyen Âge. Dans la maison plongée dans le noir, la cheminée représentait l'inquiétant passage obscur qui faisait communiquer directement avec l'extérieur, la porte des esprits (dans de nombreux contes populaires, des personnages généralement maléfiques descendent par la cheminée). Et malgré toutes les représentations grotesques du diable, on n'oubliait pas que celui-ci devait être un esprit, une puissance supraterrestre. Peut-être était-ce justement pour refouler ce personnage de croque-mitaine, ou par simple ignorance, ou encore par pure fantaisie romanesque, que l'on a fini, dans le Nouveau Monde, par faire descendre le père Noël lui-même par la cheminée. Mais cette variation est peut-être aussi l'expression d'un espoir, celui de l'existence d'un esprit bienfaisant qui, même incognito, console les petits quand les puissants dorment.

Les traditions religieuses ont très tôt donné naissance à un personnage qui, à dates établies, vient récompenser les enfants sages. En Europe, il s'agit essentiellement de saints comme Nicolas de Myre. On lui a adjoint un personnage chargé de l'autre versant, qui lui, punit les enfants méchants ou désobéissants, mais devient vite un personnage profane, un croque-mitaine quasi-officiel : le père Fouettard et ses multiples variantes. Cependant, l'aspect religieux de saint Nicolas disparaît derrière l'aspect jovial du père Noël.

Équivalents et quasi-synonymes[modifier | modifier le code]

Chaque terme désignant cette notion semble avoir des caractéristiques particulières qui excluent toute synonymie parfaite. Par exemple, l'anglais bogeyman et le terme québécois bonhomme sept-heures indiquent que cette créature a au moins une apparence vaguement humaine. Quant au terme père Fouettard, il semble indiquer une prédilection particulière à fouetter.

Babau (Babaou, barbaou, barbeu, et multiples variantes) est le nom du croque-mitaine dans de nombreuses régions de France et d'autres pays d'Europe tandis qu'au Québec, il s'appelait parfois Babou et menaçait d'attaquer en groupe dans la noirceur de la nuit. L'origine du nom est sujette à controverses : s'agit-il de l'onomatopée d'un aboiement de chien, d'un cri d'animal, s'agit-il d'un être barbu, ou même d'une évolution de la Baba Yaga russe ? En occitan, babau désigne une toute petite bête, un insecte, mais aussi une sorte de dragon mangeur d'hommes. En Italie, on le fait venir des Arabes et des envahisseurs sarrasins (Jean le noir). Barbeu viendrait d'un mot d'ancien français signifiant « loup-garou ». Dans son Dictionnaire infernal (1828), Collin de Plancy indique que le Babau est une espèce d'ogre ou de fantôme, dont les nourrices menacent les petits enfants dans les provinces du midi de la France, comme on les effraie à Paris du Croquemitaine. Mais Babau ne se contente pas de fouetter, il mange en salade les enfants qui sont méchants.

Croque-mitaines dans le monde[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Angleterre[modifier | modifier le code]

  • Bogeyman, boogyman, bogyman, boogey monster ou encore boogeyman
  • Dans l'île de Wight, Mum Poher est un esprit menaçant.

Allemagne[modifier | modifier le code]

  • Boggelmann
  • Der Schneider : Quand les enfants continuaient trop longtemps à sucer leur pouce on leur racontait l'histoire du Daumenlutscher, qui s'obstinait dans cette mauvaise habitude et dont, en punition, le tailleur venait couper les pouces.
  • Nachtrabe[4]

Belgique[modifier | modifier le code]

Flandre
  • Pier Jan Claes
Wallonie[5]
  • Crodjambot : croque-mitaine en général. Il attrape les enfants par la jambe.
  • Spètin : se cache dans le brouillard et les lieux sombres.
  • Pépé Crotchet (homme) ou Mareye Crotchet (femme) : munis d'ongles démesurés, ou d'un crochet pour attraper les enfants.
  • Madlinne-as-grands-tchveas, Madeleine aux longs cheveux, dite aussi Sinte Madlinne, sainte Madeleine (Namur) : noie les enfants qui s'approchent des rivières et des canaux.
  • Djihan Djambot, lui aussi noie les imprudents.
  • L'Homme au Crochet
  • Grand-Mé aux Rouges Dés : ou la grand-mère aux dents rouges.

Espagne[modifier | modifier le code]

  • El Coco
  • Jan del Gel (Val d'Aran) : géant de glace.
  • Mano Negra : « main noire ». Main noire géante qui attrape les enfants qui s'approchent trop du bord de l’eau, et les emporte au fond de l'eau pour les manger (signifie la chute et la noyade).

France[modifier | modifier le code]

Alsace
  • Hans Trapp qui accompagnait le Christkindel. Le second récompensait les enfants sages et le premier punissait les enfants désobéissants.
  • Le Suédois, lointain souvenir de la Guerre de Trente Ans, par lequel on menaçait les enfants désobéissants : « Kindele bet, sunscht kummt d'r Schwed » (Fais ta prière, mon petit, sinon le Suédois va venir)[6],[7].
  • Les Nòchtgròbbe, corbeaux de la nuit censés attaquer les enfants s'ils restent dehors trop tard. Il s'agit d'un équivalent du Nachtrabe allemand[4],[Note 2].
Nord-Pas-de-Calais
  • Marie Grouette attire les enfants qui s'approchent trop de l'eau (l'Audomarois est une région de marais).
  • Marie Girelle, variation de Marie Grouette (Val de la Sensée).
Champagne-Ardenne
  • Les Pépés (petits vieillards assez méchants).
  • Le Pépé Crotchet (Version aquatique).
Bretagne
  • Ar Grec'hmitouarn (le croquemitaine).
  • Barbaou : désigne aussi un épouvantail.
  • C'hwiteller-noz (siffleur de nuit).
  • Paotr Kozh ar Mor (vieil homme de la mer).
  • Paotr e Dog Ledan (homme au large chapeau)
Pays de la Loire
  • Le bonhomme Misère (Anjou).
  • Marie tueuse (Nantes, procès, dame s'appelant Marie tuant les Marie).
Normandie
  • Le Père la Pouque (eul pé la pouque en cauchois): si les enfants n'étaient pas sages, celui-ci allait les emmener dans sa pouque (un grand sac en jute) « Si t'es pas sâage, eul pé la pouque y va v'ni pis y va t'prindre ». Le terme pouque est du normand septentrional pour pouche plus au sud et à l'ouest. La pouche qui désigne aujourd'hui plutôt un sac plastique, était autrefois un grand sac en toile de jute dans laquelle on conditionnait des pommes de terre, du charbon ou du bois.
Centre
  • La vieille Chabine (Berry).
  • Jean de Vert (Paris).
  • La Mère Tire-Bras : censée « tirer par les bras » les enfants qui s'approchent trop près des puits (Sologne).
Aquitaine
  • Père Michel l'égorgeur(tue les jeunes filles de 13 ans) (Bordeaux).
  • Le Lébérou : Créature poilue de grande taille qui se cache dans les bois la nuit et guette les promeneurs égarés pour les manger(Périgord).
  • Totoya : vieille femme (Haut Béarn).
Lorraine
  • L'Homme et la Grand-mère aux dents rouges (Meuse).
  • Nanon Grandes-Jambes (alentours de Metz).
  • Le Craqueuhle.
  • Le Peut'homme (peut, au féminin peute, signifie vilain, laid en patois lorrain).
Bourgogne
Poitou-Charentes
  • La Chabinelle.
  • Le Bras Rouge ou La Marianne : créature aquatique du Marais Poitevin qui attire dans l'eau les enfants imprudents. On peut s'en protéger en jetant dans l'eau du sel ou quelques piécettes.
Rhône-Alpes[8]
  • L'Homme noir (Dauphiné).
  • L'Homme des bois (Dauphiné).
  • L'Homme de la Barbe (Dauphiné).
  • Grand-Papa Janvier (Dauphiné).
  • Le Père Babaloum (Dauphiné).
  • La Mère de l'Eau (Dauphiné).
  • La Mère de la Nuit (Dauphiné).
  • La Mère Foutarde (Dauphiné).
  • Chausse-vieille : vieille femme qui vient peser de tout son poids, la nuit, sur les enfants qui n’ont pas dit leur prière (occitan Chaucha-vièlha) (Savoie).
  • Le Bègue : sorte de loup cornu, à grandes dents blanches et queue verte ; il emporte les enfants pour les manger dans les bois (Frontonas).
  • Carabi-bounet : personnage portant un bonnet et attrapant les enfants avec une longue perche (Isère).
  • La Faye daou mau-parti (La Fée du mauvais trou) et la fée Caramogne : elles se cachent dans les failles des rochers (Isère).
  • Le Tiro-nègo (en occitan, tire-noie) et le Tire-gosse (Saint-Paul-Trois-Châteaux), noient les enfants dans les puits.
  • Le Pattier, chiffonnier (Isère).
  • Mâchecroute : monstre qui vivait à Lyon sous le pont de la Guillotière et provoquait les inondations (Lyon).
  • Rafagnaoude (Lyon).
Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Ratepenate : gros oiseau qui emporte les enfants (en occitan, ratapenada = chauve-souris) (Briançon).
  • Marronne : vieille femme tenant une lanterne (Hautes-Alpes).
  • Papotchantel (Saint-Véran) : vieil homme.
  • La Garaoude (Hautes-Alpes) : vieille femme qui vit dans une roulotte ; elle prend les enfants dans la rue et les met dans sa grande besace.
  • Babau (Pays niçois).
Franche-Comté
  • Couche Huit-Heures : emporte les enfants qui ne sont pas couchés à 8 heures du soir (à rapprocher du bonhomme sept-heures québécois).
Languedoc-Roussillon
  • Sarramauca, Caucavielha (Languedoc) : vieille femme qui écrase et étouffe les dormeurs, cauchemar.
  • Babau (Gascogne, Languedoc, Roussillon) : créature indéfinie (à Rivesaltes, le —ou la— Babau est une sorte de Tarasque).
  • Pelharot (Languedoc), le chiffonnier.
Midi-Pyrénées et Pyrénées espagnoles[9]
  • Papu : ogre portant une besace (Pyrénées catalanes).
  • Banya Verde : sorte de diable vert monocorne (Garrotxa, Ampurdan, Pyrénées catalanes).
  • Camuchech : sorte de grosse boule noire qui poursuit les promeneurs nocturnes jusqu'à ce qu'ils meurent d'épuisement (Comminges) .
  • Garamiauta : personnage ou animal, parfois un chat (Couserans).
  • Rampono, Ramponneau, origine inconnue (grand Sud-Ouest) : se manifeste par des coups frappés sur un plancher, un plafond, une porte.
  • Barbecuge, barbe-citrouille (Gascogne).
  • Babe, bèbe, babèque (Gascogne, Béarn) : femme croque-mitaine.
  • Cambacrusa, came-cruse (Gascogne) : « jambe nue avec un œil au genou ».
  • Barrabau (Lavedan).
  • L’Ome pelut (l'homme velu) : croque-mitaine poilu qui enlève les enfants et les vend comme esclaves.

Irlande[modifier | modifier le code]

  • Alploochra.

Italie[modifier | modifier le code]

  • l'Uomo Nero .
  • Mammone (à Naples).

Norvège[modifier | modifier le code]

  • Draugen : démon marin, pour empêcher les enfants de s'aventurer près de la mer. A aussi d'autres rôles dans le folklore norvégien.
  • Nøkken : démon des étangs. A aussi d'autres rôles dans le folklore norvégien.
  • Fossegrimen : démon des rivières et cascades. A aussi d'autres rôles dans le folklore norvégien.

Portugal[modifier | modifier le code]

  • Bicho-papão.

Amérique[modifier | modifier le code]

Brésil[modifier | modifier le code]

voir Portugal

Canada[modifier | modifier le code]

Bogeyman (en)/ Bonhomme sept-heures (fr)

Mexique[modifier | modifier le code]

Folklore Inuit[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie inuit, l'ijiraq (« celui qui se cache ») est le croque-mitaine qui enlève les enfants et les dissimule à jamais. Les inukshuk en pierre permettent aux enfants de retrouver leur chemin s'ils arrivent à persuader l'ijiraq de les laisser partir.

Une lune de Saturne s'appelle Ijiraq en référence à cette créature.

Afrique[modifier | modifier le code]

Maghreb[modifier | modifier le code]

  • Goule (al-ghûl, el ghoul ou el ghoula)
Algérie[modifier | modifier le code]
  • Bichou ou Bouchou, en référence à Bugeaud, général lors de la conquête de l'Algérie par la France, pendant laquelle il a notamment couvert et encouragé les enfumades. Plusieurs générations plus tard, une mère qui veut effrayer son enfant pour lui imposer silence, lui dit : « Tais-toi, voici venir Bichou. »[10],[11]
  • Teryel: ogresse aux cheveux hirsutes qui dévore les animaux et les humains, personnage de la mythologie kabyle, elle est aussi utilisée pour faire peur aux enfants.[réf. nécessaire]
Maroc / Algérie[modifier | modifier le code]
Tunisie[modifier | modifier le code]
  • Azouzet Esstout (ou Azouzet El Kayla) est une méchante vieille femme qui vole les enfants pendant les heures de la sieste (généralement entre 13 h et 16 h). Les parents citent son nom pour convaincre leurs enfants de faire la sieste et les empêcher de sortir jouer dehors à des heures où il fait très chaud.
  • Sallélle el kloube (celui qui arrache les cœurs des enfants) s’ils sortent pendant les heures de sieste.

Cameroun[modifier | modifier le code]

  • Jounjou : Esprit souvent cité aux enfants camerounais pour les inciter à rester sages. Appelé jounjou kalaba pour spécifier la couleur de cet esprit.

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

  • "Gagamouuh" : Personnage sombre, sans visage, (courbé et recouvert d'un drap, un peu dans le style de la faucheuse mais sans l'arme (c'est selon les parents)), qui est aussi cité aux enfants pour les rendre sages, obéissants (surtout pour les inciter à manger, à se laver ou à faire la sieste).

Asie[modifier | modifier le code]

Monde Arabe[modifier | modifier le code]

A l'époque des croisades, les parents menaçaient les enfants désobéissants d'être emportés par "le Roi Richard".

Liban[modifier | modifier le code]

Le croquemitaine s'appelle localement Abou Kiss (ابو كيس), littéralement « le Père Sac », une étymologie que l'on retrouve dans de nombreux pays en même temps que le thème de « l'homme au sac ».

Russie[modifier | modifier le code]

L'antchoutka (en russe Анчутка) est un Esprit mauvais, un des anciens noms en russe pour désigner le diable. Il aide les vodníks et les bolotniks (esprits des marais), se déplace très vite et sait voler. On l'appelle aussi souvent « sans talon », parce que le loup lui a arraché un talon. Parfois, on imaginait l'antchoutka avec des pattes d'oie et un groin de porc. L'antchoutka est évoqué pour faire peur aux enfants : « N'agite pas les jambes sous la table pendant le repas, sinon l'antchoutka viendra s'asseoir dessus ! ».

Japon[modifier | modifier le code]

Namahage

Turquie[modifier | modifier le code]

Öçü se prononce "eudju" est une figure utilisée par les parents afin de dissuader les enfants à aller dans les lieux considérés dangereux, pour les effrayer de faire telle ou telle chose, ou afin de convaincre les enfants à dormir tôt. L'öçü n'a pas de description physique propre et son mythe est transmis de manière orale.

Ses Alan littéralement traduit par "celui qui prend la voix". Utilisé pour dissuader les enfants qui ne cessent de parler de les calmer pour qu'ils se taisent. Tout comme l'öçü, il n'y a pas de description physique et sa légende est transmise oralement.

Comptine[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920-1930, des enfants de maternelles (à Nantes) chantaient la comptine suivante avant de rentrer en classe.[réf. nécessaire] Par la suite cette comptine fut répandue un peu à travers la France.

Connaissez-vous Croque-mitaine
Miton, miton, mitaine
Il a deux yeux grands et perçants
Une grande bouche, de grosses dents

Les croque-mitaines dans différentes œuvres[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • La série Au-delà du réel y a consacré un épisode : « Sous le lit ».
  • La série Buffy contre les vampires y a aussi consacré un épisode.
  • La série Special Unit 2 y a également consacré un épisode.
  • La série Charmed, dans l'épisode de la saison 1 : Is there a woogy in the house ? : le croque-mitaine prend l'apparence d'une fumée maléfique qui prend possession des humains.
  • La série animée américaine The Real Ghostbusters (1986) le met également en scène.
  • Homer Simpson, personnage de la serie Les Simpson, a peur du croquemitaine.
  • La série Américaine My name is Earl y a aussi consacré un épisode : Bogeyman.
  • Dans la saison 1 de la série Heroes, le terme de « croque-mitaine » est utilisé à plusieurs reprises par Mohinder Suresh lorsqu'il parle à la jeune Molly, et ce pour désigner un serial killer qui tue ses victimes en leur découpant le crâne aussi connu sous le nom de Sylar, méchant principal de la saison 1.
  • Dans l'émission Billy et Mandy, aventuriers de l'au-delà, le croque-mitaine apparaît à quelques reprises.
  • Dans la série Doctor Who, on apprend que l'équivalent Gallifreyen du Croque-Mitaine est le Toclafane.
  • Dans la série Grimm, il apparaît, lors de l'épisode 305, sous son équivalent espagnol, el cucuy.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu vidéo King Quest 7 the Princeless Bride le croque-mitaine règne sur le royaume de Hooga-Booga.
  • Le jeu vidéo Swagman, sur Playstation, porte sur un croquemitaine, le Maître des Cauchemars, qu'affrontent deux enfants insomniaques. Swagman est un mot Australien signifiant "homme au sac", terme désignant les anciens travailleurs migrants avec leur balluchon (le Swag), et rappelant aussi l'étymologie du nom du Croquemitaine dans de nombreuses cultures.

Littérature[modifier | modifier le code]

Stephen King a déclaré : « Le soir, quand je viens de me coucher, je m’assure toujours que mes deux jambes sont bien sous le drap, une fois les lumières éteintes. Je ne suis plus un enfant…, mais je ne supporte pas qu’une de mes jambes pende au-dehors quand je dors. Car, si jamais une main glacée surgissait de dessous le lit pour m’agripper la cheville, j’en pourrais hurler. Oui, je pourrais hurler à réveiller les morts. Bien sûr, comme nous le savons tous, ce genre de choses n’arrive jamais. Dans les histoires qui suivent, vous allez rencontrer toutes sortes de créatures des ténèbres : des vampires, des succubes, une chose qui vit dans les placards, d’innombrables autres terreurs. Aucune d’entre elles n’est réelle. La chose qui, sous mon lit, guette ma cheville, ne l’est pas davantage. Je le sais. Mais je sais aussi que si je prends bien garde à laisser mon pied sous les couvertures, elle ne pourra jamais m’attraper. » (Danse macabre)

Musique[modifier | modifier le code]

  • Le groupe eXterio fait une chanson sur le bonhomme 7 heures.
  • Le groupe death metal Krokmitën utilise une variation phonétique du mot croque-mitaine
  • Krokmitten est un membre de la formation rap Ménage à 3 (ou MA3)
  • Une des oeuvres du recueil Kinderszenen ( scènes d'enfant) de Robert Schumann se nomme le croquemitaine

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon les différentes graphies qui ne font jamais l'unanimité entre occitans, gascons, béarnais, etc. mais la prononciation est à peu près toujours identique.
  2. Au Danemark, les Natteravn constituent un groupe de parents volontaires qui parcourent les rues la nuit pour remarquer les jeunes en difficulté ou les bagarres entre jeunes et, s'il le faut, prévenir la police (car ils n'ont pas le droit d'intervenir)« La sécurité des jeunes au Danemark, Natteravn et SSP ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Auguste Simon Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, 1818. Rééd. Slatkine, 2008
  2. Sotties des sots triumphans, III, 145 et Farce du pouvre Jouhan, VII, 369, éd. E. Droz, Le recueil Trepperel, 1935 in Croque-mitaine, TLFI
  3. Sylvain Richard, In Libro Vertitas, Petit essai sur les croquemitaines ; Littré, Dictionnaire de la langue française
  4. a et b Grammatisch-kritisches Wörterbuch der hochdeutschen Mundart mit beständiger Vergleichung der übrigen Mundarten, besonders aber der Oberdeutschen de Johann Christoph Adelung, Dietrich Wilhelm Soltau et Franz Xaver Schönberger,B.P. Bauer, 1808: « einem alten Märchen zu folge, den Ziegen die Milch aussaugen, und die Kinder in der Nacht beschädigen soll » (« si l'on en croit une vieille légende viendrait téter le lait des chèvres et faire du mal aux enfants dans la nuit »)
  5. Textes wallons: croquemitaine
  6. On retrouvera cette comptine ici et dans Macht auf das Tor - Alte deutsche Kinderlieder, édité par Maria Kühn, Königstein im Taunus, paru pour la première fois en 1905, par la suite en 1921 et constamment réédité. Cette version est au pluriel : « Priez, enfants, priez, demain le Suédois va venir, demain va venir Oxenstern ; les enfants doivent apprendre à prier. Priez, enfants, priez. » Une version donnée par le Prof. Dr. Birgit Jank (Université de Potsdam) : « Bet, Kindlein bet! Morgen kommt der Schwed » a disparu de la Toile et ne se trouve plus (provisoirement) que dans les archives.
  7. Alfred Wahl et Jean-Claude Richez nous rapportent que dans les années 1950 on disait encore à Wangenbourg aux enfants désobéissants ou qui refusaient de dormir : « D'Schwede komme ! (Les Suédois vont venir !) » (La vie quotidienne en Alsace entre France et Allemagne, 1850-1950, Hachette, p. 281).
  8. Musée dauphinois, Grenoble.
  9. Panthéon Pyrénéen, de Olivier de Marliave et Jean-Claude Pertuzé, Toulouse, éditions Loubatières, 1990, ISBN 2-86266-147-3
  10. Mouloud Feraoun, « La source de nos communs malheurs », lettre ouverte à Albert Camus, revue Preuves, no 91, septembre 1958, p. 72-75.
  11. Fanny Colonna et Loïc Le Pape, Traces, désir de savoir et volonté d'être : L'Après-colonie au Maghreb, Actes Sud, 2010, 476 p. (ISBN 2742791329), p. 266.
  12. a et b La Psychiatrie de l'enfant, Volumes 30 à 31, Presses Universitaires de France., 1987, l'Université de Californie, 17 oct. 2008
  13. - Laurie : Vous croyez que c'était le croque-mitaine ?
    - Dr Loomis : Il n'y a pas le moindre doute c'était bien le croque-mitaine.
  14. croquemitaine-lefilm.info

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Brasey, L'encyclopédie du merveilleux, T3 : Des peuples de l'ombre, Le Pré aux Clercs, 2006, p. 14-16.
  • Olivier de Marliave, Jean-Claude Pertuzé, Panthéon pyrénéen, Toulouse, Loubatières, 1990
  • Êtres fantastiques, de l'imaginaire alpin à l'imaginaire humain, Musée dauphinois, Grenoble, 2006

Article connexe[modifier | modifier le code]