Primates

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Primates
 Macaques de Formose (Macaca cyclopis)
Macaques de Formose (Macaca cyclopis)
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre
Primates
Linnaeus, 1758
Familles de rang inférieur
Classification phylogénétique
Position :

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Les primates (du latin primas, atis, celui qui occupe la première place) constituent un ordre au sein des mammifères placentaires. Selon la classification phylogénétique actuelle, ils appartiennent aux Euarchontoglires.

On divise aujourd'hui les primates en deux clades, celui des strepsirrhiniens, auquel appartiennent les lémurs, et celui des haplorrhiniens, auquel appartiennent les singes, parmi lesquels figurent l'homme et les autres hominidés.

Sommaire

[modifier] Caractéristiques

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
3 3 1 2 2 1 3 3
3 3 1 2 2 1 3 3
mâchoire inférieure
Total: 36
Formule dentaire
des premiers Primates
(diversifiée depuis)


Le nom de primates apparaît dans la dixième édition du Systema Naturae, de Carl von Linné, vaste ouvrage qui s'efforce de classer l'ensemble des espèces vivantes selon leurs proximités physiologiques. Selon Linné, le groupe des primates comprend l'homme et certaines espèces animales. Plus précisément, il est divisé en quatre genres : Homo (l'homme) , Simia (les singes), Lemur, et Vespertilio (les chauves-souris). La classification de Linné a été revue par la suite et les chauves-souris ne font plus partie du groupe, mais le mot de primate demeure.

Les primates sont généralement caractérisés par une vie arboricole, la présence d'ongles aux doigts et aux orteils, l'aptitude à la préhension par opposition du pouce, une prédominance de la vision sur l'olfaction. La présence d'un cerveau plus développé que chez la plupart des autres mammifères est souvent avancée comme caractéristique de ce groupe mais elle n'est vérifiée que pour la super-famille des hominoïdés. Elle est en outre partagée par d'autres taxons. À ces traits s'ajoute la locomotion bipède, permanente chez l'homme, partielle et à des degrés divers chez les autres hominidés.

Leur taille varie entre 13 cm (chirogale mignon, Microcebus murinus) et 175 cm , pour une masse allant de 100 g jusqu'à 275 kg (gorille, Gorilla gorilla).

Échelle des masses moyennes des primates
Espèce Femelle Mâle
Gorille 105 kg 205 kg
Orang-outan 100 kg 180 kg
Humain 62.5 kg 78.4 kg
Singe patas 5.5 kg 10 kg
Singe proboscis 9 kg 19 kg
Marmouset pygmée 120 g 140 g
  • Les orbites oculaires orientées vers l'avant permettent une vision binoculaire.
  • Le développement du lobe occipital du cerveau montre la prédominance de la vue sur les autres sens.
  • Le radius et le cubitus sont très mobiles l'un par rapport à l'autre, permettant des mouvements sophistiqués de la main.
  • Le pouce opposable aux autres doigts permet la préhension.
  • Chez la plupart des espèces, les griffes sont remplacées par des ongles plats.

[modifier] Anatomie et physiologie

Il n'existe des gonadotropines chorioniques que chez les primates (chez l'espèce humaine, il s'agit de la hCG (human Chorionic Gonadotropin)) et chez les équidés.

[modifier] Distribution

À l'exception de l'être humain, présent sous tous les climats et de certains macaques, les primates actuels se trouvent essentiellement dans les régions équatoriales, tropicales ou subtropicales. En Amérique, on trouve des primates du nord du Mexique jusqu'au sud de l'Argentine. En Afrique, on les trouve essentiellement au sud du Sahara. À Madagascar se sont développées des espèces endémiques de strepsirrhiniens. En Asie, on trouve des primates en Arabie, dans le Sous-continent indien, en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est. La limite est de leur expansion est Sulawesi et le Timor.

Dans les autres régions, il se trouve peu de primates en liberté, hormis les homo sapiens. Les quelques espèces présentes, comme les rhésus en Floride et les magots à Gibraltar ont été introduites par l'homme.

[modifier] Structures sociales

Les sociétés de primates sont extrêmement variées. Ces animaux peuvent vivre isolés, en groupes permanents ou en groupes temporaires.

Les êtres humains et les autres grands singes semblent partager une dimension sociale unique : la culture. En 2001, Frans de Waal a montré dans une étude innovante que les grands singes (comme les chimpanzés) pouvaient partager des particularités culturelles (des pratiques apprises et non pas innées qui sont transmises à l'intérieur d'un groupe mais inconnues en dehors)[1]. Sans tomber dans les excès de certains tenants de la sociobiologie ou de la psychologie évolutionniste, cela ouvre la porte à une évaluation intéressante des structures sociales des primates en rapprochant les grands singes de l'homme.

[modifier] Origine

Article détaillé : histoire évolutive des primates.

Les animaux les plus proches des primates sont les dermoptères, qui appartiennent comme eux au clade des euarchonta. Les euarchonta dans leur ensemble sont assez proches des glires (lapin, lièvres, rongeurs...),. avec lesquels forment le clade des euarchontoglires.

On peut supposer que les primates se sont constitués en groupe distinct il y a 85 millions d'années environ[2]. Toutefois, les plus anciens fossiles connus sont plus récents. Le Purgatorius, qui date d'environ 70 millions, n'est peut être pas un primate. Les plus anciens fossiles relevant indiscutablement du clade des primates sont des adapidés, ils s'agit de Donrusselia et Cantius, vieux de 55 millions d'années.

` └─o Euarchontoglires
    ├─o Anagalida dont les glires
   `└─o Euarchonta
      ├─o Scandentia
      └─o
        ├─o Dermoptera
        └─o Primatomorpha : Plesiadapiformes†* puis Primates
 
* paraphylétiques

[modifier] Subdivisions

La phylogénie du groupe, autrement dit la formation et le développement des espèces, est bien établie et sa structure est relativement bien connue. Il existe encore plusieurs points qui font débat. Le cas particulier de la relation entre l'espèce humaine et les grands singes fut un sujet sensible.

Primates
├───Strepsirrhini
│     ├──Lemuriformes
│     │    ├──Daubentoniidae
│     │    │
│     │    └──Lemuroidea
│     │         ├──Cheirogaleidae
│     │         ├──Lepilemuridae
│     │         └──N.N.
│     │             ├──Indriidae
│     │             └──Lemuridae
│     │
│     └──Lorisiformes
│          ├──Lorisidae
│          └──Galagonidae
│
└──Haplorrhini
     │
     ├──Tarsiiformes
     │
     └──Simiiformes
           ├──Platyrrhini
           │     ├──Pitheciidae
           │     └──N.N.
           │         ├──Atelidae
           │         └──N.N.
           │             ├──Callitrichidae
           │             └──N.N.
           │                ├──Aotidae
           │                └──Cebidae 
           │
           └──Catarrhini
                 ├──Cercopithecoidea
                 │    └──Cercopithecidae
                 │
                 └──Hominoidea
                      ├──Hylobatidae
                      └──Hominidae

[modifier] Les Strepsirrhini

Les strespisrrhiniens correspondent aux pro-simiens moins les tarsiers, que l'analyse phylogénétique a rattachés aux catarrhiniens. Les tarsiers se rapprochent des prosimiens sur de nombreux points, mais ils ne possèdent pas de rhinarium. Malgré les analyses rapprochant ceux-ci des simiens, certains travaux récents classent encore le tarsier parmi les prosimiens[3]. On les distingue des catarrhiniens par leur rhinarium, et l'on pense que leurs facultés olfactives sont meilleures. Les strepsirrhiniens sont arboricoles, comme beaucoup de catarrhiniens. Ils sont souvent nocturnes et insectivores (caractères primitifs ancestraux).

Les strepsirrhiens se divisent en deux infra-ordres, les lémuriformes et les lorisiformes.

Les lémuriformes
Exemple de lémurien (Maki catta)

Ils vivent tous à Madagascar, qu'ils ont colonisée en l'absence d'autres primates plus compétitifs. On les classe en diverses familles :

Les lorisiformes

Tous de petite taille, rencontrés en Afrique et en Asie, ils regroupent les familles suivantes :

  • Cheirogaleidae, vivant à Madagascar et ressemblant plus à des écureuils qu'à des singes. La position de cette famille varie suivant les auteurs, tantôt parmi les lorisiformes, tantôt parmi les lémuriformes comme dans la révision taxonomique proposée par J.G. Fleagle en 1999 [4].
  • Galagidae, vivant en Afrique, comportant le genre Galago.
  • Loridae, vivant en Afrique et en Asie (genres Loris, Nycticebus, Perodicticus et Arctocebus).

[modifier] Les Haplorrhini

Les haplorrhiniens regroupent les singes (simiiformes) et les tarsiers. Parmi les singes, on distingue :

  • les platyrhiniens. Ce sont les singes du Nouveau Monde originaires d'Amérique centrale et du Sud. Ils ont les narines écartées, une queue longue et préhensile. Ils possèdent presque tous 36 dents.
  • les catarhiniens ou singes de l'Ancien Monde. Ils ont les narines rapprochées, jamais de queue préhénsile, et parfois pas de queue préhensible. Ils possèdent 32 dents.
Les platyrhiniens
Exemple de platyrhinien, un ouistiti à toupet blanc (Callithrix jacchus)

Ils se divisent en trois familles :

Les catarhiniens

On les divise en deux super-familles :

[modifier] Enjeux éthiques et politiques

Anatomie comparée, homme et gorille.

Le fait que l'homme fasse partie de l'ordre des primates donne à ce groupe d'animaux un caractère particulier. Cette idée est défendue par exemple par Peter Singer, l'auteur du projet grands singes visant à reconnaître un statut spécial pour les singes anthropomorphes [réf. nécessaire]. Peter Singer voudrait en effet accorder certains droits aux grands singes (les plus proches de l'homme génétiquement) et ainsi créer, comme pour l'Homme avec sa charte des Droits de l'homme, une charte définissant les droits des primates. Cette pensée fait partie d'un mouvement que l'on appelle la libération animale ; on peut citer par exemple le documentaire Koko, le gorille qui parle (1978) de Barbet Schroeder, ou en apprenant le langage des signes à un gorille, celui-ci se mit à inventer des mots en accolant des mots déjà appris. Ce débat est l'un des plus houleux du moment, car certains voient cela comme un rabaissement de l'Homme au niveau du primate, ce qui pose certaines questions quant à la nature profonde de l'Homme et notamment dans les questions abordées : finalement qu'est-ce qu'un Humain ? et finalement l'Homme peut-il lui-même définir l'Homme ? Ce sont des questions plus philosophiques, et qui entraînent divers problèmes éthiques.

[modifier] Protection

75 des 188 espèces de Primates sont menacées de disparition. Toutes les espèces de primates sont inscrites à l'annexe II ou pour les plus menacées à l'annexe I de la CITES.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes

  1. A. Whiten et Ch. Boesch, La culture des chimpanzés, dans Sur les traces de nos ancêtres, dossier Pour la Science, pages 43 à 49, octobre-décembre 2007
  2. S. Tavaré, C.R. Marshall, O. Will, C. Soligo et R.D. Martin « Using the fossil record to estimate the age of the last common ancestor of extant primates », Nature, 416, pp. 726-729, 18 avril 2002. (résumé en anglais)
  3. Schwartz JH. 1986, Primate systematics and a classification of the order, in: Swindler DR. Erwin J. editors, Comparative Primate Biology I. Systematics, Evolution, and Anatomy, New York, Alan R. Liss, p 1-42.
  4. Fleagle, J.G. 1999. Primate Adaptation and Evolution. Academic Press: New York.

[modifier] Romans liés au sujet

[modifier] Liens externes

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