Nephilim

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Les nephilim, nefilim (hébreu : הנּפלים), ou simplement géants, sont des êtres apparemment surnaturels mentionnés dans la Bible. Le mot « nephilim » apparaît deux fois dans la Torah – ou Pentateuque – (Gn 6. 4 et Nb 13. 33), où il est souvent traduit par « géants », mais parfois rendu tel quel. C'est la forme plurielle du mot « nephel » ou « nāphîl » en hébreu. Selon les interprétations, le mot « nephilim » pourrait signifier « ceux qui sont tombés », « ceux qui tombent » (Anges déchus), ou « ceux qui font tomber » (qui corrompent les âmes des hommes).

Le passage de la Genèse où ils sont cités laisse entendre qu'ils sont, ou bien les « fils de Dieu », ou bien, selon une lecture plus largement répandue, le fruit de l'union entre « fils de Dieu » et filles des hommes. Ce passage de la Genèse précède l'épisode du Déluge et, si court soit-il, a donné lieu à diverses interprétations, souvent de caractère ésotérique.

Les nephilim sont associés, par comparaison, à d'autres géants évoqués dans la Bible.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon le dictionnaire Brown-Driver-Briggs, l'étymologie de base du mot « nephilim » est « incertaine », et les diverses interprétations suggérées sont « toutes très précaires »[1].

La majorité des versions anciennes de la Bible, incluant la Septante, Théodotion, la Vulgate, les traductions de la Bible Samaritaine, le Targum Onkelos et le Targum Neofiti, interprètent le mot comme signifiant « géants »[2]. Symmaque l'Ébionite, au IIe siècle, le traduit par « les violents »[3],[4],[5], et la traduction d'Aquila de Sinope, datant de la même période, a été interprétée comme signifiant, soit « ceux qui sont tombés », soit « ceux qui tombent » – sous-entendu : « sur leurs ennemis »[6].

Le dictionnaire Brown-Driver-Briggs définit les « nephilim » comme étant des « géants »[1]. Bon nombre d'interprétations parmi celles suggérées sont basées sur l'hypothèse que le mot est dérivé de la racine hébraïque « n-ph-l », signifiant « tomber ». Selon Robert Baker Girdlestone[7], le mot viendrait plutôt du verbe hébreu sous sa forme causative et, par conséquent, les nephilim seraient plutôt ceux qui « font tomber ». Adam Clarke comprend le mot comme un passé, « tombés » : les « apostats ». Ronald Hendel défend également l'idée qu'il s'agit d'une forme passive, « ceux qui sont tombés », apparentée grammaticalement, par exemple, à « paqid » (« celui qui est nommé », i.e. un surveillant), « asir » (« celui qui est attaché », i.e. un prisonnier), etc.[8],[9]

Les nephilim avant le Déluge (Genèse 6:4)[modifier | modifier le code]

Dans la Torah ainsi que dans certains écrits juifs et chrétiens non canoniques, les nephilim sont des êtres issus d'une relation entre les « fils de Dieu » (בני האלהים, « benei Elohim ») – et les « filles des hommes ».

Le texte biblique[modifier | modifier le code]

« 1 Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées,
2 les fils de Dieu [« benei Elohim »] virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent.

3 Alors YHWH dit : « Mon esprit ne jugera plus l'homme pour ses fautes, car l’homme est fait de chair, et ses jours seront de cent vingt ans[10]. »

4 Les nephilim se trouvaient sur la terre en ces jours-là, et aussi après cela, quand les fils du vrai Dieu continuèrent d’avoir des rapports avec les filles des hommes et qu’elles leur donnèrent des fils : ils furent les hommes forts du temps jadis, les hommes de renom.

5 YHWH vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.
6 YHWH regretta d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut peiné dans son cœur.
7 Alors YHWH dit : « Je vais effacer de dessus la surface du sol les hommes que j’ai créés, depuis l’homme jusqu’à l’animal domestique, jusqu’à l’animal qui se meut et jusqu’à la créature volante des cieux, car vraiment je regrette de les avoir faits. »
8 Mais Noé trouva grâce aux yeux de YHWH. »

— Genèse 6, 1-8

Origine et descendance[modifier | modifier le code]

La Chute des anges rebelles. Tableau de Charles Le Brun, av. 1685. Musée des beaux-arts de Dijon.

Les « fils de Dieu » font référence aux anges dans la Bible hébraïque. Il s'agit probablement ici d'anges déchus.

En d’autres termes, les anges « ont abandonné leur propre demeure [dans les cieux] », sont venus sur la Terre, ont revêtu un corps physique et ont goûté aux plaisirs sensuels avec des femmes. D'après le récit, ces créatures hybrides, qui avaient des anges pour pères, étaient des « hommes forts », dotés d’une vigueur anormale. C’étaient des hommes violents ou « nephilim », mot hébreu qui signifierait : « ceux qui font tomber les autres ».

La Terre était devenue si violente, à cause de l’influence des anges méchants et de leurs fils suprahumains, que YHWH décida d’anéantir l’humanité par le Déluge.

Le Déluge. Gravure de Gustave Doré, 1866.

Parmi les commentateurs de la Bible, certains avancent que les nephilim étaient des hommes méchants, progéniture hybride d'anges matérialisés qui auraient eu des rapports illégitimes avec les filles des hommes. La corruption répandue sur la Terre par suite de leur comportement, sévèrement réprouvé par Dieu, serait à l'origine du Déluge. Par « corruption » s'entend le mélange entre leur progéniture et celle des hommes, ainsi que la violence qui s'en dégagea, car ils devaient user de leurs force et grandeur pour, comme le récit le dit, « remplir la Terre de violence », « Et la Terre se pervertit sous les yeux du vrai Dieu, et la Terre se remplit de violence. »

Le récit de la Bible rapporte que YHWH s'indigna de la conduite des hommes à l'époque de Noé avant le Déluge et que les « fils du vrai Dieu » prirent pour eux des femmes séduisantes parmi les filles des hommes. Puis, parlant de la présence de nephilim sur la Terre, et aussi après cela, quand les fils du vrai Dieu continuèrent d'avoir des rapports avec les filles des hommes et qu'elles leur donnaient des fils : ils furent les puissants – les « gibborim » – du temps jadis, les hommes de renom.

D'après le même récit, les nephilim – c'est-à-dire la progéniture géante des filles des hommes par les fils de Dieu, ces derniers étant des anges déchus – ainsi que tous les impies, ont péri : « seuls le juste Noé et sa famille ont survécu ». « Ainsi il effaça toute créature existante qui se trouvait à la surface du sol, depuis l’homme jusqu’à la bête, jusqu’à l’animal qui se meut et jusqu’à la créature volante des cieux, et ils furent effacés de la Terre ; il n’y avait « que » Noé et ceux qui étaient avec lui « dans » l’arche qui survivaient. »

Toutefois, certains assurent que les anges méchants ne sont pas morts. Ils ont abandonné leur corps physique et ont regagné les sphères spirituelles. À cause de leur désobéissance, il ne leur a pas été permis de reprendre leur place dans la famille des anges justes. « Ils n’ont plus été autorisés à revêtir un corps humain », comme ils l’avaient fait aux jours de Noé.

Les « hommes forts du temps jadis »[modifier | modifier le code]

Ils sont dits avoir été puissants – des « gibborim » (hébreu : גּבּר גּבּור) –, ces hommes qui furent fameux dans « les temps anciens ». De là, les chrétiens font souvent l'analogie avec les héros dont les mythologies des nombreux peuples polythéistes relatent les exploits. Celles-ci parlent en effet de dieux qui se sont unis à des femmes pour engendrer des êtres surhumains, des demi-dieux, parfois effrayants, qui possédaient à la fois des caractéristiques divines et humaines. C'est ce même rapport que l'on retrouve avec les Géants et les Titans de la mythologie grecque, enfants d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre).

D'aucuns ont trouvé des comparaisons possibles avec les légendes d'anciennes civilisations. Par exemple, une épopée mésopotamienne, vieille de 4 000 ans, relate les exploits extraordinaires de Gilgamesh, demi-dieu puissant et violent, dont le « désir ne laisse pas une vierge à son amoureux ». La mythologie grecque parle d’une autre créature suprahumaine : Héraclès (Hercule). Fils d’une femme, Alcmène, et du dieu Zeus, Héraclès a été lancé dans de violentes aventures après avoir tué sa femme et ses enfants dans une crise de folie. Malgré les importantes altérations que ces récits ont subies de génération en génération, ils montrent néanmoins une certaine convergence avec ce que la Bible dit au sujet des nephilim et de leurs pères, les anges rebelles.

Les nephilim après le Déluge (Nombres 13:33)[modifier | modifier le code]

Le texte biblique[modifier | modifier le code]

« 27 Voici ce qu'ils [les chefs des douze tribus envoyés par Moïse en mission de repérage] racontèrent à Moïse : « Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés. À la vérité, c'est un pays où coulent le lait et le miel, et en voici les fruits.
28 Mais le peuple qui habite ce pays est puissant, les villes sont fortifiées, très grandes ; nous y avons vu des enfants d'Anak.
29 Les Amalécites habitent la contrée du midi ; les Héthiens, les Jébuséens et les Amoréens habitent la montagne ; et les Cananéens habitent près de la mer et le long du Jourdain. »
30 Caleb fit taire le peuple, qui murmurait contre Moïse. Il dit : « Montons, emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs ! »
31 Mais les hommes qui y étaient allés avec lui dirent : « Nous ne pouvons pas monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous. »
32 Et ils décrièrent devant les enfants d'Israël le pays qu'ils avaient exploré. Ils dirent : « Le pays que nous avons parcouru, pour l'explorer, est un pays qui dévore ses habitants ; tous ceux que nous y avons vus sont des hommes d'une haute taille ;
33 et nous y avons vu les nephilim, enfants d'Anak, de la race des nephilim : nous étions à nos yeux et aux leurs comme des sauterelles. » »

— Nombres, 13, 27-33.

Les nephilim dans les apocryphes[modifier | modifier le code]

Manuscrit grec du Livre d'Hénoch datant du IVe siècle. Papyrus Chester Beatty. Université du Michigan (Ann Arbor).

Allusions dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Les nephilim, en tant qu'anges déchus, auraient continué à exercer une influence désastreuse dans les affaires humaines, sous la domination du « chef des démons », Satan. Cette idée est évoquée dans le Nouveau Testament dans la Deuxième épître de Pierre : « En effet, Dieu n'a pas épargné les anges qui ont péché : il les a précipités dans l'abîme où ils sont gardés pour le jugement, enchaînés dans les ténèbres[11]. » ; et dans l'Épître de Jude : « Et les anges qui n’ont pas gardé leur position originelle, mais ont abandonné leur demeure naturelle, il les a réservés avec des liens éternels, sous l’obscurité profonde, pour le Jugement du grand jour[12]. »

D'après la Bible, ceci montre l'impossibilité pour les anges ou pour les démons, leurs homologues rebelles, de revêtir un aspect humain de chair et de sang dans le but de jouir de leurs attributs sexuels. Fécondant par là même les femmes d'aujourd'hui, enfantant les mêmes géants qu'à l'époque, ceci aurait rendu le jugement du Déluge caduc et Dieu incohérent. Ainsi, l'idée est appuyée par le passage « ils sont gardés enchaînés dans les ténèbres pour le jugement ».

Références aux nephilim chez les premiers chrétiens[modifier | modifier le code]

Il est fait référence aux nephilim notamment dans le roman pseudo-clémentin.

Autres « géants » mentionnés dans la Bible[modifier | modifier le code]

Dans la Bible hébraïque, d'autres mots, à l'instar de « nephilim », sont parfois traduits par « géants ». Selon les interprétations, ces mots peuvent faire référence à des descendants des nephilim ayant survécu au Déluge et/ou à des peuples cananéens. Le Midrash rapporte que le géant Og disposait de son propre compartiment dans l'Arche de Noé[13] ; selon l'Aggadah, pour échapper au Déluge, Og se serait plutôt tenu sur le toit de l'Arche pendant tout le temps que dura l'inondation. Certains imaginent que des anges déchus continuèrent d'aller vers des femmes après le Déluge.[réf. nécessaire]

Rephaïm ou Rephaïtes[modifier | modifier le code]

Le Lit d'Og. Gravure de Johann Balthasar Probst, v. 1770.

On parle des Rephaïm (hébreu : רפאים) dans la Genèse (Gn 14. 5). Le roi d'Élam Kedorlaomer et ses alliés les battent à Asteroth Karnaïm (où ils résident ?) ; ils battent également les Zuzim à Ham, les Émim à Schavé-Kirjathaïm, et les Horiens dans leur montagne de Séir. Ils habitent le pays donné à Abraham.

Og est le dernier des Rephaïm. Voici ce qu'en dit le Deutéronome (Dt 3. 11) : « Og, roi de Bachân, était resté seul de la race des Rephaïm. Voici, son cercueil, un cercueil de fer, n'est-il pas à Rabbath, ville des enfants d'Ammon ? Sa longueur est de neuf coudées, et sa largeur de quatre coudées, en coudées d'homme[14]. »

Les Émim et les Anakim font partie des Rephaïm, selon Dt 2. 10-11 : « Les Émim y demeuraient auparavant, peuple grand, et nombreux, et de haute taille, comme les Anakim ; Ils étaient eux aussi considérés des Rephaïm, comme les Anakim ; mais les Moabites les appelaient Émim. »

Ils donnent leur nom à une vallée de Canaan, dans laquelle David combat des Philistins.

T.J. Lewis, évoque à leur sujet les « Rapi'uma » des documents funéraires d'Ougarit, à qui l'on portait des offrandes pour demander des bénédictions[15]. (Voir Rephaite (en))

Anakim ou Anakites[modifier | modifier le code]

La grande taille des descendants d'Anak effraye les Hébreux lorsqu'ils doivent prendre le pays de Canaan. À cause de leur refus de les combattre, ils devront retourner dans le désert et, parmi les chefs des douze tribus, seuls Josué et Caleb pourront voir la Terre promise. « Ils montèrent, par le midi, et ils allèrent jusqu'à Hébron, où étaient Ahiman, Schéschaï et Talmaï, enfants d'Anak. Hébron avait été bâtie sept ans avant Tsoan en Égypte. » (Nb 13. 22) « Et nous y avons vu les nephilim, enfants d'Anak, de la race des nephilim : nous étions à nos yeux et aux leurs comme des sauterelles. » (Nb 13. 33)

Ils seront frappés d'anathème par les Israélites quand ceux-ci prendront enfin possession de Canaan, comme le raconte le Livre de Josué (Josué 11. 21-22) : « Dans le même temps, Josué se mit en marche, et il extermina les Anakim de la montagne d'Hébron, de Debir, d'Anab, de toute la montagne de Juda et de toute la montagne d'Israël ; Josué les voua à la destruction avec leurs villes. Il ne resta point d'Anakim dans le pays des enfants d'Israël ; il n'en resta qu'à Gaza, à Gath et à Asdod. »

Arba fut le plus grand des Anakim, selon Josué 14. 15. « Hébron s'appelait autrefois Kirjath Arba : Arba avait été l'homme le plus grand parmi les Anakim. Le pays fut dès lors en repos et sans guerre. » et le père d'Anak selon Josué 15. 13 : « On donna à Caleb, fils de Jephunné, une part au milieu des fils de Juda, comme YHWH l'avait ordonné à Josué ; on lui donna Kirjath Arba, qui est Hébron : Arba était le père d'Anak. » « Caleb en chassa les trois fils d'Anak : Schéschaï, Ahiman et Talmaï, enfants d'Anak. » (Josué 15. 14).

Les autres géants bibliques sont souvent comparés aux Anakim – comme les Annakim aux nephilim – pour rendre compte de leur taille.

Il est fait mention des Anakim dans les Textes d'exécration égyptiens et dans le papyrus « Anastasi I », dans lequel ils sont également des géants[16].

Émim ou Émites[modifier | modifier le code]

Les Émim (hébreu : אֵמִים). Il y est fait une première allusion dans la Genèse (Gn 14. 5), où il est question de leur défaite à Schavé Kirjathaïm face au roi d'Élam Kedorlaomer et à ses alliés. Ce pays est ensuite appelé Moab et Ar ; il est donné aux enfants de Lot.

« YHWH me dit : « N'attaque pas Moab, et ne t'engage pas dans un combat avec lui ; car je ne te donnerai rien à posséder dans son pays : c'est aux enfants de Lot que j'ai donné Ar en propriété. » (Jadis les Émim y habitaient ; c'était un peuple grand, nombreux et de haute taille, comme les Anakim. Ils passaient aussi pour être des Rephaïm, de même que les Anakim ; mais les Moabites les appelaient Émim). » (Dt 2. 9-11)

Zamzummim[modifier | modifier le code]

Leur pays est aussi donné aux fils de Lot. « […] et tu approcheras des enfants d'Ammon. Ne les attaque pas, et ne t'engage pas dans un combat avec eux ; car je ne te donnerai rien à posséder dans le pays des enfants d'Ammon : c'est aux enfants de Lot que je l'ai donné en propriété. Ce pays passait aussi pour un pays de Rephaïm ; des Rephaïm y habitaient jadis, et les Ammonites les appelaient Zamzummim ; c'était un peuple grand, nombreux et de haute taille, comme les Anakim. YHWH les détruisit devant eux, qui les dépossèdent et habitent à leur place. » (Dt 2. 19-21)

Goliath[modifier | modifier le code]

David remerciant Dieu après la mort de Goliath. Tableau anonyme, 1re moitié du XVIIIe siècle. Musée des beaux-arts de Lyon.

Goliath de Gath est le géant le plus célèbre de la Bible. Cependant, en dehors de l'allusion à sa taille extraordinaire, rien dans le texte biblique ne l'associe aux nephilim. Goliath est le champion des Philistins. Le Premier Livre de Samuel nous raconte comment David, encore enfant, le tue d'un coup de pierre de sa fronde : « Un homme sortit alors du camp des Philistins et s'avança entre les deux armées. Il se nommait Goliath, il était de Gath, et il avait une taille de six coudées et un empan[17]. » (1Sa 17. 4) « Mais Saül – le roi d'Israël – dit à David : « Tu ne pourras aller contre ce Philistin pour te battre avec lui, car tu n’es qu’un garçon, et lui est un homme de guerre depuis son adolescence. » » (1Sa 17. 33) « Puis David ajouta : « YHWH, qui m’a délivré de la patte du lion et de la patte de l’ours, c’est lui qui me délivrera de la main de ce Philistin. » Et Saül dit à David : « Va, et que YHWH lui-même soit avec toi. » » (1Sa 17. 37) « Ainsi David, avec une fronde et une pierre, fut plus fort que le Philistin, il abattit le Philistin et le mit à mort ; il n’y avait pas d’épée dans la main de David. Et David continua de courir, puis se pencha sur le Philistin. Il prit alors son épée, la tira de son fourreau et le mit manifestement à mort lorsqu’avec elle, il lui coupa la tête. Et les Philistins purent voir que leur homme fort était mort, et ils s’enfuirent. Alors les hommes d’Israël et de Juda se levèrent, poussèrent des cris et poursuivirent les Philistins jusqu’à [la] vallée et jusqu’aux portes d’Éqrôn. » (1Sa 17. 50-52)

Les nephilim dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Cassandra Clare, La Cité des ténèbres (The Mortal Instruments), 2007-…. – Cycle de romans pour la jeunesse. Évocation de nephilim mi-anges mi-humains, tuant les démons. – shadow hunter : « chasseur d'ombre ».
  • Becca Fitzpatrick, Hush Hush, 2009, et ses suites, faisant partie du cyle de romans pour la jeunesse La Saga des anges déchus. – Roman fantastique où les nephilim sont des êtres nés des anges déchus et des mortelles. Ils nous sont supérieurs mais peuvent être possédés par des anges déchus. Les nephilim se révoltent car ils ne sont plus maitres de leurs corps durant deux semaines du mois du calendrier hébreu d'Heshvan. Une guerre perdure depuis des millénaires entre les anges déchus et les nephilim.
  • Richelle Mead, Succubus Blues, 2009, faisant partie de la série Georgina Kincaid. Évocation des nephilim, enfants de démons et de mortelles, pourchassés et souhaitant se venger de leurs bourreaux.
  • Danielle Trussoni, La Malédiction des anges, Fleuve Noir, 2010. – Roman fantastique dans lequel nephilim et angéologues s'affrontent aujourd'hui encore dans une guerre sans merci pour dominer ou libérer l'humanité du joug de ces anges déchus.
  • Cynthia Hand, Céleste, ADA Inc, 2013. - Roman Fantastique dans lequel les descendants des anges; les Quartarius (à un quart angéliques) , les Dimidius (à moitié angéliques), les Triplare (à un quart humains) et les Anges se battent contre les Ailes Noires (les Anges Déchus), chaque être qui coule ne lui du sang d'Ange et qui a une part d'humanité reçoit une mission; d'où son existence sur Terre.
  • Lauren Kate, Damnés, 2010. - Certains personnages de l'école fréquentée par l'héroïne sont dits nephilims, comme par exemple Miles et Shelby ; ils ont du sang d'ange en eux, et cela leur donne des pouvoirs surnaturels.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 2013 : Néphilim, de Danny Wilson, premier volet d'une série, racontant l'histoire de l'un des nephilim, et de toute la culture entourant les anges.

Série TV[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Fields of the Nephilim (« Champs des nephilim ») est le nom que s'est donné un groupe de rock gothique formé en 1984.
  • Il est sujet des Nephilims et de la séduction des femmes dans la chanson " War is my Destiny " de l'artiste Ill Bill.

Jeux[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans Shadow Man: 2econd Coming (2002), le héros peut se munir des armes « nephilim », apparemment issues des anges. Ce sont les seules armes qui peuvent donner la mort aux Grigori Sephiroth, les principaux ennemis.
  • Dans Diablo 3 (2012), de Blizzard, les « néphalems » sont des enfants d'un parent ange, et d'un démon, devenus plus tard les hommes.
  • Dans Darksiders II (2012), de THQ, les nephilim sont une race ayant tenté de conquérir l’Éden, le royaume des hommes, mais quatre d'entre eux, les cavaliers de l'apocalypse, ont été chargés par le conseil ardent d'exterminer leurs frères, en échange de leur vie. Dans le jeu, les nephilim sont des hybrides d'anges et de démons, et non d'anges et de femmes.
  • Dans DmC: Devil May Cry (2013), de Capcom, Dante et son jumeau Vergil, issus de l'union d'une ange et d'un démon, sont considérés comme des nephilim.
  • Dans Tomb Raider : l'Ange des Ténèbres (2003), Lara Croft doit empêcher la résurrection des nephilim, des êtres issus de l'union d'hommes et d'anges, maudits.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mélusine Vaglio, Néphilim, L'Autre histoire du Mal, Armand Colin, 2010. – Essai historique qui étudie l'histoire de la croyance aux nephilim, les querelles exégétiques qui en résultèrent chez les Pères de l'Église ainsi que la pérennité du mythe dans la subculture populaire postmoderne, notamment sa récupération au sein de certaines théories du complot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Brown Driver Briggs Hebrew Lexicon, p. 658.
  2. Jacques Van Ruiten, Primaeval History Interpreted : The Rewriting of Genesis I-II in the Book of Jubilees, Brill, 2000 (ISBN 9789004116580), p. 189.
  3. Archie T. Wright, The Origin of Evil Spirits : The Reception of Genesis 6.1-4 in Early Jewish Literature, Mohr Siebeck, 2005, (ISBN 9783161486562) p. 80–81.
  4. Le texte grec indique « 'οι βιαιοι » ; la racine « βιαιος », au singulier, signifie « violence » ou « forcé » (Liddell & Scott, Greek-English Lexicon, 1883.)
  5. Thomas Stackhouse, A History of the Holy Bible, Blackie & Son, 1869, p. 53.
  6. Alison Salvesen, « Symmachus Readings in the Pentateuch », dans Origen's Hexapla and Fragments : Papers Presented at the Rich Seminar on the Hexapla, Oxford Centre for Hebrew and Jewish Studies, 25th-3rd August 1994, Mohr Siebeck, 1998 (ISBN 9783161465758), p. 190 : « La traduction « il tomba sur, attaqua » [dans Symmaque, Genèse 6:6] est assez mystérieuse… Si tant est qu'elle a été fidèlement rapportée, elle peut être mise en relation avec celle d'Aquila concernant les nephilim en 6:4 : « οι επιπιπτοντες ». »
  7. R.B. Girdlestone, Old Testament Synonyms, p. 54.
  8. R. Hendel, Christoph Auffarth, Loren T. Stuckenbruck, The Fall of the Angels, Brill, 2004 (ISBN 90-04-12668-8[à vérifier : ISBN invalide]), p. 21, 34.
  9. Herbert Marks, « Biblical Naming and Poetic Etymology », dans Journal of Biblical Literature, 1995, vol. 114, no 1, p. 21–42.
  10. Selon la Genèse, la durée de vie accordée par YHWH à l'homme est progressivement revue à la baisse, YHWH constatant les fautes de l'homme. Dans le passage cité, tel qu'il se présente, on peut difficilement saisir la responsabilité de l'homme et ce qui justifie cette sanction.
  11. Deuxième Épître de Pierre 2, 4.
  12. Épître de Jude 6.
  13. Talmud Bavli Zabahim 113b ; Pirkei D’Rebbi Eliezer (Heigar) « Chorev », ch. 23 ד"ה וזה אשר תעשה ; Yalkut Shimoni, Torah, Parashas Noach, Remez 55 ד"ה זכר ונקבה יהיו ; Yalkut Shimoni, Torah, Parashas Noach, Remez 56 ד"ה ד"א ויהי לשבעת ; Yalkut Shimoni, Job, Remez 926 ד"ה +לט+ התקשר רים.
  14. Ce qui équivaut à plus de quatre mètres de long et près de deux mètres de large.
  15. (en) T.J. Lewis, Cults of the Dead in Ancient Israel and Ugarit, Scholars Press,‎ 1989
  16. (en) James Bennett Pritchard, Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, Princeton, Princeton University Press,‎ 1969
  17. Ce qui équivaut à 3 mètres environ.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]