Iemanja

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Statue de Iemanja à Santa Vitória do Palmar au Brésil

Iemanja, Iemanjá (au Brésil), ou Yemaya, Yemanja, est une divinité aquatique d'origine africaine. Plus précisément, elle est issue des traditions religieuses des Yorubas, où elle est également la protectrice des femmes (des femmes enceintes en particulier), et la mère de toute chose vivante.

Elle est l'orisha des eaux salées et de l'amour chaste au Brésil, où Oxum est l'orisha des eaux douces.

En Afrique, dans les traditions yoruba[modifier | modifier le code]

Dans les contrées dont elle est originaire, Iemanja est connue sous les noms de Yemoja, Ymoja, ou encore Yemowo.

Dans la mythologie yoruba, Yemoja est une déesse mère ; elle est la divinité protectrice des femmes, et tout particulièrement des femmes enceintes. Ses parents sont Oduduwa et Obatala. Il existe de nombreuses histoires contant la façon dont elle est devenue la mère de tous les saints. Elle était mariée à Aganju et eut un fils, Orungan, et quinze orishas naquirent d'elle. Parmi ceux-ci, on compte Ogun, Olokun, Shopona et Shangô. D'autres histoires racontent que Yemaya a toujours existé et que toute vie est née d'elle, y compris tous les orishas. Son nom est la contraction des mots yoruba « Yeye emo eja », qui signifient « La mère dont les enfants sont comme les poissons », évoquant ainsi l'immensité de sa fécondité et de sa maternité, ainsi que son règne sur toute chose vivante.

Au Brésil[modifier | modifier le code]

Elle est célébrée au Brésil dans les cultes afro-brésiliens, tels que le candomblé ou l'umbanda.

Dans le panthéon afro-brésilien, Iemanja est reconnue comme la mère des Orixás (divinités de la nature). Elle est la reine du monde aquatique, parfois représentée comme une sirène, ou plus souvent comme une créature fabuleuse émergeant des flots.

Histoire de l'arrivée au Brésil[modifier | modifier le code]

Divinité africaine yoruba, Iemanja a fait le voyage vers le Brésil avec les esclaves noirs que l'on arrachait à la terre de leurs ancêtres. Les clercs portugais chargés de l'évangélisation des Noirs se sont bien sûr méfiés de la religion animiste. Le paganisme devait disparaître pour laisser la place à la « vraie foi », le christianisme.

Dans ce but, et afin de faciliter la conversion des esclaves noirs, le clergé présent au Brésil a encouragé le syncrétisme, c'est-à-dire l'association de divinités non chrétiennes aux saints catholiques. C'est ainsi que Iemanja a été assimilée à la Sainte Vierge.

C'est de ce syncrétisme que sont nées les religions afro-brésiliennes.

Qui est Iemanja au Brésil ?[modifier | modifier le code]

Iemanja est la mère de tous les orixas. Elle est associée à l'eau en général, et plus particulièrement à la mer, à l'océan.

Selon Pierre Verger, Français ayant consacré sa vie à l'étude des religions afro-brésiliennes, Iémanja serait la fille de Olokum, divinité maritime tantôt féminine, tantôt masculine selon les régions d'Afrique. Iemanja se serait mariée avec Olofin mais, fatiguée de ce mariage, elle aurait fui vers l'ouest. Olofin l'aurait alors fait rechercher et, se sentant en danger, Iemanja aurait brisé une fiole remise par son père Olokum afin de la protéger du danger. La mixture contenue dans le flacon aurait donné naissance à un fleuve, transportant ainsi Iemanja jusqu'à l'océan.

Une autre légende nous apprend que Iemanja a tellement pleuré le départ de son fils Oxossi, qui l'a abandonnée pour vivre dans la forêt, qu'elle s'est liquéfiée de chagrin. Devenue fleuve, elle s'est jetée dans la mer.

  • Associée à la Vierge Marie.
  • Protectrice des pêcheurs, mais aussi des mères et des enfants.

Culte et festivités au Brésil[modifier | modifier le code]

  • Le réveillon du 31 décembre

La plus grande fête en l'honneur de Iemanja a lieu le 31 décembre. La foule se réunit en divers points du littoral et dépose des offrandes dans des paniers en paille. Il peut s'agir de miroirs, de peignes, de bijoux divers, de parfum, de fleurs. Dans les paniers, on glisse de petits billets faisant état des souhaits de chacun pour l'année à venir.

A Rio de Janeiro, le soir du réveillon, il est coutume de jeter des roses blanches à la mer et de se vêtir de blanc, en l'honneur de Iemanja.

  • La fête de Iemanja à Salvador de Bahia

Le 2 février, fête officielle de Iemanja, la célébration a lieu à Salvador de Bahia, sur la plage du Rio Vermelho. Elle attire des adeptes ou des curieux venus de toutes parts.

Cette fête a été créée vers 1920. D'après la légende, après une année de maigres prises, les pêcheurs bahianais se sont tournés vers les saints africains pour réclamer une pêche plus abondante. Initialement nommées « Offrandes à la mère de l'eau », les festivités se sont fait connaître comme « la fête de Iemanja », dénomination courante depuis les années 1960.

La population se réunit sur la plage dès le matin, danse au son des tambours et des chants africains, puis font leurs offrandes à la mer. La fête de Iemanja est très populaire, et y participent des milliers de personnes: Blancs et Noirs, riches et pauvres, Brésiliens ou étrangers. Elle donne lieu à de nombreuses manifestations culturelles (concertes, démonstrations de capoeira, défilé de groupes carnavalesques etc.)

Yemaya dans la santeria[modifier | modifier le code]

Article connexe : Santeria.

Dans la santeria, en particulier à Cuba, elle peut porter les noms de Yemaja, Yemaya, Yemayah, ou encore Iemanya. Yemaya est associée à la Virgen de Regla, la patronne des marins. Sa couleur est le bleu.

Yemaya à Haïti et dans le vaudou[modifier | modifier le code]

On la retrouve ici sous les noms de La Sirène, LaSiren, ou Mami Wata, qui correspond à la Manman Dlo de la Martinique.

Yemaya aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Elle existe également aux États-Unis, sous les noms de Yemalla, Yemana, ou Yemoja.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Bastide, Les Amériques noires: les civilisations africaines dans le nouveau monde, Paris, Éditions L'Harmattan,‎ 1996, 3e éd. (ISBN 978-2-7384-4309-0, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]