Harpies

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Portrait de Harpie par Jean-Baptiste Coriolan (1642).

Dans la mythologie grecque ou romaine, les Harpies, ou Harpyes (en grec ancien Ἅρπυιαι / Hárpuiai), sont les filles de Thaumas et de l'Océanide Électre alors que certaines traditions en font plutôt les filles de Typhon. Elles sont trois (ou plus selon les traditions) : Aello (Bourrasque) est parfois nommée Nicothoé (Pieds rapides), Ocypète (Vole-vite) et Podarge (Pieds légers) qui est parfois nommée Céléno (Obscure).

Description[modifier | modifier le code]

Ce sont des divinités de la dévastation et de la vengeance divine. Plus rapides que le vent, invulnérables, caquetantes, elles dévorent tout sur leur passage, ne laissant que leurs excréments. Selon Hésiode, elles ont un corps ailé d'oiseau et une tête de femme. Virgile leur donne des visages de fillettes et des serres d'oiseau de proie. Homère en fait aussi des déesses des tempêtes, semblables à des cavales sauvages, par opposition avec les vents plus doux, qui sont assimilés à des chevaux dociles. « Chiennes de Zeus », elles volent les âmes et les enfants : c'est ainsi que les Pandarides furent données comme esclaves aux Érinyes.

Elles habitaient les îles Strophades, dans la mer d'Ionie, sur la côte du Péloponnèse. Plus tard, Virgile les situera à l'entrée des Enfers avec les autres monstres. On raconte aussi que Zéphyr s'unit à une des Harpyes, Podargé, qui avait pris la forme d'une jument et de cette union naquit les célèbres chevaux immortels Xanthe et Balios qui seront offerts à Achille ainsi que Phlogéos et Harpagos, les chevaux des Dioscures.

Rôle dans les récits mythologiques[modifier | modifier le code]

Les Harpies tourmentant des damnés du 7e Cercle des Enfers (suicidés changés en arbres) devant Dante et Virgile. Illustration de La Divine Comédie probablement par Gustave Doré.

Dans l’Odyssée[modifier | modifier le code]

On rendait les Harpies responsables de toutes les disparitions[réf. nécessaire]. On racontait que même les dieux n'étaient pas à l'abri de leurs méfaits puisque Aphrodite, Héra et Athéna, qui avaient élevé les filles de Pandaros depuis sa mort, en firent les frais. Profitant de l'absence des déesses qui étaient allées sur l'Olympe discuter du mariage des jeunes filles, elles enlevèrent leurs protégées pour les donner aux Érinyes comme servantes (Homère, Odyssée, XX, v.61-78).

Dans la quête de la toison d'or[modifier | modifier le code]

En Thrace, le roi Phinée, possédait des dons de prophétie ; mais Zeus lui avait envoyé les Harpyes, car il avait découvert certains secrets concernant la race humaine. Le dieu l'avait rendu aveugle, et les Harpyes venaient saisir les mets déposés sur sa table ou les souiller. Le roi accueillit les Argonautes, les informa de l'avenir du voyage, puis les pria de l'aider, sachant que deux d'entre eux, ses beaux-frères ailés, Calaïs et Zétès, pourraient chasser les Harpyes. L'épisode figure par exemple dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes.

Un banquet fut préparé et, dès que les Harpyes arrivèrent, les fils de Borée les pourchassèrent jusqu'en Acarnanie. La fin de la légende diffère selon les auteurs. Selon la version la plus courante, Calaïs et Zétès, pourchassèrent les Harpyes jusqu'aux Strophades, îles de la mer Ionienne où, Iris (qui était la sœur des Harpyes) leur apparut et leur demanda d'abandonner leur poursuite sur l'ordre de Zeus car elles participaient à l'ordre divin. En contrepartie les Harpyes laisseraient désormais Phinée en paix. Elles allèrent vivre dans une grotte du mont Dicté, en Crète.

Dans l’Énéide[modifier | modifier le code]

Dans l'épopée romaine l’Énéide de Virgile, Énée rencontre une Harpye, Celaeno, dans les Strophades qui lui prédit que les Troyens n'atteindraient leur nouvelle patrie que lorsque la faim les obligerait à manger leurs tables. Quelque temps plus tard, alors qu'Énée et ses compagnons se trouvent à l'embouchure du Tibre on leur sert la nourriture sur des galettes qu'ils mangent aussi, ce qui provoque la réflexion de Iule, le fils d'Énée : « Hé, nous avons même mangé nos tables ! » Alors Énée se souvient de la prédiction de Celaeno et laisse éclater sa joie : « Salut, terre promise par les destins, et salut à vous, ô fidèles Pénates de Troie. Voici notre demeure, voici notre patrie[1]. »

Interprétations dans les études mythologiques[modifier | modifier le code]

Une interprétation historicisante de la mythologie fait provenir des sauterelles, en se fondant sur la destruction qu’elles laissent sur leur passage et sur le fait qu’elles sont chassées par le vent du Nord[réf. nécessaire].

Les harpies dans l'univers contemporain[modifier | modifier le code]

  • La harpie est aussi un véritable oiseau caractérisé d'après l'animal mythique.
  • Le terme est souvent utilisé métaphoriquement pour désigner une méchante femme (sorcière).
  • Dans Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare, Benedick approche, et demande au Prince, Don Pedro : « Voulez-vous m’envoyer au bout du monde pour votre service ? Je vais à l’instant aux antipodes sous le plus léger prétexte que vous puissiez inventer. Je cours vous chercher un cure-dent aux dernières limites de l’Asie, prendre la mesure du pied du Prêtre-Jean, vous chercher un poil de la barbe du grand Cham, négocier quelque ambassade chez les Pygmées, plutôt que de soutenir un entretien de trois paroles avec cette harpie. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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