Yōkai

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Ukiyo-e estampe d'un yōkai, par Aotoshi Matsui

Les yōkai (妖怪?, « esprit, fantôme, apparition étrange ») sont un type de créatures surnaturelles dans le folklore japonais.

Origines[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot yōkai est composé des kanji 妖, « attirant », « ensorcelant » ou « calamité », et 怪, « apparition », « mystère », « méfiant »[1]. Yōkai dérive du chinois : 妖怪 ; pinyin : yāoguài ; littéralement : « monstre bizarre », également appelé en coréen yogwi (hangul : 요괴), désigne un « être vivant, forme d'existence ou phénomène auxquels on peut appliquer les qualificatifs extraordinaire, mystérieux, bizarre, étrange et sinistre »[2].

Synonymes de yōkai[modifier | modifier le code]

À la place de yōkai, ils sont aussi appelés ayakashi (?), mononoke (物の怪?), ou mamono (魔物?). Le mot mononoke (écrit 物の怪) porte le sens de « monstre », « fantôme » ou « esprit », et le sens littéral signifie « l'esprit d'une chose » ou « chose étrange »[3]. Ce mot est utilisé pour blâmer un événement inexplicable, en outre, à la fois les objets inanimés et les esprits des humains et autres créatures peuvent être appelés mononoke. Plusieurs anime font usage des mononoke, le plus célèbre est probablement Princesse Mononoké (où le mot a été simplifié en hiragana : もののけ).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les yōkai ont un comportement qui varie de l'espièglerie à la malveillance, et occasionnellement, ils apportent la chance à ceux qu'ils rencontrent. Ils possèdent souvent des traits animaux (comme le kappa, qui ressemble à une tortue, ou le tengu, qui a des ailes). D'autres fois, ils peuvent avoir des traits plus humains, quelques-uns ressemblent à des objets inanimés et d'autres n'ont pas de formes perceptibles. Les yōkai ont ordinairement des pouvoirs spirituels surnaturels. La métamorphose est l'un des plus courants. Ces yōkai qui ont la capacité de se métamorphoser sont appelés obake.

Les folkloristes et historiens japonais utilisent le terme yōkai pour désigner les « phénomènes surnaturels ou inexplicables pour ceux qui en sont témoins ». Durant la période Edo, de nombreux artistes, tel Toriyama Sekien, ont créé des yōkai inspirés du folklore ou ex-nihilo. Plusieurs yōkai créés par eux (Kameosa et Amikiri, voir ci-dessous) sont considérés à tort comme des êtres d'origine légendaire[4].

Types[modifier | modifier le code]

Il existe une grande variété de yōkai dans le folklore japonais. En général, yōkai est un terme général, et peut être utilisé pour englober virtuellement tous les monstres et êtres surnaturels, pouvant même inclure des créatures du folklore européen (le bugbear du folklore anglais est souvent inclus dans le folklore japonais au point que quelques-uns croient à tort qu'il en est originaire).

Animaux[modifier | modifier le code]

Ukiyo-e estampe d'un yōkai, par Kawanabe Kyōsai

De nombreux animaux japonais indigènes sont crus avoir des qualités magiques. La plupart d'entre eux sont les henge (変化?), qui sont des métamorphes (o-bake, bake-mono[5]) et qui apparaissent souvent sous forme humaine, la plupart du temps en tant que femmes. Quelques-uns des yōkai animaux les plus connus inclus :

Oni[modifier | modifier le code]

Un des aspects du yōkai les mieux connus du folklore japonais est l’oni, qui est une sorte d'ogre descendant des montagnes, habituellement décrit comme ayant une peau rouge, bleue, marron ou noire, deux cornes sur la tête, une large bouche remplie de crocs, et ne portant qu'un pagne en peau de tigre. Il porte souvent un kanabō en fer ou une épée géante. Les oni sont la plupart du temps décrit comme démoniaques, mais ils peuvent être occasionnellement la personnification d'une force naturelle ambivalente. Ils sont, comme beaucoup d’obake, associés à la direction du nord-est.

Tengu[modifier | modifier le code]

Un gobelin de la mythologie japonaise qui a plusieurs pouvoirs surnaturels et des compétences en arts martiaux, les tengu sont originellement des démons extrêmement dangereux et des ennemis du bouddhisme, mais après des siècles leur comportement est passé d'esprits de damnés à défenseurs actifs du Dharma.

Tsukumogami[modifier | modifier le code]

Les Tsukumogami sont un type à part entière de yōkai et d’obake, comprenant ordinairement des objets domestiques qui prennent vie lors de leur centième anniversaire. Ce type inclut :

Transformations d'humains[modifier | modifier le code]

Ukiyo-e estampe de yōkai, par Kawanabe Kyōsai

Un grand nombre de yōkai étaient des humains ordinaires à l'origine. Ils ont été transformés en quelque chose d'horrible, de grotesque au cause d'un état émotionnel extrême. Les femmes qui souffrent de jalousie intense, par exemple, se transformaient en oni femelle représentée par les masques hannya[6].

D'autres exemples de transformations d'humains ou de yōkai humanoïdes sont :

  • Rokuro-kubi (des humains capables d'allonger leur cou durant la nuit) ;
  • Ohaguro-bettari (un visage, habituellement féminin, qui se retourne pour révéler un visage avec juste une bouche noircie) ;
  • Futakuchi-onna (en) (une femme avec une bouche vorace supplémentaire derrière sa tête) ;
  • Dorotabō (le cadavre ambulant d'un fermier qui hante sa terre).

Autres[modifier | modifier le code]

Certains yōkai ont des habitudes extrêmement spécifiques, par exemple :

  • Azuki Arai (un yōkai qui est toujours découvert entrain de laver des haricot azuki) ;
  • Akaname (découvert seulement dans les salles de bain sales et passe son temps à lécher la saleté laissée par les propriétaires négligeant) ;
  • Ashiarai Yashiki (un pied gargantuesque qui apparait dans les pièces et qui demande au propriétaire terrifié de le laver) ;
  • Tofu Kozo (un petit moine qui porte un plateau avec un morceau de tofu).

Histoire[modifier | modifier le code]

Temps anciens et Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Ier siècle, un livre provenant de Chine intitulé 循史伝 fait mention qu'un « spectre (yōkai) était à la cour impériale depuis longtemps. Le roi demanda à Tui la raison. Il répondit qu'il y avait une grande anxiété et il fit la recommandation de vider la chambre impériale » (久之 宮中数有妖恠(妖怪) 王以問遂 遂以為有大憂 宮室将空), l'utilisation de « 妖恠 » signifie alors « phénomène qui surpasse la compréhension humaine ».

Hyakki Yagyo Emaki. Artiste inconnu, période Muromachi

Dans le Shoku Nihongi (772), il est indiqué qu'une « purification shinto est réalisée car un yōkai apparait très souvent à la cour impériale (大祓、宮中にしきりに、妖怪あるためなり) », l'utilisation du mot yōkai signifie pas une chose en particulier, mais des phénomènes étranges en général. Dans les Notes de chevet de Sei Shōnagon (194-1192), il est noté qu’« il y a des mononoke tenaces (いと執念き御もののけに侍るめり) », il y a aussi une indication de Murasaki Shikibu selon laquelle « le mononoke est devenu assez terrifiant (御もののけのいみじうこはきなりけり) », c'est la première apparition du terme mononoke. Dans le Taiheiki (1370), au cinquième volume, il est indiqué que « Sagami no Nyudo n'était pas du tout effrayé par les yokai ».

Période Edo[modifier | modifier le code]

Various Yokai Flying out of Wicker Clothes Hamper du Omoi Tsuzura (おもゐつづら?), Yoshitoshi

Le Bakemono chakutocho (1788) de Masayoshi Kitao était un livre diagramme kibyōshi de yōkai, mais il a été préfacé avec l'indication « on peut dire que les soi-disant yōkai dans notre société sont une représentation de nos sentiments relevant de la peur (世にいふようくわいはおくびょうよりおこるわが心をむかふへあらわしてみるといえども…) ». Déjà à cette époque, alors qu'il y avait des recherches sur les yōkai, des personnes se demandaient si les yōkai existaient vraiment ou non.

En réponse à un développement massif des publications d'imprimerie, les magasins kashi-hon (en), qui proposaient de tels ouvrages, se répandirent et devinrent largement populaires. Ces ouvrages donnèrent l'impression au public que les caractéristiques de chaque yōkai étaient les mêmes partout au Japon, cette vision se répandit à travers le pays. Par exemple, avant la période Edo, il y a avait une plénitude d'interprétations sur les yōkai qui étaient classifiés comme kappa, mais à cause des livres et des publications, la notion de kappa s'ancra dans ce qui la notion actuelle de kappa. Alors, en incluant d'autres sortes de publications, en plus des yōkai nés de légendes populaires, beaucoup de nouveaux yōkai ont été créés, à partir de jeux de mots. Le Gazu Hyakki Hagyo (en) de Sekien Toriyama en est un exemple. Et, lorsque le Hyakumonogatari Kaidankai devint populaire à la période Edo, on pensait qu'une des raisons de l'apparition de nouveaux yōkai était due à une demande aux conteurs de parler des yōkai qui n'étaient pas encore connus de la société. Il y a eu des exemples où des individus ont simplement créé de nouveaux yōkai comme pour le Karakasa et le tōfu-kozō (en)[7].

Ils sont aussi fréquemment représentés dans les ukiyo-e, il y a des artistes qui ont dessiné des yōkai renommés comme Utagawa Kuniyoshi, Yoshitoshi, Kawanabe Kyōsai, et Katsushiga Hokusai (en), et il y a aussi les livres Hyakki Yagyō fait par des artistes de l'École Kanō.

À notre époque, les jouets et les jeux comme le karuta, sugoroku, pogs utilisent fréquemment les yōkai comme personnages. Donc, avec le développement de la culture de publication, les représentations de yōkai qui étaient gardés au sein des temples et des sanctuaires ont pu devenir plus familier aux gens. C'est la raison pour laquelle les yōkai sont passés d'êtres craints à des êtres desquels les gens se sentent proches[8].

Période Meiji et suivante[modifier | modifier le code]

Avec la Restauration de Meiji, les idéaux et les traductions des publications occidentales commencèrent à avoir un impact, et les contes occidentaux étaient particulièrement recherchés. Les binbogami (en), yakubyogami (en), et shinigami en font partie, et le shinigami a même été représenté comme un rakugo classique, et il a aussi été pris pour une sorte de yōkai ou de kami japonais. Ils sont actuellement devenus bien connus parmi la population comme un rakugo appelé shinigami dans le San'yūtei Enchō (en), qui faisait référence au conte des frères Grimm Godfather Death et à l'opéra italien Crispino. Ainsi, un mystérieux phénomène se produisit dans la population japonaise, et bien que mépris pour des yōkai japonais, ou des yōkai occidentaux moderne, ils ont eu une histoire considérable au Japon.

Dans le même temps, la culture classique japonaise a été rabaissée, et il y a des exemples de chansons, danses et livres de légendes qui ont été détruits. La pensée scientifique se considérait supérieure, alors les yōkai et autres superstitons tentèrent à être dénoncés. Mais à la fin de période Edo jusqu'aux périodes Showa et Heisei, les publications des folkloristes de l'époque et le respect du folklore joua un rôle indéniable pour prévenir la disparition de la culture populaire japonaise.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

À partir de l'époque moderne jusqu'à présent, les yōkai ont été réintroduits dans diverses sortes de médias, ils sont devenus bien connus parmi les anciens, les jeunes, les hommes, les femmes. Le kamishibai d'avant-guerre, et l'industrie des manga aussi bien que les magasins kashi-hon (en) qui ont continué d'exister jusqu'en 1970, aussi bien que la télévision contribuèrent à la connaissance du public et à la familiarisation avec les yōkai. De nos jours, les yōkai jouent un rôle d'attraction d 'un point de vue touristique pour redynamiser les régions locales, comme les endroits décrits dans le Tono Monogatari à Tono, Iwate, Iwate Prefecture et dans Tottori Prefecture, qui est le lieu de naissance de Shigeru Mizuki. À Kyoto, il y a un magasin appelé Yokaido, qui est un machiya (maison de style traditionnel de traditional de Kyoto) renové, et le prorpiétaire fait des visites guidées avec pour thème les yōkai de Kyoto.

Ainsi, les yōkai apparaissent dans les légendes sous diverses formes, mais les récits oraux traditionnels racontés par les anciens et les personnes âgés sont rares, et les situations régionales uniques et l'arrière-plan ne sont pas facilement à rassembler. Par exemple, le yōkai classqiue représenté par le tsukumogami peut seulement être compris comme réaliste par ceux vivant proches de la nature, tel le tanuki, le renard. De plus, dans les banlieues et les autres régions, même en vivant dans un environnement agricole, il y a des objets qui ne sont plus utilisés, telle la pierre à encre, le kama (un gros pot de cuisson), ou le tsurube (un seau pour l'eau du puits). Et il existe des yōkai qui sont des réminsicences des anciens modes de vie tel l’azukiarai et le dorotabo (en). Par conséquent, même ceux nés entre 1925 et 1935, exceptés ceux qui sont partis de la campagne, auront l'impression que ces choses qui se transforment yōkai sont « pas familière » et « pas très compréhensible ». Par exemple, dans le rakigo classique, bien que les gens comprennent les mots et qu'ils s'y réfèrent, ils ne sont pas capables d'imaginer que ça pourrait être réel. Donc, la modernisation de la société a eu un effet négatif sur la place des yōkai dans la culture classique japonaise.

D'un autre coté, les yōkai introduits à travers les médias de masse ne sont pas limités à ceux des sources classiques comme le folklore, et juste comme à la période Edo, de nouveaux yōkai fictionnels continuent d'être inventés, telles les histories terrifiantes d'école et autres comme kuchisake-onna et Hanako-san (en), donnant naissance à de nouveaux yōkai. À partir de 1975, à commencer par la popularité de kuchisake-onna, ces légendes urbaines ont commencé à nommer dans les médias de masse comme yōkai[10]. Cette terminologie a aussi été utilisée dans de récentes publications sur les légendes urbaines[11], et les chercheurs des yōkai, Bintarō Yamaguchi (en), les utilise spécialement[10].

Durant les années 1970, beaucoup de livres ont été publiés qui présentent les yōkai au sein d'encyclopédies, illustrées de livres de références, et de dictionnaires comme d'une partie des livres d'horreur d'enfant, mais en parallèle avec les yōkai des classiques comme le folklore, les kaidan et essais, il a été pointé par les recherches contemporaines qu'il y a eu un mélange dans ce qui ne vient pas du classiques, mais a été nouvellement créé. Parmi les exemples bien connus, il y a le gashadokuro (en) et le jubokko (en). Par exemple, Arifumi Sato (en) est connu pour être un créateur de yōkai modernes et Shigeru Mizuki, un mangaka de yōkai. Dans les écrits concernant les yōkai, il est possible de trouver des yōkai nouvellement créé[12],[13], et Mizuki lui-même, à travers GeGeGe no Kitaro, a créé 30 nouveaux yōkai[14]. Il y a beaucoup de critiques disant que mélanger les yōkai classique et les yōkai nouvellement créés fait la lumière sur les traditions et les légendes[12],[13]. Cependant, comme il y a déjà eu les écrivains de la période Edo comme Sekien Toriyama qui ont créé beaucoup de nouveaux yōkai, il y a aussi l'avis selon lequel il était pas raisonnable de critiquer les créations contemporaines sans faire de même pour les créations classiques[12]. De plus, il y a une opinion favorable qui dit que d'introduire divers personnages yōkai à travers ces livres nourrit la créativité et le développement émotionnel des jeunes lecteurs de l'époque[13].

Dans les médias[modifier | modifier le code]

Diverses sortes de yōkai sont rencontrés dans le folklore et dans l'art et la littérature inspiré du folklore.

Travaux renommés et auteurs[modifier | modifier le code]

Le recueil de kaidan japonais de Lafcadio Hearn titré Kwaidan ou Histoires et études de choses étranges inclut des histoire de yūrei et de yōkai tel Yuki-onna, et c'est l'une des premières publications occidentales de la sorte. Au Japon, les yōkai sont particulièrement prévalent dans les mangas, les anime et la J-Horror. Shigeru Mizuki, le mangaka créateur de séries comme GeGeGe no Kitaro et Kappa no Sanpei, garde les yōkai dans l'imaginaire populaire. Drawn and Quarterly ont publié en anglais quelques-uns de ses travaux sur les yōkai tel Kitaro et NonNonBa. La même chose va pour Hiroshi Shiibashi, le mangaka créateur de Nura : Le Seigneur des Yokaï (ぬらりひょんの孫, Nurarihyon no Mago?).

Les yōkai continue à être un thème récurrent dans les ouvrages de fiction contemporains. Ils ont été les stars de la série de films des années 1960 Yokai Monsters (en). Takashi Miike en a réalisé un remake en 2005 sous le titre The Great Yokai War. Ils ont souvent des rôles majeurs dans la fiction japonaise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Youkai Kanji et Youkai Definition via Denshi Jisho at jisho.org Retrieved 22 July 2013.
  2. Yokaï, Bestiaire du fantastique japonais, Paris, Maison de la Culture du Japon
  3. Toyama, Ryoko: "FAQ – What does 'Mononoke Hime' mean?." Nausicaa.net. Retrieved 2012-08-16.
  4. « Toriyama Sekien ~ 鳥山石燕 (とりやませきえん) ~ part of The Obakemono Project: An Online Encylopedia of Yōkai and Bakemono », Obakemono.com (consulté le 2013-04-30)
  5. Kenkyusha's New Japanese-English Dictionary (en), ISBN 4-7674-2015-6
  6. « Hannya - 般若 -はんにゃ - Japanese Folklore », SaruDama,‎ 2005-09-06 (consulté le 2013-04-30)
  7. (en) 多田克己, 妖怪画本 狂歌百物語, 国書刊行会,‎ 2008, 272–273頁 p. (ISBN 978-4-3360-5055-7), « 『妖怪画本・狂歌百物語』妖怪総覧 »
  8. (en) 湯本豪一, DISCOVER妖怪 日本妖怪大百科, vol. VOL.10, 講談社,‎ 2008, 30–31頁 p. (ISBN 978-4-06-370040-4), « 遊びのなかの妖怪 »
  9. Le Petit Journalコレラの蔓延を死神に例えた挿絵。
  10. a et b (en) 山口敏太郎, 本当にいる日本の「現代妖怪」図鑑, 笠倉出版社,‎ 2007, 9頁 p. (ISBN 978-4-7730-0365-9)
  11. (en) DISCOVER妖怪 日本妖怪大百科, vol. VOL.10, 2頁 p., « 都市伝説と妖怪 »
  12. a, b et c (en) と学会, トンデモ本の世界U, 楽工社,‎ 2007, 226–231 p. (ISBN 978-4-903063-14-0)
  13. a, b et c (en) 妖怪王(山口敏太郎)グループ, 昭和の子供 懐しの妖怪図鑑, アートブック本の森,‎ 2003, 16–19 p. (ISBN 978-4-7747-0635-1)
  14. (en) 水木しげる, 妖怪なんでも入門, 小学館,‎ 1974, 17 p. (ISBN 978-4-092-20032-6)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]