Lémure

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Les lémures sont des spectres malfaisants issus des croyances de l'antiquité romaine. Il ne faut pas les confondre avec les larves (larvae en latin) qui sont des génies malfaisants.

Antiquité romaine[modifier | modifier le code]

La mythologie romaine assimile les lémures aux âmes damnées d’hommes et de femmes ne pouvant trouver le repos car ils ont connu une mort tragique ou particulièrement violente. Ils viennent souvent hanter les demeures des vivants. Pour les mettre en fuite (car leur révocation n’est pas possible), le peuple romain célébrait la fête dite de Lémuria les 9, 11 et 13 mai. Des fèves noires étaient ainsi jetées par-dessus l’épaule gauche de chaque père de famille dans chaque foyer. Les croyances rapportent que les fèves représentent la nourriture des morts. Cette pratique vise à apaiser d'éventuelles apparitions pour épargner les vivants.

Ensuite afin de précipiter leur déroute on frappait de grands vases d’airain toute la nuit durant.

Pendant la célébration, les mariages étaient interdits et tous les temples étaient condamnés.

Paracelse[modifier | modifier le code]

Paracelse compte sept races de créatures sans âme : les génies à forme humaine mais sans âme ni esprit (inanimata) des Éléments, les géants et les nains, les nains sur la terre. Il croit aux génies des quatre Éléments. La Terre, par génération spontanée, produit des nains qui gardent les trésors sous la montagne ; l'Eau produit les ondines ; le Feu, les salamandres ; l'Air, les elfes. Ensuite viennent les géants et les nains issus de l'air, mais qui vivent sur la terre. L'ouvrage de Paracelse a pour titre Le livre des nymphes, des sylphes, des pygmées, des salamandres et de tous les autres esprits (Liber de Nymphis, sylphis, pygmaeis et salamandris et de caeteris spiritibus), trad. de l'all., Nîmes, Lacour, 1998, 308 p. Mais sa doctrine hésite.

"Le mot inanimatum désigne six familles d'hommes sans âme... Ces hommes sans âme sont d'abord ceux des quatre familles qui habitent les quatre Éléments : les nymphes, nymphae, filles de l'eau ; les fils de la terre, lémures, qui habitent sous les montagnes ; les esprits de l'air, gnomi ; les génies du feu, vulcani. Les deux autres familles sont composées d'hommes qui sont également nés sans âme; mais qui, comme nous, respirent en dehors des Éléments. ce sont d'une part les géants et d'autre part les nains qui vivent dans l'ombre des forêts, umbragines... Il existe des êtres qui demeurent naturellement au sein d'un même Élément. Ainsi le phénix, qui se tient dans le feu comme la taupe dans ta terre. Ne soyez pas incrédules, je le prouverai ! Quant aux géants et aux nains de la forêt, ils ont notre monde pour séjour. Tous ces êtres sans âme sont produits à partir de semences qui proviennent du ciel et des Éléments, mais sans le limon de la terre... Ils viennent au monde comme les insectes formés dans la fange [par génération spontanée]." (Paracelse, La grande astronomie. Astronomia magna (1537), trad., Dervy, 2000, p. 159-160).

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • "Lémure" est le nom de l'un des gardiens du fantôme, l'un des principaux méchants de MÄR, un manga de Nobuyuki Anzai. C'est une créature gigantesque au corps sombre, pourvu de cornes, dont la force physique est impressionnante. Il est, avec le dragon d'outre tombe, l'un des deux gardiens les plus puissants du fantôme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Jobbé-Duval, Les morts malfaisants. Larves, lémures, d'après le droit et les croyances populaires des Romains, Paris, 1924. Réédition : Chambéry, Éditions Exergue, 2000, 208 pages.
  • Joël Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse références, 1995.