Kobold

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Illustration issue d'une édition de 1863 du Dictionnaire infernal de Jacques Collin de Plancy.

Les kobolds sont des créatures légendaires du folklore et de la mythologie germanique.

Etymologie[modifier | modifier le code]

Le terme est issu de l'allemand Kobold, lui-même du moyen haut allemand kobolt, composé des deux éléments :

  • kobe « petite pièce d'une maison, étable, recoin, réduit » (moderne Koben « étable à cochon » et dialectal Kobel « réduit, nid d'écureuil »). La même racine germanique se retrouve dans l'anglais cove « réduit, refuge, crique » et dans le norvégien kove « réduit ». À l'origine la racine pangermanique kov- devait désigner une cavité souterraine creusée dans la terre[1].
  • le suffixe -old, -olt est issu du verbe walten « régner sur, gouverner » ou holt « gracieux, fidèle, serviable »[2] (que l'on retrouve dans la Frau Holle[2] des contes allemands, qui est un esprit féminin bienveillant).

kobold, c’est-à-dire « celui qui règne sur la pièce », et qui, dans les gloses en vieil-anglais[réf. nécessaire] apparaît sous la forme plurielle cofgodas, « les dieux de la pièce ». Le terme pièce englobe toutes les parties de la maison, cellier, salle principale, etc. Cette étymologie rapproche donc le kobold du domovoï slave.

Dans le folklore germanique, ce sont les kobolds qui causaient les accidents de mines. Le kobold germanique a pour équivalent en France, le Gobelin.

Kobold est l'étymon du nom de l'élément chimique cobalt (cet élément fut découvert au XVe siècle dans des mines de Saxe et de Bohême) : on accusait les kobolds de voler le minerai d'argent et de le remplacer par ce minerai bleu.

Mythologie et folklore germanique[modifier | modifier le code]

Les kobolds sont des esprits laids souvent apparentés à des gobelins qui proviennent du folklore allemand. Les versions les plus communes, connues sous le nom de Heinzelmännchen, sont décrites en tant qu'elfes de maisons, utiles ou pratiques. Ils effectuent parfois des corvées domestiques, mais peuvent également jouer des tours aux habitants.

Un autre type de kobold, qui peut être trouvé dans les mines et autres endroits souterrains, semble être lié plus étroitement au gnome. Ce sont des créatures mauvaises qui vivent entre elles, plutôt que dans les maisons humaines. Ces kobolds sont décrits comme semblables à des rats ou des chiens se tenant sur deux pattes. Leur taille varie d'une trentaine de centimètres à un mètre. Les plus connus ont une peau de couleur variable, allant du vert au brun. Ils sont souvent représentés avec de petites cornes, des dents très aiguisées, des serres et une queue. Leur espérance de vie est d'environ 40 ans. Ils vivent dans des forêts et s'aménagent des repaires de fortune dans des grottes, dans des racines d'arbre ou dans des galeries souterraines[3].

Le kobold dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Représentation moderne d'un kobold

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Théophile Gautier[modifier | modifier le code]

L'on trouve deux références aux kobolds dans l'œuvre de Théophile Gautier. Dans les deux cas, cette créature est présentée comme un élément symbolique du folklore germanique.

Le 25 février 1854, il publie dans Le Moniteur un article intitulé « Gérard de Nerval », dans lequel il parle en ces termes de son ami :

« Les sympathies et les études de Gérard de Nerval l’entraînaient naturellement vers l’Allemagne, qu’il a souvent visitée, et où il a fait de fructueux séjours : [...] les kobolds sont sortis devant lui des fentes de rocher du Hartz, et les sorcières du Brocken ont dansé autour du jeune poète français, qu’elles prenaient pour un étudiant d’Iéna, la grande ronde du Walpurgisnachtstaum [...]. »

Deux ans plus tard, en 1856, il les mentionne aussi dans son essai L'Art moderne, au cours d'une description de la Souabe :

« C'est au pied de ces tours qu'Uhland fait résonner le cor d'ivoire de la chevalerie ; sur ces collines vertes courent les Kobolds aux chapeaux de feutre verts ; du sein de ces ruisseaux, écartant les feuilles du nénuphar, sort l'Elfe, agaçant le comte du saint-empire, imbriqué de son armure d'or, ou le page au pourpoint de soie tailladé ; la légende et le lied se promènent par ces petits sentiers en se donnant la main. »

Paul Verlaine[modifier | modifier le code]

Le poème Charleroi de Paul Verlaine (1872) commence et s'achève par une allusion aux Kobolds.

Dans l'herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.

(Paul Verlaine, Romances sans paroles, Charleroi)

Alexandre Dumas[modifier | modifier le code]

Dans Les kobolds (édition Marcel Berry 1938/ Chapitre n°18 sur 40), l'auteur décrit ces créatures :

« " — Je vais reconstruire notre vieux château de Wittsgaw, dit le chevalier Osmond à la comtesse Berthe, sa femme ; les Kobolds, ces gentils petits génies qui habitent nos fondations, ne nous en voudront pas." […] — les kobolds faisaient pour leur part autant de travail que les maçons." »

Walter Benjamin[modifier | modifier le code]

Walter Benjamin, dans une lettre du 8 avril 1926 à Jula Radt, évoque les Kobolds à propos de son travail de traducteur :

« Pour ce faire j'ai, à vrai dire, découvert un régime qui attire magiquement les Kobolds à mon aide et qui consiste en ceci que, lorsque je me lève le matin, sans m'habiller, sans me passer sur les mains ou le corps la moindre goutte d'eau, sans même boire, je me mets au travail et, avant d'avoir achevé le pensum de la journée entière, je ne fais rien, surtout pas prendre le petit déjeuner. »

Ce faisant, il semble instituer le terme « kobold » comme une métaphore de l'inspiration. Robert Kahn, commentant cet extrait, y voit le signe que l'activité du traducteur est perçue par Benjamin comme « une pratique magique, [qui] ne peut s'accommoder d'aucun compromis » :

« L'attitude "idéale" du traducteur, celle qui produira l'intervention des Kobolds, "ces esprits familiers gardiens des métaux précieux enfouis dans la terre", est donc proche à la fois de celle de l'enfant qui écoute les contes de fées en attendant d'être si déçu par "le petit bossu", et des gnostiques ou des "parfaits" cathares qui refusent tout contact avec la matière, œuvre du Démiurge[4]. »

Harry Potter[modifier | modifier le code]

Dans la saga Harry Potter les "Elfes de Maisons", une des espèces de l'univers d'Harry Potter qui possède ses propres personnages, à savoir entre autres Dobby et Kreattur, semblent fortement inspirées des Kobolds[interprétation personnelle]. Les Elfes de Maison sont des serviteurs souvent méprisés de familles puissantes, ils sont proches du statut d'esclave domestique. Ils possèdent une magie singulière et qui de par leurs obligations envers leurs maîtres peuvent obliger à contourner les règles de certains sorts impossibles à désamorcer pour un sorcier, par exemple.

Les Chroniques de la guerre de Lodoss[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres versions, les kobolds de l'univers de Lodoss sont une race lycanthrope vivant sur l'île aux ténèbres de Marmo.

Le Clan des chimères[modifier | modifier le code]

Dans Le Clan des chimères, série de bande dessinée (2001-2007) d'Éric Corbeyran pour le scénario et Michel Suro au dessin, les kobolds sont des petits diables rouges volants, cruels et cyniques. Ils apparaissent avec de petites cornes, des dents pointues, des griffes une queue fléchée, et des yeux vides. Ils enlèvent, à sa naissance, Abeau, le fils de Payen de Roquebrune et son épouse Gwenaldren. Ils le remplacent par un changelin qui apportera le malheur sur la mesnie. Ils servent en cela le dessein des chimères qui cherchent à reprendre le contrôle du monde, perdu à la suite d'une ancienne malédiction.

Dans les jeux de rôle[modifier | modifier le code]

Donjons et Dragons[modifier | modifier le code]

Dans le jeu Donjons et Dragons, 3eme édition, les kobolds sont des créatures humanoïdes ovipares de petite taille (environ 1 m). Ils ont la peau recouverte d'écailles dont la couleur varie du brun-roux très sombre au noir rouillé. Ils ont deux petites cornes sur le front, dont la couleur va du blanc au brun-jaune. Ils vivent dans des cavernes ou des forêts vierges, voient dans le noir et détestent la lumière du jour. Ils vivent environ 135 ans.

Ils ont une organisation tribale et détestent les lutins, pixies, esprits follets et les gnomes. Ils sont plus apparentés aux dragons qu'aux gobelins.

Comme les gobelins, ils sont souvent considérés comme des proies faciles pour des personnages joueurs de bas niveau. Leur goût pour la fabrication de pièges, la moquerie et la préparation d'embuscades en font cependant d'agaçants adversaires.

Avec la troisième édition, les kobolds ont pris beaucoup plus d’importance qu’ils n'en avaient auparavant.

Le monde de Palladium[modifier | modifier le code]

Dans le monde de Palladium, les kobolds sont des humanoïdes, cousins des gobelins et des orcs, mais plus beaux selon les critères humains. Ils descendent d'un peuple féerique qui a perdu ses pouvoirs magiques. Ils mesurent en moyenne 1 m pour environ 40 kg, et vivent plus de 160 ans (certains atteignent 250 ans). Ils sont minces et musclés, avec une peau épaisse de couleur cire et de cheveux noirs ou blancs, voire argentés ; ils sont glabres. Ils ont de grandes oreilles pointues, des yeux jaunes ou rouges et de petites dents pointues. Ils peuvent voir dans le noir jusqu'à 120 m, mais sont gênés par la lumière du jour qui limite leur vision à une dizaine de mètres.

Les kobolds dédaignent les gobelins, qu'ils trouvent stupides, et haïssent les humains, les elfes, les gnomes et les changelins, mais respectent les nains pour leur qualités guerrières. Ils apprécient la compagnie des trolls, des ogres, des géants et des hommes-loup (wolfen).

Ils vivent dans des cavernes et des mines qu'ils exploitent ; ce sont des forgerons et des orfèvres d'exception, les meilleurs du monde de Palladium après les nains et à égalité avec les jotans (géants de terre). Ils vendent principalement aux hommes-loup, orcs, ogres et gobelins, notamment des armes et armures, mais leur production est également très appréciée des humains.

Leurs villages et leurs villes sont des réseaux de cavernes, bas de plafond (1 5 m à 2 5 m de haut). Les villages sont à quelques mètres sous terre. Les villes abritent 600 à 2 400 kobolds, mais les cités les plus importantes, sous les montagnes de l'Ancien royaume, peuvent abriter jusqu'à 26 000 individus. Elles sont entre 600 m et 6 km de profondeur et sont typiquement formées d'une centaine de kilomètres de tunnels formant un labyrinthe sur environ huit niveaux, sous une surface de quelques kilomètres carrés au sol. Les habitations sont regroupées dans des quartiers pouvant représenter quelques centaines ou milliers de kobolds ; les niveaux les plus profonds servent de mine ou d'égout. Certaines villes sont reliées par des tunnels de plusieurs centaines de kilomètres situés à environ 3 km de profondeur.

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Golden Sun[modifier | modifier le code]

Dans Golden Sun les kobolds sont des monstres à l'apparence de bête étant équipés comme des guerriers avec bouclier et épée. Ils sont déclinés sous trois formes, qui se rencontrent dans des points précis :

  • le kobold, sur les routes du début du jeu
  • le champion kobold, dans la tour de guet d'Harin
  • le roi kobold, sur l'île au pirates

Dark Age of Camelot[modifier | modifier le code]

Dans Dark Age of Camelot, les kobolds sont une race jouable du royaume de Midgard.

Warcraft[modifier | modifier le code]

Dans Warcraft III et World of Warcraft, les kobolds sont des vermines qui creusent et infestent les mines.

Roguelikes[modifier | modifier le code]

Dans les Roguelikes à univers fantasy (tels que Rogue, Angband, Brogue, Dungeon Crawl Stone Soup, etc.), les kobolds sont généralement des créatures faibles qui se trouvent dans les premiers niveaux.

Entropia Universe[modifier | modifier le code]

Dans Entropia Universe, la kobold est une armure spécialisée contre les attaques du type glace.

Final Fantasy XIV[modifier | modifier le code]

Dans Final Fantasy XIV les kobolds sont une tribu barbare vivant en communauté dans les mines de la noscéa. Ils ont une apparence entre le gobelin et le rat, leurs visages cachés par un casque ne laissant paraître que la lumière de leurs yeux rouges.

Ils sont réputés pour être d’excellents forgerons. A la base pacifiques, ils se sont tournés contre les cités état lorsque l'accord de ne pas pénétrer dans leurs mines fut rompu et ont invoqué leur primordial Titan pour se défendre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Duden, Herkunftswörterbuch : Etymologie der deutschen Sprache, Band 7, Dudenverlag, p. 359b et 360a.
  2. a et b Duden, op. cit.
  3. Les créatures fantastiques, édition Piccolia.
  4. Robert Kahn, « Au pays des Kobolds » : Walter Benjamin traducteur de Marcel Proust in Littérature, N°107, 1997, pp. 44-53. URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/litt_0047-4800_1997_num_107_3_1587?_Prescripts_Search_tabs1=standard& (consulté le 28 décembre 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Lecouteux, Dictionnaire de mythologie germanique, 2e édition, Paris,2007 Imago, 2007. (ISBN 978-2849520222)
  • (de) H.F. Feilberg, « Der Kobold in nordischer Überlieferung », Zeitschrift des Vereins für Volkskunde 8 (1898), p. 1-20 ; 130-146 ; 264-277.
  • (de) Lily Weiser, « Germanische Hausgeister und Kobolde », Niederdeutsche Zeitschrift f. Volkskunde 4 (1926), p. 1-23.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]