La Belle au bois dormant
| La Belle au bois dormant | ||||||||
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Couverture d'un livre pour enfant des années 1930
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| Auteur | Charles Perrault | |||||||
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| Genre | Conte en prose | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Éditeur | Claude Barbin | |||||||
| Date de parution | 1697 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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La Belle au bois dormant[1] est un conte populaire. Parmi les versions les plus célèbres figurent celle de Charles Perrault, publiée en 1697 dans Les Contes de ma mère l'Oye, et celle des frères Grimm (Dornröschen) publiée en 1812.
Sommaire |
Analyse [modifier]
Note : L'analyse présentée ici est fondée sur les versions de Perrault et des frères Grimm qui diffèrent par plusieurs points.
Résumé [modifier]
À l'occasion du baptême de la princesse, le roi et la reine organisent une fête somptueuse, invitant famille, amis et fées marraines bienveillantes de l'enfant. Chacune d'elles offre un don à la princesse : beauté, grâce, etc. Brusquement une vieille fée, qui n'a pas été invitée, se présente et lance à la princesse un charme mortel : la princesse se piquera le doigt sur un fuseau et en mourra. Heureusement, une des fées marraines peut atténuer la malédiction : « au lieu d'en mourir, elle tombera seulement dans un profond sommeil qui durera cent ans, au bout desquels le fils d'un Roi viendra la réveiller ».
Pour protéger sa fille, le roi fait immédiatement interdire de filer au fuseau ou d'avoir un fuseau sous peine de mort. Pourtant, vers ses quinze ans, dans une partie reculée du château, la princesse découvre une vieille fileuse qui ne connait pas l'interdiction. La princesse se pique au fuseau et s'endort pour cent ans.
Cependant, le conte de Perrault ne s'arrête pas au réveil de la princesse et à son mariage avec le prince. Pendant deux ans, celui-ci cache son mariage à ses propres parents avant d'amener la princesse et ses deux enfants (la petite Aurore et le petit Jour) dans le château de sa mère, qui est une reine ogresse, puis part pour la guerre. Pendant ce temps, la reine décide de faire dévorer la princesse et les deux enfants. Mais le maître d'hôtel du roi les remplace par une biche, un agneau et un chevreau pour tromper la méchante reine. Mais la reine finit par découvrir le subterfuge et s'apprête à se débarrasser de la princesse et de ses enfants. Confondue in extremis au retour de son fils, la reine se jette elle-même dans une cuve et finit dévorée par les serpents et les vipères qu'elle y avait fait mettre à l'intention de sa bru et ses petits-enfants.
Les marraines [modifier]
Sept fées de Perrault : l'auteur ne leur donne pas de nom distinctif. Les six premières font un don à la princesse, la septième, la plus jeune, infléchit le sortilège lancé par la vieille fée, incarnation de la fée Carabosse :
Illustration de 1867 de Gustave Doré
« On donna pour Marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu'on pût trouver dans le Pays (il s'en trouva sept), afin que chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables.
Cependant les Fées commencèrent à faire leurs dons à la Princesse. La plus jeune lui donna pour don qu'elle serait la plus belle du monde, celle d'après qu'elle aurait de l'esprit comme un Ange, la troisième qu'elle aurait une grâce admirable à tout ce qu'elle ferait, la quatrième qu'elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu'elle chanterait comme un Rossignol, et la sixième qu'elle jouerait de toutes sortes d'instruments à la perfection. »
— Charles Perrault.
Douze fées de Grimm : de sept dans la version de Perrault, les fées passent à douze dans l'adaptation du conte des frères Grimm, plus une, la treizième, incarnation de la fée Carabosse :
« (Le roi) organisa une grande fête. Il ne se contenta pas d'y inviter ses parents, ses amis et connaissances, mais aussi des fées afin qu'elles fussent favorables à l'enfant. Il y en avait treize dans son royaume. Mais, comme il ne possédait que douze assiettes d'or pour leur servir un repas, l'une d'elles ne fut pas invitée. La fête fut magnifique. Alors qu'elle touchait à sa fin, les fées offrirent à l'enfant de fabuleux cadeaux : l'une la vertu, l'autre la beauté, la troisième la richesse et ainsi de suite, tout ce qui est désirable au monde.
Comme onze des fées venaient d'agir ainsi, la treizième survint tout à coup. Elle voulait se venger de n'avoir pas été invitée. Sans saluer quiconque, elle s'écria d'une forte voix :
– La fille du roi, dans sa quinzième année, se piquera à un fuseau et tombera raide morte.
Puis elle quitta la salle. Tout le monde fut fort effrayé. La douzième des fées, celle qui n'avait pas encore formé son vœu, s'avança alors. Et comme elle ne pouvait pas annuler le mauvais sort, mais seulement le rendre moins dangereux, elle dit :
– Ce ne sera pas une mort véritable, seulement un sommeil de cent années dans lequel sera plongée la fille du roi. »
Nom de la princesse [modifier]
La princesse change de nom au gré des versions. Dans Le Soleil, la Lune et Talia, elle est Talia (le Soleil et la Lune sont ses deux enfants jumeaux). Perrault ne lui donne pas de nom, elle est simplement « la princesse ». Perrault nomme cependant sa fille « L'Aurore ». Tchaïkovski transfère ce nom de la fille à la mère et nomme ainsi la princesse « Aurore » tout comme fera Walt Disney après lui. Quant aux frères Grimm, ils l'appellent du même nom que le titre du conte, c'est-à-dire Dornröschen (Röschen étant le diminutif de « la rose » et Dorn signifiant « épine »).
Origines [modifier]
Si la version de Perrault est la plus connue, elle s'inspire d'un récit plus ancien, Le Soleil, la Lune et Thalie, extrait du Pentamerone de Giambattista Basile, publié en 1634.
Perrault en transforme néanmoins sensiblement le ton. Le conte de Basile, écrit pour un public aristocrate et adulte, met l'accent sur la fidélité dans le couple et l'héritage. Perrault quant à lui écrit pour un public de la haute bourgeoisie, inculquant des valeurs de patience et de passivité chez la femme.
L'intrigue contient d'autres différences notables : le sommeil n'est pas le résultat d'un sortilège mais est annoncé par prophétie, le prince ne réveille pas Talia par un baiser mais la viole et, lorsqu'elle donne naissance à ses deux enfants, l'un d'eux lui tête le doigt, ôtant l'écharde de lin qui l'avait plongée dans le sommeil, ce qui la réveille. Dans cette version, l'histoire continue après le mariage du prince et de la princesse : la mère du prince, qui éprouve du ressentiment envers sa belle fille, tente de la manger elle et ses enfants. La jalousie des belles-mères est chose courante dans les contes.
Il existe des sources plus anciennes du conte, parmi lesquelles le roman de Perceforest, et dans lequel la princesse Zellandine tombe amoureuse de Troylus. Le père de la princesse met le jeune homme à l'épreuve pour déterminer s'il est digne de sa fille et, alors qu'il est parti, Zellandine tombe dans un sommeil enchanté. À son retour, Troylus la trouve endormie et, tout comme dans Le Soleil, la Lune et Talia, la met enceinte dans son sommeil. Quand leur enfant naît, il tête le doigt de sa mère et en extrait ainsi l'écharde de lin qui est à l'origine de son sommeil. Elle sait grâce à l'anneau que Troylus lui a laissé qu'il est le père de l'enfant. À la fin de ses aventures, Troylus finit par l'épouser.
L'histoire de Brunehilde, héroïne endormie de la Saga des Völsungar, marque une origine encore plus ancienne.
Autres œuvres [modifier]
- Légende similaire
- Cinéma
- Dans Shrek le troisième, Beauté, personnage inspiré de la Belle au bois dormant, est une amie de la princesse Fiona et souffre de narcolepsie.
- La Princesse endormie de Kihachirō Kawamoto, court métrage d'animation de marionnettes tchéco-japonais, reprend librement en 1990 le conte dans une introspective plus tourmentée.
- Clyde Geronimi dans le cadre des studios Disney a réalisé un film d'animation présenté en 1959 : La Belle au bois dormant.
- Théâtre
- Une version théâtrale et moderne de ce conte devenu La Belle au bois dormant et les trois fées est jouée à Paris à l’Atelier Théâtre de Montmartre. Cette adaptation est signée Oriane Villatte et Franck Duarte, fondateurs de la compagnie théâtrale La Compagnie Glou.
- Ballet
- Ce conte inspira à Piotr Ilitch Tchaïkovski le ballet La Belle au bois dormant en un prologue et trois actes (1888-1889), dont la chorégraphie est signée par Marius Petipa et dont sera tirée la musique du film de Walt Disney Pictures, sorti soixante-dix ans plus tard.
- Musique
- En 2011, voit le jour la comédie musicale La Belle au bois dormant, que veillent les fées ..., adaptation en chant, danse, musique et théâtre du conte populaire.
- Arts plastiques
- "La belle au bois dormant" est une scène animée et un livre animé géant d'Armand Langlois.
- Illustration, dessin
- Dans le manga de Kaori Yuki Ludwig Revolution, le personnage de la Belle apparait.
- Attractions
- Dans le parc d'attractions Efteling, La Belle et ses habitants vivent dans leur château dans le Bois des contes.
- Jeux
- Le scénario du jeu vidéo Star Fox Adventures contient une référence très nette à l'histoire de La Belle au bois dormant : après qu'elle a libéré le premier Esprit Krazoa, Krystal se retrouve enfermée dans un diamant magique et s'endort. Lorsque huit ans plus tard Fox découvre Krystal endormie à l'intérieur du diamant, il tombe amoureux d'elle[réf. nécessaire].
Bibliographie [modifier]
Lilas Voglimacci, Lectures de « La Belle au bois dormant » : approche d’un mythe littéraire, thèse de doctorat, Université Denis Diderot, 1995.
Articles [modifier]
Hermeline Pernoud, « La Belle Epoque au Bois dormant », dans les actes du colloque « La Belle époque des femmes ? », Orléans, 5 avril 2012 (à paraître en mars 2013).
Notes et références [modifier]
- C'est-à-dire « La Belle dormant au bois », le déplacement de l'adjectif étant une hypallage (Charles Perrault, Contes, (introduction, notices et notes de Catherine Magnien), éditions Le Livre de Poche Classique).
Voir aussi [modifier]
- Le château de Sababurg : château proche de Cassel où se déroule l'action du conte.
- Le château d'Ussé, un château de la Loire qui a inspiré Perrault pour écrire son conte.
- Psychanalyse des contes de fées : analyse psychanalytique du conte.
Textes complets sur Wikisource [modifier]
Charles Perrault
Frères Grimm