Padanie

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Image satellitaire de la Plaine du Pô.
Représentation de la Padanie comme partie septentrionale de l'Italie.

Padanie (en italien: Padania) est une dénomination géographique alternative utilisée pour décrire la Val Padana, ou toute la partie continentale et septentrionale de l’Italie, recouvrant globalement la Plaine du Pô.

L’utilisation de ce concept géographique s’est développée dans les années 1990, lorsque le mouvement politique tout d’abord séparatiste, puis fédéraliste de la Ligue du Nord a voulu définir une entité politico-administrative correspondant au nord de l’Italie. Le terme Padania, devenu depuis lors d’usage commun chez les milieux autonomistes de l'Italie septentrionale, est empreint d’une forte connotation politique.

Réalité géographique[modifier | modifier le code]

Dans l'usage actuel, "Padanie" ( en italien Padania ) est le nom générique donné, par un parti autonomiste, aux régions de l'Italie situées au nord du Latium et des Abruzzes. L'usage antérieur voyait le mot comme synonyme de " Vallée du Pô " ou de " Plaine des Lombards ". La grande majorité des Italiens préfère, par contre, utiliser, pour désigner le nord de leur pays, les mots Nord Italia, Italia settentrionale, Italia del nord ou Alta Italia, qui sont dépourvus d'implications politiques. Le terme Vallée du Pô est utilisé seulement pour indiquer la plaine du fleuve Pô puisqu'il ne comprend pas les vallées de l'Adige, Brenta, Piave, Natisone et Isonzo, ni les régions de Ligurie, Toscane, Ombrie et Marches.

Utilisation comme concept politique[modifier | modifier le code]

Le logo de la Ligue du Nord
Le « soleil des Alpes », le drapeau proposé par la Ligue du Nord pour la Padanie

Relativement peu usité dans le langage courant jusqu'au XXe siècle, le nom de Padanie a été récupéré par le parti régionaliste italien de la Ligue du Nord.

Umberto Bossi, le leader du parti, exalte la Padanie comme symbole des forces vives de l'Italie du Nord, par opposition au sud considéré comme arriéré. Le terme Padanie est employé par la Ligue du Nord pour désigner l'ensemble du nord de l'Italie, en y incluant certaines régions centrales comme la Toscane. Le parti a initialement réclamé une sécession de la Padanie du reste de l'Italie : le 15 septembre 1996, la Ligue du Nord a décrété lors d'une cérémonie l'indépendance de la « République fédérale de Padanie » (Repubblica Federale della Padania), qui n'a fait l'objet d'aucune reconnaissance officielle et est demeurée à l'état symbolique, faute d'adhésion populaire manifeste[1]. La Ligue a également créé la même année le Parlement de la Padanie (Parlamento della Padania), rebaptisé ensuite Parlement du Nord (Parlamento del Nord), destiné à fournir une représentation officielle à la Padanie indépendante[2]. Sans reconnaissance officielle et servant principalement de moyen d'expression aux tendances politiques internes à la Ligue du nord, ainsi qu'un normal congres de parti, ce parlement bénéficie d'une tolérance de la part des autorités nationales.

La Padania est aussi le nom d'un quotidien italien, organe officiel de la Ligue du Nord, distribué dans la région du Pô.

Umberto Bossi, président de la ligue du Nord, est ensuite passé à une tendance fédéraliste et à faveur de la décentralisation administrative et fiscale, en faisant part des différents gouvernements de Silvio Berlusconi dans la période 2001-2006 et 2008-2011.

Langues[modifier | modifier le code]

La langue dominante de la Padanie est aujourd'hui l'italien standard. Les autres parlers les plus répandus, tous en voie de disparition, sont les parlers gallo-italiques et le vénitien (encore très répandu[réf. nécessaire]), qui font partie de l'ensemble des langues italo-romanes ; cependant, ils ne sont pas reconnus officiellement. D'autres langues – français, francoprovençal, occitan, allemand, frioulan, ladin et slovène – sont parlées dans des territoires frontaliers et sont reconnues officiellement par l'État comme langues minoritaires.

Les diverses langues vernaculaires ou langues locales, que certains considèrent comme une seule langue, l'italien septentrional, sont génériquement indiquées par le mot « dialetto » (dialecte) par leurs parlants, ne sont plus d'usage commun, sauf dans des contextes fermés (familles, personnes qu'on connaît et qui parlent la même langue vernaculaire). Toutefois, la situation varie selon la région et selon l'âge des personnes. La Vénétie est la région où la langue locale continue à être employée avec plus d'assiduité. Les personnes âgées tendent à parler la langue locale plus que les jeunes et aussi à utiliser une version moins italianisée. Ces parlers sont considérés comme des langues minoritaires régionales par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires du Conseil de l'Europe, par le « Red Book on Endangered Languages » de l'UNESCO. Les diverses langues locales gallo-italiques (lombard, ligure, émilien-romagnol, piémontais) sont en large mesure réciproquement compréhensibles entre elles, et, en mesure mineure, avec la langue italienne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Independent : Padania dream fades after Bossi's big flop
  2. Parlamento del Nord