Safed

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Safed
(he) צפת (ar) صفد
Blason de Safed
Héraldique
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
District District nord
Maire Ilan Shohat
Démographie
Population 28 600 hab. (2008)
Densité 978 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 57′ 56″ N 35° 29′ 59″ E / 32.9656, 35.4998 / 32.9656; 35.499832° 57′ 56″ Nord 35° 29′ 59″ Est / 32.9656, 35.4998 / 32.9656; 35.4998  
Altitude 900 m
Superficie 2 924,8 ha = 29,248 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Israël

Voir la carte administrative d'Israël
City locator 14.svg
Safed

Géolocalisation sur la carte : Israël

Voir la carte topographique d'Israël
City locator 14.svg
Safed
Liens
Site web http://www.safed.co.il/
Vue de Safed

Safed en hébreu tsfat (hébreu : צפת Sefath; arabe : صفد Safad; aussi appelée Tsfat) est une ville du nord d'Israël située en Haute Galilée. Avec une altitude de 900 m au-dessus du niveau de la mer, c'est la plus haute ville d'Israël. Le nom צְפַת vient du verbe צָפָה guetter, observer. À l'époque du Sanhédrin, Safed était l'un des villages-fanaux (מַשּׂוּאוֹת) construits sur les collines depuis Jérusalem, où des feux étaient allumés de proche en proche pour annoncer la nouvelle lune et les jours saints.

Safed est l'une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. Safed est également appelée la « ville bleue des cabbalistes » car c'est la couleur dominante de ses synagogues et de son cimetière, où les tombes sont peintes en bleu, et car elle perpétue une longue tradition de cabbalistes[1].

Sommaire

Histoire[modifier]

La ville, ou du moins son emplacement, a été fondée selon la tradition par Sem, l'un des trois fils de Noé, qui y étudiait volontiers avec son fils Eber ; Safed ne s'est toutefois développée aux proportions d'une ville qu'à partir de l'occupation romaine.

Elle est particulièrement importante dans l'histoire du judaïsme, devenant le refuge de nombreux érudits après l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492; de fait, elle devient l'un des grands centres de la Kabbale, recueillant des savants aussi renommés que Moïse Cordovero ou Isaac Louria, mais aussi de la Halakha, puisque Yossef Karo, l'auteur du Choulhan Aroukh y résida également. C'est également la ville de Salomon Alkabetz, auteur du Lekha Dodi, hymne chanté pour accueillir le Shabbat.

Un autre poème liturgique, Shalom alekhem qui est chanté lors de l'entrée du Shabbat, a également été composé à Safed par les Kabbalistes, à la fin du XVIIe siècle.

Ajoutons également le poème liturgique Yedid nefesh, composé à Safed au XVIe siècle par le rabbin et kabbaliste Elazar Azikri.

Les Templiers firent le siège de la ville qu'ils tinrent jusqu'à la mort des assiégés par la faim. Ils renforcèrent alors Safed en bâtissant une forteresse qui tomba aux mains du sultan Baybars le 22 juillet 1266.

La cité fut prospère jusqu'au XVIe siècle, et on y fonda en 1578 la première imprimerie du Moyen-Orient. Cependant, épidémies, tremblements de terre et conflits avec la population arabe entraînèrent peu à peu son déclin. La ville fut pratiquement désertée par la population juive après les émeutes arabes de 1929.

Safed a de nos jours regagné en popularité, et est redevenue aujourd'hui un centre d'études juives. C'est aussi un centre artistique, avec ses célèbres rues pavées. Il s'y tient annuellement un festival de musique klezmer mondialement connu[2].

Safed est également devenu de nos jours un lieu de pèlerinage sur les tombes des Justes (Kivre Tsadikim) et dans les antiques synagogues de la ville : synagogue Aboad, Joseph ben Ephraim Karo, Ari Ashkenazi, Ari Sephardi… Il est également possible de se tremper dans le Mikvé du Ari (Isaac Luria), dont les eaux sont glaciales.

Conflit israélo-arabe[modifier]

Monument dédié aux soldats qui ont combattu pendant la guerre d'indépendance

Lors du Massacre de Safed, une vingtaine d'habitants juifs furent tués par des émeutiers arabes.

En 1948, Safed comptait une population comprise entre 10 000 et 12 000 Arabes, pour 1500 à 1700 Juifs (pour la plupart des religieux)[3],[4]. Au cours de la guerre civile qui marqua les 6 derniers mois du mandat britannique, tous les habitants arabes fuirent les combats et ne furent jamais autorisés à revenir[4]. La famille du Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas faisait partie de la population qui se vit contrainte de fuir[5],[6]. La ville a été conquise par les forces israéliennes le 11 mai 1948[3]. Le 16 avril, les Britanniques évacuèrent la ville et des combats éclatèrent entre miliciens des deux camps. Le 21 avril, l’opération Yiftah était lancée en Haute-Galilée. À partir du 1er mai, les villages de la région furent attaqués par la Haganah. Le soir du 9 mai, Safed était bombardée au mortier. L’artillerie de l’Armée de libération arabe apporta son soutien à la ville, mais celle-ci ne put résister aux assauts, et la ville tomba le lendemain. La totalité des habitants Arabes dut prendre la fuite et le 11 mai, les troupes du Palmach sécurisèrent la zone[4].

En 1974, 102 adolescents juifs de Safed furent pris en otage par le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) alors qu'ils dormaient dans une école à Maalot, et 21 d'entre eux furent tués[7].

En juillet 2006, des roquettes Katioucha tirées par le Hezbollah depuis le sud Liban atteignirent Safed, tuant un civil et en blessant d'autres. Le 14 juillet de la même année, des roquettes tuèrent un enfant de cinq ans, ainsi que sa grand-mère[5].

En octobre 2010, le chef rabin de Safed, a été le premier en Israël à appeler les habitants de sa ville à ne pas louer ou vendre des appartements à des Arabes[8].

Le 23 octobre 2010, des heurts éclatèrent à nouveau entre Arabes et Juifs ultra-orthodoxes, avec échanges d'insultes et jets de pierres[9].

En 2012, le Ziv Medical Center Hospital est la cible d'attaques répétées[10]

Vue panoramique de Safed avec le Lac de Tibériade en arrière-plan

Quelques personnalités originaires de Safed[modifier]

Jumelages[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. Morris Faierstein, Safed Kabbalah and the Sefardic Heritage in Zion Zohar, Sephardic and Mizrahi Jewry: from the Golden Age of Spain to modern times, New York University Press, Chap. 10.
  2. You can take the music out of the shtetl, Jerusalem Post
  3. a et b Guide to Israel, Zeev Vilnay
  4. a, b et c Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, 2003, pp.221-226.
  5. a et b Myre, Greg. 2 More Israelis Are Killed as Rain of Rockets From Lebanon Pushes Thousands South. New York Times, 15 juillet 2006.
  6. Palestine Media Center - PMC [Official arm of PA]. "Full Israeli Withdrawal Not Enough -'Palestinians Would Never Give up 'Right of Return.'" May 16, 2005
  7. Arafat the monster - The Boston Globe
  8. Ne louez pas à des non Juifs, article de Courrier International du 10/12/2010 [1]
  9. [2]
  10. Ziv Medical Center, sur Jpost.com

Voir aussi[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier]