Safed

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Safed
(he) צפת (ar) صفد
Blason de Safed
Héraldique
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
District District nord
Maire Ilan Shohat
Démographie
Population 28 600 hab. (2008)
Densité 978 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 57′ 56″ N 35° 29′ 59″ E / 32.9656, 35.499832° 57′ 56″ Nord 35° 29′ 59″ Est / 32.9656, 35.4998  
Altitude 900 m
Superficie 2 924,8 ha = 29,248 km2
Localisation

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Safed

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Safed
Liens
Site web http://www.safed.co.il/
Vue de Safed

Safed en hébreu tsfat (hébreu : צפת Sefath; arabe : صفد Safad; aussi appelée Tsfat) est une ville du nord d'Israël située en Haute Galilée. Avec une altitude de 900 m au-dessus du niveau de la mer, c'est la plus haute ville d'Israël. Le nom צְפַת vient du verbe צָפָה guetter, observer. À l'époque du Sanhédrin, Safed était l'un des villages-fanaux (מַשּׂוּאוֹת) construits sur les collines depuis Jérusalem, où des feux étaient allumés de proche en proche pour annoncer la nouvelle lune et les jours saints.

Safed est l'une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. Safed est également appelée la « ville bleue des cabbalistes » car c'est la couleur dominante de ses synagogues et de son cimetière, où les tombes sont peintes en bleu, et car elle perpétue une longue tradition de cabbalistes[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville, ou du moins son emplacement, a été fondée selon la tradition par Sem, l'un des trois fils de Noé, qui y étudiait volontiers avec son fils Eber ; Safed ne s'est toutefois développée aux proportions d'une ville qu'à partir de l'occupation romaine.

Safed apparait dans les sources juives depuis le Moyen-âge[2]. La ville est mentionnée dans le Talmud de Jérusalem [3].

Elle est particulièrement importante dans l'histoire du judaïsme, devenant le refuge de nombreux érudits après l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492; de fait, elle devient l'un des grands centres de la Kabbale, recueillant des savants aussi renommés que Moïse Cordovero ou Isaac Louria, mais aussi de la Halakha, puisque Yossef Karo, l'auteur du Choulhan Aroukh y résida également. C'est également la ville de Salomon Alkabetz, auteur du Lekha Dodi, hymne chanté pour accueillir le Shabbat.

Un autre poème liturgique, Shalom alekhem qui est chanté lors de l'entrée du Shabbat, a également été composé à Safed par les Kabbalistes, à la fin du XVIIe siècle.

Ajoutons également le poème liturgique Yedid nefesh, composé à Safed au XVIe siècle par le rabbin et kabbaliste Elazar Azikri.

Les Templiers firent le siège de la ville qu'ils tinrent jusqu'à la mort des assiégés par la faim. Ils renforcèrent alors Safed en bâtissant une forteresse qui tomba aux mains du sultan Baybars le 22 juillet 1266.

La cité fut prospère jusqu'au XVIe siècle, et on y fonda en 1578 la première imprimerie du Moyen-Orient. Cependant, épidémies, tremblements de terre et conflits avec la population arabe entraînèrent peu à peu son déclin. La ville fut pratiquement désertée par la population juive après les émeutes arabes de 1929.

Safed a de nos jours regagné en popularité, et est redevenue aujourd'hui un centre d'études juives. C'est aussi un centre artistique, avec ses célèbres rues pavées. Il s'y tient annuellement un festival de musique klezmer mondialement connu[4].

Safed est également devenu de nos jours un lieu de pèlerinage sur les tombes des Justes (Kivre Tsadikim) et dans les antiques synagogues de la ville : synagogue Aboad, Joseph ben Ephraim Karo, Ari Ashkenazi, Ari Sephardi… Il est également possible de se tremper dans le Mikvé du Ari (Isaac Luria), dont les eaux sont glaciales.

Conflit israélo-arabe[modifier | modifier le code]

Monument dédié aux soldats qui ont combattu pendant la guerre d'indépendance

En 1948, Safed comptait une population comprise entre 10 000 et 12 000 Arabes, pour 1500 à 1700 Juifs (pour la plupart des religieux)[5],[6]. Au cours de la guerre civile qui marqua les 6 derniers mois du mandat britannique, tous les habitants arabes, issus des pays arabes et qui avaient immigré au cours des années 1920, fuirent les combats et ne furent jamais autorisés à revenir[6]. La famille du Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas faisait partie de la population qui se vit contrainte de fuir[7],[8]. La ville a été conquise par les forces israéliennes le 11 mai 1948[5]. Le 16 avril, les Britanniques évacuèrent la ville et des combats éclatèrent entre miliciens des deux camps. Le 21 avril, l’opération Yiftah était lancée en Haute-Galilée. À partir du 1er mai, les villages de la région furent attaqués par la Haganah. Le soir du 9 mai, Safed était bombardée au mortier. L’artillerie de l’Armée de libération arabe apporta son soutien à la ville, mais celle-ci ne put résister aux assauts, et la ville tomba le lendemain. La totalité des habitants Arabes dut prendre la fuite et le 11 mai, les troupes du Palmach sécurisèrent la zone[6].

En 1974, 102 écoliers de la ville sont pris en otage par des palestiniens du FPLP, 22 d'entre-eux sont massacrés et 68 sont blessés. Les trois adultes qui accompagnaient les enfants ont été assassinés[9].

En 2006, le Hezbollah tire 74 roquettes Katioucha sur la ville et 397 autres s’abattent à proximité faisant un mort et plusieurs blessés parmi la population civile[10],[11].

Tensions judéo-arabes[modifier | modifier le code]

En octobre 2010, le rabbin de Safed, a été le premier en Israël à appeler les habitants de sa ville à ne pas louer ou vendre des appartements à des Arabes[12].

Le 23 octobre 2010, des heurts éclatèrent à nouveau entre Arabes et Juifs ultra-orthodoxes, avec échanges d'insultes et jets de pierres[13]. Le 28 octobre, Gideon Levy a qualifié Safed dans une tribune publiée par Haaretz de « ville la plus raciste du pays »[14].


Vue panoramique de Safed avec le Lac de Tibériade en arrière-plan

Personnalités originaires de Safed[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Morris Faierstein, Safed Kabbalah and the Sefardic Heritage in Zion Zohar, Sephardic and Mizrahi Jewry: from the Golden Age of Spain to modern times, New York University Press, Chap. 10.
  2. Vilnay, Zev (1972). "Tsefat". A Guide to Israel. Jerusalem, Palestine: HaMakor Press. pp. 522–532
  3. "Safed". Encyclopedia Judaica. Vol. 14. Jerusalem, Israel: Keter. 1972. p. 626
  4. You can take the music out of the shtetl, Jerusalem Post
  5. a et b Guide to Israel, Zeev Vilnay
  6. a, b et c Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, 2003, pp.221-226.
  7. Myre, Greg. 2 More Israelis Are Killed as Rain of Rockets From Lebanon Pushes Thousands South. New York Times, 15 juillet 2006.
  8. Palestine Media Center - PMC [Official arm of PA]. "Full Israeli Withdrawal Not Enough -'Palestinians Would Never Give up 'Right of Return.'" May 16, 2005
  9. http://www.haaretz.com/print-edition/news/u-s-filmmakers-plan-documentary-on-ma-alot-massacre-1.214756
  10. http://www.hrw.org/reports/2007/iopt0807/6.htm
  11. http://en.europeonline-magazine.eu/safed-stadt_47415.html
  12. Ne louez pas à des non Juifs, article de Courrier International du 10/12/2010 [1]
  13. [2]
  14. Le fromage pourri de Safed, du 28/12/2010 [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]