Langue nationale

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Une langue nationale est une langue considérée comme propre à une nation ou un pays, et dont la définition exacte varie selon les pays. Dans certains pays, une langue peut avoir un statut de langue nationale reconnu par le gouvernement ou la loi. La notion se confond parfois avec celle de langue officielle selon les pays.

En Afrique[modifier | modifier le code]

En Afrique, la ou les langues officielles sont généralement des langues utilisées par l'administration ou les écrits, alors que la ou les langues nationales sont généralement des langues orales et véhiculaires.

En Algérie[modifier | modifier le code]

Tamazight est langue nationale, entre 17 % à 25 % de natifs berberophones parlant un des dialectes du tamazight. L'arabe est la langue nationale et officielle.

En République centrafricaine[modifier | modifier le code]

La République centrafricaine a une langue nationale : le sango.

En République démocratique du Congo[modifier | modifier le code]

Répartition des langues nationales en République démocratique du Congo

La langue nationale est une langue véhiculaire légalement reconnue dans une partie du pays. Elle n'est généralement utilisée qu'oralement. Pour la communication écrite, le français, qui a le statut de langue officielle, est utilisé.

Il y a quatre langues nationales:

  • Le kikongo (ouest du pays, façade maritime);
  • Le kiswahili (nord-est, est, sud-est du pays);
  • Le lingala (nord-ouest du pays);
  • Le tshiluba (centre du pays).

En République du Congo[modifier | modifier le code]

En République du Congo a deux langues nationales: le kituba (appellation locale du kikongo) et du lingala.

En Érythrée[modifier | modifier le code]

L'Érythrée a neuf langues nationales : le tigrigna, le tigré, l'arabe, l'afar, le saho, le bilen, le bedja, le kunama et le nara.

En Guinée - Conakry[modifier | modifier le code]

La Guinée - Conakry a huit langues nationales : le kpellé, le kissi, le bassari, le malinké, le loma, le poular, le soussou et le konianké.

Au Kenya[modifier | modifier le code]

Le Kenya a une langue nationale : le swahili[1].

Au Mali[modifier | modifier le code]

Le Mali a treize langues nationales : le bambara, le bobo, le bozo, le dogon, le peul, le soninké, le songhai, le sénoufo-minianka, le tamasheq, le hasanya, le kasonkan, le madenkan et le maninkakan.

Au Rwanda (Rouanda)[modifier | modifier le code]

Au Rwanda, le kinyarwanda a seul le statut de langue nationale. Les langues officielles sont le kinyarwanda, le français et l’anglais.

Au Sénégal[modifier | modifier le code]

Le Sénégal a six langues nationales : le wolof, le sérère, le poular, le mandingue, le soninké et le diola.

Au Togo[modifier | modifier le code]

Le Togo a une multitude de langues nationales, dont l'éwé et le kabyé.

Au Cameroun[modifier | modifier le code]

Au Cameroun on recense plus de 200 langues, dont le bamoun, le bankon,le Banen,l'éton, l'ewondo, le douala, le bassa, le yabassi, le dibom, le mbang, le ntoumou (Vallée du Ntem), le bakweri, le bulu, le peul ou foufouldé, le moundang, le toupouri, le massa, le guizigua, les langues bamiléké composées de plusieurs sous-ensembles comme le feʼefeʼ ou nufi (à Bafang), le ghomala' (à Bafoussam, Baham, Bandjoun, Batié, Bansoa, Bandenkop…), le medumba (à Bangangté), le yemba (à Dschang), le ngombaʼa (à Bamesso), le nguienban (à Mbouda) et bien d'autres. Contrairement à la majorité des pays africains, le Cameroun n'a donc pas de langue régionale dominante ou commune. Cette variété fait également du Cameroun l'un des pays au monde possédant la plus grande diversité linguistique par rapport à la taille de sa population.

Aux Amériques[modifier | modifier le code]

En Argentine[modifier | modifier le code]

L'Argentine a une langue nationale : l'espagnol.

En Bolivie[modifier | modifier le code]

La Bolivie a trois langues nationales : l'espagnol, le quechua et l'aymara.

Au Brésil[modifier | modifier le code]

Le Brésil a une langue nationale: le portugais.

Au Chili[modifier | modifier le code]

Le Chili a une langue nationale : l'espagnol.

En Haïti[modifier | modifier le code]

Haïti a deux langues nationales : le créole haïtien et le français.

Au Mexique[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de langue officielle constitutionnelle de jure au Mexique, mais l'espagnol et toutes les langues indigènes ou autochtones sont considérées comme langues nationales selon la Loi de Droits Linguistiques des Peuples Indigènes. Les langues des peuples indigènes déplacés des États-Unis et de Guatemala sont comprises.

Au Paraguay[modifier | modifier le code]

Le Paraguay a deux langues nationales : l'espagnol et le guarani.

Au Pérou[modifier | modifier le code]

Le Pérou a trois langues nationales : l'espagnol, le quechua et l'aymara.

En Uruguay[modifier | modifier le code]

L'Uruguay a une langue officielle : l'espagnol.

En Asie et en Océanie[modifier | modifier le code]

En Australie[modifier | modifier le code]

L'Australie a une langue nationale : l'anglais.

En Chine[modifier | modifier le code]

En Chine, le dialecte mandarin de Pékin, nommé «  » en chinois (pinyin: Guóyǔ), traduit par « langue nationale », aussi appelé « chinois standard », a été élevé au rang de langue nationale par le Gouvernement suite à la révolution de 1911 afin de renforcer le sentiment d'unité nationale. Différents éléments de vocabulaire d'autres dialectes ou langues chinoises ont été intégrés, soit suite à une politique linguistique, soit naturellement. En 1949, la République populaire de Chine fut mise en place et continua la politique linguistique mais renomma la langue nationale, fondée sur le dialect de Pékin, "" (pinyin: pǔtōnghuà), traduit par « langue ordinaire ». Le terme Guoyu est cependant toujours utilisé à Taïwan.

Voir aussi : Histoire du mandarin standard

Aux Fidji[modifier | modifier le code]

Aux Fidji, la langue officielle est l'anglais. Néanmoins, le fidjien et le hindi sont reconnus comme langues nationales[2].

En Indonésie[modifier | modifier le code]

En Indonésie, la langue nationale est le malais depuis au moins le XVe siècle lingua franca de l'ouest de l'archipel. Les colonisateurs hollandais l'utilisaient pour s'adresser aux indigènes. Les nationalistes, réunis en congrès en 1928, l'ont solennellement baptisé indonésien, en intégrant certaines spécificités du néerlandais (vocabulaire technique, orthographe). Depuis l'indépendance, proclamée en 1945, l'indonésien évolue, accompagnant la construction d'une nation indonésienne moderne.

Au Liban[modifier | modifier le code]

Au Liban, l'arabe est la langue officielle et nationale, selon la constitution de 1990[1]

Aux Philippines[modifier | modifier le code]

Aux Philippines, l'anglais et le filipino sont les langues officielles selon la constitution de 1987. Le filipino, dialecte du tagalog utilisé à Manille, est la langue nationale. Selon la Komisyon sa Wikang Filipino (Commission de la Langue filipine), cette langue est la combinaison de toutes les langues qui existent en l'archipel.

À Singapour[modifier | modifier le code]

À Singapour, le malais est la langue nationale et une des langues officielles.

Au Vanuatu[modifier | modifier le code]

L'article 3 de la Constitution du Vanuatu dispose que la langue nationale est le bichelamar. Il dispose également que « Les langues officielles sont le bichelamar, l'anglais et le français. Les langues principales d'éducation sont l'anglais et le français »[3].

En Europe[modifier | modifier le code]

En Belgique[modifier | modifier le code]

La Belgique a trois langues à la fois officielles et nationales : le néerlandais, le français et l'allemand. Elle est divisée en quatre régions linguistiques française, néerlandaise, allemande et bilingue de Bruxelles-Capitale (français et néerlandais). Toutefois, la fréquence de l'usage de ces idiomes varie fortement. Ainsi, le néerlandais et le français sont les langues pratiquées presque exclusivement au niveau politique fédéral et régional, dans les médias et par 99 % de la population (majoritairement bilingue) ; l'allemand n'étant pratiqué que par la minorité linguistique des Cantons de l'Est.

En France[modifier | modifier le code]

En France, la langue nationale est de facto le français.

En 1992, la phrase « La langue de la République est le français » a été ajoutée à l'article 2 de la constitution.

En Irlande[modifier | modifier le code]

En Irlande, l'irlandais a le statut de langue nationale et, en même temps, celui de langue officielle au côté de l'anglais.

Au Luxembourg[modifier | modifier le code]

Au Luxembourg, le luxembourgeois est langue nationale depuis 1984. Le multilinguisme est inscrit dans la loi. Le français et l'allemand sont langues officielles à côté du luxembourgeois. Vu le taux élevé de résidents étrangers (plus de 39 % de la population totale du pays), ainsi que le nombre élevé de frontaliers qui viennent travailler au pays, ce multilinguisme se vit continuellement.

À Malte[modifier | modifier le code]

À Malte, le maltais est la langue nationale. Le maltais et l'anglais sont les langues officielles. Ces statuts sont inscrits dans la constitution de Malte.

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, l'allemand, le français et l'italien ont le statut constitutionnel de langue nationale depuis la fondation de l'État fédéral en 1848, et le romanche depuis 1938. Le yéniche est reconnu symboliquement en tant que langue nationale sans territoire[4]. Les trois premières langues nationales citées ont en plus le statut de langues officielles. Plus récemment, le romanche a également obtenu un statut semi-officiel, cependant uniquement pour «les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche»[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. art. 7 § 1 de la Constitution du Kenya
  2. (en) "Our Country", Ministère fidjien de l'Information
  3. Constitution de la République du Vanuatu
  4. Office fédéral de la culture : Langues et minorités culturelles : Dates importantes - 1997
  5. « Constitution fédérale de la Confédération suisse, Article 70 » (consulté le 18 septembre 2010)