American Israel Public Affairs Committee

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L'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) qui pourrait être traduit en français par Comité américain pour les Affaires publiques israéliennes, est un groupe de pression né en 1951 aux États-Unis visant à soutenir Israël en particulier dans son conflit avec les États arabes de la région, ainsi que l'idéologie sioniste. L'AIPAC soutient fortement la droite israélienne, et plus spécialement le Likoud (notamment sur toutes les questions touchant aux colonies dans les territoires occupés).

N'employant jusque dans les années 1970 qu'une petite poignée de collaborateurs, l'AIPAC compte, selon ses propres indications[1], en 2011, 100 000 membres et 165 employés, et dispose d'un budget annuel de 45 millions de dollars. Elle dispose également de nombreux bureaux dans la plupart des États américains mais également d'un siège social à Washington proche du Congrès.

L'AIPAC s'appuie sur un réseau de plus de soixante-dix organisations qui lui sont affiliées, dont les représentants siègent à son comité directeur.

L'AIPAC, recensé comme « groupe de pression » ou « lobby », est une organisation possédant une certaine influence sur les décisions gouvernementales de politique étrangère relatives au Proche-Orient, et possède un champ d'action extrêmement large.

L'AIPAC est décrit par le New York Times comme le « groupe d'intérêt général le plus influent affectant les relations des États-Unis avec Israël »[2] et par Shirelle Phelps et Jeffrey Lehman comme un groupe de plaidoyer national[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'association a été fondée en 1951 par Isaïe L. Kenen. À ses débuts, son nom était « Comité sioniste américain pour les affaires publiques ». Selon le professeur de sciences politiques à l'université de Californie à Los Angeles Steven Spiegel, « la tension entre l'administration Eisenhower et les sympathisants d'Israël était si forte, qu'il y avait des rumeurs (qui s'avèrent non fondées) au sujet de l'imminence d'une enquête des autorités américaines sur le Conseil sioniste d'Amérique. Ainsi a été constitué un lobby indépendant, qui des années plus tard a été renommé AIPAC ».

Dans son livre décrivant l'histoire de l'AIPAC, Kenen a écrit que le Comité exécutif a décidé de changer le nom de Comité sioniste américain pour les Affaires publiques pour Comité américain des affaires publiques d'Israël « pour agrandir sa base et son soutien ». Le site Internet de l'AIPAC indique qu'il « est devenu un mouvement national de 100 000 membres ».

En 2006, la publication par deux professeurs d'université américains Stephen Walt (Harvard) et John Mearsheimer (université de Chicago) d'un article, puis d'un livre sur le lobby pro-israélien aux États-Unis fait scandale[4]. Ils y jugent disproportionnée l'influence de l'AIPAC sur la politique étrangère des États-Unis[4] et reprochent le soutien inconditionnel de l'AIPAC au Likoud, le parti conservateur israélien[4], ainsi que son manque de soutien aux efforts de paix avec les Palestiniens. Le livre a aussi montré les divisions qui existent au sein de la communauté juive américaine[4]. En 2008, un lobby juif progressiste, J Street, est ainsi né pour défendre les objectifs des américains pro-israéliens pacifistes auprès du Congrès américain[5]. Fin 2013, il fait part de sa méfiance à l'égard du rapprochement entamé entre le président Barack Obama et le nouveau président iranien Hassan Rohani[6].

Objectifs[modifier | modifier le code]

  • S'assurer du veto des États-Unis contre toute résolution de l'ONU condamnant les actions israéliennes[7]
  • Isoler et détruire le Hezbollah et le Hamas[8]
  • Empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire[8]
  • Protéger Israël contre les menaces possibles[8]
  • Préparer la future génération des leaders pro-Israéliens[8]
  • Faire du lobbying auprès du Congrès américain pour préserver et améliorer les relations américano-israéliennes[8]
  • Surveiller le vote des sénateurs américains concernant les affaires liées de près ou de loin à Israël[7]
  • Coordonner et orienter les donations des sponsors juifs américains pour les candidats aux élections [9]

Affaire Rosen - Weissman[modifier | modifier le code]

En août 2005, Steven J. Rosen (en) qui avait servi pendant 23 ans comme l'un des hauts responsables de l'AIPAC et Keith Weissman, un autre haut responsable, sont inculpés pour des violations présumées de la loi sur l'espionnage[10]. Ils auraient reçu d'un membre de l'Office of Special Plans au Pentagone, Lawrence Franklin, des documents classés secret-défense de la politique américaine vis-à-vis de l'Iran et les auraient transmis à un haut fonctionnaire israëlien. En janvier 2006, Lawrence Franklin, ancien l'assistant de l'ancien sous-secrétaire à la Défense Douglas Feith, est condamné à 12 ans et 7 mois d'emprisonnement[11]. En 2009, les accusations contre Rosen et Weissman sont finalement abandonnées. Selon le New York Times « l'affaire avait soulevé des questions politiques délicates sur le rôle joué par les partisans juifs américains d'Israël et leur étroite relation, derrière les coulisses, avec de hauts responsables du gouvernement »[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Site de l'APAIC, consulté le 10 novembre 2011.
  2. (en) (en) « And the winner is ... the Israel lobby », Asia Times,‎ 2008-06-03 (consulté le 2010-10-05) : « Former president Bill Clinton defined it as "stunningly effective". Former speaker of the House of Representatives Newt Gingrich called it "the most effective general-interest group across the entire planet". The New York Times as "the most important organization affecting America's relationship with Israel" »
  3. (en) Shirelle Phelps et Jeffrey Lehman, West's encyclopedia of American law, Éditeur Thomson/Gale, 2005, (ISBN 0787663670 et 9780787663674), p. 258 : « The American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) is a national advocacy group that lobbies for US support to the nation of Israel. »
  4. a, b, c et d La communauté juive américaine face à l'offensive d'Israël à Gaza, Le Point, 10 janvier 2009.
  5. États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou - Quatre émissions de Daniel Mermet de février 2009
  6. Renaud Girard, « Le chemin de crête du négociateur en chef de la République islamique », in Le Figaro, vendredi 8 novembre 2013, page 2.
  7. a et b [vidéo] Marije Meerman, Amérique : le lobby pro-​​israélien, 2007
  8. a, b, c, d et e (en) AIPAC - Issue Archive - Site officiel
  9. Documentaire de France 2 sur l'AIPAC, date ?, titre ?
  10. Le Procès de l'AIPAC, James Petras, CounterPunch, 7/8 janvier 2006, trad. française
  11. Rice pourrait témoigner dans une affaire d'espionnage, 3 novembre 2007
  12. U.S. to Drop Spy Case Against Pro-Israel Lobbyists, nytimes.com, 1er mai 2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autres groupes de pression[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Jewish Voice For Peace »,‎ 17 aout 2014 (consulté le 17 aout 2014)