Église nationale

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Une Église nationale est une Église chrétienne délimitée par un territoire national ou soumise à une juridiction nationale.

Églises des sept conciles[modifier | modifier le code]

Les Églises des sept conciles sont organisées en fonction de critères nationaux selon les principes de synodalité et de collégialité. Chaque patriarche contrôle une juridiction canonique nationale qui lui est propre et nul ne peut intervenir pour le déloger.

Au sein de l'orthodoxie, les principales Églises nationales sont l'Église orthodoxe grecque, l'Église orthodoxe russe, l'Église orthodoxe serbe, l'Église orthodoxe bulgare, l'Église orthodoxe roumaine, l'Église orthodoxe ukrainienne, l'Église orthodoxe éthiopienne et l'Église orthodoxe géorgienne.

Au Ve siècle, des tensions sont nées entre le pape Grégoire le Grand et l'empereur byzantin Maurice Ier. Maurice était partisan du césaropapisme et voulait une Église byzantine libre de l'influence romaine. Il obtient l'adhésion du patriarche de Constantinople, qui se revendique primat de tout l'Orient.

Dans les pays non-orthodoxes, le principe des Églises nationales pose problème parce que dans des villes comme New York, Chicago, Montréal et Toronto, plusieurs évêques se concurrencent pour les mêmes fidèles en vertu de critères ethniques ou nationaux. Or, le droit canonique privilégie un seul évêque par ville.

De même, le principe des Églises nationales a suscité un désaccord entre le patriarche de Constantinople et le patriarcat de Moscou car ce dernier revendique le territoire canonique de l'ancienne Union soviétique, s'opposant à la création de nouvelles Églises comme l'Église orthodoxe estonienne et le Patriarcat de Kiev.

Églises des trois conciles[modifier | modifier le code]

Les Églises ayant refusé le concile de Chalcédoine sont organisées selon un territoire canonique national : ainsi l'Église copte couvre toute l'Égypte et l'Église apostolique arménienne est l'Église nationale de l'Arménie. Les chrétiens d'Iran ont été séparés de la grande Église en raison d'une opposition entre l'Empire romain et l'Empire parthe.

Églises des deux conciles[modifier | modifier le code]

L'Église apostolique assyrienne de l'Orient couvre le territoire canonique attribué au peuple des assyriens. L'Église malabare orthodoxe a juridiction sur les nestoriens indiens.

Églises réformées[modifier | modifier le code]

Au moment de la Réforme, le principe des Églises nationales a été enseigné par Thomas Erastus. Cette doctrine a reçu le nom d'érastianisme. La suprématie temporelle du roi était valorisée au-dessus de la primauté pontificale selon la formule Cujus regio, ejus religio.

L'Église d'Angleterre et l'Église évangélique luthérienne, l'Église d'Écosse, l'Église d'Irlande, l'Église de Suède, l'Église de Norvège, l'Église de Finlande l'Église d'Islande, l'Église du Danemark sont toutes organisées selon des critères nationaux. Aux États-Unis, un grand nombre d'Églises partagent le même territoire canonique.

Église catholique[modifier | modifier le code]

L'Église catholique romaine distingue entre Église particulière et Église universelle, la première étant une juridiction épiscopale ou archiépiscopale.

Cependant, les évêques locaux sont autorisés à fonder une conférence épiscopale. Les conférences épiscopales peuvent rassembler les évêques de toute une nation, à l'exemple de la conférence des évêques de France ou la conférence des évêques catholiques des États-Unis. Le territoire du Royaume- Uni cependant correspond à trois conférences épiscopales distinctes.

Selon le droit canonique, le Saint-Siège peut intervenir dans les affaires d'une conférence épiscopale s'il y a besoin, par exemple lorsque Joseph Ratzinger a dénoncé la théologie de la libération au sein du CELAM.

Depuis deux siècles aussi on constate l'élimination progressive des provinces et diocèses transnationaux (l'Irlande constituant une exception importante à ce processus) et le recrutement des responsables dans des cercles relativement restreints à l'intérieur d'un même pays et avec des instances de nominations des évêques avec le concours des autorités publiques (l'exemple de la France, ou` on assiste également à un remodelage partiel des provinces pour correspondre à des régions administratives civiles).

Sous le pontificat de Jean-Paul II on a aussi observé la création des archévêchés pour les capitales même de petits pays (Vaduz, Monaco, Luxembourg), des références informelles plus fréquentes aux diocèses de Bruxelles ou de Budapest (au lieu de Malines, Esztergom) et une réduction dans l'importance des primautés historiques au profit des chef-lieux (par exemple Gniezno- Varsovie).

Une exception à cette règle concerne les rites occidentaux et orientaux. En Occident, la plupart des fidèles suivent le rite romain. En Orient, plusieurs rites traditionnels ont leurs propres évêques, à l'exemple de l'Église maronite, l'Église grecque-catholique melkite, l'Église catholique arménienne et l'Église syriaque.

Le gallicanisme avait été condamné au XVIIIe siècle et le pape Pie IX a revendiqué une juridiction universelle pour le souverain pontife.

Références[modifier | modifier le code]