Mythe de fondation

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Depuis l'apparition des premières cités, entre le IVe et le IIIe millénaire avant Jésus-Christ, des mythes racontent la fondation de certaines d'entre elles. L’épopée de Gilgamesh à Babylone, le mythe de Romulus et Rémus à Rome, le mythe d'Érechthée à Athènes et le Kalevala en Finlande sont des mythes de fondation : d'une manière générale, chaque peuple a besoin de dire ses origines.

Mythes antiques[modifier | modifier le code]

Naissance d'Érichthonios : Athéna reçoit le nouveau-né des mains de Gaïa, Ve siècle av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen

Les mythes de fondations peuvent développer deux types de récits d'origines : autochtoniques - du grec auto-khthôn, « celui qui est né de la terre même » - ou des origines allochtoniques - allo-khthôn, « celui qui est né d'une autre terre », venu d'ailleurs[1].

Le premier type, assez fréquent dans les mythes grecs antiques, fait par exemple naitre les hommes de la Terre à l'instar du mythe athénien d'Erichthonios - né spontanément de la Terre (suivant Pindare) ou d'une union entre Héphaïstos et la Terre (suivant Homère) - ou encore des Spartes (les « hommes semés ») nés de la terre en armure, semés des dents d'un dragon tué par Cadmos[2].

Le second type, que l'on retrouve également dans les récits grecs, propose des récits de colonisation ou d'exode : on est propriétaire d'un territoire à la suite d'un colon accompagné d'un groupe qui - sur ordre divin ou celui d'un oracle - s'est emparé de ce territoire promis. Ces récits, souvent militaristes ou guerriers, trouvent souvent leur origine dans une situation d'oppression qui pousse au départ[1].

Mythes modernes[modifier | modifier le code]

American progress, John Gast, 1872

On retrouve ce type de récits dans la construction de récits de fondation modernes, repris ou construits des siècles après les évènements qu'ils racontent[1]. Il ainsi est devenu courant de parler de « mythe fondateur » pour des récits d'origines plus récentes : Suisse, États-Unis, France, Israël, etc.

En France, on trouve ainsi ce type de récits identitaires qui se basent sur des évènements anciens sous la Troisième République avec Vercingétorix qui devient le récit fondateur expliquant les qualités des français, ou Jeanne d'Arc qui devient le symbole du fondement de la France héroïque aidée par Dieu, trouvant ses origines dans un combat de libération[1][1]. On trouve également des mythes complètement inventés comme, en Suisse, le personnage de Guillaume Tell rendu célèbre par un drame de Schiller. Enfin, on retrouve des mythes recyclés à l'instar du récit de l'Exode qui inspire le mythe fondateur des États-Unis : en fuyant un roi oppresseur, les colons anglais traversent un océan vers une Terre promise d'où il faut chasser les autochtones[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Thomas Römer, Entre autochtonie et allochtonie. L’invention de l’exode, cours au Collège de France, 20 février 2014, cours en ligne
  2. voir Nicole Loraux, Né de la Terre : Mythe et politique à Athènes, Seuil,‎ 1996, cité par Thomas Römer, op. cit, 2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Mythes fondateurs[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]