Autoroute A355 (France)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant une autoroute image illustrant français
Cet article est une ébauche concernant une autoroute française.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion.

Autoroute A355
Cartouche de la route
Autres dénominations Grand coutournement ouest
Historique
Ouverture En projet
Caractéristiques
Direction Nord / Sud
Intersections A4 A35 au nord de Strasbourg
A351 à l'est de Strasbourg
A35 A352 au sud de Strasbourg
Extrémité Strasbourg
Réseau Autoroute française, actuellement en projet
Territoire traversé
Régions Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine
Départements Bas-Rhin
Villes principales Strasbourg

L'autoroute A355 est un projet de contournement autoroutier de Strasbourg par l'ouest à travers le Kochersberg. Cette autoroute à péage (une rareté en Alsace, où les autoroutes sont gratuites et publiques sauf exception) devrait ouvrir ses voies à la circulation en 2020.

Le but du projet, selon ses soutiens, est de désengorger la traversée strasbourgeoise de l'A35, qui est l'un des axes les plus fréquentés de France avec 160 000 véhicules par jour, dont 10 % de poids lourds[1]. D'après Jean-Luc Heimburger, président de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, l'autoroute A355 permettrait de transférer dans le Kochersberg une partie de la circulation et donc de déplacer la pollution automobile qui enveloppe l'agglomération strasbourgeoise[2].

Les opposants au projet font remarquer qu'une étude du bureau d'études allemand TTK a déjà conclu à la faible diminution du trafic sur l'A35 à la hauteur de Strasbourg en cas de construction de l'A355 [3]. Les services de l’État aboutissent à la conclusion que l'A355 conduira à un surcroît de trafic à la hauteur de l'autoroute A351 (dite aussi autoroute de Hautepierre), ce qui aurait un impact négatif sur le projet de transport en commun Transport en Site Propre de l'Ouest strasbourgeois [4]. Les opposants soulignent également qu'une nouvelle autoroute constitue, pour les poids-lourds, une invitation au transit dans une région où n'existe aucune taxe poids-lourds, alors même que l'Allemagne voisine lève une telle taxe. Mais surtout, les bouchons de Strasbourg sont de nature essentiellement pendulaire, et dans un contexte mondial de lutte contre les changements climatiques concrétisé par l'accord de Paris, ces embouteillages appellent une autre réponse que la construction d'une nouvelle autoroute. Aussi les opposants demandent-ils le renforcement de l'offre en transports en commun à Strasbourg et dans les environs [5].

Description du projet[modifier | modifier le code]

L'autoroute, à 2×2 voies et d'une longueur de 24 km, contournerait l'agglomération de Strasbourg par l'ouest à travers le Kochersberg, en reliant l’A4 et la jonction A35/A352. L’investissement total était estimé à environ 750 millions d’euros en 2012. Suite aux déboires de l'entreprise Vinci qui avait d'abord été sélectionnée pour la mise en œuvre du chantier, le projet autoroutier a été réduit à un tronçon de 2×2 voies sans terre-plein central et le coût estimé atteindrait environ 475 millions d'euros.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Le début du chantier de l'autoroute A355 était initialement annoncé pour 2013 et la mise en service prévue en 2016 ou 2017[6]. Vinci Concessions avait été choisi comme concessionnaire en janvier 2012, avant que sa candidature soit invalidée en juin suivant pour défaut de financement.

Un nouvel appel d'offre est lancé en novembre 2014 et les quatre entreprises candidates au premier appel d'offre, Vinci, Eiffage, Bouygues et un consortium composé de Lingenheld, Fayat et NGE, sont de nouveau en lice pour un marché total de 475 millions d'euros.

Le début des travaux est alors prévu pour 2018 et la mise en service du tronçon autoroutier pour 2020[7].

Le 4 février 2016, Vinci a été choisi comme concessionnaire de l'A355 après une première attribution en 2012. Il s'agira d'une autoroute à péage, financée intégralement par Vinci et concédée pour une durée de 54 ans. L'investissement est de 500 millions d'euros et la mise en service est prévue fin 2020.

Soutien au projet[modifier | modifier le code]

Pour défendre le projet, les CCI de Strasbourg, du Bas-Rhin et d'Alsace ont créé le blog GCO 2016 tous gagnants[8].

Opposition au projet[modifier | modifier le code]

Au niveau national, la relance des grands travaux autoroutiers est, selon la fédération nationale des associations d'usagers des transports, en totale contradiction avec les grands objectifs affichés par la loi sur la transition énergétique [9]. Le projet autoroutier est localement très contesté dans plusieurs des communes traversées ainsi qu'à Strasbourg, pour de nombreuses raisons : il doit être frayé dans le Kochersberg, densément peuplé, et va modifier l'environnement de 24 communes; il menace l'habitat naturel du grand hamster d'Alsace, déjà réduit par l'extension de la culture intensive du maïs dans la région ; la rentabilité de l'infrastructure, financée avec des deniers publics, serait aussi loin d'être prévisible comme le groupe Vinci a pu en faire l'amère expérience en juin 2012[10]. Des écologistes alsaciens dénoncent un projet destiné à subventionner le secteur du BTP aux dépens des populations locales[11]. Certains agriculteurs craignent pour la pollution de leurs parcelles et refusent la disparition de 300 hectares de terres cultivables très fertiles. Alsace Nature regrette amèrement l'absence de débat public, en dépit des assurances données par les hommes politiques [12],[13].

Un collectif GCO non merci[14] – composé d'associations comme Alsace nature[15], Astus[16], les amis de la Confédération paysanne[17], les Jeunes écologistes ; le collectif Alsace Notre-Dame des Landes[18], le groupe Convergence des luttes en Alsace et ailleurs[19]; de partis politiques comme Europe Écologie Les Verts ; d'élus et de maires de communes opposés au projet comme Alain Jund, écologiste et vice-président de l'Eurométropole Strasbourg, Dany Karcher, maire de Kolbsheim, Luc Huber, maire délégué de Pfettisheim, Jean-Charles Lambert, maire de Stutzheim-Offenheim ou encore Philippe Pfrimmer, maire de Vendenheim ; des agriculteurs indépendants ou syndiqués, mais aussi de citoyens de tout bord – représente l’opposition visible au projet depuis plus de vingt ans pour certains.

Le parti Unser Land s'oppose à ce qu'il considère comme le saccage du Kochersberg[20].

Les opérations cabanes[modifier | modifier le code]

En juillet 2014, l'opération « cabanes anti-GCO » commence avec l'installation au rond-point entre Duppigheim et Duttlenheim d'une première cabane destinée à alerter les habitants[Note 1]. En septembre, une deuxième cabane est érigée à Kolbsheim, à l'intersection de la D45 et de la D174, avec le soutien de maires des communes concernées par le projet[21], puis une troisième en bordure de la route départementale D263 à la sortie nord de Vendenheim le [22] et une quatrième le , à proximité des communes d'Ittenheim et de Breuschwickersheim.

En 2016, l'opposition se poursuit avec la mise en place d'une cinquième le 30 janvier sur la D31 entre Pfettisheim et Pfulgriesheim [23]. À cette occasion, Luc Huber, maire délégué de Pfettisheim et pilier du collectif GCO non merci, lance la formule « Vinci geh Heim ! » (« Vinci rentre chez toi »). Le 4 février, Emmanuelle Cosse, alors secrétaire nationale d'EELV, se rend en visite à la cabane de Kolbsheim[24]. Le 12 mars suivant, la sixième cabane est inaugurée à Stutzheim-Offenheim[25]. L'installation de la septième est prévue le 28 mai à Griesheim-sur-Souffel, commune sur le territoire de laquelle une aire de repos de 18 hectares devrait être construite.

Autres manifestations d'opposants[modifier | modifier le code]

En février 2016, la pétition « Tous unis contre le GCO » est mise en ligne[26].

Le 22 mars 2016, de nombreux agriculteurs se mobilisent et matérialisent l'emprise du GCO à Griesheim-sur-Souffel[27].

Les 2 et 3 avril suivant, la réserve du Bishnoï est inaugurée près d'Ernolsheim sur Bruche[28].

Le 24 avril, une marche populaire entre Pfettisheim et Vendenheim rassemble environ 350 personnes le long de l’hypothétique tracé du GCO entre ces deux communes[29].

La « zadidification »[modifier | modifier le code]

Le collectif GCOnonMerci prévient lors de ses opérations cabanes qu'il ne pourra plus longtemps rester insensible à l'appel des zadistes. L'idée que la population locale soit traditionnellement attachée au respect de la légalité[30] ne pourrait bientôt plus être de mise tant la volonté de bloquer le chantier fait son chemin et semble inéluctable. Toutefois, tous les opposants ne sont pas prêts à en découdre avec les forces de l'ordre[réf. nécessaire].

En Alsace, le collectif Alsace NDDL soutient les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes[31]. Il rappelle qu'en « arriver à une confrontation sur le terrain est la résultante née de l'obtusisme des collectivités à croire que ce qu'elles défendent est l'unique solution. L'absence d'un dialogue objectif est de leur responsabilité et donc, la confrontation sur le terrain aussi. ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. GCO: Grand Contournement Ouest.

Références[modifier | modifier le code]

  1. O.C, « L’A35 à Strasbourg : 160 000 véhicules par jour, 10% de poids lourds », sur www.dna.fr, Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ (consulté le 30 juillet 2013)
  2. « Pourquoi il nous faut le GCO », sur gco2016tousgagnants.com
  3. bureau d'étude TTK site web gcovendenheim voir page 50.
  4. l’État donne raison aux anti-GCO site web gcononmerci.org
  5. 10 propositions pour faire sauter le bouchon site web gcononmerci.
  6. « Grand contournement Ouest de Strasbourg : et maintenant le péage… », DNA, 3 février 2012
  7. « Quatre candidats pour le GCO », sur www.lesechos.fr,‎
  8. « GCO tous gagnants »
  9. le transport collectif absent site web FNAUT
  10. « A 355 - Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) », Info-projet.fr,‎ (consulté le 15 février 2012)
  11. « GCO - les écologistes strasbourgeois stupéfaits », sur dna.fr,‎
  12. [1] site web alsacenature.org
  13. projet nuisible, inutile site web France Nature Environnement.
  14. GCO non merci site web GCOnonMerci.org
  15. Alsace Nature
  16. Astus, Arbres
  17. les Amis de la Confédération Paysanne
  18. collectif Alsace NDDL
  19. Convergence des luttes en Alsace et ailleurs
  20. « Unser Land dit non au GCO »
  21. « Deuxième cabane anti-GCO », sur rue89strasbourg.com,‎
  22. le 24 janvier 2015. « Une cabane anti-GCO installée à Vendenheim », francetvinfo.fr, 24 janvier 2015
  23. « Une 5e cabane anti-GCO », gcononmerci.org
  24. Emmanuelle Cosse à la cabane de Kolbsheim le 4 février 2016 site web gcononmerci.org
  25. Cabane anti-GCO#6, gcononmerci.org
  26. Tous unis contre le GCO sur change.org
  27. « Manifestation : non au GCO », reportage vidéo de L'Est agricole et viticole, 22 mars 2016
  28. « Inauguration de la réserve du Bishnoï », gcononmerci.org, 5 avril 2016
  29. « Marche Pfettisheim-Vendenheim en images », gcononmerci.org, 24 avril 2016
  30. « ZAD en Alsace ? », sur www.rue89strasbourg.com,‎
  31. Collectif Alsace NDDL

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]