Autoroute A355 (France)

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Autoroute A355
Cartouche de la route
Autres dénominations Grand contournement ouest de Strasbourg
Historique
Ouverture 2020
Caractéristiques
Direction Nord / Sud
Intersections A4 A35 au nord de Strasbourg
A351 à l'est de Strasbourg
A35 A352 au sud de Strasbourg
Extrémité Strasbourg
Réseau Autoroute française, actuellement en projet
Territoire traversé
Régions Grand Est
Départements Bas-Rhin
Villes principales Strasbourg

L'autoroute A355, dite grand contournement ouest (GCO) ou contournement ouest de Strasbourg (COS)[1], est un projet de contournement autoroutier de Strasbourg par l'ouest à travers le Kochersberg. Cette autoroute à péage devrait ouvrir ses voies à la circulation en 2020. Elle est financée intégralement par le concessionnaire (VINCI).

Le projet a pour but de désengorger la traversée strasbourgeoise de l'A35, l'un des axes les plus fréquentés de France avec 160 000 véhicules par jour, dont 10 % de poids lourds[2]. D'après Jean-Luc Heimburger, président de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, l'autoroute A355 permettrait de transférer dans le Kochersberg une partie du trafic en transit de l'agglomération strasbourgeoise et diminuer l'impact de pollution[3]. Selon le plan de protection de l'atmosphère de l'agglomération strasbourgeoise, « il faudrait diviser par deux les émissions du trafic routier pour envisager un retour sous les valeurs limites à une brève échéance » à Strasbourg, ce que les opposant ne jugent pas réaliste[4]. L'association régionale Alsace Nature demande au contraire la diminution globale du trafic, et reprend l'argumentaire de Strasbourg respire, une association de médecins[5], qui préconise d'améliorer la qualité de l'air en Alsace[6]. L'ancienne Association pour la Surveillance et l’Étude de la Pollution Atmosphérique en Alsace (remplacée par ATMO Grand Est) prévoit certes une diminution de la pollution aux abords immédiats de l'A35, mais une augmentation globale de la pollution dans la métropole de Strasbourg[7].

Les opposants au projet font remarquer qu'une étude du bureau d'études allemand TTK a déjà conclu à la faible diminution du trafic sur l'A35 à la hauteur de Strasbourg en cas de construction de l'A355 [8]. Les services de l’État aboutissent à la conclusion que l'A355 conduira à un surcroît de trafic à la hauteur de l'autoroute A351 (dite aussi autoroute de Hautepierre), ce qui pourrait avoir un impact négatif sur le projet de transport en commun Transport en Site Propre de l'Ouest strasbourgeois [9]. Les opposants voient dans nouvelle autoroute, une invitation au transit pour les poids-lourds[10] dans une région où n'existe aucune taxe poids-lourds, alors même que l'Allemagne voisine lève une telle taxe. Mais surtout, les bouchons de Strasbourg sont de nature essentiellement pendulaire, et dans un contexte mondial de lutte contre les changements climatiques concrétisé par l'accord de Paris[11], ces embouteillages appellent une autre réponse que la construction d'une nouvelle autoroute. Aussi les opposants demandent-ils le renforcement de l'offre en transports en commun à Strasbourg et dans les environs [12].

Description du projet[modifier | modifier le code]

Tracé principal de l'A355[modifier | modifier le code]

L'autoroute, à 2×2 voies et d'une longueur de 24 km, contournera l'agglomération de Strasbourg par l'ouest à travers le Kochersberg, en reliant l’A4 et la jonction A35/A352.

Le tracé emprunte un "couloir" non bâti sur l'ensemble de son tracé : la création de l 'A355 ne procédera à aucune destruction de maison. Deux grand viaducs sont prévus (Vallée de la Bruche et nord de Vendenheim), ainsi qu'une tranchée couverte de près de 300m. L'autoroute traverse la zone de protection stricte (ZPS) nord du grand hamster d'Alsace, à Kolbsheim et Ernolsheim-sur-Bruche imposant au concessionnaire le respect de fortes contraintes environnementales.

L’investissement total initial était estimé à environ 750 millions d’euros en 2012. Suite aux déboires de l'entreprise Vinci qui avait d'abord été sélectionnée pour la mise en œuvre du chantier, le projet autoroutier a été réduit à un tronçon de 2×2 voies sans terre-plein central et le coût estimé atteindrait environ 475 millions d'euros.

Echangeurs[modifier | modifier le code]

Le tracé est interconnecté à l'échangeur A352/A4/A35 au sud, et à l'échangeur A4/A35 au nord. Par ailleurs, un diffuseur gratuit est prévu dans la zone industrielle de la Bruche (Duttlenheim/Duppigheim), ainsi qu'un diffuseur sur la RN4 (Ittenheim)

Des inquiétudes relatives au futur échangeur nord, entre l'A4, l'A35 et le Grand contournement Ouest de Strasbourg se font jour. En effet, contrairement au projet présenté lors de l’enquête publique, le projet d’échangeur prévoit une continuité entre l'A4 et la future A355. En venant de Paris, les automobilistes sont conduits naturellement à emprunter le GCO. A contrario, pour se diriger vers Strasbourg, ils devront emprunter une bretelle. Or, à cet emplacement, le trafic s’élève à environ 100 000 véhicules par jour (70 000 de Brumath et vers Brumath sur l'A4, et 30 000 véhicules de Lauterbourg et vers Lauterbourg sur l’A35). La question est de savoir si la future bretelle (déboitement à 2 voies) sera en mesure d'absorber les 70 000 passages journaliers (abstraction faite des véhicules en transit réorientés vers le GCO). Il est difficile d’y répondre[13].

Requalification de l'A35 traversant Strasbourg[modifier | modifier le code]

La création de l'A355 devrait être accompagnée de la requalification de l'A35 traversant Strasbourg entre Vendenheim et Geispolsheim.

Le président de la métropole de Strasbourg a procédé à l’installation d’un groupe de travail à cet effet. Avec 145 000 véhicules estimés par jour sur cette portion, la tâche s’avère délicate mais c'est une condition nécessaire au succès du transfert de trafic vers l'A355. Nombreux sont ceux, parmi les opposants comme les défenseurs du projet, qui expriment des craintes quant à l’accessibilité de Strasbourg[14].

Calendrier[modifier | modifier le code]

En 2012, le début du chantier de l'autoroute A355 était initialement annoncé pour 2013 et la mise en service prévue en 2016 ou 2017[15]. Vinci Concessions avait été choisi comme concessionnaire en janvier 2012, avant que sa candidature soit invalidée en juin suivant pour défaut de financement.

En novembre 2014, un nouvel appel d'offre est lancé : les quatre entreprises candidates au premier appel d'offre, Vinci, Eiffage, Bouygues et un consortium composé de Lingenheld, Fayat et NGE, sont de nouveau en lice pour un marché total de 475 millions d'euros.

Le début des travaux est alors prévu pour 2018 et la mise en service du tronçon autoroutier pour 2020[16].

Le décret du 29 janvier 2016 publié au Journal officiel du 31 janvier 2016[17], désigne Vinci comme concessionnaire de l'A355 après une première attribution en 2012. Il s'agira d'une autoroute à péage, financée intégralement par Vinci et concédée pour une durée de 54 ans. La mise en service est prévue fin 2020.

Soutien au projet[modifier | modifier le code]

Chambre de commerce[modifier | modifier le code]

Pour soutenir le projet, les CCI de Strasbourg, du Bas-Rhin et d'Alsace ont créé le blog GCO 2016 tous gagnants[18].

Automobile Club Association[modifier | modifier le code]

L’Automobile Club Association s’est déclarée favorable dès l’origine à ce projet en 1970 et se réjouit de la mise en œuvre du GCO, maillon qu'il juge indispensable et attendu de la mobilité dans la région.

Un site internet a été mis en place pour témoigner de ce soutien[19].

Opposition au projet[modifier | modifier le code]

Stéphane Bern, Charlotte de Turckheim, et José Bové interpellent Audrey Azoulay, ministre de la culture, sur les dégâts irréversibles qu'entraînerait la construction du Grand Contournement Ouest de Strasbourg sur les jardins du château de Kolbsheim[20]. Entre temps, le président de la république, Emmanuel Macron, a chargé Stéphane Bern d'une une « mission de réflexion au financement de la rénovation du petit patrimoine en péril »[21], ce qui renforce la détermination des opposants au projet.

Le GCO s'inscrit dans une démarche de croissance du trafic[22], là où la démarche négaWatt prône de considérer la sobriété énergétique, et même la sobriété en général, en tout premier lieu.

Au niveau national, la relance des grands travaux autoroutiers est, selon la fédération nationale des associations d'usagers des transports, en totale contradiction avec les grands objectifs affichés par la loi sur la transition énergétique[23] et avec l'esprit de l'accord de Paris[24]. Le projet autoroutier est localement très contesté dans plusieurs des communes traversées, pour de nombreuses raisons : il doit être frayé dans le Kochersberg, zone agricole fertile, et va modifier l'environnement de 24 communes; il menace l'habitat naturel du grand hamster d'Alsace, déjà réduit par l'extension de la culture intensive du maïs dans la région. Des écologistes alsaciens dénoncent un projet destiné à subventionner le secteur du BTP aux dépens des populations locales[25],[26]. Certains agriculteurs craignent que leurs parcelles ne soient polluées, et refusent la disparition de 280 hectares de terres cultivables très fertiles[10]. Il est vrai qu'en sus d'un taux d'artificialisation élevé, proche de 10%, l'Alsace est également un territoire qui se caractérise par l'une des plus rapides diminutions de ses terres agricoles[27]. Les routes sont source de fragmentation, préjudiciable à la biodiversité. À titre d'exemple, la passerelle à gibier négligemment jetée au-dessus de l'autoroute A4 dans la traversée des Vosges ne sert qu'aux randonneurs, et pas à la faune sauvage. Elle a été mal conçue, et ne permet pas l'échange de population entre les Vosges du Nord et le reste du massif[28]. L'état de la biodiversité en France présente une dégradation continue, à tel point qu'un tiers des espèces est menacé[29]. Alsace Nature regrette amèrement l'absence de débat public, en dépit des assurances données par les hommes politiques [30],[31],[32]. Les opposants rappellent que dans le rapport de la commission d'enquête, on pouvait lire que le « désengorgement de Strasbourg n'est pas l'enjeu ni l'objectif du GCO »[33]. Dans ces conditions, la justification du GCO est à trouver dans le document de la CCI de Strasbourg, où l'on apprend que le « trafic entre le nord et le Sud de la région ne fait que croître, tout comme celui lié aux échanges internationaux »[22]: il s'agit, entre autres, de garantir la croissance du trafic de transit autour de Strasbourg, qui est une métropole, dans un monde globalisé. Il est vrai que pour faire face à la croissance du trafic, l'A5 voisine est récemment passée de 2x2 à 2x3 voies.


Un collectif GCO non merci[34] – composé par Alsace nature[35] regroupant Astus[36], les amis de la Confédération paysanne[37], les Jeunes écologistes ; le collectif Alsace Notre-Dame des Landes[38], le groupe Convergence des luttes en Alsace et ailleurs[39]; de partis politiques comme Europe Écologie Les Verts ; d'élus et de maires de communes opposés au projet comme Alain Jund, écologiste et vice-président de l'Eurométropole Strasbourg, Dany Karcher, maire de Kolbsheim, Luc Huber, maire délégué de Pfettisheim, Jean-Charles Lambert, maire de Stutzheim-Offenheim ou encore Philippe Pfrimmer, maire de Vendenheim ; des agriculteurs indépendants ou syndiqués, mais aussi de citoyens de tout bord – représente l’opposition visible au projet depuis plus de vingt ans pour certains.

Le parti Unser Land s'oppose à ce qu'il considère comme le saccage du Kochersberg[40].

Alsace Nature annonce saisir la Commission Européenne pour non-respect des directives Habitat-Faune-Flore ainsi que Étude d’impact[41].

De nombreuses associations locales et régionales ont appelé à participer à un grand rassemblement contre le Grand Contournement de Strasbourg le samedi 15 octobre à Strasbourg[42]. Outre quarante tracteurs, la manifestation a rassemblé 1800 personnes selon la police et 3000 selon les organisateurs[43].

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2016, des engins effectuant des sondages géotechniques ont été sabotés sur le ban de la commune d'Eckwersheim [44]. Dans un communiqué publié le 29 octobre le collectif GCO non merci « ne cautionne pas ces actes » mais « n'exclut pas une certaine forme de désobéissance civile »[45].

Le 29 mars 2017, le tribunal administratif de Strasbourg rejette la requête de l'association Alsace Nature contre le contrat de concession. Le tribunal estime que l'association, ainsi que la commune de Vendenheim, qui s'était associée à la requête, n'ont pas suffisamment prouvé être lésées par ce contrat de concession[46]. Le 7 avril suivant, Alsace Nature est déboutée d'une procédure en référé-suspension contre les arrêtés préfectoral et ministériel autorisant des travaux préparatoires au GCO dans des zones protégées[47].

Venu soutenir les opposants le 14 juin 2017, le député européen José Bové annonce un moratoire de la part de Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique et solidaire. Mais le ministre dément catégoriquement les propos tenus par le député[48]. Les DNA titrent « Bové met Hulot dans l'embarras »[49]. La députée de la circonscription Martine Wonner (LREM) a exprimé son opposition personnelle au projet, sachant qu'elle seule ne peut contribuer à faire annuler le projet. La représentante bas-rhinoise du parti LREM, Laurence Vaton, a également affirmé son opposition au projet. Mais LREM n’a pas pris de position officielle sur le sujet. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé la fin de la période des grandes infrastructures, pour mieux se consacrer à l'entretien et la modernisation de celles existantes, et ainsi redonner ses lettres de noblesse aux transports du quotidien. Les opposants au projet aimeraient que cette philosophie soit appliquée localement[50]. Martine Wonner a defendu son point de vue auprès du cabinet de la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne[51].

Le Conseil National de la Protection de la Nature, dont l'avis n'est que consultatif, émet de nombreux griefs contre le projet. Ils concernent principalement l'échangeur de Vendenheim, le viaduc qui doit enjamber la Bruche, la problématique du hamster et la faiblesse de certaines mesures de compensation environnementale[52],[53].

Une messe anti-GCO s'est tenue à Vendenheim le dimanche 17 septembre 2017. En effet, les églises protestantes avaient promis de s'engager en faveur de la justice climatique après la conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (connue sous le nom de COP21). Le GCO, constitue un exemple de projet nuisible pour le climat selon certains pasteurs, qui entendent s'y opposer[54]. L'église catholique ne s'exprime pas publiquement sur le sujet, même si le pape invite les pays industrialisés à la décroissance dans l'encyclique Laudato si’: « L'heure est venue d'accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d'autres parties ».

Les opérations cabanes[modifier | modifier le code]

En juillet 2014, l'opération « cabanes anti-GCO » commence avec l'installation au rond-point entre Duppigheim et Duttlenheim d'une première cabane destinée à alerter les habitants. En septembre, une deuxième cabane est érigée à Kolbsheim, à l'intersection de la D45 et de la D174, avec le soutien de maires des communes concernées par le projet[55], puis une troisième en bordure de la route départementale D263 à la sortie nord de Vendenheim le [56] et une quatrième le , à proximité des communes d'Ittenheim et de Breuschwickersheim.

En 2016, l'opposition se poursuit avec la mise en place d'une cinquième le 30 janvier sur la D31 entre Pfettisheim et Pfulgriesheim [57]. À cette occasion, Luc Huber, maire délégué de Pfettisheim et pilier du collectif GCO non merci, lance la formule « Vinci geh Heim ! » (« Vinci rentre chez toi »). Le 4 février, Emmanuelle Cosse, alors secrétaire nationale d'EELV, se rend en visite à la cabane de Kolbsheim[58]. Le 12 mars suivant, la sixième cabane est inaugurée à Stutzheim-Offenheim[59]. Enfin le 28 mai, la septième est installée à Griesheim-sur-Souffel.

Autres manifestations d'opposants[modifier | modifier le code]

En février 2016, la pétition « Tous unis contre le GCO » est mise en ligne[60].

Le 22 mars 2016, de nombreux agriculteurs se mobilisent et matérialisent l'emprise du GCO à Griesheim-sur-Souffel[61].

Les 2 et 3 avril suivant, la réserve du Bishnoï est inaugurée près d'Ernolsheim sur Bruche[62].

Le 24 avril, une marche populaire entre Pfettisheim et Vendenheim rassemble environ 350 personnes le long de l’hypothétique tracé du GCO entre ces deux communes[63].

Une manifestation contre le GCO a eu lieu à Strasbourg le samedi 30 septembre 2017[64]. L'opposition au projet s'est légèrement accentuée. C'est désormais à Nicolas Hulot qu'il revient de décider de la suite à donner au projet[65].

La zadification[modifier | modifier le code]

Le collectif GCOnonMerci prévient lors de ses opérations cabanes qu'il ne pourra plus longtemps rester insensible à l'appel des zadistes, bien que la population locale soit traditionnellement attachée au respect de la légalité[66]. En Alsace, le collectif Alsace NDDL soutient les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes[67]. Il rappelle qu'en « arriver à une confrontation sur le terrain est la résultante née de l'obtusisme des collectivités à croire que ce qu'elles défendent est l'unique solution. L'absence d'un dialogue objectif est de leur responsabilité et donc, la confrontation sur le terrain aussi. ». Fort du soutien des deux mille manifestants (estimation des organisateurs) à Strasbourg, le président d'Alsace Nature précise que « s’il le faut, même si ce n’est pas notre volonté, peut-être que nous serons même obligés pour arriver à nos fins à monter une ZAD », tandis que le président de France Nature Environnement souhaite que le GCO connaisse un retentissement national[68]. Une zone à défendre commence à se mettre en place à Kolbsheim[50], sur un terrain appartenant au châtelain voisin, opposé au projet, et avec l'assentiment du maire de la commune, partisan de la « désobéissance civile et non violente dans la lutte contre Vinci ». Même si les agriculteurs concernés par le trajet affirment leur opposition au projet, la FDSEA, quant à elle, ne souhaite pas s'y opposer[69].

Au cas où les travaux de destruction de la forêt de Kolbsheim débuteraient, les cloches de l'église protestante de la commune résonneraient, de sorte que la population, ainsi avertie, pourrait venir s'opposer à l'abattage des arbres[70]. Les conclusions du Conseil National de Protection pour la Nature, critiques vis-à-vis du projet, renforcent la conviction des opposants.

Autre position: la FDSEA[modifier | modifier le code]

La FDSEA se dit certes opposée au GCO[71], mais s'oppose surtout à ce qu'elle considère comme la surenchère des mesures de compensation environnementale demandée par les défenseurs de l'environnement. Pour la FDSEA, la perte des terres nécessaires à l'emprise autoroutière d'une part, et celles nécessaires à la compensation d'autre part, est perçue comme une « double peine ». Aussi du fumier et des pneus ont-ils été déversés devant le siège d' Alsace Nature[72].

Début des travaux[modifier | modifier le code]

En septembre 2016, des forages ont été menés sur l'ensemble de la trace. Dans le cas particulier de Kolbsheim, ces travaux préparatoires situés en ZPS ont débutés vraisemblablement sans autorisation[73] . Les travaux ont été arrêtés. Le maire de Kolbsheim, opposant connu au projet, a profité d'une théorique atteinte portée à l'habitat du grand hamster pour prendre un arrêté « interdisant les travaux [...] sur le ban de Kolbsheim »[74]. En réalité, aucun hamster n'a été repéré depuis de nombreuses années sur cette commune. Cet arrêté a été levé depuis.

En septembre 2016, le concessionnaire Arcos a publié « Liaison(s) A355 »[75], un magazine d'information distribué aux riverains de la future autoroute.

Fin 2016, au titre des mesures compensatoires préalables à la construction de l'infrastructure[76], la société d'autoroute a procédé à un premier lâcher de 70 grands hamsters dans la ZPS sud, sur le territoire des communes d'Elsenheim, Grussenheim et Jebsheim. Alsace Nature se pose la question du caractère pertinent de la mesure à 45 km de la zone concernée par les travaux. D'ailleurs, le maire d'Elsenheim s'est fendu d'une lettre à la sous-préfecture, restée jusque là sans réponse (« on a été mis devant le fait accompli »)[77].

Au printemps 2017 (en avril et mai 2017), de nouveaux comptages des terriers effectué par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), sur l'ensemble des 3 ZPS, ont révélé une évolution encourageante de leur nombre, passant de 400 à 523[78].

En septembre 2017, le concessionnaire a amorcé le déboisement des massifs forestiers pour débuter les diagnostics archéologiques préalables. Face au blocage par des opposants au projet, le ministère des transports a décidé de suspendre les travaux de déboisement[79]. Nombre d'élus locaux, les présidents de la CCI Alsace Eurométropole, de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat du Grand Est en appellent directement au premier ministre, Édouard Philippe, pour que les travaux reprennent[80]. Alsace Nature demande elle-aussi à être reçue par le premier ministre[81].

Le 3 octobre 2017, les ministres de la Transition Ecologique et Solidaire et des Transports confirment que l’Etat respectera les termes du contrat relatif au contournement ouest de Strasbourg conclu en 2016, avec le concessionnaire ARCOS.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « GCO, COS, A355, A35 », sur dna.fr le 27 octobre 2016
  2. O.C, « L’A35 à Strasbourg : 160 000 véhicules par jour, 10% de poids lourds », sur www.dna.fr, Dernières Nouvelles d'Alsace, (consulté le 30 juillet 2013)
  3. « Pourquoi il nous faut le GCO », sur gco2016tousgagnants.com
  4. le gco est-il la solution? surwww.dna.fr
  5. une-seule-solution-contre-la-pollution-diminuer-le-trafic site web actus.alsacenature.org
  6. Strasbourg respire
  7. GCO projet inutile sur reporterre.net
  8. bureau d'étude TTK site web gcovendenheim voir page 50.
  9. l’État donne raison aux anti-GCO site web gcononmerci.org
  10. a et b Opposition contre GCO sur reporterre.net
  11. Le PLU adopté, mais des bémols dont le GCO sur gcononmerci.org
  12. 10 propositions pour faire sauter le bouchon site web gcononmerci.
  13. Les dernières nouvelles d'Alsace en date du samedi 15 octobre 2016. Voir page 37
  14. Les dernières nouvelles d’Alsace en date du mercredi 9 novembre. Voir page 44.
  15. « Grand contournement Ouest de Strasbourg : et maintenant le péage… », DNA, 3 février 2012
  16. « Quatre candidats pour le GCO », sur www.lesechos.fr,
  17. Décret n° 2016-72 du 29 janvier 2016 approuvant la convention de concession passée entre l'Etat et la société concessionnaire de l'autoroute de contournement ouest de Strasbourg pour le financement, la conception, la construction, l'entretien, l'exploitation et la maintenance de l'autoroute A 355, autoroute de contournement ouest de Strasbourg, ainsi que le cahier des charges annexé à cette convention, (lire en ligne)
  18. « GCO tous gagnants »
  19. je veux mon GCO
  20. des personnalites interpellent la ministre de la culture sur dna.fr
  21. Le président de la république confie à Stéphane Bern une mission de préservation du patrimoine sur rancetvinfo.fr
  22. a et b [PDF] Plquette GCO sur strasbourg.cci.fr Voir page 11
  23. le transport collectif absent sur fnaut.fr
  24. la FNAUT réclame une réorientation profonde de la politique des transports sur fnaut.fr
  25. « GCO - les écologistes strasbourgeois stupéfaits », sur dna.fr,
  26. le BTP doit se réorienter vers des projets utiles et sobres sur actus.alsacenature.org
  27. [PDF] Le_point_sur___Sols_V7.pdf sur www.developpement-durable.gouv.fr Le taux d'artificialisation en Alsace est d'environ 10%, cependant qu'entre 2000 et 2006, les terres agricoles ont diminué de 0,3% (voir graphique en première page)
  28. Une passerelle à piétons sur dna.fr
  29. L'état de la biodiversité en France se dégrade continûment sur reporterre.net
  30. [1] site web alsacenature.org
  31. projet nuisible, inutile site web France Nature Environnement.
  32. le contournement-de strasbourg un projet obsolète et destructeur sur fne.asso.fr
  33. Page principale sur gcovendenheim.free.fr
  34. GCO non merci site web GCOnonMerci.org
  35. Alsace Nature
  36. Astus, Arbres
  37. les Amis de la Confédération Paysanne
  38. collectif Alsace NDDL
  39. Convergence des luttes en Alsace et ailleurs
  40. « Unser Land dit non au GCO »
  41. Saisine de la commission européenne sur alsacenature.org
  42. appel à manifestation 15 octobre 2016 à Strasbourg sur gcononmerci.org
  43. « Les opposants en force », Journal,‎ (lire en ligne)
  44. « Vandalisme contre les engins de Vinci », sur dna.fr,
  45. Communiqué du collectif GCO non merci sur gcononmerci.org.
  46. « Le tribunal administratif rejette le recours contre le GCO », sur rue89strasbourg.com,
  47. « Alsace Nature échoue à faire suspendre des travaux », sur rue89strasbourg.com,
  48. Moratoire: le ministre dément sur lalsace.fr
  49. « Bové met Hulot dans l'embarras », sur dna.fr (consulté le 16 juin 2017)
  50. a et b ZAD sur rue89strasbourg.com
  51. GCO: les opposants montent au créneau tandis que les travaux tardent. sur france3-regions.francetvinfo.fr
  52. GCO pas assez écologique sur france3-regions.francetvinfo.fr
  53. La sagesse du CNPN sur gcononmerci.org
  54. Messe anti-GCO sur france3-regions.francetvinfo.fr
  55. « Deuxième cabane anti-GCO », sur rue89strasbourg.com,
  56. le 24 janvier 2015. « Une cabane anti-GCO installée à Vendenheim », francetvinfo.fr, 24 janvier 2015
  57. « Une 5e cabane anti-GCO », gcononmerci.org
  58. Emmanuelle Cosse à la cabane de Kolbsheim le 4 février 2016 site web gcononmerci.org
  59. Cabane anti-GCO#6, gcononmerci.org
  60. Tous unis contre le GCO sur change.org
  61. « Manifestation : non au GCO », reportage vidéo de L'Est agricole et viticole, 22 mars 2016
  62. « Inauguration de la réserve du Bishnoï », gcononmerci.org, 5 avril 2016
  63. « Marche Pfettisheim-Vendenheim en images », gcononmerci.org, 24 avril 2016
  64. GCO non merci sur gcononmerci.org
  65. Manifestation GCO Strasbourg sur rue89strasbourg.com
  66. « ZAD en Alsace ? », sur www.rue89strasbourg.com,
  67. Collectif Alsace NDDL
  68. les anti-gco refusent de lâcher l'affaire sur lalsace.fr
  69. Les Dernière Nouvelles d'Alsace en date du samedi 12 août 2017. Voir page 13 article intitulé "un camp permanent".
  70. Aux arbres, citoyens! sur gcononmerci.org
  71. Mobilisation contre le GCO sur fdsea67.fr
  72. La manifestation anti-nature de la FDSEA-67 sur alsacenature.org
  73. infraction à l'environnement sur fne.asso.fr (site de France Nature Environnement).
  74. Dernières nouvelles d'Alsace en date du 7 octobre 2016. Voir page 16
  75. « Magazine Liaisons(s) A355 »
  76. « Premier lâcher compensatoire », sur dna.fr,
  77. Dernière nouvelles d'Alsace en date du mercredi 7 juin 2017 (article page 13).
  78. « Le grand hamster gagne du terrain », sur dna.fr,
  79. Arrêt des travaux de déboisement sur europe1.fr
  80. Les collectivités saisissent Matignon sur dna.fr
  81. Les collectivités tentent une risposte .... quitte à renouer avec les mensonges! sur alsacenature.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]