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Vote utile

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Le vote utile désigne le comportement consistant à voter pour un candidat ayant plus de chances d'être élu qu'un candidat qui représente mieux la sensibilité de l'électeur, généralement pour empêcher un candidat tiers de remporter l'élection. Il se rencontre particulièrement dans les systèmes politiques bipartisans, en raison du système de vote qui privilégie les plus grands partis.

Le vote utile est un vote conditionné par les prévisions d'un résultat donné. Le vote utile peut alors intentionnellement s'inscrire dans ce qui peut être appelé une logique du « moins mauvais » que dans celle du « meilleur ».

Cette notion est encore plus explicite aux États-Unis, où l'on utilise l'expression tactical voting.

En France[modifier | modifier le code]

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Gaël Brustier et Fabien Escalona soulignent que l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle française de 2002 « a constitué un événement « traumatique ». Pour le dépasser, les élites socialistes l'ont converti en ressource en tirant argument du 21 avril pour appeler au vote utile. Il s'agissait ainsi d'inciter les électeurs à se détourner des offres de gauche concurrentes au PS pour assurer à ce dernier d'être au moins en seconde position face à la droite. Sans pouvoir être précisément mesurée, la puissance de cet argument a été réelle », comme en témoignent selon eux les parts élevées du total de la gauche représentées par les candidatures respectives de Ségolène Royal en 2007 (70 %) et de François Hollande en 2012 (64 %)[1].

Polémique[modifier | modifier le code]

Les points présumés positifs[modifier | modifier le code]

D'un point de vue pragmatique, le vote utile permettrait, a priori, d'écarter les candidats que l'on estime trop minoritaires, voire trop nuisibles au système en place. Ce qui déjà sous-entendrait qu'un système est bon en soi indépendamment de la volonté du peuple.

Ainsi, lors de l’élection présidentielle française de 2007, le vote utile a souvent été prôné afin d'éviter un nouveau 21 avril 2002. En effet, lors de l'élection de 2002, là où l'opinion attendant un duel droit-gauche classique, le Front national, parti d’extrême-droite était arrivé au second tour, à la surprise générale.

Or, lors de ces élections, l'un des partis concurrents, le Parti socialiste, a vu se retourner contre lui l'argument du vote utile. Ainsi, durant les derniers jours de la campagne électorale présidentielle, le vote en faveur du candidat centriste, François Bayrou, est devenu le vote utile des socialistes, qui ne soutenaient pas la candidature de Ségolène Royal mais désiraient empêcher l'élection de Nicolas Sarkozy et se sont donc reportés par défaut sur le tiers parti.

Le « vote utile » apparaît donc comme une concession faite aux autres électeurs.

Le problème soulevé d'atteinte à la démocratie[modifier | modifier le code]

Le « vote utile » est un argument utilisé médiatiquement qui peut servir à dessein s'appuyant sur des sondages dont l'opacité de calcul demeure et ne fait pas l'unanimité. On comprend que sans sondage cet argument utilisé via les médias ne tient pas et ne peut donc influencer les électeurs. Le « vote utile » s'appuyant sur un élément non démocratique et non constitutionnel corrompt ainsi impunément l'élection démocratique constitutionnelle.

En effet, une élection et un référendum représentent des occasions d'exprimer librement son opinion. Or l'appel au « vote utile » n'est rien d'autre qu'un consensus orchestré et entretenu médiatiquement, qui, d'une certaine manière, bride cette expression.

D'autre part, cette dénomination sous-entendrait qu'il existe des votes inutiles. C'est une atteinte grave à la liberté d'expression et à la représentativité démocratique.

Aussi, l'appel au vote utile peut influencer les indécis lors des sondages qui succèdent aux premiers, renforçant ainsi les intentions de vote des partis dit dominants comme une boucle vertueuse. Cela provoque une spéculation d'intentions qui, à l'instar d'une bulle économique, peut éclater lors du scrutin.

Enfin, comme décrit plus haut, le vote utile s'appuie sur des prévisions (formelles ou non). Or, il est de plus en plus fréquent, dans le cadre des élections, qu'il y ait plus de deux candidats provenant de partis majoritaires. Le vote utile ne permet donc pas dans ce cas précis de conforter un scénario envisagé.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gaël Brustier et Fabien Escalona, « La gauche et la droite face au Front national : sociologie d'un parti politique », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front national, Presses de Sciences Po, , p. 508-509