Vote utile

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Le vote utile est dans les systèmes politiques bipartisans, en raison du système de vote, un appel à une partie des électeurs à voter pour celui des deux partis dominants (ou options) dont ils se sentent le plus proche, plutôt que pour un parti représentant mieux leur sensibilité mais estimé peu probable de parvenir au pouvoir, et ce principalement pour empêcher le parti dominant adversaire de triompher.

Plus généralement, le vote utile est un vote conditionné par les prévisions d'un résultat donné. Cela revient par exemple à estimer l'impact des deux réponses à un référendum et à envisager la moins mauvaise. Le vote utile peut alors intentionnellement s'inscrire dans ce qui peut être appelé une logique du « moins mauvais » que dans celle du « meilleur ».

Cette notion est encore plus explicite aux États-Unis, où l'on utilise l'expression tactical voting.

Polémique[modifier | modifier le code]

Les points présumés positifs[modifier | modifier le code]

D'un point de vue pragmatique, le vote utile permettrait, a priori, d'écarter les candidats que l'on estime trop minoritaires, voire trop nuisibles au système en place. Ce qui déjà sous-entend qu'un système est bon en soi indépendamment de la volonté du peuple.

Ainsi, lors de l’élection présidentielle française de 2007, le vote utile a souvent été prôné afin d'éviter un nouveau 21 avril 2002. Lors de cette élection, là où l'opinion attendant un duel droit-gauche classique, le Front national, parti d’extrême-droite était arrivé au second tour. Cet argument avancé par les détracteurs du Front national.

Mais, lors de ces élections, l'un des partis détracteurs, le Parti socialiste, a vu se retourner contre lui l'argument du vote utile. Ainsi, durant les derniers jours de la campagne électorale présidentielle, le vote en faveur du candidat centriste, François Bayrou, est devenu le vote utile pour empêcher l'élection de Nicolas Sarkozy.

Le « vote utile » apparaît donc comme une concession faite aux autres électeurs.

Le problème soulevé d'atteinte à la démocratie[modifier | modifier le code]

Le « vote utile » est un argument utilisé médiatiquement qui peut servir à dessein s'appuyant sur des sondages dont l'opacité de calcul demeure et ne fait pas l'unanimité. On comprend que sans sondage cet argument utilisé via les médias ne tient pas et ne peut donc influencer les électeurs. Le « vote utile » s'appuyant sur un élément non démocratique et non constitutionnel corrompt ainsi impunément l'élection démocratique constitutionnelle.

En effet, une élection et un référendum représentent des occasions d'exprimer librement son opinion. Or l'appel au « vote utile » n'est rien d'autre qu'un consensus orchestré et entretenu médiatiquement, qui, d'une certaine manière, bride cette expression.

D'autre part, cette dénomination sous-entendrait qu'il existe des votes inutiles. C'est une atteinte grave à la liberté d'expression et à la représentativité démocratique.

Aussi, l'appel au vote utile peut influencer les indécis lors des sondages qui succèdent aux premiers, renforçant ainsi les intentions de vote des partis dit dominants comme une boucle vertueuse. Cela provoque une spéculation d'intentions qui, à l'instar d'une bulle économique, peut éclater lors du scrutin.

Enfin, comme décrit plus haut, le vote utile s'appuie sur des prévisions (formelles ou non). Or, il est de plus en plus fréquent, dans le cadre des élections, qu'il y ait plus de deux candidats provenant de partis majoritaires. Le vote utile ne permet donc pas dans ce cas précis de conforter un scénario envisagé.

Articles connexes[modifier | modifier le code]