Consultation interne au Parti communiste français pour l'élection présidentielle de 2022

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Consultation interne au PCF pour l'élection présidentielle de 2022
7 au 9 mai 2021
Type d’élection Consultation fermée
Corps électoral et résultats
Inscrits 50 000
Candidat à l'élection présidentielle
Candidat en 2017
Jean-Luc Mélenchon (LFI)
conference2022.pcf.fr

La consultation interne au Parti communiste français pour l'élection présidentielle de 2022 se déroule du 7 au et vise à définir, par un vote des adhérents, la stratégie du Parti communiste français en vue des échéances électorales de 2022. Après un vote du Conseil national en mars puis de la conférence nationale en avril, les militants doivent choisir entre l'option d'une candidature communiste autonome, incarnée par le secrétaire national Fabien Roussel, ou le soutien à une candidature extérieure au parti.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au XXXVIIIe congrès du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel est élu secrétaire national sur une ligne revendiquant « l'identité » et l'autonomie du parti[1] et souhaitant « créer les conditions d'une candidature communiste » pour la prochaine échance présidentielle[2]. La dernière candidature communiste remonte à celle de Marie-George Buffet en 2007, qui avait obtenu 1,93 % des voix, un score historiquement bas[1].

Depuis, le PCF s'est par deux fois rangé derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon, tour à tour représentant du Front de gauche puis de La France insoumise[1]. Ils n'obtiennent pas d'accord d'union aux élections législatives de 2017, ce qui conduit à la création de deux groupes parlementaires distincts (Gauche démocrate et républicaine et La France insoumise)[3].

Sans avoir consulté au préalable les autres forces de gauche, Jean-Luc Mélenchon annonce sa volonté d'être candidat à l'élection présidentielle de 2022 en . Fabien Roussel fait de même dans les jours suivants[4]. Il reçoit notamment le soutien du président du groupe communiste à l'Assemblée nationale, André Chassaigne[2]. En décembre, Mélenchon propose au PCF une « alliance privilégiée pour constituer un pôle populaire de rupture »[5].

La candidature de Fabien Roussel est approuvée le par le Conseil national du PCF, qui réunit deux cents conseillers en visioconférence[6]. Le texte qu'il porte, « Reconstruire l'espoir », dans lequel il propose une candidature communiste indépendante et un « pacte d'engagements » pour un rassemblement de la gauche aux élections législatives, obtient 68 voix favorables (52 %), face au texte alternatif « Une proposition alternative pour 2022 », qui préconise la formation d'une coalition dès le premier tour et continue jusqu'aux législatives, qui lui recueille 45 voix (34 %) ; 18 abstentions sont comptabilisées[2],[7],[8]. En réponse, deux cents cadres auxquels s'ajoutent des militants du parti signent une lettre d'opposition : « Certains camarades estiment que la partie est perdue d'avance et préconisent une candidature communiste pour faire avancer nos idées. Allons-nous nous résigner à cette hypothèse défaitiste et rajouter notre propre candidature ? » Parmi les signataires, figurent les députés Elsa Faucillon et Stéphane Peu, l'ancienne eurodéputée Marie-Pierre Vieu et l'ancien député du Val-de-Marne Jean-Claude Lefort[1]. À ces parlementaires se joignent de nombreux élus locaux, notamment des maires de villes de la petite couronne parisienne[9].

Une candidature communiste aurait pour conséquence une concurrence supplémentaire à gauche, notamment face à celle déjà déclarée de Jean-Luc Mélenchon[10], mais aussi d'Europe Écologie Les Verts et du Parti socialiste[7]. Mélenchon perdrait plusieurs centaines de milliers de voix, mais surtout une structure partisane rodée et des élus locaux qui lui sont nécessaires pour l'obtention des cinq cents parrainages[1],[2]. Au sein du PCF, Mélenchon bénéficie du soutien du maire de La Courneuve Gilles Poux et des parlementaires Stéphane Peu et Marie-George Buffet[10], tandis que d'autres préfèrent évoquer une candidature commune sans mettre en avant le leader insoumis[2].

Modalités de vote[modifier | modifier le code]

La conférence nationale doit discuter puis voter le texte du Conseil national les 10 et . Elle réunit 1 000 délégués en visioconférences décentralisées, des conditions particulières dues à la pandémie de Covid-19[7]. Son scrutin n'est cependant organisé qu'à titre consultatif et n'a pas de conséquence directe sur le reste de la votation[1].

La validation décisive est celle des militants, dont la consultation se déroule du 7 au [1]. Le vote est ouvert aux quelque 50 000 adhérents à jour de cotisation[6].

Consultation[modifier | modifier le code]

Les membres du Parti communiste français sont appelés à choisir entre une candidature communiste autonome ou le ralliement à une candidature externe au parti[2]. La première option est associée à « pacte d'engagements communs » qui « inclurait des mesures immédiates, des propositions structurelles, appuyant les luttes, pour constituer une majorité de gauche à l'Assemblée nationale ». La seconde option, dite « alternative », propose « d'interpeller et de rencontrer forces de gauche et acteurs du mouvement social pour construire une stratégie partagée dans la clarté d'un projet de rupture » autour de « dix mesures majeures »[5].

En parallèle de la candidature prévue de longue de date du secrétaire national Fabien Roussel, un appel à candidature[7] voit celle de deux autres membres du parti : Emmanuel Dang Tran, militant dans le 15e arrondissement de Paris et déjà candidat lors de la consultation de 2011, et Grégoire Munck, du Val-de-Marne[6] et candidat en 2001.

En cas du choix d'une candidature communiste, celui-ci devrait débuter sa campagne et dévoiler son programme en , après l'organisation d'un congrès[2]. Le retrait a posteriori du candidat communiste n'est pas exclu, s'il stagne dans les sondages, si un accord est trouvé avec un autre candidat ou si une candidature de gauche semble être capable d'atteindre le second tour[2].

Durant la conférence nationale, des amendements au texte d'orientation adopté par le Conseil national, permettant de préciser la démarche souhaitée de rassemblement en vue des élections législatives, sont aussi discutés et mis au vote : une « clause de revoyure » pour « ajuster et définir les positions des communistes pour les deux élections » ; la constituions d'un « pacte pour l'espoir » avec « des citoyen·ne·s, des militant·e·s syndicalistes, des actrices et acteurs des mouvements populaires, des élu·e·s locaux, départementaux, régionaux, des parlementaires » ; la création de « coopératives d'idées » dans chaque circonscription électorale et d'un « comité de rédaction national ouvert et transparent pour animer et garantir l'aboutissement de ce travail d'écriture à plusieurs milliers de mains », proposition notamment défendue par le président du Conseil national du PCF, Pierre Laurent[5].

Résultats[modifier | modifier le code]

Stratégie pour l'élection présidentielle[modifier | modifier le code]

Résultats de la conférence nationale
Candidat Voix %
Option de candidature[5],[11]
Option 1, candidature communiste 66,41 %
Option 2 29,44 %
Abstention 38 4,14 %
Votants 917 100 %
« Quel candidat souhaitez-vous que le PCF présente dans cette option ? »[12],[13]
Fabien Roussel 671 73,57 %
Emmanuel Dang Tran 18 1,97 %
Grégoire Munck 18 1,97 %
Abstention 205 22,48 %
Votants 889 100 %

Stratégie pour les élections législatives[modifier | modifier le code]

Résultats de la Conférence nationale[5]
Candidat Voix %
Amendement pour une « clause de revoyure »
Pour
Contre 65,68 %
Abstention
Amendement pour un « pacte pour l'espoir »
Pour
Contre
Abstention
Amendement pour des « coopératives d'idées » et un « comité de rédaction national ouvert »
Pour
Contre 59,18 %
Abstention
Votants 100 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Jannick Alimi et Julien Duffé, « Présidentielle 2022 : le Parti communiste au bord de l'implosion ? », sur Le Parisien, (consulté le 2 avril 2021).
  2. a b c d e f g et h Catherine Tricot et Pierre Jacquemain, « Le PCF très divisé sur la stratégie 2022 », sur Regards, (consulté le 2 avril 2021).
  3. Sophie de Ravinel, « Présidentielle 2022 : Fabien Roussel se prépare, mais fera voter les militants », sur Le Figaro, (consulté le 2 avril 2021).
  4. Julien Duffé, « Présidentielle 2022 : la gauche de la gauche irréconciliable », sur Le Parisien, (consulté le 3 avril 2021).
  5. a b c d et e Julia Hamlaoui, « Présidentielle 2022. Un pas de plus vers une candidature communiste », sur L'Humanité, (consulté le 11 avril 2021).
  6. a b et c Martin Vanlaton, « Élections présidentielles de 2022 : le Nordiste Fabien Roussel propose sa candidature aux militants du parti communiste », sur France 3 Hauts-de-France, (consulté le 2 avril 2021).
  7. a b c et d Julia Hamlaoui, « Le PCF franchit une nouvelle étape vers 2022 », sur L'Humanité, (consulté le 2 avril 2021).
  8. [PDF] Télécharger les textes proposés au Conseil national.
  9. « Se donner les moyens de gagner en 2022 », sur pourgagneren2022.fr (consulté le 15 avril 2021)
  10. a et b Jannick Alimi et Julien Duffé, « Présidentielle 2022 : la candidature communiste menace-t-elle Mélenchon ? », sur Le Parisien, (consulté le 2 avril 2021).
  11. Tweet du PCF, .
  12. « Présidentielle 2022 : Fabien Roussel investi candidat par le PCF », sur Le Figaro, (consulté le 11 avril 2021).
  13. Tweet du PCF, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]