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Emmanuel Grégoire

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Emmanuel Grégoire
Illustration.
Emmanuel Grégoire en 2018.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 9 jours)
Élection 30 juin 2024
Circonscription 7e de Paris
Législature XVIIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Clément Beaune
Premier adjoint à la maire de Paris[a]

(5 ans, 9 mois et 14 jours)
Élection
Réélection
Maire Anne Hidalgo
Prédécesseur Bruno Julliard
Successeur Patrick Bloche
Conseiller de la métropole du Grand Paris
En fonction depuis le
(10 ans, 1 mois et 16 jours)
Élection
Réélection
Président Patrick Ollier
Groupe politique SOC et DVG (président)
Adjoint à la maire de Paris[b]

(4 ans, 5 mois et 19 jours)
Élection
Maire Anne Hidalgo
Conseiller de Paris
En fonction depuis le
(11 ans, 11 mois et 8 jours)
Élection 30 mars 2014
Réélection 28 juin 2020
Circonscription 12e arrondissement
Maire Anne Hidalgo
Groupe politique SOC-A (2014-2020)
PEC (depuis 2020)
Biographie
Nom de naissance Emmanuel Grégoire
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Les Lilas (France)
Nationalité Française
Parti politique PS
Diplômé de IEP de Bordeaux

Emmanuel Grégoire, né le aux Lilas (Seine-Saint-Denis), est un homme politique français.

Membre du Parti socialiste, il est premier adjoint de la maire de Paris Anne Hidalgo de 2018 à 2024, après avoir été adjoint chargé de plusieurs dossiers, entre 2014 et 2017[b]. Il démissionne de son poste après son élection comme député de Paris en 2024.

Candidat pour succéder à Anne Hidalgo lors des élections municipales de 2026, il remporte en 2025 la primaire socialiste destinée à déterminer le candidat du parti et obtient de mener une large liste d'union de la gauche dès le premier tour, sans La France insoumise.

Famille et formation

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Emmanuel Grégoire naît le aux Lilas en Seine-Saint-Denis[1]. Issu d'une famille de tradition communiste, son père est un ancien permanent du Parti communiste français, collaborateur d'André Lajoinie puis préfet. Ses deux grands-pères étaient adhérents du Parti communiste[2].

Après le divorce de ses parents, il déménage en Charente-Maritime et est scolarisé au collège de Jonzac[3]. Il confie avoir subi des abus sexuels dans le cadre périscolaire lorsqu'il était écolier[4]. Il suit ses études à Institut d'études politiques de Bordeaux dans la promotion 1999, puis obtient une licence de philosophie[5].

Vie privée

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Il est père de trois enfants dans une famille recomposée, dont deux sont de sa compagne[6].

Parcours politique

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Implantation dans le 12e arrondissement de Paris et emplois de cabinets (2002-2014)

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Malgré la tradition marxiste familiale, Emmanuel Grégoire se tourne vers la social-démocratie et adhère au Parti socialiste en 2002, soutenant Lionel Jospin lors de l'élection présidentielle de 2002[3].

Il milite dans la section du 12e arrondissement de Paris. Gravissant les échelons de l'appareil socialiste, il devient secrétaire de la section de cet arrondissement puis se voit en 2008 proposer la direction de la campagne municipale du même 12e arrondissement. Bertrand Delanoë réélu, il intègre le cabinet de Jean-Louis Missika, l'adjoint chargé de l’Innovation, de la recherche et des universités.

Repéré par le directeur de cabinet Nicolas Revel, Emmanuel Grégoire devient en 2010 chef de cabinet du maire de Paris jusqu'en 2012[7],[3] : à la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle de 2012, recruté pour l’Élysée, il rejoint le cabinet du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault[8], d'abord comme chef de cabinet adjoint, puis comme chef de cabinet jusqu'en avril 2014[9].

En parallèle de son engagement politique, il travaille de 2008 à 2016 comme associé pour l'entreprise de conseil médical B2Ge Conseil[10].

Adjoint à la maire de Paris (2014-2024)

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Après la démission de Jean-Marc Ayrault, Emmanuel Grégoire retourne à la mairie de Paris. Élu dans le 12e arrondissement lors des élections municipales de 2014, il devient adjoint de la nouvelle maire de Paris Anne Hidalgo, d'abord chargé des ressources humaines, des services publics et de la modernisation de l'administration de 2014 à 2017 puis du budget et de la transformation des politiques publiques de 2017 à 2018. Le , il succède à Bruno Julliard comme premier adjoint d'Anne Hidalgo[8]. Il quitte alors ses fonctions de premier secrétaire de la fédération socialiste de Paris[11], auxquelles il avait été élu en 2015[12].

Catherine Baratti-Elbaz ayant décidé de ne pas se représenter à la mairie du 12e arrondissement, Emmanuel Grégoire est investi tête de liste de l'arrondissement, où il réside depuis plus de vingt années, pour les élections municipales de 2020[13]. Sa liste fusionne au second tour avec celle des écologistes et remporte l'arrondissement. À la suite du vote du Conseil de Paris du , il demeure premier adjoint d'Anne Hidalgo[3] et laisse donc le siège de maire du 12e arrondissement à l'écologiste Emmanuelle Pierre-Marie[13],[14].

Durant le second mandat d'Anne Hidalgo, il est notamment chargé de l'urbanisme, mission dans laquelle il parvient à rapprocher les positions des diverses composantes de la majorité municipale pour soutenir l'adoption d'un nouveau plan local d'urbanisme « bioclimatique », conciliant le développement des espaces verts et des logements à loyer maîtrisé, qui est adopté en juin 2023[15],[16].

Sa relation avec Anne Hidalgo se dégrade après l'échec de cette dernière à l'élection présidentielle de 2022 et à la critique des buts et des frais de sa mission à Tahiti, la maire de Paris s'estimant mal soutenue par son premier adjoint[17].

Député de Paris (depuis 2024)

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Emmanuel Grégoire donne un tournant national à sa carrière politique en se présentant dans la septième circonscription de Paris lors des élections législatives de 2024[18]. Opposé Clément Beaune qui est le député sortant, il remporte le scrutin dès le premier tour[19]. Il transmet sa charge de premier adjoint à la maire de Paris à Patrick Bloche en conformité avec les règles de non-cumul des mandats[20], alors que Lamia El Aaraje lui succède comme adjointe à l'urbanisme[20].

Candidat à la mairie de Paris

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Le , Emmanuel Grégoire annonce publiquement vouloir représenter le Parti socialiste lors des élections municipales de 2026 à Paris[21]. En décembre, il reçoit le soutien du premier secrétaire Olivier Faure[22] et fait face à Rémi Féraud, sénateur de Paris et candidat soutenu par Anne Hidalgo[23], avec qui ses relations se sont dégradées après sa candidature à l’Assemblée nationale[24], et Marion Waller, directrice du Pavillon de l'Arsenal[25]. Il remporte la primaire socialiste dès le premier tour avec 52,75 % des suffrages exprimés[26].

En décembre 2025, il obtient le soutien des Les Écologistes, du Parti communiste français, Place publique et l'Après pour mener une liste regroupant l'ensemble des partis de gauche à l'exception de La France insoumise, dont la liste est menée par Sophia Chikirou[27].

Il défend lors de sa campagne la baisse du coût des logements, l'amplification de l'adaptation de la ville au changement climatique, et un réaménagement des berges de la Seine[24].

Prises de position

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En avril 2024, Emmanuel Grégoire appelle à la réquisition des logements vacants en zone tendue, souhaitant que les collectivités puissent avoir la capacité de réquisitionner ces habitations afin d'assurer le droit au logement et de faire revenir de la population dans la capitale. L'élu de gauche estime que le droit de réquisitionner des collectivités « devra être complété par une taxation efficace des résidences secondaires dans les zones tendues, rendant les villes plus équitables et accessibles ». Il espère parvenir ainsi à « une meilleure mixité sociale » en « luttant contre la gentrification ». Il propose que les collectivités puissent s'appuyer sur des données de consommation d’eau et d'électricité pour détecter les logements inoccupés ou sous-utilisés[28].

Le même mois, il s'oppose à la promotion sur des panneaux publicitaires du livre de Marguerite Stern et Dora Moutot, Transmania. Selon lui, l'ouvrage propage un « discours de haine » envers les personnes transgenres, qui « va à l'encontre des valeurs portées par la Ville de Paris ». Dora Moutot dénonce « un acte de censure » après que JCDecaux a retiré la publicité[29],[30].

Décoration

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Le , Emmanuel Grégoire est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national du Mérite, au titre d' « adjoint à la maire de Paris, conseiller de Paris ; 17 ans de services »[31].

Synthèse des résultats électoraux

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Élections législatives

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Année Parti Circonscription 1er tour Issue
Voix % Rang
2024[32] 30 974 50,87 1er
Élu

Élections municipales

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Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste

Année Liste Commune 1er tour 2d tour Sièges obtenus
Voix % Rang Voix % Rang CA CP MGP
2020[33]
PS-PCF-PP-G·s-AE-ND-R&S-PE-EÉLV[34]
13 049 33,39 1er 18 671 54,97 1er
24  /  30
8  /  10
3  /  4
2026 PS--PCF-PP-L'AP Ville de Paris
 /  163
 /  60

Notes et références

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  1. Délégué au budget, à la transformation des politiques publiques et aux relations avec les arrondissements (2018-2020) puis à l'urbanisme, à l'architecture, au Grand Paris et aux relations avec les arrondissements (2020-2024).
  2. a et b Délégué aux ressources humaines, aux services publics et à la modernisation de l'administration (2014-2017) puis au budget et à la transformation des politiques publiques (2017-2018).

Références

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  1. (en) « Emmanuel Grégoire », sur Gala (consulté le )
  2. Sacha Nelken, « Emmanuel Grégoire, dauphin déchu », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. a b c et d Noa Bloch et Hadrien Brachet, « 5 choses à savoir sur Emmanuel Grégoire », sur lepoint.fr, (consulté le )
  4. Emmanuel Grégoire, candidat PS à Paris, confie avoir été victime de violences sexuelles et appelle à libérer la parole des enfants, Le Monde, 24 novembre 2025
  5. « Le Réseau de Sciences Po Bordeaux », sur Réseau Sciences Po Bordeaux (consulté le ).
  6. « Emmanuel Grégoire, le député socialiste qui révèle sa cicatrice d'enfant agressé sexuellement », sur France Inter, (consulté le )
  7. Thierry Dupont, « Portrait - Nicolas Revel, la nouvelle « gare de triage » de Matignon », sur Contexte, (consulté le ).
  8. a et b Sébastien Tronche, « Emmanuel Grégoire, capital à la capitale », sur Libération, .
  9. « Municipales 2026 : 5 choses à savoir sur Emmanuel Grégoire, candidat à la mairie de Paris », sur tf1info.fr, (consulté le )
  10. Lucas Biosca, « Paris : qui est Emmanuel Grégoire, bras droit d'Anne Hidalgo et candidat à la mairie du 12e ? », sur CNews, (consulté le ).
  11. Par C. H. Le 1 octobre 2018 à 17h30, « Paris : les socialistes éliront leur nouveau patron d’ici la fin de l’année », sur leparisien.fr, (consulté le )
  12. « Emmanuel Grégoire élu premier secrétaire de la Fédération de Paris du Parti Socialiste « UNSA Cadres supérieurs Ville de Paris », sur www.attaches-unsa.com (consulté le )
  13. a et b Barthelemy Bolo et Carole Blanchard, « Municipales à Paris : Emmanuel Grégoire candidat dans le 12e arrondissement », sur BFM TV, (consulté le ).
  14. Florian Bouhot, « Pressenti comme premier adjoint d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire cède la mairie du 12e arrondissement », sur BFM TV, (consulté le ).
  15. Marie-Anne Gairaud, « À Paris, la majorité municipale parvient à se mettre d’accord sur les futures règles d’urbanisme », sur Le Parisien, (consulté le ).
  16. Marie-Anne Gairaud, « Urbanisme à Paris : pour Emmanuel Grégoire, « la stratégie des 20 dernières années a porté ses fruits » », sur Le Parisien, (consulté le ).
  17. « ENQUÊTE. Municipales 2026 à Paris : « mésentente », reproches… Pourquoi Anne Hidalgo tarde à soutenir Emmanuel Grégoire », sur https://www.ouest-france.fr, (consulté le )
  18. 20 Minutes avec AFP, « Municipales à Paris : Malgré l’opposition d’Anne Hidalgo, le PS choisit Emmanuel Grégoire qui veut rassembler la gauche », 20 Minutes, (consulté le ).
  19. « 7ème circonscription (7507) - Elections Législatives 2024 - Publication des résultats des élections en France », sur www.resultats-elections.interieur.gouv.fr (consulté le ).
  20. a et b Julien Lec'hvien, « Mairie de Paris : Patrick Bloche succède à Emmanuel Grégoire au poste de premier adjoint », sur Le Parisien, (consulté le ).
  21. Florent Hélaine, « « Je veux être le maire de la réconciliation des Parisiens » : Emmanuel Grégoire se lance dans les municipales », sur Le Parisien, (consulté le )
  22. Le Parisien et AFP, « Municipales 2026 à Paris : Olivier Faure officialise son soutien à Emmanuel Grégoire », sur Le Parisien, (consulté le )
  23. Chez Pol, « Anne Hidalgo a choisi un nouveau dauphin : Rémi Féraud », sur Libération, (consulté le )
  24. a et b Paul Gratian, « Municipales à Paris : Dati, Grégoire, Chikirou, Knafo, Bournazel, Mariani… Qui sont les neuf candidats ? », Ouest France,‎ 10/01/2026, modifié le 02/03/2026 (lire en ligne)
  25. David Doucet, « Municipales 2026 : Marion Waller, l’ex-plume d’Hidalgo qui veut créer la surprise à Paris », sur Le Point, (consulté le )
  26. « Paris : Emmanuel Grégoire désigné candidat du Parti socialiste aux municipales 2026 », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  27. « Municipales à Paris : la gauche, hors LFI, entérine un accord inédit pour l’union dès le premier tour », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  28. Candice Doussot, Paris : Emmanuel Grégoire appelle à la réquisition des logements vacants en zone tendue, leparisien.fr, 11 avril 2024.
  29. Juliette Moreau Alvarez, « "La transphobie est un délit": la mairie de Paris demande le retrait d'une publicité », BFM TV,‎ (lire en ligne).
  30. « Des affiches publicitaires pour un livre « transphobe » retirées des rues de Paris », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  31. « Décret du 15 mai 2015 portant promotion et nomination - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  32. « 7ème circonscription (7507) - Elections Législatives 2024 - Publication des résultats des élections en France » (consulté le )
  33. « Élections municipales et communautaires 2020 : Paris (75) - Paris », sur elections.interieur.gouv.fr, (consulté le ).
  34. Ralliement de la liste EÉLV menée par Emmanuelle Pierre-Marie à partir du second tour.

Liens externes

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