Temps de travail

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Le temps de travail qualifie et mesure la durée pendant laquelle une personne travaille à titre professionnel. La limitation du temps de travail est affirmée par l'article 24 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et l'article 7 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels comme le droit au travail.

Mesure et définition[modifier | modifier le code]

Pour être mesuré, apprécié et facilement comparé, le « temps de travail » doit être rapporté à une période de référence :

Il peut être mesuré en nombre d'heures travaillées dans une journée.
Rapporté à la semaine, il s'exprime souvent et historiquement en heures et minutes ou en heures et centièmes d'heures.
Rapporté à l'année, il est mesuré en heures travaillées annuelles ou mesuré en nombre de jours travaillés dans l'année.

Durée légale de travail[modifier | modifier le code]

La « durée légale de travail » est une notion propre à chaque pays. Elle peut être imposée de façon législative par l'État (loi sur les 35 heures en France, par exemple). L'État peut aussi limiter légalement le temps de travail effectif[1], en restreignant les contingents d’heures supplémentaires en deçà desquels les employeurs sont libres d’ordonner des heures supplémentaires, et au-delà desquels ils doivent demander l’autorisation à l’inspection du travail[2].

Certains pays, dont certains pays anglo-saxons[réf. souhaitée], laissent les employés et les employeurs négocier entre eux le temps de travail hebdomadaire. Pour pouvoir comparer, il faut donc plutôt observer le temps de travail effectif moyen que le temps de travail obligatoire.

Histoire du temps de travail[modifier | modifier le code]

Avant l'ère industrielle[modifier | modifier le code]

Le temps de travail au sein de l'ère pré-industrielle est une donnée difficile à appréhender. Dans l'Europe médiévale, le temps de travail était mesuré en journée, notion qui varie selon la saison et le lieu[3]. Le début et la fin du travail furent longtemps rythmés par les heures canoniales sonnées à tierce et none par les églises[3].

Les journaliers travaillaient généralement moins d'heures par an qu'ils ne le font aujourd'hui, mais sur un cycle moins régulier : leur temps de travail excédait les normes modernes pendant la haute saison quand le surcroît de travail était utile, mais se réduisait durant les saisons creuses. Les fêtes religieuses étaient nombreuses : les périodes chômées pouvaient s'étendre de 8 semaines jusqu'à la moitié de l'année [4], [5].

Depuis l'ère industrielle[modifier | modifier le code]

La notion de temps de travail apparaît véritablement avec le salariat lié à la Révolution industrielle.

Avant les négociations collectives et les lois de protection des travailleurs, il n'y a pas de frein à la productivité du capital des entreprises — qui veulent rentabiliser au maximum des équipements coûteux — malgré des conditions de travail très dures imposées à une main d'œuvre bon marché. À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, la durée de la journée de travail d'un ouvrier est de plus de 10 h dans la plupart des pays industrialisés[6] : les registres indiquent que les cadences peuvent atteindre 12 à 16 heures par jour, souvent six jours par semaine. Les avancées techniques du début du capitalisme et les stimulants coloniaux comme le café, le thé et le sucre ont rendu possible un travail de 70 heures par semaine et par personne. Elle peut également aller jusqu'à 12 ou 14 heures pour les employés de boutique[7]..

Les premières réglementations sur le temps de travail concernent le travail des enfants, eux aussi employés à l’usine où ils effectuent les tâches subalternes dans les mêmes mauvaises conditions que les adultes. On trouve ainsi des enfants dans les cotton mills du Nord de l’Angleterre, dans les docks et les ateliers textiles des États-Unis ou dans les filatures françaises[8].

En Angleterre, le Factory Act de 1833 interdit, dans l’industrie textile, le travail des enfants de moins de 9 ans, et limite le temps de travail journalier en fonction de l’âge (10 heures pour les enfants de 9 à 14 ans, 12 heures pour ceux entre 14 et 18 ans) ; cette loi n’est élargie à l’ensemble des activités qu’en 1853[9]. En 1842, Lord Ashley fait interdire le travail des femmes et des enfants de moins de dix ans au fond des mines[réf. nécessaire].

En France, Villermé publie son Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, tableau horrifiant des conditions de travail des enfants, tandis que Dupin écrit Du travail des enfants en 1840, ce qui mène à la loi du 21 mars 1841 portant l’âge minimum à 8 ans et limitant le travail de nuit. La durée de travail est aussi réglementée et la scolarisation obligatoire jusqu’à 12 ans mais ces mesures n’ont que peu d’effet[8] , Villermé dénonçant des industriels qui cachent les enfants lors d’inspections. En 1874, une nouvelle loi limite l’emploi avant 12 ans. Aux États-Unis, certains états industriels comme le Connecticut ou le Massachusetts limitent la durée de travail à dix heures quotidiennes en 1843.

En France la loi des 10 heures instaurée lors de Révolution française de 1848 est abrogée quelques mois plus tard. En réponse à la seule invocation du « droit au travail » de 1848, le socialiste français Paul Lafargue — gendre de Marx — rédige en 1880 son pamphlet Le Droit à la paresse pour réintroduire et justifier comme objectif dans les revendications la baisse substantielle du temps de travail [10].

À la fin du XIXe siècle en Europe, l’âge minimum est encore de 9 ans en Italie, 10 ans au Danemark, 12 ans en Allemagne et aux Pays-Bas mais de 14 ans en Suisse. Le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés est prohibé avant 16 ans dans de nombreux pays. L’âge minimum pour la descente dans les mines est en général de un à deux ans plus élevés. La durée de travail est ramenée à 6 heures en Angleterre avant 14 ans, 8 heures en Italie, 12 heures en Belgique[11].

La lutte pour la journée de 8 heures[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Journée de huit heures.

La journée internationale des travailleurs, célébrée mondialement le 1er mai, commémore les morts liés à une grève en 1889 à Chicago pour travailler 8 heures par jour. À son congrès de 1904, la CGT fait sienne la revendication de la journée de 8 heures. Elle lance la première grève nationale pour l'obtenir en mai 1906. Malgré de nombreux arrêts de travail, la revendication n'est pas satisfaite, mais elle gagne néanmoins en popularité.

En pleine guerre, le , l'État français concède certaines restrictions :

  • interdiction du travail de nuit des femmes de moins de 18 ans ;
  • limitation à 10 heures de la journée de travail des femmes âgées de 18 à 21 ans.

Après la Première Guerre mondiale, nouvelles avancées : le , la loi sur la journée de 8 heures est votée par l'Assemblée nationale puis, le 23 avril, par le Sénat.

En 1936, le Front Populaire vote les 40 heures hebdomadaires. Le temps de travail dans la plupart des pays industrialisés descend jusqu'à environ 40 heures après la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est cependant qu'en 1978 que le temps de travail hebdomadaire effectif des ouvriers atteindra ce niveau. Ainsi, en France, dans les années 1950 et 1960, alors que la durée légale est de 40 heures, les durées effectives moyennes oscillent entre 45 et 46 heures hebdomadaires[2].

Impact du temps de travail[modifier | modifier le code]

Sur l'économie[modifier | modifier le code]

Le « temps de travail » est une quantité qui peut être mesurée pour un individu, ou de manière agrégée pour une société. Dans le dernier cas, une durée légale de travail hebdomadaire de 40 heures implique que les individus salariés dans la société seront empêchés ou fortement découragés à travailler davantage que 40 heures par semaine. Par exemple, les heures supplémentaires devront être payées beaucoup plus de manière à décourager les employeurs d'autoriser à travailler des employés plus que la durée légale. Certains États laissent libres les individus de choisir eux-mêmes leur temps de travail. Cela peut conduire à des temps horaires très importants, qui peuvent signifier que l'employé est simplement enthousiaste pour son travail, il ne s'agit pas d'une cause collective. L'important reste que le temps de travail effectué soit volontaire, et non imposé. Ainsi, un temps de travail subi trop important représente une baisse des loisirs et peut également représenter un problème de santé publique.

La plupart des pays industrialisés ont un temps de travail moyen situé entre 30 et 40 heures par semaine, en dehors des périodes de vacances, qui durent généralement entre 3 et 5 semaines payées (5 en France). Les sociétés diffèrent dans leur capacité à réaliser cet objectif : par exemple, aux États-Unis et au Canada, seules deux semaines de congés payés sont obligatoires et si davantage de congés sont pris, ils ne sont pas payés. En contrepartie, les salaires annuels ne sont pas minorés du nombre de semaines de congés obligatoires, comme dans les autres pays. L'existence d'un lien empirique à long terme entre durée du travail et niveau du chômage est controversée. La croyance en une demande de travail fixe est connue sous le nom de mythe d'une quantité fixe de travail.

Certains pays, tels que la France avec la loi sur les 35 heures, ont imposé des limites plus ou moins restrictives au temps de travail, entre autres afin de combattre le chômage. L'efficacité de ces mesures a permis de créer environ 350 000 emplois entre 1998 et 2002 ; elle a été remise en cause en 2007 par la diminution du coût des heures supplémentaires[12],[13].

Au Royaume-Uni, des économistes proposent d'abaisser la durée du travail à 20 heures par semaine [14]. En France, le collectif Roosevelt 2012 arguant d'une productivité 23 % supérieure en France par rapport à la moyenne de la zone Euro[15] et d'une productivité horaire multipliée par 2,7 depuis 1970[16] propose une baisse sensible du temps de travail[17]. Pierre Larrouturou, un des initiateurs du collectif, milite activement pour la semaine de 4 jours (ou 32 heures)[18].

Sur la santé[modifier | modifier le code]

Un temps de travail trop élevé peut être la cause des problèmes de santé liés à la fatigue, au stress. Un rapport américain du NIOSH (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) a passé en revue un certain nombre d'études sur les effets du travail sur la santé. Il note une augmentation du risque de blessure, de maladies et de la mortalité dans la plupart des études, en cas d'heures supplémentaires[19]. Une autre étude a mis en évidence qu'un temps de travail élevé a des impacts négatifs sur les fonctions cognitives (vocabulaire ou raisonnement)[20].

Comparaison des durées effectives du travail[modifier | modifier le code]

Travail salarié[modifier | modifier le code]

Nombre d'heures travaillées par les salariés dans les pays de l'OCDE entre 1970 et 2011. Source: http://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=ANHRS OCDE

La tendance dans l'ensemble des pays de l'OCDE est à une diminution du temps de travail[21]. En 2013, les pays ayant le plus faible nombre d'heures travaillées par travailleur étaient les Pays-Bas (1380 h), l'Allemagne (1388 h), la Norvège (1408 h), le Danemark (1411 h) et la France (1489 h). À l'opposé les pays ayant le nombre d'heures de travail le plus élevé sont le Mexique (2237 h), la Corée du Sud (2163 h), la Grèce (2037 h), le Chili (2015 h), la Russie (1980 h). En moyenne le temps de travail dans les pays de l'OCDE était de 1770 h.

En 2014, les trois pays de l'OCDE ayant le plus faible nombre d'heures travaillées par travailleur sont l'Allemagne (1 366 heures), les Pays-Bas (1 420 heures) et la Norvège (1 427 heures)[22].

Pays Heures travaillées en 2003 Heures travaillées en 2013 Tendance
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1 401 1 380 -21
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 436 1 388 -48
Drapeau de la Norvège Norvège 1 401 1 408 +7
Drapeau du Danemark Danemark 1 462 1 411 -51
Drapeau de la France France 1 484 1 489 +5
Drapeau de la Slovénie Slovénie 1 724 1 547 -177
Drapeau de la Belgique Belgique 1 581 1 570 -11
Drapeau de la Suisse Suisse 1 627 1 585 -42
Drapeau de la Suède Suède 1 582 1 607 +25
Drapeau de l'Autriche Autriche 1 786 1 623 -163
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 1 651 1 643 -8
Drapeau de l'Espagne Espagne 1 719 1 665 -54
Drapeau de la Finlande Finlande 1 719 1 666 -53
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1 674 1 669 -5
Drapeau de l'Australie Australie 1 743 1 676 -67
Drapeau de l'Islande Islande 1 811 1 704 -107
Drapeau du Canada Canada 1 739 1 706 -33
Drapeau du Portugal Portugal 1 768 1 712 -56
Drapeau du Japon Japon 1 799 1 735 -64
Drapeau de l'Italie Italie 1 826 1 752 -74
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 1 820 1 760 -60
Moyenne OCDE 1 812 1 770 -42
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 1 698 1 770 +72
Drapeau de la République tchèque République tchèque 1 815 1 772 -43
Drapeau des États-Unis États-Unis 1 800 1 788 -12
Drapeau de l'Irlande Irlande 1 887 1 815 -72
Drapeau de la Turquie Turquie 1 943 1 832 -111
Drapeau d’Israël Israël 1 974 1 867 -107
Drapeau de l'Estonie Estonie 1 985 1 868 -117
Drapeau de la Hongrie Hongrie 1 978 1 883 -95
Drapeau de la Pologne Pologne 1 984 1 918 -66
Drapeau de la Russie Russie 1 993 1 980 -13
Drapeau du Chili Chili 2 235 2 015 -220
Drapeau de la Grèce Grèce 2 112 2 037 -75
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 2 424 2 163 -261
Drapeau du Mexique Mexique 2 277 2 237 -40
Nombre d'heures travaillées par semaine dans les pays d'Europe en 2008, pour les travailleurs à temps plein et à temps partiel. Source : Eurostat (temps plein, temps partiel)

Ces moyennes globales masquent des disparités entre les personnes travaillant à temps plein ou à temps partiel. Eurostat propose des statistiques pour le nombre d'heures travaillées par semaine à temps partiel et à temps plein [23],[24]. Ces statistiques ne sont pas directement comparables avec les précédentes. L'OCDE recense le nombre d'heures de travail annuel, alors qu'Eurostat le fait sur une base hebdomadaire. Le nombre de semaines travaillées pouvant différer selon les pays, il n'est pas aisé de passer directement de l'un à l'autre. Ces statistiques permettent de constater de grandes disparités selon les pays. Pour un temps de travail comparable à temps plein, l'Allemagne et la Roumanie ont un temps de travail à temps partiel très différent (17,9 h pour l'Allemagne, 24,4 h pour la Roumanie). Dans l'autre sens, la Norvège et la Turquie ont un temps de travail à temps partiel similaire (respectivement 19,5h et 20h) mais le temps de travail à temps complet est de 39,2 h en Norvège contre 53,6 h en Turquie.

Une stabilisation du temps de travail ?[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1950, le temps de travail a baissé aux États-Unis : il est passé de 2 010 heures annuelles à 1 785 heures annuelles en 2007, soit plus qu'en Corée du Sud et autant qu'au Japon[25]. À la fin des années 1990, alors qu'il n'y a pas de restriction quant à la durée légale de travail hebdomadaire, le temps de travail moyen était de 40 heures. Cependant, beaucoup de travailleurs faisaient plus d'heures que le temps de travail hebdomadaire, sous forme d'heures supplémentaires. Par exemple, dans des secteurs comme la distribution, un minimum d'heure supplémentaire est demandé[réf. nécessaire] (quatre heures de plus pour les managers de Walgreens). En France, le temps de travail officiel était de 39 heures jusqu'en 2000.

La semaine de quarante heures ne s'applique que pour le salaire du travail de base. Légalement, dans les pays où il existe des restrictions de durée légale (par exemple 40 h), les salariés peuvent travailler plus que cette durée, mais les entreprises doivent alors payer un pourcentage (par exemple 50 %) en plus pour chaque heure supplémentaire. Ce pourcentage est généralement de plus en plus élevé que le nombre d'heures par semaine s'élève.

L'évolution à la baisse du temps de travail est généralisée à l'ensemble des pays de l'OCDE[21]. En moyenne, dans les pays de l'OCDE, le travail représentait plus de 2 000 heures par an en 1970 contre un peu moins de 1 750 heures en 2010. Cela représente une baisse d'environ cinq heures par semaine, sans prendre en compte les semaines de congés ou les jours fériés, variables selon les pays. Cette moyenne masque de grandes disparités, y compris au sein d'une même zone économique : le temps de travail moyen était inférieur à 1 500 heures par an en 2010 en Allemagne contre plus de 2 000 heures en Grèce[21].

Le temps partiel[modifier | modifier le code]

Le travail à temps partiel désigne les personnes qui travaillent en dessous de la durée légale ou de celle définie dans les conventions collectives[26]. La définition de temps partiel peut donc être variable comme l'illustrent différentes entreprises aux États-Unis en 2001 : Mc Donald's considérait le temps partiel comme débutant en dessous de 28 heures par semaine, Gap en dessous de 30 heures, Starbucks en dessous de 20 heures et Wal-Mart en dessous de 28 heures[27].

Dans l'Union Européenne, en 2011, le travail à temps partiel concernait 18,8 % de tous les employés et en particulier les femmes puisque la proportion monte à 31,6 % chez elles[28]. Les Pays-Bas ont largement recours au temps partiel puisque dans ce pays c'est quasiment la moitié (48,5 %) des employés qui sont à temps partiel[28].

Le recours au temps partiel peut être un choix de l'employé afin de consacrer son temps à d'autres activités. Le cas inverse peut également se présenter et dans ce cas l'employé aimerait travailler davantage mais n'en a pas la possibilité. On parle alors de temps partiel subi. En France en 2010, c'était 6 % des actifs, soit 1,5 million de personnes qui, étant à temps partiel, auraient aimé travailler plus[29]. Ce sont à 70 % des femmes qui sont concernées par ce temps partiel subi. La proportion est similaire en Allemagne, où elle atteint 72 % et où 2 millions de personnes à temps partiel aimeraient travailler plus[30].

Concernant ceux qui font le choix de travailler moins, en France, 31 % des personnes à temps partiel le font pour s'occuper de leurs enfants. L'immense majorité de ces personnes sont des femmes (91 %)[31]. La distinction entre hommes et femmes peut se faire dès le recrutement où 41 % des femmes recrutées en CDD le sont à temps partiel, 16 % pour les hommes ; les proportions baissent respectivement à 31 % et 6 % quand le recrutement est fait en CDI[32].

Ce temps réduit de travail, surtout lorsqu'il n'est pas souhaité, ne permet pas forcément d'atteindre un revenu suffisant. C'est pourquoi 39 % des travailleurs à temps partiel toute l'année ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté [33]. Cela est néanmoins à nuancer puisque les revenus du ménage, si plusieurs personnes travaillent, peuvent permettre de dépasser le seuil de pauvreté. En prenant en compte les revenus du ménage, il y a 11 % de travailleurs pauvres parmi les travailleurs à temps partiel, contre 5 % chez les travailleurs à temps complet[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En France, selon l'article L.3121-1 du Code du travail, le temps de travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles.
  2. a et b Jérôme Pélisse, « L’enterrement des 35 heures ? », La Vie des idées, 5 septembre 2008.
  3. a et b Jacques le Goff, Pour un autre Moyen Âge: Temps, travail et culture en Occident (lire en ligne), « Le temps de travail dans la crise du XIVe siècle », p. 81
  4. (en) Lynn Stuart Parramore, « Why a medieval peasant got more vacation time than you », sur Reuteurs blogs, .
  5. (en) Juliet Schor, The Overworked American: The Unexpected Decline of Leisure, BasicBooks, (lire en ligne), p. 43
  6. Danielle Tartakowsky, La part du rêve: Histoire du 1er mai en France, Hachette, chapitre 1
  7. Rowan Cahill, « The Eight Hour Day and the Holy Spirit », sur Workers Online, Labor Council of N.S.W.
  8. a et b Bénédicte Manier, Le Travail des enfants dans le monde, La Découverte, 2003, chap. I « Le travail des enfants dans l’histoire », pp. 5 - 16.
  9. Paul Bairoch, Victoires et Déboires, Tome I, folio histoire, 2001 (1997), p. 616
  10. (1880, Wikisource-logo.svg, version numérique disponible sur wikisource ; nouvelle édition, 1883, Wikisource-logo.svg sur wikisource)
  11. Rapport à la Chambre des députés sur le travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels, 1890, Paris.
  12. « Le (bon) bilan des 35 heures », Alternatives Économiques,‎ (lire en ligne).
  13. « Quel est le bilan des 35 heures ? - Ça m'intéresse », Ça m'intéresse - La curiosité en continu,‎ (lire en ligne).
  14. http://www.guardian.co.uk/society/2012/jan/08/cut-working-week-urges-thinktank.
  15. http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/refreshTableAction.do?tab=table&plugin=0&pcode=tsdec310&language=en.
  16. http://www.insee.fr/fr/themes/comptes-nationaux/tableau.asp?sous_theme=5.2.2&xml=t_6215.
  17. http://www.roosevelt2012.fr/propdetails?propid=13.
  18. http://www.lemonde.fr/societe/chat/2007/03/05/pierre-larrouturou-la-semaine-de-4-jours-creerait-1-6-million-d-emplois_878877_3224.html.
  19. (en) Overtime and Extended Work Shifts: Recent Findings on Illnesses, Injuries, and Health Behaviors - US Department of Health and Human Services, avril 2004 [PDF].
  20. DOI:10.1093/aje/kwn382.
  21. a, b et c http://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=ANHRS.
  22. https://data.oecd.org/fr/emp/heures-travaillees.htm.
  23. http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&init=1&plugin=1&language=en&pcode=tps00071.
  24. http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&init=1&plugin=1&language=en&pcode=tps00070.
  25. Gérard Bouvier, Fatoumata Diallo, « Soixante ans de réduction du temps de travail dans le monde », Insee, (consulté le 13 janvier 2010).
  26. http://travail-emploi.gouv.fr/informations-pratiques,89/fiches-pratiques,91/duree-du-travail,129/le-travail-a-temps-partiel,1016.html.
  27. Naomi Klein, No Logo, 2001, p. 554.
  28. a et b http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=CMPTEF03204&reg_id=98.
  29. http://www.inegalites.fr/spip.php?article410.
  30. http://www.mediapart.fr/journal/international/160812/temps-partiel-et-precarite-7-millions-dallemands-veulent-travailler-plu.
  31. http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2007.09-39.4.pdf.
  32. http://travail-emploi.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques-de,76/etudes-et-recherche,77/publications-dares,98/dares-analyses-dares-indicateurs,102/2009-31-3-hommes-et-femmes,10182.html.
  33. a et b http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Ponthieux-Raynaud.pdf.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rapport de la Commission présidée par Jean Boissonnat : «Le Travail dans 20 ans» (1995), Commissariat Général du Plan, La Documentation française, publié aux Ed. Odile Jacob (télécharger au format PDF)
  • Aznar G. : « Travailler moins pour travailler tous», Paris, Syros 1993
  • Blanc C., Breton T. : « Le Lièvre et la tortue : les atouts inattendus des Français » Paris, Plon 1994.
  • Boulin JY., Cette G., Dominique Taddei : « Le temps de travail », Paris, Syros-Futuribles , 1993.
  • Didier M. : « Scénarios pour l'emploi», Paris, Economica 1995
  • Jean Gadrey : « L'économie des services », La Découverte, Repères, 1992
  • André Gorz : « Métamorphoses du travail », Paris Galilée, 1988.
  • Paul Lafargue : « Le Droit à la paresse », Paris Climats, 1994.
  • Marchand O., Thélot C. : « Deux siècles de travail en France », Paris, Insee 1991.
  • Dominique Méda : « Le travail, une valeur en voie de disparition », Paris, Aubier 1995.
  • Perrot A. : « Les nouvelles théories du marché du travail », Paris, La Découverte, Repères, 1992.
  • Bertrand Schwartz : « Moderniser sans exclure », Paris, La Découverte 1994.
  • William McGaughey shorterworkweek.com Raviver un argument économique au 21e siècle

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]