Netflix

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Netflix
logo de Netflix
Logotype de Netflix depuis 2014.
illustration de Netflix

Création 1997
Fondateurs Reed Hastings
Marc Randolph
Forme juridique Société anonyme
Action NFLX
Siège social Los Gatos
Drapeau des États-Unis États-Unis
Direction Reed Hastings
Actionnaires The Capital Group Companies (0,08 )[1], BlackRock (0,06 )[1], The Vanguard Group (0,06 )[1], Morgan Stanley (0,05 )[1] et Reed Hastings (0,03 )[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Industries créatives
Produits Films
Séries télévisées
Jeux vidéo
Filiales Netflix International B.V.
Netflix Entretenimento Brasil, Ltda.
Netflix Entertainment Services India LLP
Netflix K.K.
Netflix Services Korea Ltd.
Effectif 5000
Site web https://www.netflix.com
Chiffre d'affaires 11 692 713 000 dollar américain ()[2]Voir et modifier les données sur Wikidata
Résultat net 558 929 000 dollar américain ()[2]Voir et modifier les données sur Wikidata

Netflix est une entreprise multinationale américaine créée en 1997 par Reed Hastings et Marc Randolph, opérant dans le secteur d'activité des industries créatives par la distribution et l'exploitation d'œuvres cinématographiques et télévisuelles ainsi que par le développement et l'édition de jeux vidéo. Son siège social se situe à Los Gatos en Californie.

Initialement, l'entreprise était uniquement présente dans le secteur de l'exploitation commerciale par la fourniture d'un service en ligne de location et d'achat de DVD livrés à domicile puis a proposé la location moyennant un abonnement mensuel. Son service de vidéo-à-la-demande par abonnement commence en 2007. Depuis, l'entreprise s'est lancée dans la distribution d'un grand nombre de films et de séries télévisées pour laquelle elle consacre des investissements de plus en plus conséquents. Par ailleurs, Netflix fait l'objet de débats quant à sa légitimité dans ce secteur d'activité, étant issue de la technopole de la Silicon Valley et non pas du berceau historique du cinéma américain qu'est le quartier d'Hollywood. D'une manière générale, l'entreprise participe d'une mutation des méthodes de consommation et de production des contenus télévisés de plus en plus tournées vers la délinéarisation. Pionnière dans le secteur de la vidéo-à-la-demande (VàD) par abonnement, Netflix est concurrencée en France et dans le monde par de nombreuses autres prestations fournies par des firmes du cinéma et de la télévision mais également des télécommunications et du e-commerce.

Historique[modifier | modifier le code]

La société Netflix (dont le nom provient de la contraction des termes « Internet » et « flix », expression familière du mot « film ») est créée en 1997 par Reed Hastings (son actuel P.-D.G.) et Marc Randolph après que le premier a revendu sa jeune pousse Pure Software, éditrice d'un logiciel de débogage, pour soixante-quinze millions de dollars. Le cofondateur Reed Hastings aime raconter que l'idée de créer Netflix lui serait venue suite au versement de pénalités pour ne pas avoir rendu une cassette assez tôt lors de sa location mais son autre cofondateur affirme pour sa part que les deux entrepreneurs ont imaginé le concept lors d'une conversation en voiture. Ils ont d'abord songé à louer des cassettes mais leur format rendant les expéditions impossibles, ils se sont tournés vers le format DVD, en plein essor. L'entreprise commence ainsi son activité de location de DVD par abonnement mensuel en 1999, alors que le secteur du commerce électronique n'en est qu'à ses débuts[3]. Au tout début du XXIème siècle, alors qu'elle connaît des difficultés financières, Netflix propose à la chaîne de magasins Blockbuster Video d'entrer dans son capital à hauteur de 49%, ce que l'entreprise refuse et qui en profite pour lancer sa propre offre de location de DVD mensuelle. En 2002, Netflix est introduite à la bourse de New York NASDAQ sous l'indice NFLX, ce qui lui permet d'obtenir 82 millions de dollars. Le cofondateur Marc Randolph quitte alors la société en 2004. La location de films en vidéo-à-la-demande sur ordinateur débute en 2007 tandis que le service est peu à peu disponible sur divers terminaux tels que des décodeurs, lecteurs de disques Blu-ray, consoles de jeu, téléviseurs connectés, smartphones et tablettes.

Régions dans lesquelles la plateforme de flux continu de Netflix est disponible depuis 2015.
  • Disponible
  • Indisponible

Dans les années 2010, l'entreprise connaît un développement important. Premièrement, au niveau géographique, Netflix étend la disponibilité de son service dans le monde entier. L'expansion géographique de l'offre de services de Netflix a lieu d'abord au Canada en 2010, en Amérique du Sud, dans les Caraïbes puis en Europe anglophone et nordique en 2011, aux Pays-Bas (pays où se trouve le siège social européen de l'entreprise depuis 2016[4]) en 2013, en Europe de l'ouest (France, Belgique, Suisse, Allemagne, Autriche) en 2014 puis en Espagne, au Portugal et en Italie ainsi qu'en Océanie et au Japon en 2015 pour être finalement disponible dans le monde entier en 2016[5], excepté en Chine. En 2017, Netflix autorise alors l'entreprise chinoise iQiyi à diffuser certains de ses contenus exclusifs afin d'assurer sa présence en Chine[6]. Deuxièmement, le nombre de clients de Netflix ne cesse de croître au cours de la décennie, atteignant 41,43 millions d'abonnés payants en 2013[7], 54,48 millions en 2014[8], 70,84 millions en 2015[9], 89,09 millions 2016[10], 110,64 millions en 2017[11] pour enregistrer en 2018 un nombre d'abonnés payants de 139,26 millions[12]. Finalement, le contenu disponible sur la plateforme s'étoffe durant ces années-là. Netflix acquiert les droits d'exploitation de plusieurs séries à succès populaire, ce qui inclut par exemple les séries Star Trek, La Quatrième Dimension, Twin Peaks et Mad Men en 2011 puis Star Wars: The Clone Wars en 2013. La même année, Netflix, ABC Studios et Marvel Television (filiales de The Walt Disney Company) nouent un partenariat pour que la première distribue en exclusivité des séries télévisées coproduites par ABC Studios et Marvel Television avec un budget initial de 200 millions de dollars pour soixante épisodes mettant en scène les héros de comics book Daredevil et Jessica Jones à partir de 2015, Luke Cage en 2016 puis Iron Fist, les Défenseurs et Punisher en 2017. La première série exclusivement distribuée sur la plateforme est le drame américain House of Cards diffusé à partir de 2013 (les droits de diffusion ont été accordés à Canal+ en France avant que Netflix n'y soit disponible en 2014).

À la fin de la décennie 2010, Netflix procède à un changement radical dans sa stratégie de distribution et diversifie ses activités. En 2018, elle projète trois de ses films en avant-première au cinéma avant de les proposer à ses abonnés sur Internet. Cette nouvelle orientation vise à entrer dans le giron de l'Académie des Oscars pour attirer des réalisateurs ou des acteurs prestigieux, qui ne souhaitent participer à des films que s'ils sont susceptibles d'être récompensés. C'est aussi un moyen pour Netflix de radoucir ses relations avec Hollywood et l'industrie cinématographique traditionnelle[13]. En parallèle, Netflix se lance en 2017 dans le développement et l'édition de jeux vidéo avec un premier jeu inspiré de la série Stranger Things, Stranger Things: The Game développé pour smartphones puis édite en 2019 le jeu Stranger Things 3: The Game pour consoles de salon[14].

Activités[modifier | modifier le code]

Siège social de Netflix à Los Gatos (Californie).

Les activités principales de Netflix sont l'exploitation et la distribution de films et de séries télévisées. Elle a majoritairement recours à la diffusion d'œuvres déjà sorties au cinéma ou diffusées à la télévision. L'entreprise détient aussi les licences de contenus qu'elle distribue en exclusivité. Ceux-ci, appelés « Netflix Originals », ne représentent en 2019 que 8% du contenu proposé par la plateforme[15]. En distribuant ces contenus, l'entreprise négocie avec les sociétés de production la diffusion exclusive dans tous les pays et l'absence d'exploitation commerciale en DVD en contrepartie de la couverture des coûts de production. Dans d'autres cas, Netflix acquiert les droits de diffusion d'un contenu en exclusivité sur des marchés où celui-ci n'est pas déjà diffusé, ce qui lui vaut l'appellation de « Netflix Original » sur ce marché[16].

Depuis le lancement de sa plateforme, Netflix propose une offre qui se différencie en fonction de la localisation de ses abonnés. En effet, le catalogue de films et de séries varie d’un pays à l’autre, ainsi que le prix de l’abonnement, en vertu de la législation de diffusion locale[17],[18]. Ainsi, en 2016, les États-Unis se placent en première position avec un catalogue proposant plus de 5 700 films et séries tandis que le Maroc, dernier de la liste, en compte moins de 160. La Belgique et la France se classent dans la moyenne avec environ 1 850 titres[19]. Il existe plusieurs raisons à ces différences de restrictions territoriales, notamment les préférences locales qui ont pour effet qu’un film puisse plaire dans un certain pays, mais pas dans un autre, les licences partagées par plusieurs propriétaires qui disposent des droits de diffusion, les accords signés permettant à certains pays de profiter d’un film ou d’une série avant d’autres, et enfin le fait que la vente des droits pour un film ou une série n'est pas toujours possible dans certains pays et il est alors impossible pour Netflix d’acheter la licence. Afin d’obtenir un catalogue plus étoffé, certains abonnés contournent cette différenciation de l’offre en utilisant un « réseau privé virtuel » (ou VPN) qui permet de ne pas dévoiler leur adresse IP et d’indiquer le pays de leur choix comme lieu de résidence. Un abonné français pourra donc avoir accès à du contenu exclusif aux abonnements américains. Selon Reed Hastings, la solution à l’utilisation de VPN serait de proposer un même catalogue dans le monde entier, afin d’ensuite se concentrer sur des problèmes plus dérangeants et pressants, tel que le piratage[17].

Données économiques[modifier | modifier le code]

Actionnaires de la société[modifier | modifier le code]

L'actionnariat majoritaire de Netflix est essentiellement constitué d'investisseurs institutionnels, de fonds de pension et de fonds d'investissements.

Actionnaires institutionnels
Nom Nombre d' actions
au 30 octobre 2018
% au 30 octobre 2018
The Vanguard Group 22 823 074 5.22
Growth Fund of America Inc. 21 495 471 4.94
FMR Corporation 9 366 358 2.15
AMCAP Fund 7 331 000 1.68
SPDR S&P 500 Trust ETF 4 946 625 1.14
Capital World Growth and Income Fund 4 304 172 0.99
Invesco 3 681 439 0.85
New Perspective Fund Inc. 3 341 000 0.77

Résultats financiers[modifier | modifier le code]

  • Évolution du chiffre d'affaires de Netflix entre 2008 et 2017, en milliards de dollars.
  • Direction de la société[modifier | modifier le code]

    Équipe de direction[modifier | modifier le code]

    • Directeur général : Reed Hastings
    • Directrice des ressources humaines : Jessica Neal
    • Directeur marketing : Kelly Bennett
    • Responsable de la communication : Rachel Whetstone
    • Directeur juridique, secrétaire général : David Hyman
    • Directeur des produits : Greg Peters
    • Directeur financier : Spencer Neumann
    • Directeur des programmes : Ted Sarandos

    Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

    Analyse de la société[modifier | modifier le code]

    Mode de consommation émergent[modifier | modifier le code]

    Article détaillé : Binge-watching.

    Le visionnage des contenus sur Netflix participe de l'émergence d'un nouveau mode de consommation des séries télévisées. En effet, l'entreprise met régulièrement à disposition de ses clients l'intégralité d'une saison en un seule fois, ce qui favorise la pratique du visionnage boulimique (ou binge watching en anglais), existante depuis les années 1990 et le développement du DVD. D'une manière générale, la consommation de vidéo-à-la-demande par abonnement fait partie des possibilités de consommation délinéarisée (au même titre que la télévision de rattrapage) qui rend possible le visionnage à tout instant, à l'inverse de la consommation par le câble[20]. En conséquence, le format des épisodes de séries télévisées s'en trouve modifié, avec des possibilités comme le saut du résumé de l'épisode précédent ainsi que du générique de début et de fin[21],[22].

    Concurrence grandissante[modifier | modifier le code]

    Articles détaillés : Hulu, Disney+, YouTube Premium, Facebook Watch et Prime Video.

    Avec l'arrivée de Netflix, la fréquence de visionnage sur les plate-formes de flux continu a largement augmenté. D'après une étude réalisée par l'entreprise ComScore, près de la moitié des habitants aux États-Unis visionnent Netflix quotidiennement, l'autre moitié s'adonnant aux plateformes concurrentes, l'audience relative aux chaînes de télévision s'en voit ainsi compromise, le fait étant que la période moyenne propre au visionnage des programmes Netflix coïncide avec une plage horaire généralement exploitée par les émissions[23]. Face à l'hégémonie de Netflix sur le marché de la vidéo-à-la-demande par abonnement, d'autres multinationales des secteurs des industries créatives, des télécommunications et du commerce en ligne se lancent dans la distribution et l'exploitation de films et séries télévisées par Internet. C'est notamment le cas de multinationales comme Google, Apple, Facebook et Amazon mais également des conglomérats du divertissement NBCUniversal, WarnerMedia et The Walt Disney Company. Par ailleurs, certaines chaînes de télévision françaises proposent des offres destinées à concurrencer Netflix.

    La première offre à concurrencer Netflix est Hulu, service commun à The Walt Disney Company, 21st Century Fox, NBCUniversal et WarnerMedia fondée en 2007. Ensuite, Amazon a créé sa filiale Amazon Studios en 2016 et lancé une offre de vidéo-à-la-demande par abonnement (Prime Video) incluse dans son abonnement annuel à Amazon Prime qui compte cent millions d'abonnés en avril 2018. Aussi, Facebook a lancé à l'été 2017 la plateforme à usage gratuit Facebook Watch dont les contenus sont adaptés au visionnage sur des écrans de smartphones grâce à leur courte durée (de dix à trente minutes). L'objectif de Facebook est d'engranger des revenus publicitaires supplémentaires. Aussi, Google, par l'intermédiaire de YouTube, a commencé en mai 2018 à diffuser des contenus en flux continu grâce à un abonnement mensuel incluant également une souscription à un service musical en flux continu. The Walt Disney Company prévoit de renforcer son implication dans le secteur de la vidéo-à-la-demande par abonnement à l'automne 2019 en lançant Disney+, plateforme regroupant des contenus issus des filiales de la société (Lucasfilm, Marvel Entertainement, 20th Century Fox, National Geographic Channel, etc.)[24].

    Stratégies de communication[modifier | modifier le code]

    Affiche publicitaire de Netflix pour promouvoir la série How to Sell Drugs Online (Fast) à Fribourg-en-Brisgau.

    Netflix fait souvent appel à des moyens hors du commun pour sa communication. L'entreprise couvre tous les médias (réseaux sociaux, télévision, presse, cinéma, etc.) lui permettant de communiquer, le plus souvent sur son contenu original.

    En premier lieu, l'une des techniques les plus employées par Netflix au sein de sa stratégie de communication et de sa stratégie marketing est l’appel à la nostalgie. En effet, à travers le choix de ses programmes diffusés ou de ses propres programmes, Netflix a su profiter des tendances émergentes dans le secteur de l’audiovisuel ou, plus généralement, dans le secteur des arts. Dans le choix du catalogue de diffusion, on peut ressentir cette influence au niveau des contenus destinés à la jeunesse, où la génération des 18-25 ans d’aujourd’hui peut trouver du contenu qu'elle a vu dans son enfance. C'est une sorte de piqûre de rappel ou une manière d’utiliser l'affect des gens pour provoquer en eux un sentiment d’appartenance ou du moins, de proximité. Citons comme exemple Le Bus magique, et sa suite, distribuée exclusivement par Netflix. Au niveau des œuvres signées Netflix, cette influence peut être ressentie au point de vue tant du contenu que du traitement apporté à la vidéo. C’est ainsi qu’on retrouve des références au xxe siècle dans plusieurs programmes, tels que Stranger Things, Glow, ou encore Les Demoiselles du téléphone.

    En second lieu, la présence de Netflix dans le paysage publicitaire se traduit par plusieurs opérations comme le print advertising grâce auquel Netflix se démarque par des campagnes de publicité audacieuses. En avril 2015, à Paris, en collaboration avec l’agence Ogilvy & Mather, Netflix lance ainsi une campagne incitant la population à contourner la loi pour promouvoir sa série Better Call Saul[25]. Elle a également recours au street marketing par le biais de spots publicitaires disposés dans des lieux publics afin de persuader les passants de découvrir de quoi il est question dans la série mentionnée sur les affiches[26]. En février 2017, peu après la sortie de la fonctionnalité « ciseaux » sur l'application Snapchat, Netflix lance une campagne « out of home » mêlant affichage et réseaux sociaux, permettant de faire des faceswaps (superposition de la tête d'une autre personne sur la sienne) avec les personnages de leurs programmes[27]. À Paris, cette campagne mettait en scène des héros de programmes originaux Netflix, notamment le comédien Gad Elmaleh[28]. Netflix organise enfin des événement dans les lieux publics dans le but de mieux faire connaître ses services, comme en juin 2015, en collaboration avec l’agence Ubi Bene, où une prison en plein air a été conçue pour promouvoir la série Orange Is the New Black.

    En dernier lieu, Netflix emploie d'autre moyens de marketing comme le teasing[26] (grâce à sa popularité sur les médias sociaux, Netflix peut compter sur les sites de réseautage dans l'espoir de tenir les utilisateurs au courant des dernières informations liées à leurs séries favorites), le partage de comptes[26] (même si une personne ne possède pas un compte Netflix, il est possible qu'elle puisse emprunter les identifiants d'un membre pour accéder aux contenus, ce qui est surtout observable auprès des jeunes, chez qui une personne qui n'a pas accès au service adoptera davantage l'envie d'intégrer la communauté), la recommandation individuelle[29] (le système de Netflix étant basé sur les algorithmes, l'entreprise recherche à organiser les séries affichées dans l'interface de l'accueil en fonction des goûts de chaque utilisateur, en passant par son historique, ce qui lui permet de développer des séries qui satisferaient les attentes des consommateurs) et finalement les partenariats[30] (la firme noue également des partenariats avec d’autres marques comme en 2017 avec la boutique Alternative Herbal Health de San Francisco pour distribuer 12 souches de cannabis inspirées de ses séries).

    Environnement technique et humain[modifier | modifier le code]

    Pour passer d'un service de location de DVD à un fournisseur dynamique de contenu hors ligne en flux continu en une dizaine d'années, Netflix a su développer et proposer des solutions innovantes dans des domaines variés.

    Sa politique de gestion des ressources humaines présente des aspects inédits[31], par le recrutement d'« adultes responsables » très bien rémunérés, Netflix a abandonné le principe d'évaluation annuelle au profit d'une évaluation continue ainsi qu'une liberté donnée dans les activités et les congés - illimités au choix du collaborateur, mais aussi la capacité de se séparer en se montrant généreux en matière d’indemnités de départ[32]. De plus, l'organisation de ses programmes informatiques est agile[33], Netflix est à l'origine de nombreux outils mis à disposition en open source (Nebula, un ensemble de plugins pour le logiciel Gradle qui permet de construire des applications en Java ; Aminator[34], un outil de création d'image AMI pour Amazon Web Services ; Spinnaker[35], un outil de déploiement multi-cloud qui s'intègre à la majorité des fournisseurs d'informatique en nuage ; Chaos Monkey et la Simian Army, une suite d'outils permettant de simuler des pannes en environnement réel et de vérifier que le système informatique continue à fonctionner) permettant de livrer en continu tout en garantissant la qualité de service[36]) pour garantir la qualité d'expérience de son service de streaming. Netflix a mis en place le programme Open Connect[37], un ensemble de partenariats avec les fournisseurs d'accès à Internet afin de livrer son contenu de la façon la plus efficace qui soit. Aussi, depuis 2015, l'entreprise américaine est aidée techniquement par le CNRS, à travers le Laboratoire des Sciences du Numérique de Nantes (LS2N) concernant la compression vidéo. En mars 2017, lors du Congrès mondial de la téléphonie mobile de Barcelone, Netflix a présenté le nouvel outil de codage vidéo réalisé au LS2N, qui offre une haute qualité d’image avec un débit de 100 kilobits par seconde – 40 fois plus faible que celui de la télévision en haute définition (HD) – et compatible avec la plupart des réseaux de téléphonie mobile[38].

    Fonctionnement de la plateforme[modifier | modifier le code]

    La plateforme de Netflix fonctionne grâce à un programme de reconnaissance de mots-clés. Ainsi, chaque contenu est associé à une quinzaine de mots-clés permettant de l'identifier et de la retrouver. En outre, ce fonctionnement établit le système de recommandation de contenus sur la plateforme car chaque utilisateur, par le contenu qu'il consomme, se retrouve associé à des mots-clés, ainsi lorsqu'un utilisateur se voit recommander un contenu, c'est parce qu'il est associé aux mêmes mots-clés qu'un utilisateur l'ayant visionné. De plus, les vignettes des contenus changent d'un utilisateur à un autre pour déterminer lesquelles sont les plus efficaces pour inciter à regarder du contenu[39].

    Par ailleurs, ce système de recommandation est amélioré grâce à six autres algorithmes, un premier effectue le classement des contenus les plus populaires sur la page d'accueil de l'utilisateur tandis que le second trie les contenus que l'utilisateur pourrait désirer voir et que le troisième affiche les contenus connaissant des pics de popularité selon les périodes (Noël, Saint-Valentin, etc.). Aussi, le quatrième incite l'utilisateur à continuer à regarder du contenu qu'il à commencé à voir alors que le cinquième établit la similitude d'un contenu avec l'un de ceux que l'utilisateur a vus et que le dernier détermine l'ordre d'affichage des contenus sur la page d'accueil[39].

    Poids dans le trafic mondial[modifier | modifier le code]

    Selon le rapport « The Global Internet Phenomena » publié par la société américaine Sandvine en 2018, Netflix représente 15 % du trafic internet mondial, devant YouTube (11,35 %)[40]. Le taux s'élève à 19,1 % du trafic aux États-Unis[40]. Sandvine salue toutefois la technologie de compression de la plateforme et assure que « Netflix pourrait facilement consommer trois fois plus de volume et 40 % du trafic en permanence »[40].

    Selon le rapport annuel de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) sur l’état d’internet en France en 2018, 22,4 % du trafic internet enregistré par les quatre principaux fournisseurs d’accès (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free) se fait ainsi à destination de Netflix à cette date, contre 15% du trafic en 2017 et moins de 10% en 2016[41].

    Critiques[modifier | modifier le code]

    Un reproche fait à Netflix par des personnes n'ayant pas d'accès aux images est le manque d'audiodescription en langue française[42].

    Annexes[modifier | modifier le code]

    Bibliographie[modifier | modifier le code]

    Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

    Article connexe[modifier | modifier le code]

    Notes et références[modifier | modifier le code]

    Références[modifier | modifier le code]

    1. a b c d et e « http://files.shareholder.com/downloads/NFLX/4040313674x0x905147/65EBB072-6E25-44AC-84E5-8D2F857D1662/2016_Proxy.pdf »
    2. a et b « https://ir.netflix.com/static-files/0c060a3f-d903-4eb9-bde6-bf3e58761712 »
    3. Stéphane Lauer (photogr. Nathaniel E. Bell), « Avec Netflix, la « télévision du futur » arrive en France », Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
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    14. William Audureau, « E3 2019 : Netflix annonce son développement dans les jeux vidéo », sur lemonde.fr, Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, (ISSN 1950-6244)
    15. Thibault Henneton (photogr. Tom Galle et Moises Sanabria), « Les recettes de Netflix », Le Monde diplomatique,‎ (ISSN 2491-5866, lire en ligne)
    16. Séverine Barthes. De quoi la série originale Netflix (Netflix Original) est-elle le nom ? Quelques jalons sur l'histoire de Netflix. Numérisation généralisée de la société, CRICIS, May 2018, Montréal, Canada. ⟨halshs-02097155⟩
    17. a et b Hugo Pascual, « Contourner les restrictions territoriales de Netflix, un jeu d'enfant ? », sur liberation.fr, Libération, Paris, (ISSN 0335-1793)
    18. Tom Mery, « Les abonnés français à Netflix trois fois moins gâtés que les Japonais », sur bfmbusiness.bfmtv.com, BFM Business, Paris, Nextinteractive,
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    21. Alexandre Foatelli, « Binge watching, speed watching : des pratiques qui changent les séries ? », sur larevuedesmedias.ina.fr, Bry-sur-Marne, Institut national de l'audiovisuel,
    22. Benjamin Campion, « Regarder des séries sur Netflix : l’illusion d’une expérience spectatorielle augmentée », TV/Series, Le Havre, Université du Havre,‎ (e-ISSN 2266-0909, lire en ligne)
    23. (en) « State of OTT », sur comscore.com,
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