WhatsApp

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Développeur WhatsApp Inc. (propriété de Facebook)
Première version Voir et modifier les données sur Wikidata
Dernière version 2.17.46 (1 février 2017)
Écrit en ErlangVoir et modifier les données sur Wikidata
Environnement iOS 4.3 ou ultérieur
Android 2.2 ou ultérieur
BlackBerry 4.6 ou ultérieur
Nokia et Windows Phone
Langues Français, allemand, anglais, arabe, catalan, chinois, coréen, croate, danois, espagnol, finnois, grec, hébreu, hongrois, indonésien, italien, japonais, néerlandais, norvégien, polonais, tchèque, thaï, turc, malaisien, portugais, roumain, russe, slovaque, suédois, ukrainien, vietnamien
Type Application mobile
Licence Propriétaire
Site web http://www.whatsapp.com/

WhatsApp (ou WhatsApp Messenger) est une application mobile multiplateforme qui incorpore un système de messagerie instantanée via Internet utilisé par plus d'un milliard de personnes quotidiennement[1].

L’entreprise WhatsApp, fondée en 2009 par Jan Koum et Brian Acton (en), deux anciens ingénieurs de Yahoo![2], a pour but de remplacer le SMS. Ses bureaux sont basés à Mountain View en Californie. WhatsApp est rachetée par Facebook en février 2014 pour environ 19 milliards de dollars, dont 15 milliards en actions Facebook[3], soit environ 350 millions de dollars par employé, ou 40 dollars par utilisateur[4]. Ce montant est réévalué en octobre pour atteindre près de 22 milliards après une appréciation de près de 14 % des actions Facebook en bourse, pour un total de 17,3 milliards en actions et 4,59 milliards en numéraire[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom WhatsApp est une déformation de What's Up : « quoi de neuf ? » en français.

L'idée de l'application est venue de Jan Koum, qui a grandi près de Kiev (Ukraine, URSS) et dont les parents évitaient les conversations téléphoniques parce qu'ils savaient qu'elles étaient surveillées par les autorités communistes. Cela l'a convaincu de la nécessité des communications non enregistrées et c'est pourquoi, à la différence d'autres applications, WhatsApp ne demande rien d'autre qu'un numéro de téléphone pour s'inscrire, ne stocke pas les messages envoyés entre utilisateurs et ne demande pas la création de profils qui peuvent ensuite être revendus à des entreprises publicitaires[6].

Croissance de la base d'utilisateurs[modifier | modifier le code]

WhatsApp est arrivée sur le marché de la messagerie en ligne au début d'une vague importante de nouveaux services sur mobile, parmi lesquels GroupMe, LINE, KakaoTalk, WeChat, ChatON (en), Kik Messenger, Viber, Facebook Messenger, Zalo. L'entreprise a su se démarquer par son absence de publicité et la simplicité de son service, concentré sur quelques fonctions bien développées, qui ont su lui assurer un développement rapide par bouche à oreille[réf. nécessaire].

En octobre 2013, WhatsApp annonce avoir 350 millions d'utilisateurs actifs mensuels, soit 50 de plus que deux mois avant[7]. Ce chiffre passe à 400 en décembre[8], et à 450 en février 2014. Parmi eux, 70 % sont actifs quotidiennement, taux d'engagement très élevé et supérieur à celui de Facebook. À cette date, le nombre de messages échangés quotidiennement via WhatsApp s'approche du nombre de SMS échangés dans le monde, soit plus de 10 milliards par jour. Le service brasserait également un nombre de photos supérieur à celui de Facebook, Snapchat et Instagram : environ 500 millions par jour. Elle enregistre également plus d'un million de nouveaux utilisateurs chaque jour, et connaît en particulier une forte croissance sur certains territoires, notamment l'Inde (35 millions d'utilisateurs) et des pays en voie de développement où les réseaux 2G dominent.

Rachat[modifier | modifier le code]

Le , Facebook annonce avoir fait l'acquisition de WhatsApp pour un montant de seize milliards de dollars, dont quatre au comptant et douze en actions Facebook[9]. Trois autres milliards sont également prévus pour les dirigeants et salariés, qui seront alors tous des salariés de Facebook, sous la forme de primes à la performance en actions, chaque année de 2015 à 2018. Par ailleurs, Jan Koum occupera une place au sein du conseil d'administration de Facebook. Le dirigeant et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, déclare dans un communiqué de presse : « WhatsApp est en bonne voie pour connecter un milliard d'individus. Les services qui atteignent ces sommets sont d'une très grande valeur[10]. »

Google avait auparavant fait une offre de dix milliards de dollars[11].

Le rachat de WhatsApp intervient dans un contexte de concentration du marché de la messagerie en ligne, notamment après l'achat de Viber par le groupe Rakuten. Cependant, il se distingue par l'ampleur de la somme en jeu, d'autant plus impressionnante que l'entreprise n'a connu qu'une seule levée de fonds dans son histoire, à hauteur de huit millions de dollars (ou 50 selon les sources[12]), par Sequoia Capital, pour 10 à 20 % des parts de l'entreprise[13]. WhatsApp est une entreprise exceptionnellement légère en termes d'effectifs : 32 informaticiens pour 1 milliard d'utilisateurs mensuels, ce qui représente environ 32 millions d'utilisateurs par salarié[14]. Le service a su garder un taux d'uptime de 99,9 %. Son business model est également rare parmi les startups de la Silicon Valley, puisque beaucoup de services font le choix de rester gratuits pour se constituer une base d'utilisateurs la plus grande possible. La formule du fondateur Jan Koum résume la philosophie de l'entreprise : « No Ads! No Games! No Gimmicks! » (« Pas de publicités ! Pas de jeux ! Pas de gadgets ! »). C'est en suivant cette philosophie que WhatsApp n'a jamais fonctionné qu'au bouche à oreille, et n'a pas embauché de communiquant ou de responsable marketing.

Le rachat représente en 2014 la plus grosse marge réalisée en une seule opération par une entreprise de capital risque (Sequoia Capital)[15].

L'intégration du réseau social avec Facebook s'est faite comme avec Instagram : l'application conserve sa marque et son siège social à Mountain View, et continue de fonctionner indépendamment, en parallèle à Facebook Messenger[16]. Pour certains commentateurs, le prix payé par Facebook est emblématique du retard que représente pour cette entreprise l'absence de système d'exploitation mobile face à Apple et Google[17].

En octobre 2014, Facebook a rendu publics les premiers résultats à la suite du rachat de WhatsApp. L'application de messagerie accuse des pertes nettes de 232,5 millions de dollars pour un chiffre d'affaires de 15,9 millions de dollars au premier trimestre 2014[18].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Plateformes et technologies[modifier | modifier le code]

Le logiciel est disponible sur Android, MacOS, iOS, BlackBerry, Windows Phone et Symbian.

Cependant, dans un communiqué officiel sur le blog de WhatsApp le 29 février 2016, l'entreprise indique arrêter le développement futur sur les plateformes les plus anciennes du fait que ces téléphones ne représentent plus qu'une faible part du marché et « n'offrent plus le type de capacités dont [elle a] besoin pour étendre les futures fonctionnalités de l'application »[19] :

Il permet d'interagir avec les autres utilisateurs en envoyant des messages, des photos et des sons.

WhatsApp utilise une version personnalisée du protocole de communication XMPP, et se sert du numéro de téléphone comme identifiant unique (ce qui peut poser un problème de confidentialité sur les données récupérées[20]). L'identifiant Jabber est du type [numéro de téléphone]@s.whatsapp.net. Auparavant l'application Android utilisait le code IMEI, et la version iOS utilisait l'adresse MAC de l'interface client Wi-Fi, comme mot de passe[réf. nécessaire]. À partir de la mise à jour de 2012, un mot de passe aléatoire est créé côté serveur.

L'application utilise ensuite le carnet d'adresses de contacts de l'utilisateur et le fait correspondre à sa base de données interne pour constituer une liste de contacts disponibles sur la plateforme.

Depuis avril 2016, WhatsApp a intégré le chiffrement de bout en bout pour toutes les communications. Pour cela, elle utilise le protocole de Signal[21].

Principe[modifier | modifier le code]

Comme ses ancêtres de messagerie instantanée, ICQ (1998), MSN Messenger (1999, intégré à Skype), ou Facebook Messenger (ou module « discussion instantanée » du site web, 2011) ; comme son concurrent Google Hangouts (2013), WhatsApp permet d'envoyer gratuitement, via Internet, un message (message texte ou message vocal) à un ou plusieurs contacts. Ceci nécessite que non seulement l’émetteur du message, mais aussi tous les destinataires du message soient utilisateurs de l'application.

La principale utilisation de WhatsApp est l'envoi de messages gratuits depuis ou vers l'étranger. En effet, si le téléphone mobile est connecté gratuitement à Internet, via un forfait ou une connexion Wi-Fi, l'envoi de l'équivalent d'un SMS est gratuit et illimité[22].

Hors application[modifier | modifier le code]

WhatsApp a créé fin 2013 un bouton de partage utilisable sur des sites web tiers ; il est notamment présent sur le site web BuzzFeed, dont les dirigeants expliquent avoir constaté une utilisation considérable de ce mécanisme depuis son implémentation[23].

Prix[modifier | modifier le code]

Sur Google Play, WhatsApp est une application gratuite. À l'origine, son utilisation n'était gratuite que la première année, puis facturée 0,99 dollars annuellement. En janvier 2016, le créateur de l'application Jan Koum annonce que l'application sera désormais entièrement gratuite pour « ne pas faire obstacle à sa croissance »[24]. Le 18 janvier 2016, WhatsApp bascule son service vers un modèle entièrement gratuit et annonce par la même occasion le lancement de tests afin de connecter les utilisateurs directement auprès de leurs prestataires de services comme leur banque ou une compagnie aérienne[25].

Sécurité[modifier | modifier le code]

Présentée comme une porte dérobée par The Guardian, les experts en cryptographie ont qualifié la découverte faite en janvier 2017 par le chercheur en sécurité de l'université de Californie Tobias Boelter comme une vulnérabilité ou une mauvaise pratique[26]. WhatsApp peut intercepter et lire les messages échangés en forçant la génération de nouvelles clés privées d'un contact hors ligne à l'insu de l'utilisateur. Les messages sont ensuite chiffrés avec la nouvelle clé et ceux qui n'ont pas été délivrés sont renvoyés. L'expéditeur est prévenu de ce changement uniquement s'il a activé les notifications de sécurité et après que les messages ont été renvoyés. Le fait de chiffrer une deuxième fois les messages permet à Whatsapp de les intercepter. Whatsapp permet à ses utilisateurs d'archiver leurs messages[27] pour les lire ultérieurement, cela dans le but de cacher ses conversations aux yeux des voisins. Si une agence gouvernementale fait une requête pour avoir accès aux messages, WhatsApp peut l'accorder en raison du changement de clés. Tobias Boelter a signalé la vulnérabilité à Facebook en avril 2016. La société lui a répondu qu'elle était au courant et que c'était un « comportement attendu ». Facebook aurait privilégié la simplicité d'utilisation en permettant d'éviter que des messages ne soient perdus durant l'acheminement[28]. Le protocole de chiffrement est le même que celui de l'application Signal, qui ne souffre pas de cette vulnérabilité [29]. Signal utilise toutefois certaines dépendances Google, ce qui peut être considéré comme un autre type de vulnérabilité[30].

Par ailleurs, il n'est pas possible de connaître le comportement effectif de l'application WhatsApp, que ce soit du point de vue client ou serveur. Seule l'entreprise californienne WhatsApp Inc. peut le savoir car les codes sources des logiciels utilisés ne sont ni libres ni publics et on ne peut pas accéder au réseau WhatsApp avec d'autres logiciels[31],[32]. La législation américaine actuelle permet à l'État fédéral d'imposer à WhatsApp, comme toute autre entreprise américaine, l'introduction de failles de sécurité ou de portes dérobées tout en lui interdisant d'en informer ses usagers, comme l'a révélé Edward Snowden. On ne peut donc pas confirmer avec certitude si l'application est sécurisée ou pas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Presse Citron - WhatsApp franchit la barre du milliard d'utilisateurs par jour - 27 juillet 2017
  2. Nicolas Rauline, « Snapchat, WhatsApp, Line, trois start-up au succès fulgurant », sur Les Échos Business, Groupe Les Échos, (consulté le 19 février 2014).
  3. « Facebook achète WhatsApp pour 16 milliards de dollars », sur Capital.fr, Prisma Media, (consulté le 19 février 2014).
  4. Audrey Fournier, « WhatsApp : des chiffres qui donnent le vertige », sur Le Monde, (consulté le 20 février 2014).
  5. « Facebook aura finalement réglé près de 22 milliards de dollars pour WhatsApp », sur Les Échos, (consulté le 10 octobre 2014).
  6. Marie-Catherine Beuth, « Koum et Acton, le yin paranoïaque et le yang optimiste », Le Figaro, encart « Économie », lundi 4 août 2014, page 26.
  7. (en) « WhatsApp now has 350 million monthly active users », sur The Verge, (consulté le 20 février 2014).
  8. (en) « 400 Million Stories », sur WhatsApp, (consulté le 20 février 2014).
  9. (en) Chris Welch, « Facebook is buying WhatsApp for $16 billion », The Verge,
  10. (en) « Facebook to Acquire WhatsApp », Facebook Newsroom,
  11. (en) Tom Warren, « Google reportedly offered $10 billion for WhatsApp », The Verge,
  12. (en) Dan Primack, « Facebook-WhatsApp: The other numbers », CNN,
  13. (en) Bryan Bishop, « For WhatsApp's lone investor, Facebook deal is one of the biggest wins in startup history », The Verge,
  14. (en) Jim Goetz, « Four Numbers That Explain Why Facebook Acquired WhatsApp », Blog de Sequoia Capital,
  15. (en) Sequoia’s A Big Winner In Facebook’s WhatsApp Acquisition, With Its Stake Worth About $3 Billion techcrunch.com, le 24 février 2014
  16. « Facebook s'offre la messagerie WhatsApp pour 16 milliards de dollars », Le Monde/AFP,
  17. (en) Kara Swisher, « Facebook Price for Having No Phone OS? $19 Billion. A Must-Have Apps Play? Priceless. », Recode.net,
  18. Delphine Cuny, « WhatsApp, la pépite de Facebook, perd 232 millions de dollars », sur La Tribune,
  19. (en) « WhatsApp support for mobile devices », WhatsApp Blog,
  20. (en) Zack Whittaker, « WhatsApp privacy practices under scrutiny », CNET, (consulté le 20 février 2014)
  21. Guillaume Champeau, « WhatsApp active le chiffrement de bout-en-bout par défaut : comment ça marche », Numerama, (consulté le 13 janvier 2017)
  22. Les cinq raisons de la popularité de WhatsApp - Le Monde, 20 février 2014
  23. (en) Liz Gannes, « Before Facebook Deal, WhatsApp Was Helping BuzzFeed and Shazam Go Viral With New Platform Tools », sur Re/code, (consulté le 21 février 2014).
  24. WhatsApp devient gratuite - Delphine Le Goff, Stratégies/Agence France-Presse, 19 janvier 2016
  25. (en) « Making WhatsApp free and more useful », Blog WhatsApp,
  26. Julien Lausson, « Consensus chez les experts en cryptographie : la backdoor de WhatsApp n'en est pas une - Tech - Numerama », Numerama,‎ (lire en ligne)
  27. « Comment archiver ses messages sur Whatsapp », sur congowebmaster.com, (consulté le 2 mars 2017)
  28. Julien Lausson, « WhatsApp est accusé d'avoir laissé un backdoor dans son logiciel. Vraiment ? - Tech - Numerama », Numerama,‎ (lire en ligne)
  29. (en) Manisha Ganguly, « WhatsApp vulnerability allows snooping on encrypted messages », The Guardian,
  30. (en) About backdoors in crypto messengers - Blogs.fsfe.org, 16 janvier 2017
  31. Vincent Hermann, « La sécurité de WhatsApp en question : porte dérobée ou choix ergonomique ? », Next INpact,
  32. (en) Tobias Boelter, « WhatsApp vulnerability explained: by the man who discovered it », sur The Guardian,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Logiciels similaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]