Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres

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Les couleurs de l'arc-en-ciel font partie des symboles LGBT. Manifestation du en faveur du mariage pour tous à Toulouse.

L'expression « Lesbiennes, gays, bisexuels et trans » et son sigle « LGBT » — avec souvent un « + » ajouté à la fin du sigle « LGBT », afin d'englober toutes les identités de genres et orientations sexuelles méconnues — sont utilisés pour désigner les personnes non hétérosexuelles et/ou non cisgenres.

Ce sigle désignant collectivement les personnes bisexuelles, homosexuelles et transgenres peut également être utilisé dans des expressions qui se rattachent à ses personnes (mouvement LGBT et droits LGBT sont des exemples). Le terme « gay » est parfois abusivement utilisé pour désigner l'ensemble des personnes dites LGBT, bien qu'il ne se réfère qu'à l'une de ses composantes (les hommes homosexuels)[1],[2].

« LGBT » est parfois complété par la lettre I pour inclure les personnes intersexes, ou A pour asexuel, ou Q pour queer ou en questionnement, ou encore P pour les personnes pansexuelles : LGBTI, LGBTA, LGBTQ ou LGBTP. Les termes « allosexuel » ou « altersexuel » ont également été utilisés.

En Belgique, le terme « holebi », emprunté au flamand (de « homoseksueel, lesbisch en biseksueel »), est également employé.

Définitions[modifier | modifier le code]

Organigramme du terme LGBT (particulièrement détaillé pour la partie transgenre).

Termes relatifs à l'orientation sexuelle et affective (Lesbienne, Gay, Bi, Hétérosexuel-le, etc.) :

  • Bisexualité : se dit de l'attirance potentielle envers les personnes de son propre genre et d'un ou plusieurs autres genres, à des degrés divers (en particulier, la bisexualité consiste rarement en une attirance « égale » envers tous les genres[3]).
  • Pansexualité : se dit d'une attirance potentielle envers les personnes de tous les genres (sans distinction).
  • Hétérosexualité : se dit d'une attirance exclusive envers les personnes d'un genre différent du sien.
  • Asexualité : se dit d'une personne qui ne développe pas d'attirance sexuelle pour une autre personne.

Termes relatifs à l'identité de genre (personnes trans, personnes cisgenres, personnes intersexes) :

  • Intersexe : se dit d'une personne née avec des caractéristiques sexuelles (organes génitaux, gonades, taux d’hormones et/ou chromosomes) qui ne correspondent pas aux définitions typiques de « mâle » et « femelle »[4] (Non lié au genre mais au sexe biologique donc).
  • Trans : se dit d'une personne dont l'identité de genre n'est pas en accord avec le sexe biologique assigné à la naissance[5]. Les personnes transgenres peuvent effectuer des transitions de différents types : sociales, hormonales ou chirurgicales. D'autres personnes trans ne ressentent pas la nécessité d'effectuer la totalité des démarches à disposition.
  • Cisgenres : se dit d'une personne dont l'identité de genre est en accord avec le sexe biologique assigné à la naissance.
  • Non-binaire : se dit d'une personne dont l'identité de genre s'inscrit en dehors de la binarité hommes/femmes (par exemple une personne agenre, genderqueer, etc)

À noter, que les personnes trans disposent d'une orientation sexuelle et romantique et peuvent en conséquence être lesbiennes, gay, bisexuelles, hétérosexuelles, etc.

Études[modifier | modifier le code]

La population s'identifiant comme LGBT se décomposerait par ordre décroissant par les bisexuels, les homosexuels (les lesbiennes comme les hommes gays) et les transgenres[6],[7],[note 1].

Par ailleurs, parmi les personnes s'engageant dans des relations homosexuelles, peu sont celles qui excluent les relations hétérosexuelles. Ainsi, d'après une étude française conduite en 1993, 96,6 % des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ont aussi entretenu des relations hétérosexuelles[8]. Des études américaines ou danoises donnent des chiffres tout aussi considérables (de 90 à 96 %), ce qui montre que l'homosexualité (l'orientation sexuelle unique et exclusive envers les personnes de même sexe) est un comportement sexuel très marginal parmi les personnes s'engageant dans des relations avec des personnes de même sexe[8].

Au cours des XXe et XXIe siècles, des études ont été menées en Occident pour tenter de déterminer la proportion de la population s'étant engagée dans des relations de nature homosexuelle. Ainsi, Alfred Kinsey, dans une étude menée en 1948, a découvert que 46 % des sujets masculins interrogés (5 300 personnes) et de 6 à 14 % des femmes avaient eu une expérience sexuelle avec une femme et un homme, ou que ces personnes avaient déjà sexuellement « réagi » à des personnes des deux sexes[9].

Shere Hite est l'auteure d'une étude sur la sexualité masculine, Le Rapport Hite sur les hommes. Elle découvre dans ses recherches que 43 % des hommes sondés ont eu, durant leur enfance ou leur adolescence, des rapports sexuels avec d'autres garçons, sans que cela ne les empêche de mener ou de développer plus tard dans leur vie une sexualité hétérosexuelle[10].

Néanmoins, ces pratiques ne se retrouvent que rarement dans l'identification aux personnes LGBT : nombreuses sont les personnes s'étant engagées dans des relations avec des personnes de même sexe qui ne s'identifient pas, pour diverses raisons, comme « homosexuelles » ou « bisexuelles[3]. » Cela peut être dû à des raisons culturelles : par exemple, se présenter comme « hétérosexuel » lorsque l'on s'engage dans des relations homosexuelles et hétérosexuelles est une pratique généralisée en Amérique latine[11].

Une étude de l'IFOP, s'intéressant à l'électorat LGBT dans le cadre de l'élection présidentielle française de 2012 indique que 6,5 % des personnes âgées de 18 ans et plus s'identifient comme bisexuel(les) (3,5 % de l'électorat), lesbiennes, ou homosexuels (3 %), d'après un critère d'auto-identification, et non pas de pratiques (l'étude ne mentionne pas la transsexualité, puisqu'elle n'est pas une orientation sexuelle, mais fait référence à l'identité de genre. Les personnes trans sont donc intégrées dans l'étude, au titre de leur orientation sexuelle.)[12].

Droits LGBT[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Droits LGBT.

Les droits LGBT correspondent aux droits de l'homme des personnes bisexuelles, homosexuelles ou transgenres. Ces droits sont diversement reconnus dans le monde. La problématique particulière des droits LGBT a été abordée par les Nations unies, notamment par le biais de rapports[13].

Variantes[modifier | modifier le code]

Si l'acronyme LGBT (parfois GLBT) se veut représentatif des personnes non hétérosexuelles et est le plus utilisé, il est parfois complété pour être plus inclusif :

Pour éviter ce sigle à géométrie variable, les termes « allosexuel[note 2] » et « altersexuel » sont parfois utilisés. D'autres locuteurs utilisent le terme « LGBTQ+ » ou créent des acronymes, comme QUILTBAG[15].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Wetzler-Lang, Les nouvelles hétérosexualités, Éres, 2018.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'étude du Williams Institute indique toutefois que selon la date des sondages et les différents pays étudiés, les homosexuels déclarés arrivent parfois en première position, devant les bisexuels.
  2. Le terme d'« allosexuel » se veut un terme parapluie rassemblant « les personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles, transgenres, transsexuelles ou bispirituelles ».
    « Mémoire pour la Stratégie d’action jeunesse 2005-2008 du gouvernement du Québec » du Regroupement d'entraide pour la jeunesse allosexuelle du Québec (Québec Alliance for Queer Youth) (lire en ligne).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « LGBT : Definition of Term », sur geneq.berkeley.edu/.
  2. (en) Clinton Andor, « Words that are biphobic and why », UC Davis LGBT Resource Center (lire en ligne), projet associé à l'université de Californie à Davis.
  3. a, b et c (en) Meg Barker, Christina Richards, Rebecca Jones, Helen Bowes-Catton, Tracey Plowman, Jen Yockney et Marcus Morgan, « The Bisexuality report : Bisexual inclusion in the LGBT equality and diversity », Centre for Citizenship, Identities and Governance and Faculty of Health and Social Care, The Open University (2012) (lire en ligne « Copie archivée » (version du 25 août 2014 sur l'Internet Archive)).
  4. « LIBRES & ÉGAUX: VISIBILITÉ INTERSEXE | », Libres et égaux Nations Unies,‎ (lire en ligne).
  5. Emmanuelle Beaubatie, « Trans' », dans Juliette Rennes, Encyclopédie critique du genre, La Découverte, (ISBN 9782707190482, OCLC 965143553, lire en ligne), p. 640.
  6. (en) Gary J. Gates, « How many people are lesbian, gay, bisexual, and transgender? » [PDF], sur The Williams Institute, .
  7. (en) San Francisco Human Rights Commission, « Bisexual Invisibility: Impacts and Recommendations », sur sf-hrc.org, p. 1.
  8. a et b Antoine Messiah et Emmanuelle Mouret-Fourme, « Homosexualité, bisexualité : éléments de socio-biographie sexuelle », Population, no 5,‎ , p. 1353-1379.
  9. (en) « Bisexuality « Copie archivée » (version du 27 juin 2018 sur l'Internet Archive) », The Kinsey reports, Kinsey Institute.
  10. Shere Hite, Le rapport Hite sur les Hommes, Robert Laffont, 1983, repris par Élisabeth Badinter dans XY, De l'identité masculine (1992), p. 161-162.
  11. (en) « Latin American Gays : living la vida loca », The Economist.
  12. François Kraus, « Les électorats sociologiques - Les électorats sociologiques Gays, bis et lesbiennes : Des minorités sexuelles ancrées à gauche », IFOP, .
  13. (en) « Discriminatory laws and practices and acts of violence against individuals based on their sexual orientation and gender identity » [PDF], sur ohchr.org, .
  14. (en) An Activist's Guide to the Yogyakarta Principles « Copie archivée » (version du 27 juin 2018 sur l'Internet Archive).
  15. (en) QUILTBAG sur Wiktionary.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]