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Saint-Valentin

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Saint-Valentin
Image illustrative de l'article Saint-Valentin

Type Fête civile
Signification Fête des amoureux
Date 14 février

Le jour de la Saint-Valentin, le 14 février, est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux. Les couples en profitent pour échanger des mots doux et des cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses rouges qui sont l’emblème de la passion.

La Saint-Valentin est une fête laïque, ce saint ayant d'ailleurs été rayé du calendrier liturgique en 1969, mais laissé dans les calendriers régionaux[1].

Le 14 février (a.d. XVI Kalendas Martias) ne correspond à aucune fête dans la religion romaine et n'a pas d'origine antique. Les Lupercales, fêtes faunesques, se déroulant le 15 février ne peuvent être assimilées à une fête des amoureux contrairement à ce qu'écrivent certains.

L'origine réelle de cette fête est attestée au XIVe siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux car l'on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s'apparier. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, comme Halloween, cette fête s'est ensuite répandue à travers le continent à une époque récente.

L'on retrouve ce même rapprochement de la Saint-Valentin avec les amoureux dans les poèmes d'Othon de Grandson, vivant en Angleterre, de Chaucer et de son contemporain Charles d'Orléans (1394-1465) alors retenu captif en Angleterre qui fait souvent allusion à la Saint-Valentin jour où les amoureux se choisissaient leur partenaire ou renouvelaient leur serment. Selon Marc-René de Voyer d'Argenson (1722-1782), Charles d'Orléans aurait choisi ce saint comme patron des amoureux en souvenir de la "cour d'Amour" que tenait chez elle sa mère Valentine Visconti[2], mais peut-être, résidant alors en Angleterre, n'a t'il fait que reprendre les mêmes sources folkloriques que Chaucer ?

Saint Valentin fêté le 14 février avait été désigné par l'Église catholique comme saint patron des amoureux[réf. nécessaire].

En tout cas la Vie des Saints d'Adrien Baillet[3], 1704, dans la rubrique consacrée à Saint-Valentin ne fait pas la moindre allusion au fait que Saint-Valentin serait le patron des amoureux...

Coutumes contemporaines liées à cette fête

La fête est maintenant associée plus étroitement à l’échange mutuel de « billets doux » ou de valentins illustrés de symboles tels qu’un cœur ou un Cupidon ailé.

À l’envoi de billets au XIXe siècle a succédé l’échange de cartes de vœux. Cependant, en Amérique du Nord, les échanges de cartes ne se font pas selon la conception européenne où la carte de Saint-Valentin est envoyée à une personne « unique ». Il n'est pas rare qu'une personne y envoie une dizaine de cartes, et même que des élèves d'école primaire en envoient à leur maîtresse d'école.

En France, le dessinateur Raymond Peynet est l'auteur d'illustrations emblématiques des couples d'amoureux dont l'une a été reprise sur un timbre « Saint-Valentin de Peynet » par la Poste.

Carte de Saint-Valentin, vers 1910.

Les trois saints Valentins

Au moins trois saints différents sont nommés Valentin, tous trois martyrs[4]. Leur fête a été fixée le 14 février par décret du pape Gelase Ier, en 495. C’est à cette date qu’ils sont mentionnés dans les premiers martyrologes[5] :

  • Valentin de Rome, un prêtre qui a souffert le martyre à Rome dans la seconde moitié du IIIe siècle et qui a été enterré sur la Via Flaminia.
  • Valentin de Terni, un évêque d’Interamma (le Terni moderne), qui a également souffert le martyre dans la deuxième moitié du IIIe siècle et qui a également été enterré sur la Via Flaminia.

Origine médiévale en Angleterre

La première mention du jour de la Saint-Valentin avec une connotation amoureuse remonte au XIVe siècle en Angleterre, où l’on croyait que le 14 février était le jour où les oiseaux s'appariaient (lire entre autres « La Dame à la licorne »). Cette croyance est mentionnée dans les écrits de Geoffrey Chaucer au XIVe siècle. Il était courant durant cette période que les amoureux échangent des billets et s’appellent chacun leur Valentin. Un de ces billets du XIVe siècle se trouverait à la British Library. Il est probable que nombre de légendes sur la Saint-Valentin ont été inventées pendant cette période. Parmi ces légendes, on trouve celles-ci :

  • La veille du martyre de Saint Valentin, il a glissé un « valentin » à la fille du geôlier qui aurait lu « de la part de votre Valentin ».
  • Pendant une période d’interdiction de mariage des soldats romains par l’empereur Claude II, Saint Valentin arrangeait secrètement les mariages. Dans la plupart des versions de cette légende, le 14 février est la date liée à son martyre.

Ce fut Othon de Grandson, lors de la deuxième moitié du XIVe siècle, poète et capitaine vaudois à la cour d'Angleterre, qui fit connaître cette coutume dans le monde latin, notamment à la cour de Savoie : trente pour cent de sa poésie est dédiée à cette tradition. Citons par exemple La Complainte de Saint Valentin (I et II), La Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson, Le Souhait de Saint Valentin et Le Songe Saint Valentin.
Au début du XVe siècle, Charles d’Orléans fit connaître l'œuvre d'Othon à la cour de France. Il écrivit lui-même plusieurs poèmes dédiés à la Saint-Valentin. Par la suite, cette tradition se perdit dans le monde latin et ne fut réactualisée qu'au XIXe siècle[réf. souhaitée].

Reliques des saints Valentin

Reliques de Saint-Valentin à Roquemaure
Vitrine reliquaire st valentin église Saint-Pierre-du-Chemin vendée

Il existe plusieurs saints, donc plusieurs sites :

  • à Dublin : au XIXe siècle, des reliques d'un saint Valentin furent léguées par le pape Grégoire XVI à l’église des Carmélites de la rue Whitefriar à Dublin, qui est alors devenue un lieu de pèlerinage pour le 14 février. En 1969, dans le souci d’épurer le calendrier catholique de tous les saints légendaires, l’Église a ôté le jour de la Saint-Valentin de son calendrier officiel.
  • à Roquemaure : depuis le , l’église de Roquemaure dans le Gard abrite les reliques de saint Valentin de Terni. En 1868, elles furent achetées à Rome par Maximilien Richard, riche propriétaire viticole du Château de Clary de Roquemaure, qui les utilisa dans le but de protéger les vignobles du phylloxera[6], apparu là deux ans auparavant. Elles sont depuis sorties tous les deux ans, lors une grande fête commémorant la procession, le dimanche le plus proche du 14 février.
  • à Saint-Pierre-du-Chemin, en Vendée, église Saint-Pierre depuis 1847, et authentifiées par le Vatican. Depuis février 2016 les reliques y sont exposées. Le reliquaire de saint Valentin occupera la place centrale dans une vitrine circulaire qui présente entre autre une pièce majeure, un plateau en argent massif qui date de 1730. Il porte l'inscription « je suis Saint-Pierre-du-chemin ». Il devait être utilisé pour mettre les burettes[réf. souhaitée].

Les prétendues origines antiques dans les fêtes de la fertilité du mois de février

Comme on peut le lire dans diverses publications, certains auteurs, folkloristes, narrateurs, conteurs ou sites commerciaux, désireux de donner un lustre d'antiquité à la fête de Saint-Valentin, n'hésitent pas à faire un rapprochement hâtif avec les Lupercales et signalent que l’association du milieu du mois de février avec la fécondité et la fertilité date de l’Antiquité. Ils rappellent même que dans la calendrier du VIème et Vème siècle, de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et de Héra, mais on peut difficilement croire, sans sources probantes, que son souvenir ait traversé deux mille ans d'histoire[7] alors que le calendrier attique avait depuis longtemps disparu vers le troisième siècle avant J-C et que son souvenir ne fut tiré de l'oubli que par les érudits de la Renaissance.

Certes, dans la Rome antique, le 15 février étaient fêtées les Lupercales ou festival de Faunus, le dieu de la fécondité, appelé Lupercus car il éloignait les loups. Les Luperques, prêtres de Lupercus, sacrifiaient des chèvres au dieu. Avec le couteau sanglant, les prêtres touchaient le front de deux jeunes patriciens, un garçon et une fille. Un bouc était ensuite sacrifié, et de sa peau étaient fabriquées des lanières. Les Luperques, semblables à une troupe de Faunes, couraient alors nus autour du Palatin en frappant, avec les lanières, les femmes qui se mettaient sur leur passage pour recevoir don de fertilité conformément à l'oracle de Junon, protectrice du mariage et de la maternité[8].

Néanmoins cette fête antique, faisant renaître la sauvagerie primitive des temps rustiques de Rome, bien plus proche de certaines fêtes carnavalesques subsistantes, peut difficilement être assimilée à une fête des amoureux et cela d'autant plus que le mois consacré à Vénus était en réalité le mois d'avril[9]. À partir des Kalendes d'avril durant trois jours les jeunes-filles ornées de couronnes de fleurs se répandaient dans les rues, et, après avoir édifié des cabanes décorées de myrte, y célébraient la déesse Vénus dans des chœurs.

La Saint-Valentin dans le monde

Carte anglo-saxone de Saint-Valentin
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En France, les fleuristes font en ce jour de la Saint-Valentin le chiffre d'affaires qu'ils feraient habituellement en une semaine. La rose représente 80 % des ventes[10].

En Colombie, la Saint-Valentin est fêtée le troisième samedi du mois de septembre, et s'appelle día del amor y amistad (« jour de l'amour et de l'amitié »).

En Iran, Sepandarmazgan ou Esfandegan, est un festival où les gens expriment l'amour envers leurs mères et épouses, et c'est aussi une célébration de la terre dans la culture perse antique.

La Saint-Valentin s’est popularisée également en Inde et au Pakistan, provoquant l’hostilité de certains groupes opposés à cette influence occidentale[11].

En Chine, depuis les années 1980, la Saint-Valentin connaît une popularité importante, notamment chez les jeunes, qui génère diverses activités commerciales.

Au Japon, la Saint-Valentin a été introduite par des fabricants de chocolat à la fin des années 1950[12]. Elle est une fête commerciale où les femmes offrent des chocolats aux hommes, le 14 février de chaque année. Elles en offrent à l'être aimé, on parle alors de honmei choco (本命チョコ?), mais les femmes en offrent aussi par courtoisie à leurs collègues de travail masculins, leur patron, ou encore leur famille, on parle alors de giri choco (義理チョコ?). Dans un deuxième temps, les hommes qui ont reçu des honmei choco ont l'opportunité d'offrir aux femmes un cadeau en retour lors du white day (ホワイトデー, howaito dē?), célébré le 14 mars[12]. En guise de présent, les femmes reçoivent du chocolat blanc, des bijoux ou de la lingerie (de couleur blanche). L'absence de cadeau en retour doit être considéré comme le signe d'un amour unilatéral.Ce concept lancé au Japon s'est étendu à la Corée du Sud, à Taïwan et à Hong Kong[réf. souhaitée].

En Algérie, la Saint-Valentin, fêtée le , est plus populaire chez les jeunes. Les couples s'offrent dans ce jour des roses et du chocolat et plus rarement d'autres cadeaux. Dans les écoles, on parle aussi d'élèves qui offrent des roses à leurs maîtresses.

Au Liban, ce jour là, les amoureux s'offrent des chocolats, des gâteaux, des roses et plein d'autre cadeaux signifiant l'amour. Les lycées et collèges organisent à la Saint Valentin le Red Day, où les élèves viennent habillés en rouge sans porter l'uniforme scolaire et où il y a vente de gâteau, de chocolat, et des échange de câlins et de cadeaux[style à revoir].

Autres fêtes des amoureux

En Catalogne, on trouve la Sant Jordi le 23 avril, lors de laquelle les hommes offrent une rose aux femmes et les femmes un livre aux hommes[13].

Au Brésil, on ne parle pas de Saint-Valentin mais de dia dos namorados (jour des amoureux) fêté le 12 juin.

En Israël, Tou Beav est un jour dont la signification peut se rapprocher de la Saint-Valentin. Il est fêté au mois de juillet ou d'août (date grégorienne changeant suivant le calendrier hébraïque).

En Chine à côté de la Saint-Valentin, il existe une fête traditionnelle, le Qi Qiao Jie, pour les amoureux, provenant d’une légende ancienne, dont la date est le septième jour du septième mois du calendrier lunaire.

Bibliographie

  • The world book Encyclopeadia, 1973, tome XX, p. 204.
  • Henry Ansgar Kelly, dans : "Chaucer and the Cult of Saint Valentine", Leiden: Brill, 1986, pp. 58-63.
  • Jack B. Oruch, "St. Valentine, Chaucer, and Spring in February", dans : Speculum, 56.3 (juillet 1981:534–565).

Notes et références

  1. Calendarium Romanum, Libreria Editrice Vaticana, Rome, 1969, p. 117
  2. Marc-René de Voyer d'Argenson (1722-1782), De la lecture des livres françois, première partie, Paris, chez Moutard, 1780, p. 24 : « Il est souvent parlé de ce jour de Saint Valentin dans les Poésies du Duc d'Orléans, et il y est dit que c'étoit le jour où les amoureux se choisissaient une Dame, ou renouveloient leurs sermens à celles auxquelles ils étoient attachés. Il y auroit une dissertation curieuse à faire sur cette question : Pourquoi Saint Valentin est-il le Patron des Amoureux ? mais nous ne hasarderons qu'une conjecture. La mere du Duc d'Orléans s'appeloit Valentine Visconti, Princesse de Milan ; elle étoit très-galante et trais-gaie, et tenoit chez elle, une espece de Cour d'amour. Sa fête devoit être en quelque façon celle des amoureux » texte en ligne.
  3. André Baillet, La vie des Saints, "XIX jour de février. S. Valentin prêtre et Martyr", Paris, 1704, col. 217-218.
  4. Selon l’encyclopédie catholique de 1908.
  5. Liste des personnes ayant été tuées à cause de leur foi chrétienne, avec une brève description des circonstances de leur mort.
  6. Maladie de la vigne qui ravagea le vignoble français au XIXe siècle.
  7. Henry Ansgar Kelly, dans : "Chaucer and the Cult of Saint Valentine", Leiden: Brill, 1986, pp. 58-63 ; Jack B. Oruch, "St. Valentine, Chaucer, and Spring in February", dans Speculum, 56.3 (juillet 1981:534–565).
  8. Ovide, Fastes, 2-265.
  9. Ovide, Fasti, 90, 4 : Aprilem memorant ab aperto tempore dictum / quem Venus inecta vindicat alma manu.
  10. Claire Fages, « La Saint-Valentin dope le marché des fleurs », sur RFI,‎
  11. (en) Hindu and Muslim anger at Valentine's, BBC, 11 février 2003.
  12. a et b Les Japonaises préparent la Saint-Valentin... en achetant du chocolat, Le Quotidien, le 13 février 2014.
  13. La fête de la Sant Jordi de nos jours, Association Sant Jordi

Voir aussi

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Articles connexes