PeerTube

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PeerTube (/ˈpɪə̯.tjuːb/) est un logiciel libre, sous licence AGPLv3.0, d'hébergement de vidéo décentralisé grâce à la diffusion en pair à pair, créé en 2015 et soutenu par Framasoft. Il fonctionne sur le principe d'une fédération d'instances hébergées par plusieurs entités différentes[2]. Son objectif est de fournir une solution de remplacement aux plateformes centralisées telles que YouTube ou Dailymotion[3],[4].

Historique[modifier | modifier le code]

En 2015, ne trouvant pas de plate-forme de remplacement à YouTube, Chocobozzz, alors étudiant, a développé un premier prototype de plateforme décentralisée[5]. En 2017, il a été contacté par Framasoft qui, dans le cadre de sa feuille de route Contributopia[6], cherchait à développer une autre possibilité que les plateformes centralisées et l'a donc embauché. L'association lui a fourni les moyens nécessaires pour développer le projet, notamment au niveau du design (le premier prototype n'étant pas très joli selon son concepteur).

Début 2018, Framasoft lance un financement participatif sur KissKissBankBank[7]. Une première version bêta publique est lancée en tandis que la sortie de la première version stable est annoncée en octobre 2018.

En juin 2018, quelques mois après la première version bêta, 113 instances sont accessibles sur le web, hébergeant plus de 10 000 vidéos[8].

Fin juin 2018, différentes chaînes vidéos YouTube, dont celle de la Fondation Blender, l'OpenCourseWare du MIT ou encore Human Beatbox, se trouvent bloquées avec un message laissant penser à des problèmes de violation de copyright, Google annonce des changements de licence après la coupure, obligeant les chaînes comportant plus de 100 000 abonnés d'activer la monétisation (par la publicité), Google d'après la Foundation Blender, l'aurait activée automatiquement pour sa chaîne. Cela a poussé la fondation à créer sa propre instance de PeerTube[9],[10],[11]. Le 29 juin, la campagne de financement KissKissBankBank a atteint l'objectif minimal de 20 000 euros, et finit le avec 53 100 euros, au-dessus du second objectif[7],[12].

Technologies[modifier | modifier le code]

Ce service web utilise la technologie WebTorrent. Chaque instance PeerTube comporte un tracker torrent et chaque navigateur web visionnant une vidéo va automatiquement la repartager. Cette méthode permet ainsi de distribuer la charge entre le serveur et les clients ainsi que la bande passante utilisée[13] (principe du P2P).

PeerTube utilise également le protocole ActivityPub, un récent standard du W3C, afin de permettre un fonctionnement compatible avec les autres services décentralisés comme Mastodon ou Diaspora* (par exemple, on peut commenter depuis un compte Mastodon une vidéo publiée sur une instance PeerTube). Cela permet de générer un « écosystème » de plateformes décentralisées en opposition aux systèmes centralisés (cas des GAFAM). Cet écosystème se veut davantage résistant à la censure et aux attaques sur le réseau, les GAFAM étant considérés comme des points uniques de défaillance.

Chaque serveur PeerTube peut héberger un nombre de vidéos en rapport avec les ressources allouées (espace de stockage en particulier). Tout l'intérêt du système repose sur la fédération des instances PeerTube : chaque serveur peut s'abonner à d'autres serveurs, dont il va redistribuer les vidéos. Cette mise en réseau permet ainsi d'héberger un grand nombre de vidéos sans nécessiter d'infrastructures équivalentes à celles des géants du web.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://github.com/Chocobozzz/PeerTube/releases/tag/v1.0.0-beta.9
  2. Vincent Hermann, « PeerTube : le « YouTube décentralisé » passe en bêta publique », Next Inpact,‎ (lire en ligne).
  3. Camille Suard, « PeerTube veut devenir l'alternative française et décentralisée à YouTube », sur 01net.com, (consulté le 16 mai 2018)
  4. Dominique Desaunay, « Vidéos à la demande: PeerTube, un anti-YouTube plus libre? », sur rfi.fr, Radio France Internationale, (consulté le 7 juillet 2018)
  5. Pauline Verge, « PeerTube, une tentative d'alternative française et décentralisée à YouTube », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  6. « Contributopia : dégoogliser ne suffit pas – Framablog », sur framablog.org (consulté le 30 mars 2018).
  7. a et b KissKissBankBank, « PeerTube, a free and federated video platform », sur kisskissbankbank.com (consulté le 6 juillet 2018)
  8. « Statistiques PeerTube » (consulté le 20 juin 2018).
  9. (en) Francesco Siddi, « YouTube Blocks Blender Videos Worldwide », sur blender.org, Fondation Blender, (consulté le 7 juillet 2018)
  10. (en) Ernesto, « PeerTube: A ‘Censorship’ Resistent YouTube Alternative », sur torrentfreak.com, (consulté le 7 juillet 2018)
  11. (es) David Onieva, « Cuando YouTube falla para los creadores de contenidos, pueden migrar a otra plataforma que les dé un mayor control », sur adslzone.net, (consulté le 7 juillet 2018)
  12. Bastion Lion, « PeerTube, le « YouTube décentralisé », réussit son financement participatif », sur lemonde.fr, (consulté le 9 juillet 2018)
  13. « PeerTube, une plate‐forme Web de vidéos fédérée utilisant le P2P - LinuxFr.org », sur linuxfr.org, (consulté le 30 mars 2018).

Lien externe[modifier | modifier le code]