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Femme trans

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Une femme trans est une personne trans qui a été assignée homme à la naissance, et qui a une identité de genre féminine. L'identité de femme transgenre n'est pas forcément interchangeable avec celle de femme transsexuelle, bien que les deux soient souvent employées de la même manière. « Transgenre » est un terme générique qui inclut différents types de personnes ayant une variance de genre (notamment les personnes transgenres qui ont suivi des opérations de réattribution sexuelle pour que leur apparence soit conforme à leur identité).

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Article connexe : Transidentité.
Femme trans à la Pride de São Paulo en 2008.
Femme trans à la Pride de São Paulo en 2008.

L'assignation sexuelle se réfère au fait d'avoir été assigné, ou nommé, selon le sexe du bébé, habituellement basé sur l’apparence des organes génitaux externes.

L'identité de genre se réfère au sentiment et à l'expérience intime d'une personne quant à son propre genre, qui peut être différent de celui qui a été assigné à la naissance.

La transition désigne le processus d'adoption sociale et personnelle de l'identité correspondant au sentiment intime du genre d'une personne, sans nécessairement inclure l'intervention médicale (traitement hormonal, opérationsetc.), les changements concernant les documents juridiques (nom et/ou marqueur de sexe, certificat de naissance, etc), et l'expression personnelle (vêtements, accessoires, voix, langage corporel).

Les femmes transsexuelles et transgenres peuvent ressentir de la dysphorie de genre, c'est-à-dire la détresse relative au décalage entre leur identité de genre et le sexe qui leur a été assigné à la naissance (et le rôle de genre associé, ainsi que les caractéristiques sexuelles primaires et secondaires)[1].

Les femmes transsexuelles et transgenres peuvent transitionner (socialement, médicalement, démarches à l'état civil, etc). Un élément essentiel de la transition médicale concerne la prise d'œstrogènes, qui entraîne le développement des caractères sexuels secondaires féminins (seins, redistribution de la graisse corporelle, baisse du rapport taille-hanche, etc). Associé à la chirurgie de réattribution sexuelle, la personne pourra ne plus ressentir de dysphorie de genre, ce qui lui apportera un soulagement majeur.

De la même manière, un homme trans est une personne ayant été assignée femme à la naissance, mais dont l'identité de genre est masculine.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Certaines femmes trans ayant terminé leur transition de genre préféreront être simplement appelées « femme », considérant que les termes « femme trans » ou « transsexuelle male-to-female » devraient être utilisés pour qualifier des personnes qui n'ont pas totalement fini leur transition de genre. Également, beaucoup d'entre elles peuvent ne pas vouloir être perçues comme des « femmes trans », étant donné la tendance de la société à classer « autre », tout individu qui ne rentre pas dans le système de la binarité de genre, ou bien parce que, pour des raisons personnelles, elles ne souhaitent pas s'identifier comme des personnes transgenres en phase post-transitionnelle[2].

La transition fait référence à la période durant laquelle se produit la transformation (réassignation sexuelle) ainsi que la création de la nouvelle identité auprès des instances légales.

Certains termes péjoratifs et transphobes sont parfois utilisés pour parler des femmes transgenres, alors qu'ils désignent d'autres réalités, par exemple : travelo (tranny en anglais) qui fait référence à un homme qui se déguise en femme, ce terme n'étant par ailleurs pas lié à des pratiques sexuelles ou à la prostitution mais peut faire partie des cosplay ; shemale (de l'anglais she -elle- et male -mâle-) désigne une personne assignée homme à la naissance, et qui a des caractéristiques féminines et masculines, notamment des seins et un pénis (voir Pornographie transsexuelle).

L'acceptation des femmes trans en tant que femme dans la société est contestée par certains courants féministes[3].

Orientation sexuelle[modifier | modifier le code]

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Le stéréotype du garçon efféminé qui grandit en vivant progressivement comme une femme a une très longue histoire[4]. C'est une mauvaise conception et un stéréotype qui suggère que toutes les femmes trans sont hétérosexuelles. Cependant, certaines anciennes recherches concernant l'orientation sexuelle des femmes trans sont douteuses. De nombreuses études comportent des biais, étant donné que les personnes transgenres ont le sentiment que pour obtenir un traitement hormonal, certaines réponses aux questionnaires de pré-diagnostic comportent des réponses « vraies » et « fausses ». Pat Califia, auteur de Sex Changes et Public Sex a indiqué que ce groupe avait été très lucide concernant les réponses à donner pour être éligible au traitement hormonal et/ou à la chirurgie de réattribution sexuelle : « Aucun des spécialistes de l'égalité des sexes ne semble réaliser qu'ils sont eux-mêmes responsables de la situation où les transsexuels doivent décrire un ensemble prédéfini de symptômes et faire un récit de manière clairement prescrite afin d'obtenir l'approbation du docteur pour ce qui devrait être leur droit inaliénable[5]. » Une étude sur 3 000 femmes trans a montré que seulement 23 % d'entre elles se déclaraient hétérosexuelles, 31 % comme bisexuelles, 29 % comme lesbiennes, 7 % comme asexuelles, 7 % comme queer, et 2 % comme « autre »[6].

Libido[modifier | modifier le code]

Une étude de 2008[Laquelle ?] montre que les femmes trans ont une plus forte décroissance de leur libido (34 %) que les femmes cisgenres (23 %), mais la différence n'est pas significative et elle peut être due au hasard[7]. De la même façon que pour les hommes, la libido féminine est corrélée au niveau de testostérone[8],[9],[10],[11] (avec quelques controverses[12]), mais l'étude de 2008 ne montre aucune corrélation de ce genre avec les femmes trans[7],[13].

Selon le chercheurs Barrett, les femmes cisgenres les plus susceptibles d'accepter et d'accommoder la transition de leur partenaire sont celles qui ont une faible libido ou celles qui sont sexuellement attirées par les hommes et les femmes[14].

Discrimination[modifier | modifier le code]

Les femmes trans, comme tout autre personne de genre variant, font face à de nombreuses discriminations et à de la transphobie. Une étude de 3 000 femmes trans vivant aux États-Unis, résumée dans le rapport Injustice at Every Turn: A Report of the National Transgender Discrimination Survey, a montré qu'elles en avaient été victimes[6].

Le rapport de 2010 de la National Coalition of Anti-Violence Programs concernant les violences anti-LGBTQI+ a trouvé que sur 27 personnes assassinées en raison de leur identité LGBTQI+, 44 % étaient des femmes trans[15]. Les discriminations sont particulièrement marquées à l'égard des femmes trans de couleur, qui font l'expérience de l'intersection du racisme et de la transphobie (voir l'article transphobie pour plus de détails).

Dans son livre Whipping Girl, la femme trans Julia Serano se réfère au type de discrimination auquel font face les femmes trans : la « transmisogynie »[16].

Écrits[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage intitulé Whipping Girl, a Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity[17], Julia Serano, autrice transsexuelle et féministe, analyse la situation des femmes trans dans la société occidentale. Elle démontre que ces dernières ne souffrent pas seulement de transphobie, mais, comme toutes les femmes cisgenres ou trans, de sexisme et de misogynie. Elle écrit que si les femmes trans sont rejetées et méprisées, c'est bien d'abord parce que ce sont des femmes dans une société qui dévalorise la féminité.

Dans son article « Quelle place pour les femmes trans au sein des mouvements féministes ? »[18] le professeur Alexandre Baril, s'inspire du livre Excluded[19] de Julia Serano pour défaire les mythes sur les femmes trans qui sont présents dans certains groupes féministes. Il rapporte que des groupes féministes refusent la présence de femmes trans, car elles ne seraient pas des femmes mais des hommes. Ces groupes féministes justifient leur exclusion des femmes trans à partir des mythes suivants :

  • les femmes trans ont une biologie masculine,
  • elles ont eu une socialisation masculine,
  • elles possèdent des privilèges masculins,
  • elles sont une menace masculine.

Pour déconstruire ces mythes, Alexandre Baril questionne premièrement la manière de déterminer le sexe d'une personne. Il rappelle que les féministes ont établi plusieurs dimensions au sexe (par exemple anatomique, gonadique, chromosomique et hormonal) et que ces composantes peuvent varier d'une personne à l'autre. Les groupes féministes ne font d'ailleurs par d'examen physiques pour vérifier le sexe des femmes, elles se fient plutôt à l'auto-identification. Deuxièmement, il présente que l'exigence d'une socialisation spécifiquement féminine est illogique car la socialisation ne détermine pas l'identité de genre. Si l'argument d'avoir vécu l'expérience de socialisation et d'oppression féminine étaient valable, d'autres mouvements sociaux, comme celui LGBQ, ne pourraient pas se rassembler car ils sont constitués de personnes aux parcours de vie différents. Troisièmement, il souligne que les privilèges masculins sont distribués inégalement entre les hommes en fonction d'autres appartenances telles que la race ou l'orientation sexuelle. Il rappelle que les privilèges ne sont pas éternels et qu'une femme trans peut perdre ses privilèges masculins pendant sa transition. Finalement, il déconstruit le mythe de la menace masculine en soulignant le caractère homophobe et raciste de cet argument. Bien que des groupes féministes croient que l'exclusion des femmes trans sur la base de caractéristiques physiques (par exemple pilosité ou ton de voix) assuraient la création d'un espace sécuritaire pour les membres du groupe, elles reproduisent plutôt l'oppression vécue par les femmes. Si l'objectif est d'assurer la création d'espace sécuritaire, Alexandre Baril suggère de « s'attaquer aux dynamiques internes des groupes et aux comportements problématiques dans ces espaces. »[18].

Liste non exhaustive de femmes ouvertement trans[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Femme trans.

De plus en plus de femmes trans parlent de leur transidentité, sur Internet et dans les médias[20],[21].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Standards of Care for the Health of Transsexual, Transgender, and Gender Nonconforming People (version 7) », The World Professional Association for Transgender Health, p. 96.
  2. (en) Julia Serano, Whipping girl: a transsexual woman on sexism and the scapegoating of femininity, Emeryville, California, Seal Press, , 29–30 p. (ISBN 1-58005-154-5).
  3. (en) McKinnon, Rachel, « Gender, Identity, and Society », Philosophy: Sex and Love,‎ , p. 175-198
  4. (en) Julia Dudek, « Playing with Barbies:The Role of Female Stereotypes in the Male-to-Female Transition », Transgender Tapestry,‎ (lire en ligne).
  5. (en) « FindArticles.com - CBSi », sur findarticles.com.
  6. a et b (en) « Injustice at Every Turn: A Report of the National Transgender Discrimination Survey », National Center for Transgender Equality & National Gay and Lesbian Task Force, p. 29.
  7. a et b (en) E. Elaut, G. De Cuypere, P. De Sutter, L. Gijs, M. Van Trotsenburg, G. Heylens, J. M. Kaufman, R. Rubens et G. T'Sjoen, « Hypoactive sexual desire in transsexual women: prevalence and association with testosterone levels », Bioscientifica, vol. 158, no 3,‎ , p. 393–9 (PMID 18299474, DOI 10.1530/EJE-07-0511).
  8. (en) B. Turna, E. Apaydin, B. Semerci, B. Altay, N. Cikili et O. Nazli, « Women with low libido: correlation of decreased androgen levels with female sexual function index », International Journal of Impotence Research, vol. 17, no 2,‎ , p. 148–153 (PMID 15592425, DOI 10.1038/sj.ijir.3901294).
  9. (en) N. Santoro, J. Torrens, S. Crawford, J. E. Allsworth, J. S. Finkelstein, E. B. Gold, S. Korenman, W. L. Lasley, J. L. Luborsky, D. McConnell, M. F. Sowers et G. Weiss, « Correlates of circulating androgens in mid-life women: the Study of Women's Health Across the Nation », Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, vol. 90,‎ , p. 4836–4845 (PMID 15840738, DOI 10.1210/jc.2004-2063).
  10. (en) BB. Sherwin, M. M. Gelfand et W. Brender, « Androgen enhances sexual motivation in females: a prospective, crossover study of sex steroid administration in the surgical menopause », Psychosomatic Medicine, vol. 47, no 4,‎ , p. 339–351 (PMID 4023162, DOI 10.1097/00006842-198507000-00004).
  11. (en) B Sherwin, « Changes in sexual behavior as a function of plasma sex steroid levels in post-menopausal women », Maturitas, vol. 7, no 3,‎ , p. 225–233 (PMID 4079822, DOI 10.1016/0378-5122(85)90044-1).
  12. (en) SR. Davis, S. L. Davison, S. Donath et R. J. Bell, « Circulating androgen levels and self-reported sexual function in women », Journal of the American Medical Association, vol. 294,‎ , p. 91–96 (PMID 15998895, DOI 10.1001/jama.294.1.91).
  13. (en) G. De Cuypere, G. T'Sjoen, R. Beerten, G. Selvaggi, P. De Sutter, P. Hoebeke, S. Monstrey, A. Vansteenwegen et R. Rubens, « Sexual and physical health after sex reassignment surgery », Archives of Sexual Behavior, vol. 34,‎ , p. 679–690 (PMID 16362252, DOI 10.1007/s10508-005-7926-5).
  14. (en) James Barrett, Transexual and Other Disorders of Gender Identity: A Practical Guide to Management, RADCLIFFE MEDICAL PRESS LTD, (ISBN 185775719X), p. 83.
  15. (en) Marc Lavers, « 70 Percent of Anti-LGBT Murder Victims Are People of Color », ColorLines,‎ (lire en ligne).
  16. (en) Bernadette Barker-Plummer, « Fixing Gwen », Feminist Media Studies, vol. 13,‎ , p. 710–724 (DOI 10.1080/14680777.2012.679289, lire en ligne).
  17. Julia Serano, Whipping Girl, a Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity, Seal Press, 2007.
  18. a et b Alexandre Baril, « Quelle place pour les femmes trans au sein des mouvements féministes? », Spirale,‎ , p. 39-41 (lire en ligne)
  19. (en) Julia Serano, Excluded: Making Feminist and Queer Movements More Inclusive, Seal Press, , 336 p. (ISBN 978-1580055048)
  20. (en) « Famous Transgender », sur famoustransgender.com.
  21. (en) « HugeDomains.com - Celebwarship.com is for sale (Celebwarship) », sur www.celebwarship.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]