Emmanuelle Ménard

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Emmanuelle Ménard
Illustration.
Fonctions
Députée française
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 20 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 6e de l'Hérault
Législature XVe
Groupe politique NI
Prédécesseur Élie Aboud
Biographie
Nom de naissance Emmanuelle Duverger
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Lille
Nationalité Française
Conjoint Robert Ménard
Profession Juriste
Religion Catholicisme
Site web menard2017.fr

Emmanuelle Ménard, également connue sous son nom de jeune fille Emmanuelle Duverger[n 1], née le à Lille, est une journaliste et femme politique française.

Épouse de Robert Ménard qu'elle rencontre en 2000, elle accompagne son parcours journalistique puis politique. Lors des élections législatives de 2017, elle est élue dans la 6e circonscription de l'Hérault avec le soutien du Front national (FN), de Debout la France (DLF), de Souveraineté, identité et libertés (SIEL), du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) et du Mouvement pour la France (MPF).

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire du Nord[1], Emmanuelle Duverger est issue d'une famille de quatre enfants[2]. Elle est la fille d'une femme au foyer devenue bibliothécaire et d’un cadre commercial dans le secteur pétrolier ; elle grandit dans un milieu de classe moyenne[3],[2].

Elle suit des études de droit à l'université Lille-II[2] puis à l'université Panthéon-Sorbonne[3]. Elle entre à la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), où elle devient responsable du secteur Afrique au milieu des années 1990, puis dirige le département Justice internationale[3],[4]. Elle participe notamment à la rédaction de l’argumentaire de la FIDH lors du procès du général Paul Aussaresses, tout en jugeant « scandaleux de faire un procès à l’éditeur » ayant publié ses témoignages d'actes de torture lors de la guerre d’Algérie[3].

En 2000, elle rencontre Robert Ménard, alors président de Reporters sans frontières (RSF), lors d'un sommet de la francophonie à Bamako (Mali)[1]. Ils se marieront et auront une fille[4]. Ensemble, ils collaborent à l'écriture de plusieurs livres ; La Censure des bien-pensants (2003) et Vive Le Pen (2011) ainsi qu'à la revue trimestrielle Médias[4].

Elle quitte la FIDH en 2003, affirmant que celle-ci a peu apprécié la concurrence incarnée par Robert Ménard à la tête de RSF[3].

Rédactrice en chef du site internet Boulevard Voltaire, elle enseigne depuis 2014 à l'Institut des hautes études de journalisme de Montpellier où elle donne des classes de maître[3],[5]. Elle gère pendant un temps les éditions Mordicus[3].

Bien qu'elle n'ait aucun rôle officiel auprès de Robert Ménard à la mairie de Béziers, elle participe largement aux prises de décision de ce dernier, inspirant notamment l’installation d'une crèche dans l’hôtel de ville pour les fêtes de Noël en 2014[3].

Emmanuelle Duverger se porte candidate aux élections législatives de 2017 dans la 6e circonscription de l'Hérault, avec le soutien du Front national (FN), de Debout la France (DLF), de Souveraineté, identité et libertés (SIEL), du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) et du Mouvement pour la France (MPF)[6],[7],[8]. À l'issue du second tour, elle l'emporte avec 53,49 % des suffrages[9]. Elle est la seule députée d'extrême droite élue lors de ces législatives qui n'a jamais eu de mandat auparavant[10] et qui n'adhère à aucun parti[11].

À l'Assemblée, elle siège parmi les non-inscrits et à la commission des Affaires économiques. Son rattachement au titre du financement de la vie politique est au Front national[12].

Elle se distingue de la plupart des députés FN, dont certains la critiquent anonymement, par une plus grande activité à l'Assemblée[13],[11]. Après six mois de législature, elle est la 47e députée la plus active selon le classement établi par Capital[14]. Après un an de législature, L'Opinion estime qu'elle « s’est imposée [...] comme l’une des figures les plus présentes dans l’Hémicycle » : « Emmanuelle Ménard manque rarement une séance publique, nuits et week-end compris »[11].

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Union des droites[modifier | modifier le code]

Elle indique avoir voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 et 2012, comme son époux[15]. Partisane de l'union des droites, elle applaudit parfois le groupe Les Républicains à l'Assemblée[16],[17] et met en avant ses convergences avec Laurent Wauquiez[18],[19]. En accord avec Marine Le Pen, elle prend contact, au début de la législature, avec les équipes de Nicolas Dupont-Aignan et de Jacques Bompard (qui laisse ensuite sa place à sa suppléante, Marie-France Lorho) afin de constituer un groupe parlementaire[20]. En octobre 2017, elle participe au lancement des « Amoureux de la France », une plateforme dont Nicolas Dupont-Aignan est à l'initiative et destinée à rassembler la droite au-delà des clivages partisans[21]. En décembre 2017, Valeurs actuelles écrit qu'« à force de travail, la députée gagne le respect de certains de ses homologues LR : ceux qui lui chuchotaient leurs félicitations se laissent même désormais aller à quelques applaudissements »[22]. Elle est dépositaire des appellations « Union des droites » et « Quand on veut on peuple » auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI)[23].

Mœurs[modifier | modifier le code]

Mediapart affirme qu'elle « défend des positions très conservatrices sur la famille »[3]. Catholique pratiquante, elle est militante de La Manif pour tous[24],[25] ; elle commande à Frigide Barjot l'ouvrage Touche pas à mon sexe !, paru en janvier 2013 chez Mordicus dans le contexte de la mobilisation contre le mariage homosexuel[3]. Libération l'a décrite comme une « catholique militante proche de la nébuleuse Civitas »[26] ; elle dément une telle proximité, de même que celle qu'on lui prête avec l'institut traditionnaliste ICHTUS, et rejette le qualificatif d'intégriste[3],[24]. Le couple Ménard est proche d'Antoine de Rochebrune, responsable de l'Opus Dei en France[24].

Peu après son élection comme députée, elle déclare lors d'une interview que, selon elle, un enfant élevé par un couple homosexuel aura plus de « difficultés dès le départ », ce qui lui attire des critiques. Elle se défend alors d'être homophobe et affirme qu'« il faut revenir à la nature, tout simplement, à mère Nature qui depuis une éternité, depuis le début de l'Humanité, a fait en sorte que pour faire un enfant, il faut une mère et un père, il faut un homme et une femme »[27].

Dans le même temps, elle salue le « symbole magnifique » que représente Simone Veil, récemment décédée, qui « pourrait avoir sa place au Panthéon » selon elle. Elle estime cependant que l'esprit de la loi Veil sur l'IVG « n'est pas celui qu'elle souhaitait quand elle l'avait présentée en 1974 » et estime qu'« on a tendance à le généraliser, à le banaliser », appelant à proposer « toutes les solutions possibles et pas seulement l'IVG », aux femmes enceintes[28].

Elle est opposée à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de lesbiennes et les femmes seules[28].

En mai 2018, elle s'oppose à la création d’une contravention d’« outrage sexiste » pour les faits de harcèlement dans l’espace public, regrettant « une chasse à l’homme » qui interdit « une certaine gauloiserie qui n’a rien de comparable à un harcèlement »[29].

Divers[modifier | modifier le code]

Comme son époux Robert Ménard, elle défend la liberté d'expression selon une ligne très proche de celle du premier amendement de la Constitution des États-Unis et souhaite notamment l’abrogation de la loi Gayssot[3].

Elle plaide pour un arrêt complet de l'immigration, en dehors des réfugiés[3].

En février 2018, elle dépose, avec Marie-France Lorho, une proposition de loi visant à la reconnaissance officielle comme crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide les exactions commises en Vendée entre 1793 et 1794 ; il s'agit de la 4e tentative de cet ordre depuis 2007[30],[31].

En mai 2018, elle dépose une proposition de loi visant à l'interdiction des pailles en plastique dans un souci de protection de l'environnement[32].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle a toujours fait usage du nom d'Emmanuelle Duverger dans sa vie publique (nom de plume, responsabilité légale du site Boulevard Voltaire), jusqu'en 2017, date à laquelle elle a été élue députée de la 6e circonscription de l'Hérault sous le nom d'Emmanuelle Ménard.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b M. C., « Emmanuelle Duverger, une femme de tête » sur L'Express, 16 octobre 2015
  2. a b et c Tristan Berteloot, « Emmanuelle Ménard: extrême fonction » sur Libération, 30 août 2017
  3. a b c d e f g h i j k l et m Loup Espargilière, « Emmanuelle Ménard, radicale-voltairienne tendance fusion des droites », sur Mediapart, (consulté le 27 juillet 2017).
  4. a b et c Olivier Faye, « Emmanuelle Duverger, la tête pensante de Robert Ménard » sur M, le magazine du Monde, 27 mai 2016
  5. Arnaud Gauthier, « Les confidences d'Emmanuelle Ménard, la femme du maire de Béziers » sur Midi libre, 7 mars 2016
  6. Victor Dhollande-Monnier, « Emmanuelle Duverger, directrice de Boulevard Voltaire et femme de Robert Ménard, candidate aux législatives à Béziers » sur Le Lab (Europe 1), 10 mai 2017
  7. Alexandre Decroix, « Béziers : qui est Emmanuelle Duverger, l'épouse de Robert Ménard candidate de l'extrême droite aux législatives ? » sur le site d'LCI, 11 mai 2017
  8. Marc de Boni, « Emmanuelle Ménard, l'autre femme forte de l'extrême droite à l'Assemblée », sur lefigaro.fr, (consulté le 9 juillet 2017)
  9. Législatives 2017 : Emmanuelle Ménard élue dans la 6e circonscription de l'Hérault sur Le Parisien, 18 juin 2017
  10. Luc Rouban, « De la présidentielle aux législatives, les mirages du renouvellement », dans Pascal Perrineau (dir.), Le Vote disruptif, Presses de Sciences Po, (ISBN 9782724621655, lire en ligne), p. 293.
  11. a b et c Ivanne Trippenbach et Caroline Vigoureux, « Emmanuelle Ménard, la députée qui dérange les droites », sur L'Opinion.fr, (consulté le 7 juin 2018).
  12. . Sur le site de l'Assemblée Nationale, voir la ligne "Rattachement au titre du financement de la vie politique" : http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA719608
  13. Marc de Boni, « Le FN accuse Rugy de l'empêcher de former un groupe à l'Assemblée », sur lefigaro.fr, (consulté le 22 août 2017).
  14. « Les députés d'En marche, cancres de l'Assemblée... Notre classement », sur Capital.fr, (consulté le 22 décembre 2017).
  15. Madeleine Meteyer, « Robert et Emmanuelle Ménard, le couple d'ambitieux qui veut dynamiter le FN », sur lefigaro.fr, (consulté le 3 septembre 2017).
  16. Loup Espargilière, « Le Front national à la recherche d'une existence parlementaire », sur Mediapart, (consulté le 9 juillet 2017)
  17. « Emmanuelle Ménard : «Je ne fais pas de pèlerinage au siège du FN avant de m'exprimer », sur lefigaro.fr, (consulté le 7 août 2017).
  18. « VIDÉO - Emmanuelle Ménard : "On retrouve dans la bouche de Laurent Wauquiez une expression de Jean-Marie Le Pen" », sur lci.fr, (consulté le 2 novembre 2017).
  19. « Elue avec le soutien du FN, Emmanuelle Ménard se dit d’accord à "90%" avec Wauquiez », sur europe1.fr, (consulté le 3 janvier 2018).
  20. Emmanuel Galiero, « Les débuts atones du Front national à l'Assemblée », sur lefigaro.fr, (consulté le 7 août 2017).
  21. Hadrien Mathoux, « Dupont-Aignan, Poisson et Emmanuelle Ménard lancent leur union des droites... snobée par les droites », sur marianne.net, (consulté le 26 octobre 2017).
  22. Charlotte d'Ornellas et Bastien Lejeune, « Le dernier songe des orphelins de la droite », sur valeursactuelles.com, (consulté le 3 janvier 2018).
  23. Laurent Fargues, « Front national : la bataille du changement de nom fait rage », sur challenges.fr, (consulté le 13 janvier 2018).
  24. a b et c « Béziers: Emmanuelle Duverger, une femme de tête », L'Express, (consulté le 17 octobre 2015).
  25. Pascale Nivelle, « Un Béziers «pour l’exemple» », sur liberation.fr, (consulté le 5 mars 2015)
  26. Antoine Guiral, « A Béziers, l’art et le Ménard », sur liberation.fr, (consulté le 15 février 2015)
  27. Sylvain Chazot, « Accusée d'être homophobe, Emmanuelle Ménard en appelle à "mère Nature" contre la PMA et la GPA pour les couples gays », sur Le Lab, (consulté le 8 juillet 2017)
  28. a et b « Emmanuelle Ménard regrette que l'IVG soit aujourd'hui “généralisée“ et ”banalisée” », sur https://france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 8 juillet 2017)
  29. Le Monde.fr avec AFP, « L’Assemblée nationale adopte le projet de loi contre les violences sexuelles », sur lemonde.fr, (consulté le 19 mai 2018).
  30. Clémence Holleville, « Deux députées proposent une loi pour faire reconnaître le « génocide vendéen », sur ouest-france.fr, (consulté le 16 mars 2018).
  31. 6medias, « Le « génocide vendéen » peut-il être reconnu ? », sur lepoint.fr, (consulté le 16 mars 2018).
  32. Eline Erzilbengoa, « La députée de l'Hérault Emmanuelle Ménard propose d'interdire les pailles en plastique », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 19 mai 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]