Troll (Internet)

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Une des deux origines possibles : Le troll, créature monstrueuse peu amicale ou agressive du folklore scandinave (ici tirant la queue d'une vache)

En argot Internet, un troll caractérise ce qui vise à générer des polémiques. Il peut s'agir d'un message (par exemple sur un forum), d'un débat conflictuel dans son ensemble ou de la personne qui en est à l'origine. Ainsi, « troller », c'est créer artificiellement une controverse qui focalise l'attention aux dépens des échanges et de l'équilibre habituel de la communauté[1].

Désigner un « troll » est un jugement subjectif, la désignation d'un élément sciemment perturbateur pour le décrédibiliser et l'éviter. L’argumentation caricaturale et récurrente sont les « empreintes typiques d'un troll ». Ils sont la preuve d'une mécommunication, et d'une impossibilité d'échange dans la compréhension mutuelle, mais le « trollage »[2] présume en plus des provocations intentionnelles et le but de nuire.

Le troll est à distinguer du « flaming », qui consiste en l'envoi de messages délibérément hostiles et insultants avec l'intention de créer un conflit.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Autre origine possible : La cuillère est un leurre pour attraper le poisson à la pêche à la traîne (trolling).

L'usage en français du verbe « troller » ou du nom commun « troll » est un emprunt à l'argot Internet de langue anglaise. L'usage de ce terme en anglais (sur Internet) est prétendu remonter aux années 1980[3], mais la première mention avérée daterait d'un message de 1992 sur le groupe Usenet alt.folklore.urban[4]. Deux origines distinctes sont généralement proposées pour ce troll Internet :

Selon la première hypothèse, le mot ferait référence au troll, une créature monstrueuse peu amicale ou agressive du folklore scandinave. Ce terme serait alors emprunté au troll des langues scandinaves (notamment suédois ou norvégien), lui-même emprunté au vieux norrois trǫll ou troll attesté dans la littérature nordique du Moyen Âge[5]. Au sens figuré, le troll désigne aussi dans les pays scandinaves un individu ayant un comportement inapproprié, violent ou agressif[réf. souhaitée].

Selon la deuxième hypothèse, le mot dériverait du verbe anglais « to troll » ou du mot « trolling », qui font références à des techniques de pêche à la traine et à la cuillère. Ce verbe anglais to troll dérive peut-être du moyen français « troller, trôler », qui fait référence à des déplacements au hasard ou en vagabondant et s'applique à des techniques de chasse ou pêche[6]. L'usage de trolling en anglais, avec le sens figuré de « chercher à provoquer des réactions » est attesté vers 1972 dans l'armée américaine[7].

Déroulement[modifier | modifier le code]

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Panneau d’interdiction de nourrir les trolls.

On dit qu’une discussion s’enflamme lorsque les échanges se multiplient entre les participants et que le ton monte. L’origine du conflit — si conflit il y a — n’est pas forcément un troll, ou tout du moins n’est pas forcément un troll « volontaire ». On ne parle de troll que lorsqu’on pense avoir décelé une volonté de polémiquer allant au-delà de la volonté d’avancer dans une discussion.

Les méthodes d’action du troll vont de la simple insulte au flood, en passant par diverses démarches, telles que :

  • ne jamais être d’accord sur quelque sujet que ce soit, ou à l’inverse l’être systématiquement. Le but n’est alors pas de donner son avis mais d’alimenter la polémique ;
  • ne jamais être d’accord avec un interlocuteur considéré comme gênant, le traitant de fake, d’inculte, de naïf, voire de troll ;
  • allusion à un débat voisin, mais hautement polémique (par exemple, allusion au conflit israélo-palestinien dans un débat sur la politique égyptienne) ;
  • attaques sur la forme (par exemple, commencer les réponses avec l’expression « c’est n’importe quoi », ou bien critiquer l'orthographe des autres pour les discréditer) ;
  • hors sujet ou Argumentum ad hominem (attaques personnelles, détournement du fond du débat) ;
  • double discours ;
  • sous-entendus menaçants ;
  • insultes visant un groupe de personnes (définis par leur nationalité, religion, opinion politique, etc.) et permettant de déclencher de nouvelles interventions ;
  • procès d'intention ;
  • délation et/ou diffamation ;
  • bluff ;
  • sophisme ;
  • autodérision de façade pour camoufler des intentions malveillantes ;
  • moquerie fraternelle et private joke ;
  • mélange de flatterie envers les uns et injures envers les autres, pour s’attirer à la fois alliés et ennemis. Lorsque le but du troll est le jeu ou la provocation, il tente de maximiser son nombre d’adversaires. Au contraire, s’il est déterminé à nuire il va tenter d’avoir un maximum d’alliés et d’isoler sa victime ;
  • « parler par slogan » est aussi une méthode utilisée par le troll qui souhaite envenimer une discussion, la ramenant par là-même à une forme simpliste du débat de départ.

Le sujet « part en troll » si des participants au débat « tombent dans le piège » tendu par le troll et se lancent dans une discussion stérile éloignée du sujet initial. On a tendance à dire que l’unique solution se trouve dans la phrase « Don’t feed the Troll » (en français : « Ne nourrissez pas le troll »), c’est-à-dire : ignorez le troll ou ne lui donnez pas matière à polémiquer.

Un troll peut être perçu positivement ou négativement selon les situations et les personnes. Il est toujours pugnace, abandonne parfois le débat mais jamais le sujet qui l’obsède. Ainsi, un troll ignoré ou insatisfait tentera à plusieurs reprises d’enflammer la discussion. Le troll obsessionnel est attaché à un sujet et ramène toujours le débat à lui, en général un concept, une idée simpliste ou même un mot d’ordre. Généralement, si la discussion s’envenime suffisamment et que les arguments viennent à manquer, le troll ou l’un de ceux qui le nourrissent finit par atteindre le point Godwin. Mener leurs victimes jusqu’à ce point peut être vu par certains trolls comme l'aboutissement de leur action.

  • Il existe aussi le troll, comprenant une erreur (appelée fail en anglais), donnant naissance aux trolls faces (visages de trolls).

Limite[modifier | modifier le code]

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Certaines personnes dénoncent les abus d’utilisation du terme « troll » qui pourrait parfois servir à couper court à toute discussion et débat. Ainsi, un intervenant à un débat pourrait utiliser ce terme afin de discréditer les personnes qui remettent en cause ses thèses, en les accusant de vouloir polémiquer. Ainsi, dans des débats, certaines personnes n'hésitent pas à traiter de troll toute personne n'étant pas d'accord avec l'avis majoritairement représenté pour la discréditer (par exemple un commentaire négatif sur une vidéo très populaire est vite victime de cela). Le troll se détachant d’une simple opposition d’idées par l’aspect volontaire de la polémique, il est parfois extrêmement difficile à découvrir. Ainsi, parfois, ce peut être l’accusateur qui est en fait un troll (voir la méthode hypercritique).

Sujets de troll classiques[modifier | modifier le code]

Dans la tradition d'Usenet puis du Web, certains sujets polémiques sont réputés pour les débats sans fin qu’ils engendrent. Ceux-ci, généralement fondés sur des préférences personnelles sur lesquelles il est impossible de trouver un compromis, peuvent être utilisés afin de lancer un troll. Par exemple, parmi les utilisateurs de systèmes UNIX ou GNU, les sempiternelles querelles entre les partisans de l’éditeur de texte vi et ceux de l’éditeur de texte Emacs en font un sujet de troll classique.

Il en est de même pour les préférences en matière d’environnement de bureau pour systèmes X11 (par exemple, les débats comparant GNOME, KDE ou XFCE), pour les préférences en matière d’ordinateur, de console de jeux (par exemple, PS3 contre Wii ou contre Xbox 360), de système d’exploitation (par exemple, Windows contre GNU/Linux ou contre Mac OS ; ou encore iOS contre Android), de navigateurs (Internet Explorer contre Firefox ou Safari ou Opera ou Chrome), d’écoles (Supinfo, eXia, ou Epitech contre EPITA), voiture à essence contre diesel, etc.

Le phénomène n’est pas limité aux sujets relatifs à l’informatique, ainsi chaque grand thème (société, économie, politique, sciences, sexe, racisme…) possède sa panoplie de sujets à trolls, qui finissent par être bien connus des usagers des forums concernés.

La plupart des sites de discussion et des listes de diffusion ont leurs débats-types, tellement ressassés qu’il n’est pas rare de voir des participants crier au troll dès que le sujet est mentionné, prenant parfois au dépourvu un nouvel utilisateur.

Psychologie[modifier | modifier le code]

Le psychisme des trolls est depuis peu un sujet d'étude. Il en ressort une corrélation entre le comportement de troll et le sadisme, la psychopathie et le machiavélisme. Parmi ces traits, le sadisme est celui qui est le plus fortement lié à l'activité de troll. Cela conduit les auteurs d'une étude à décrire les trolls comme une manifestation sur Internet du sadisme ordinaire[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le troll [...] participe aux débats dans le but de perturber ceux-ci » « [...] le débat s’est focalisé sur lui pendant un certain moment, ce qui était son but. Le troll a donc pour effet de déstabiliser l’équilibre de la communauté, en poussant les gens à se détourner du sujet de discussion qui les rassemble dans ce groupe précis. » Anne Revillard, Les interactions sur l'Internet, Terrains & travaux 1/2000 (n° 1), p. 108-129.
  2. « Le trollage est une technique consistant à empêcher le bon fonctionnement d'un forum de discussion sur Internet en parlant de sujets provocateurs [...] »Définition de trollage sur L'Internaute.
  3. Schwartz, Mattathias, « The Trolls Among Us », The New York Times, 2008.
  4. « Troll » dans Oxford English Dictionary, 2006
  5. Troll sur Online Etymology Dictionary ; voir aussi l'Troll#Étymologie pour détails et sources.
  6. Signification du français « troller » : « Troller », sur CNRTL
  7. L'expression « trolling for MiGs » utilisée par les pilotes de l'US Navy. John Saar, « Carrier War », Life, 1972 lire en ligne
  8. (en) Erin E. Buckels, Paul D. Trapnell et Delroy L. Paulhus, « Trolls just want to have fun », Personality and Individual Differences, no Volume 67,‎ , p. 97–102 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]