Youth for Climate

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Youth For Climate
Image illustrative de l’article Youth for Climate
Situation
Région Monde
Création
Type Organisation non gouvernementale internationale
Domaine Dérèglement climatique
Écologie politique
Organisation
Organisations affiliées Fridays for Future

Site web https://youthforclimate.be
https://youthforclimate.fr

Le mouvement Youth For Climate est un mouvement construit autour du mode d’action de la grève étudiante pour le climat. Il s’inscrit dans un dynamique et un mouvement international de collégiens, lycéens et étudiants quittant leur établissement scolaire les vendredis ou jeudis, pour participer à des manifestations en faveur de l’action contre le réchauffement climatique. La première grève de l’école pour le climat a été lancée par Greta Thunberg, le 20 août 2018 devant le Riksdag (Parlement suédois). L'adolescente militante suédoise explique aux journalistes conviés qu'elle n'ira pas à l'école jusqu'aux élections générales du . Elle continuera, après les élections, à faire grève chaque vendredi. Son engagement mènera à la création d’un mouvement nommé Fridays for Future (Vendredis pour le futur). Cette nouvelle forme de mobilisation prendra rapidement de l’ampleur à travers l’Europe puis sur les autres continents. Les structures organisatrices des mobilisations diffèrent souvent par leur noms (ici Youth For Climate en France, à Chypre, en Belgique, et au Luxembourg.), mais restent liées au mouvement initial Fridays For Future.

Le mouvement en Belgique[modifier | modifier le code]

Kyra Gantois et Anuna De Wever, à la marche pour le climat du 27 janvier 2019.

Le mouvement est né en Belgique début , répondant à l'appel de la suédoise Greta Thunberg, une lycéenne de 16 ans à l'origine de la première grève de l'école pour le climat.

Dans une vidéo publiée le sur Facebook, Anuna De Wever et Kyra Gantois, les 2 initiatrices du mouvement en Belgique, invitent les étudiants belges à faire grève chaque jeudi[1]. Adélaïde Charlier est la coordinatrice du mouvement pour la partie francophone du pays[2].

Le mouvement prend rapidement de l'ampleur, 3 000 étudiants manifestent à Bruxelles le premier jeudi puis 12 000 le jeudi suivant et 35 000 le jeudi [3].

Le mouvement apparaît petit à petit dans d'autres pays (France, Pays-Bas, Suisseetc.).

Le mouvement en France[modifier | modifier le code]

Le mouvement Youth For Climate en France est organisé en groupes locaux par villes ou départements, indépendants les uns des autres, mais regroupés sous un même nom. Au 5 juin 2020, on dénombre 128 groupes locaux répartis dans 13 régions[4]

Île-de-France[modifier | modifier le code]

En Île-de-France, le mouvement débute le à Paris, lors d'une première assemblée générale à la Faculté des Sciences de Sorbonne Université[5]. Suite à cette assemblée, est décidé de débuter les grèves hebdomadaires dès le vendredi suivant (jour commun à toutes les organisations de grèves scolaires pour le climat). Chaque vendredi matin une action de désobéissance civile a lieu, suivie, dans l'après-midi par une marche ou un rassemblement. Chaque vendredi de chaque semaine (du au ), est alors porté par des revendications qui lui sont propres. Elles sont rédigées collégialement au cours de la semaine puis publiées chaque vendredi sous le nom et la forme de "Leçons au gouvernement", sur le site du média Reporterre.

  • Le , a lieu le premier jour de grève scolaire décidé par le mouvement, un rassemblement annoncé mais non déclaré en préfecture a eu lieu devant le Ministère de la transition écologique qui a résulté en un blocage du boulevard St-Germain[6]. Les façades du ministère ont été recouvertes par des peintures de mains vertes. Brune Poirson, secrétaire d'Etat à l'écologie s'est présentée aux grévistes avec la proposition d'une rencontre avec quelques membres, proposition qui est refusée par les manifestants, qui ont répondu par une autre proposition, que les membres du gouvernement viennent s'exprimer dans un espace de débat ouvert au public. Le rassemblement a par la suite été nassé par les forces de l'ordre, puis démantelé par des sorties au "compte-goutte". Cette méthode des forces de l'ordre a permis un comptage très précis du nombre de personnes rassemblées ce jour, soit 1094 personnes.
  • Le , est le deuxième vendredi de grève, l'action du matin est un blocage de la Caisse des dépôts et consignations pour demander une politique de décroissance énergétique[7]. L'après-midi la marche rassemble plusieurs milliers de jeunes à Opéra, accompagnés par Greta Thunberg, Anuna de Wever, Kyra Gantois et Adélaïde Charlier. Les grévistes français seront conviés à une rencontre avec Emmanuel Macron à l'Elysée aux côtés des représentantes allemandes et suédoise du mouvement. Le représentant français désigné pour l'occasion quittera la salle après une lecture du manifeste du mouvement de l'époque et que le président aie refusé la captation vidéo de l'échange. Cette condition étant jugée nécessaire par le mouvement français pour dialoguer en toute transparence, étant donné l'absence de représentant unique, contrairement aux branches des autres nations[8]. Le mouvement a proposé à Emmanuel Macron de le rencontrer à nouveau si celui-ci actait réellement en faveur de l'écologie et répondait de manière favorable aux revendications des grévistes.
  • Le , en pleine semaine du salon de l'agriculture, les revendications hebdomadaires sont choisies en conséquences[9] . L'action de blocage concerne le salon directement au parc des expositions de la Porte de Versailles. Au même moment, à l'intérieur, un groupe de militants s'attaque au stand de la FNSEA, avec des opérations de sensibilisation et de jets de boules puantes.
  • Le , à l'occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, les revendications sont également rédigées dans l'optique de cette journée, avec un accent marqué sur l'éco-féminisme[10], l'action du matin se déroule dans la nuit du jeudi au vendredi, il s'agit une action plus symbolique, au cours de laquelle les grévistes renomment les rues de Paris aux noms de femmes ayant œuvré dans le domaine de l'écologie et de l’éco-féminisme.
  • Le signe la première grève portée à l'international. La date avait été choisie longtemps à l'avance pour être celle de la première "Grève mondiale pour le climat" (Global Climate Strike). A Paris, l'action de blocage se déroule dans le quartier d’affaires de La Défense au siège de la Société Générale qui est bloqué par 200 jeunes avec des revendications pointant les responsabilités du système économique dans la crise environnementale [11]. L'après-midi, la marche réunie plus de 50 000 jeunes qui défilent dans les rues de Paris (168 000 dans toutes la France)[12]. Cette mobilisation surprend les organisateurs de l'époque par son nombre de participants. Cette date marque en France une étape pour ce mouvement car elle donnera suite à une apparition accélérée de nouveaux groupe locaux.
  • Le a lieu la deuxième grève mondiale pour le climat, le groupe local d'IDF organise de nouveau une marche
  • Le est la dernière marche organisée en date pour le groupe local d'IDF. A l'issue de cette dernière, un forum des luttes est organisé au parc de Bercy, avec des stands propres à chaque luttes ou organisation en lutte, ainsi qu'une scène principale de prise de parole libre.
  • Lors de la 4e grève mondiale, le , jour des grandes soldes du "Black Friday", la plupart des groupes locaux du mouvement se lancent dans une opération nationale de blocage de centres commerciaux en collaboration avec d'autres mouvements écologistes, nommée en conséquence « Block Friday ». L'objectif de cette opération est de dénoncer la surproduction et la surconsommation organisée pendant le Black Friday[13],[14]. D'autres groupes locaux opteront seulement pour des manifestations.
Tag à la peinture rouge : "Capitalisme mortifère" dans un hall propre et vitré.
Exemple de tag écrit sur les murs du hall des locaux de BlackRock France.
  • Le au matin, des membres du groupe local Youth for Climate IDF, accompagnés d'autres collectifs, pénètrent dans le siège parisien de BlackRock dans l'immeuble Le Centoriale (aux 16 et 18 Rue du ) et taguent des messages comme « l’avenir en feu », ou « je veux vivre », sur les murs des bureaux, afin de dénoncer ses investissements écocides[15], ainsi que pour le rôle attribué à l'entreprise de gestion d'actifs dans la réforme des retraites[16]. A propos de cette intrusion, de nombreuses voix du monde politique soutiennent l'initiative, comme David Belliard, candidat d'Europe Écologie Les Verts à la mairie de Paris qui appelle à « comprendre les violences » des activistes écologiques[17]. Plusieurs militants ainsi que le mouvement justifient la violence matérielle mais s'interdisent toute violences corporelles ou psychologiques, et assument une « radicalisation » du mouvement[18]. Elle est à ce jour une des actions les plus médiatisées organisées de son propre chef par un groupe local du mouvement français.

Occitanie[modifier | modifier le code]

En Occitanie, le mouvement compte environ 15 groupes locaux réparti dans 13 départements (dont 7 sans aucuns). L'occitanie étant l’un région plutôt rural le mouvement a du mal à se s'étendre en dehors de Toulouse, Montpellier et Perpignan. Mais petit à petit l’entraide s’organise et le côté régional prend de l’ampleur, même si pour l’instant l’une des missions principal de faire la liste des groupes locaux toujours debout et l’aide à la création là où il n’y en a pas (missions mener surtout pendant le confinement). En effet beaucoup de groupe locaux ont vu le jour le 15 mars 2019,mais, sans soutien du national (dont ils ne connaissais pas l’existence), on finit par jeter l’éponge. Par le biais d’un serveur discord, les membre se donner des conseils pour leurs actions respectives et mettent à disposition leurs savoirs et leurs compétences surtout pour aider les plus petit groupes locaux.

Youth for Climate au niveau national[modifier | modifier le code]

  • Les premières assises nationales du mouvement sont organisées à Nancy, le week-end des 13 et , elles aboutissent à la clarification du fonctionnement horizontal de Youth For Climate France sous forme de groupes de travail sans hiérarchie entre-eux[19].
  • Le , en parallèle d'une action menée par le mouvement Extinction Rebellion sur le pont de Sully, des jeunes de Youth For Climate France, venus de plusieurs groupes locaux occupent l'espace public devant l'Élysée, pendant plus de six heures [20].
  • Les deuxièmes assises du mouvement se déroulent à Bordeaux pendant le weekend du . Cette nouvelle réunion nationale a regroupé 130 participants[21]. Ces assises ont été majoritairement constituées de formations dispensées par d'autres associations ou groupes de luttes environnementales. Une action de blocage a également eu lieu dans un McDonald's du centre-ville pendant près de dix heures d'affilée[22],[23]. Des actions telles que des « lights off » (extinction d’enseignes lumineuses), ou des « clean walks » (marches de ramassage de déchets sur l’espace public) ont également eu lieu [24].
  • Les jeunes se réunissent une nouvelle fois à Grenoble du au , à l'occasion de nouvelles assises, avec un objectif de restructuration profonde du mouvement, par la définition d'objectifs précis et d'une ou plusieurs stratégies qui en découlent. C'est un moment clé dans l'histoire du mouvement français, puisqu'il permet à Youth For Climate France de se structurer autour d'un texte, ainsi que de réaffirmer son désir d'horizontalité à travers des objectifs fixes et des stratégies adaptables[25],[26].
  • Les "Opérations Lucioles", actuellement au nombre de deux sont des campagnes dites de "Light-Off". Elles sont menées nationalement et sur une nuit, elles consistent à éteindre les enseignes lumineuses laissées allumées par des commerçants hors des horaires légaux. Elles sont considérées pour le mouvement essentiellement comme des opérations de sensibilisation, mais surtout comme des outils de création de lien entre militants, le format de petits groupes mobiles permettant une parole plus libre qu'en assemblée générale ou autres réunions d'intégration.

Les rencontres internationales[modifier | modifier le code]

Début , une délégation de jeunes de Youth For Climate France se rend au Parlement européen. Ils échangent avec plusieurs eurodéputés, à Bruxelles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Vincent, « Deux Flamandes en « grève scolaire » contre le réchauffement climatique », DaarDaar,‎ (lire en ligne)
  2. Wahoub Fayoumi, « Anuna De Wever et Adélaïde Charlier: deux jeunes à la tête du combat pour le climat », rtbf.be info,‎ (lire en ligne)
  3. « Marche des jeunes pour le climat : les organisateurs « espèrent plus de 35 000 personnes » à Bruxelles », Le Soir,‎
  4. « Carte des Groupes Locaux », sur Youth for Climate France (consulté le 5 juin 2020)
  5. « Manifeste de la jeunesse pour le climat », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  6. Nelly Didelot, « Grève scolaire pour le climat : «En 2050, vous serez morts, pas nous !» », sur Libération.fr, (consulté le 2 juin 2020)
  7. « 2e leçon des jeunes au gouvernement : il faut la décroissance énergétique », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  8. « Greta Thunberg et les jeunes marchent pour le climat à Paris : « Quand je serai grand, je voudrais être vivant » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  9. « 3e leçon des jeunes au gouvernement : lançons la transition alimentaire », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  10. « 4e leçon des jeunes au gouvernement : la lutte pour l'écologie sera féministe ou ne sera pas », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  11. « 5e leçon des jeunes au gouvernement : sortons du capitalisme », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  12. « Mobilisation des jeunes pour le climat : et après ? », sur www.linfodurable.fr (consulté le 2 juin 2020)
  13. Natacha Zimmermann et A. F. P. agence, « Qui sont les mouvements derrière les actions anti-Black Friday? », sur Le Figaro.fr, (consulté le 31 décembre 2019)
  14. « « Black Friday » : actions contre la surconsommation et ses conséquences écologiques », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 31 décembre 2019)
  15. « Des militants ont fait intrusion dans les bureaux de BlackRock à Paris », sur www.20minutes.fr (consulté le 10 février 2020)
  16. Youth for Climate France, « Mettons Hors Service BlackRock », sur Youth for Climate France, (consulté le 10 février 2020)
  17. Pierre Lepelletier, « Intrusion chez BlackRock : David Belliard «condamne» les violences mais appelle à «comprendre» », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  18. « [VIDÉO] Quand un militant écologiste justifie la violence matérielle, mais pas “physique” à BlackRock », sur Valeurs actuelles (consulté le 12 février 2020)
  19. « Marche des jeunes pour le climat : « On va continuer de mettre la pression » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 15 juillet 2019)
  20. « L’action de Youth for Climate devant l’Élysée : 15 ans et déjà plus chauds que le climat » (consulté le 4 mai 2020)
  21. « Environnement : le mouvement "Youth for Climate" organise ses prochaines assises nationales à Bordeaux », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine (consulté le 4 mai 2020)
  22. « Bordeaux : Des jeunes écolos bloquent un McDonald's qu'ils assimilent à une scène de crime écologique », sur 20minutes.fr, (consulté le 30 décembre 2019)
  23. « 70 « jeunes pour le Climat » occupent un McDo à Bordeaux », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juillet 2019)
  24. « Clean Walk Challenge Nationale », sur Youth for Climate France (consulté le 4 mai 2020)
  25. « Grenoble : des jeunes venus de toute la France se rassemblent pour le 3e congrès du mouvement Youth for climate », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (consulté le 30 décembre 2019)
  26. « ENVIRONNEMENT. Le mouvement Youth for Climate se réunit à Grenoble », sur www.ledauphine.com (consulté le 4 mai 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]