Youth for Climate

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Youth For Climate
Nom du mouvement affiché au centre en lettre majuscule imprimée, entouré par un laurier circulaire vert.
Logo du mouvement.
Situation
Région Belgique, France, Inde
Création
Type Mouvement citoyen
Domaine Dérèglement climatique
Écologie politique
Anticapitalisme
Organisation
Personnes clés Anuna De Wever, Adélaïde Charlier (Belgique)
Dépend de Fridays for Future

Site web https://youthforclimate.be
https://youthforclimate.fr

Youth for Climate est un mouvement citoyen implanté en Belgique et en France, s'inscrivant dans l'initiative Fridays for Future initiée par la militante écologiste Greta Thunberg dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le mouvement, lancé par deux étudiantes belges, est à l'origine de plusieurs grèves scolaires pour le climat en Belgique entre janvier et . Il apparaît en France en .

En Belgique[modifier | modifier le code]

Kyra Gantois et Anuna De Wever, à la marche pour le climat du .

Le mouvement est né en Belgique début , répondant à l'appel de la Suédoise Greta Thunberg, une lycéenne alors âgée de 16 ans, à l'origine de la première grève de l'école pour le climat.

Le , deux étudiantes belges, Anuna De Wever et Kyra Gantois, invitent les étudiants de leur pays à faire grève chaque jeudi[1]. Adélaïde Charlier assure la diffusion du mouvement dans la partie francophone de la Belgique[2].

Une première manifestation rassemble 3 000 personnes à Bruxelles. Le , 35 000 personnes manifestent devant le parlement européen. De nombreuses villes sont ensuite le théâtre de ces marches, avant que le mouvement ne s'essouffle. La dernière journée de protestation est organisée le et réunit 7 500 personnes dans la capitale du pays[3].

En France[modifier | modifier le code]

Lancé en , Youth For Climate France se définit comme « un mouvement de jeunes qui se mobilisent pour la justice climatique et sociale, la protection de l’environnement et de la biodiversité »[4].

Après avoir débuté en organisant des marches hebdomadaires, le mouvement se radicalise et, fin 2019, prône des actions directes de lutte anticapitaliste[5].

Lancement du mouvement et actions en Île-de-France[modifier | modifier le code]

Le mouvement débute en Île-de-France le , lors d'une première assemblée générale à la Faculté des Sciences de Sorbonne Université. Le principe d'actions hebdomadaires est décidé. Chaque vendredi matin doivent avoir lieu des assemblées locales et des actions symboliques, et des marches ou rassemblements doivent être organisés l'après-midi. Le même jour, il est prévu de publier des revendications sous forme de « Leçons» adressées au gouvernement[6].

Le a lieu le premier jour de grève scolaire devant le Ministère de la Transition écologique pour dénoncer l'inaction du gouvernement[7]. Le , un blocage de la Caisse des dépôts et consignations est organisé pour demander une politique de décroissance énergétique[8]. L'après-midi la marche rassemble plusieurs milliers de personnes accompagnés de Greta Thunberg, Anuna de Wever, Kyra Gantois et Adélaïde Charlier. En fin de journée, Emmanuel Macron reçoit, à sa demande, Greta Thunberg accompagnée de quelques militants[9]. Le , c'est le salon de l'agriculture qui est la cible des manifestants[10]. Le vendredi suivant l'accent est mis sur l'éco-féminisme[11]. Enfin, le s'inscrit dans la première « Grève mondiale pour le climat ». La marche réunit plus de 50 000 personnes à Paris et 168 000 dans toute la France selon ses organisateurs[12].

La dernière marche organisée en Île-de-France a lieu le . Un forum des luttes est organisé au parc de Bercy[réf. nécessaire].

Assises nationales[modifier | modifier le code]

Les premières assises nationales du mouvement sont organisées à Nancy, les 13 et et aboutissent à la clarification du fonctionnement horizontal de Youth For Climate France sous forme de groupes de travail sans hiérarchie entre-eux[13].

Les deuxièmes assises du mouvement se déroulent à Bordeaux au mois de [14]. A l'occasion, un fast-food du centre-ville est bloqué plusieurs heures[15]. Des actions telles que des « light off » (extinction d’enseignes lumineuses) et des « clean walks » (marches de ramassage de déchets sur l’espace public) sont également organisées[16],[17].

Le mouvement se réunit une troisième fois à Grenoble du au pour établir une stratégie claire, face à un essoufflement visible, et pour s'interroger sur l'opportunité d'opérations de désobéissance civile pour le relancer[18],[19].

Évolution anticapitaliste[modifier | modifier le code]

C'est lors de ces assises que le mouvement s'affirme anticapitaliste et en faveur de la décroissance[20],[21].

Tag à la peinture rouge : "Capitalisme mortifère" dans un hall propre et vitré.
Exemple de tag écrit sur les murs du hall des locaux de BlackRock France.

Selon France Info qui interviewe au mois de septembre 2020 plusieurs membres du mouvement, celui-ci a connu une scission « entre ceux qui étaient partisans d'une mobilisation de masse, ceux qui étaient partisans d'une désobéissance civile non violente et ceux qui étaient partisans d'actions directes, comprenant la dégradation de biens ». Selon un ancien membre, seuls les militants favorables à des actions « coup de poing » sont restés au sein de Youth for Climate, se déclarant ouvertement anticapitalistes[5].

Le , à l'occasion de la 4e grève mondiale pour le climat et du Black Friday, des groupes locaux participent, en région parisienne, à des blocages de centres commerciaux en collaboration avec d'autres mouvements écologistes[22],[23].

Le au matin, des membres du mouvement pénètrent dans le siège parisien de BlackRock afin de dénoncer ses investissements selon eux écocides[24], et le rôle qu'ils lui attribuent dans la réforme des retraites[25]. Des responsables d'EELV, tout en condamnant la violence de cette action, disent en comprendre le sens[26], tandis que cette nouvelle forme d'action plus radicale est justifiée par des membres du mouvement[27],[28].

Dans le cadre d'une campagne lancée après la publication en du rapport "Uyghurs for sale" [29] et appelant au boycott des entreprises participant à l’exploitation et au génocide présumé du peuple ouïghour [30],[31], des militants de Youth for Climate Paris apposent des étiquettes sur des produits textiles et numériques commercialisés par de grandes marques[32],[33].

Le un "camp climat" est organisé autour de la place Saint-Marthe à Paris en collaboration avec Extinction Rebellion et Désobéissance écolo Paris[34],[35]. Les rues attenantes sont barricadées et le camp climat accueille des interventions de personnalités telles que Malcom Ferdinand et Thomas Piketty devant quelques centaines de personnes[36]. Le lendemain, des membres de YFC occupent illégalement des immeubles du quartier pour s'opposer à la gentrification de la capitale[37] qui détruit les artisans du quartier, une interpellation violente de plusieurs membres par des policiers de la BAC a été observée avec cinq arrestations.

En , une centaine de trottinettes en libre-service sont dégradées (les QR codes ont été recouverts avec de la peinture ou un marqueur indélébile) par des militants de Youth for Climate. Ceux-ci considèrent les trottinettes en libre-service comme « une catastrophe écologique »[38], « en raison de leur production très énergivore, de leur faible durée de vie, et de la nécessité de les transporter tous les soirs pour les recharger ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Vincent, « Deux Flamandes en « grève scolaire » contre le réchauffement climatique », DaarDaar,‎ (lire en ligne)
  2. Wahoub Fayoumi, « Anuna De Wever et Adélaïde Charlier : deux jeunes à la tête du combat pour le climat », rtbf.be info,‎ (lire en ligne)
  3. « Marches pour le climat : retour sur quatre mois de mobilisation », sur RTBF Info, (consulté le 25 septembre 2020)
  4. « Qui sommes-nous ? », sur Youth for Climate France (consulté le 3 octobre 2020)
  5. a et b « "Il y a eu un gros clash sur la stratégie" : Youth for Climate a perdu une partie de ses militants et ne se contente plus de marcher », sur Franceinfo, (consulté le 25 septembre 2020)
  6. « Manifeste de la jeunesse pour le climat », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  7. Nelly Didelot, « Grève scolaire pour le climat : « En 2050, vous serez morts, pas nous ! » », sur Libération.fr, (consulté le 2 juin 2020)
  8. « 2e leçon des jeunes au gouvernement : il faut la décroissance énergétique », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  9. « Greta Thunberg et les jeunes marchent pour le climat à Paris : « Quand je serai grand, je voudrais être vivant » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  10. « 3e leçon des jeunes au gouvernement : lançons la transition alimentaire », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  11. « 4e leçon des jeunes au gouvernement : la lutte pour l'écologie sera féministe ou ne sera pas », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 juin 2020)
  12. « Mobilisation des jeunes pour le climat : et après ? », sur www.linfodurable.fr (consulté le 2 juin 2020)
  13. « Marche des jeunes pour le climat : « On va continuer de mettre la pression » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 15 juillet 2019)
  14. « Environnement : le mouvement "Youth for Climate" organise ses prochaines assises nationales à Bordeaux », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine (consulté le 4 mai 2020)
  15. « 70 « jeunes pour le Climat » occupent un McDo à Bordeaux », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juillet 2019)
  16. « Des jeunes pour le Climat occupent un McDo à Bordeaux », sur www.20minutes.fr (consulté le 7 octobre 2020)
  17. « Clean Walk Challenge Nationale [sic] », sur Youth for Climate France (consulté le 4 mai 2020)
  18. « Grenoble : des jeunes venus de toute la France se rassemblent pour le 3e congrès du mouvement Youth for climate », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (consulté le 30 décembre 2019)
  19. « ENVIRONNEMENT. Le mouvement Youth for Climate se réunit à Grenoble », sur www.ledauphine.com (consulté le 4 mai 2020)
  20. « Anti-capitalistes, anti-racistes, anti-sexistes : portrait des activistes de Youth for Climate, qui ont dégradé les locaux de BlackRock », sur www.marianne.net (consulté le 5 octobre 2020)
  21. « Charte de Grenoble », sur Youth for Climate France (consulté le 3 octobre 2020)
  22. Natacha Zimmermann et A. F. P. agence, « Qui sont les mouvements derrière les actions anti-Black Friday? », sur Le Figaro.fr, (consulté le 31 décembre 2019)
  23. « « Black Friday » : actions contre la surconsommation et ses conséquences écologiques », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 31 décembre 2019)
  24. « Des militants ont fait intrusion dans les bureaux de BlackRock à Paris », sur www.20minutes.fr (consulté le 10 février 2020)
  25. Youth for Climate France, « Mettons Hors Service BlackRock », sur Youth for Climate France, (consulté le 10 février 2020)
  26. Pierre Lepelletier, « Intrusion chez BlackRock : David Belliard «condamne» les violences mais appelle à «comprendre» », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  27. Margaux d'Adhémar, « Youth for Climate: qui sont ces adolescents qui veulent défier le capitalisme? », sur Le Figaro.fr, (consulté le 5 octobre 2020)
  28. « [VIDÉO] Quand un militant écologiste justifie la violence matérielle, mais pas “physique” à BlackRock », sur Valeurs actuelles (consulté le 12 février 2020)
  29. (en) Vicky Xiuzhong Xu, Danielle Cave, James Leibold, Kelsey Munro, Nathan Ruser, « Uyghurs for sale », sur www.aspi.org.au (consulté le 4 octobre 2020)
  30. « Apple, Volkswagen, Nike associés au travail forcé de la minorité ouïghour en Chine », sur Les Echos, (consulté le 4 octobre 2020)
  31. « Dilnur Reyhan, présidente de l’Institut Ouïghour D’Europe, appelle à la solidarité », sur Lallab Magazine (consulté le 4 octobre 2020)
  32. Par Marise Ghyselings et Temps de lecture : 0 minutes, « « Moins 50% sur une vie » : L'industrie de la mode accusée de profiter du travail forcé des Ouïghours », sur Moustique.be (consulté le 4 octobre 2020)
  33. Camille Bouko-levy, « Ouïghours : quand l'esclavagisme moderne profite à l'industrie textile », sur Mr Mondialisation, (consulté le 4 octobre 2020)
  34. Julie Renson Miquel, « Camp climat à Paris : «On veut montrer que les écolos savent être fun» », sur Libération.fr, (consulté le 4 octobre 2020)
  35. « Climat : des dizaines de jeunes montent un campement à Paris pour rappeler l’urgence d’agir », sur SudOuest.fr (consulté le 4 octobre 2020)
  36. « « Le Covid ne doit pas étouffer nos luttes » : à Paris, des activistes écolos ont occupé une place », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 4 octobre 2020)
  37. « Intervention policière contre le camp climat parisien », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 4 octobre 2020)
  38. [https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/angers-une-centaine-de-trottinettes-en-libre-service-d%c3%a9grad%c3%a9es-par-des-militants-de-youth-for-climate/ar-BB1aX3AM Angers : Une centaine de trottinettes en libre-service dégradées par des militants de Youth for Climate], msn.com, 12 novembre 2020

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]