Nicola Sturgeon

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Nicola Sturgeon
Illustration.
Nicola Sturgeon en 2016
Fonctions
Première ministre d'Écosse
En fonction depuis le
(6 ans, 5 mois et 26 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouvernement Sturgeon I et II
Législature IVe et Ve
Coalition SNP
Prédécesseur Alex Salmond
Leader du Parti national écossais
En fonction depuis le
(6 ans, 6 mois et 2 jours)
Prédécesseur Alex Salmond
Ministre écossaise des Infrastructures, des Investissements et de la Ville

(2 ans, 2 mois et 14 jours)
Premier ministre Alex Salmond
Gouvernement Salmond II
Prédécesseur Alex Neil
Successeur Keith Brown
Vice-Première ministre d'Écosse

(7 ans, 6 mois et 2 jours)
Premier ministre Alex Salmond
Gouvernement Salmond I et II
Prédécesseur Nicol Stephen
Successeur John Swinney
Ministre de la Santé et du Bien-être

(5 ans, 3 mois et 19 jours)
Premier ministre Alex Salmond
Gouvernement Salmond I et II
Prédécesseur Andy Kerr
Successeur Alex Neil
Membre du Parlement écossais
En fonction depuis le
(14 ans et 10 jours)
Élection 6 mai 1999
Réélection 1er mai 2003
3 mai 2007
5 mai 2011
5 mai 2016
Circonscription Glasgow (1999-2007)
Glasgow Govan (2007-2011)
Glasgow Southside (depuis 2011)
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe, Ve et VIe
Prédécesseur Gordon Jackson
Biographie
Nom de naissance Nicola Ferguson Sturgeon
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Irvine (Écosse, Royaume-Uni)
Nationalité britannique
Parti politique SNP
Diplômée de université de Glasgow
Profession avocate (solliciteuse)
Résidence Bute House, Édimbourg

Nicola Sturgeon
Premiers ministres de l'Écosse

Nicola Ferguson Sturgeon, née le à Irvine, dans le North Ayrshire, est une femme d'État britannique écossaise, cheffe du Parti national écossais (SNP) depuis le et Première ministre d'Écosse depuis le 20 novembre de la même année. Elle est la première femme à accéder à ce poste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'un milieu populaire, Nicola Sturgeon est la fille d'une infirmière dentaire et d'un électricien[1].

Elle étudie le droit à l'université de Glasgow, où elle obtient son bachelor of Laws et un diplôme de pratique juridique (legal practice), qui lui permet de travailler comme solliciteur à Drumchapel[2], un quartier de Glasgow.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est en couple avec Peter Murrell, qui est directeur exécutif du Parti national écossais, depuis 2003 et qu'elle épouse le . Ils vivent actuellement à Glasgow et n'ont pas d'enfants[3],[1].

Sa mère, Joan Sturgeon, était élue locale pour le Parti national écossais dans le North Ayrshire entre 2007 et 2017[4],[5].

Activité politique[modifier | modifier le code]

Débuts militants[modifier | modifier le code]

Elle commence à militer alors que sa ville natale est marquée, dans les années 1980, par la politique de la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher. La région est frappée par la désindustrialisation, les usines fermant les unes après les autres. À 16 ans, elle s'engage auprès de la candidate aux élections législatives Kay Ullrich (en)[1].

À l'université, elle est active au sein de la Fédération des étudiants nationalistes (FSN), parfois appelée « SNP étudiants », à travers l'Association nationaliste écossaise de l'université de Glasgow (GUSNA).

En 1986, à l'âge de 16 ans[2], elle adhère au Parti national écossais (SNP) et devient coordinatrice adjointe pour la jeunesse et coordinatrice adjointe pour la propagande. Elle est alors membre du comité exécutif.

Candidate aux législatives britanniques[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 1992, elle se présente dans la circonscription de « Glasgow Shettleston ». À 22 ans, elle est la plus jeune candidate aux législatives dans tout le pays. Elle n’est toutefois pas élue. Cet échec se répète cinq ans plus tard, aux législatives de mai 1997, mais dans la circonscription de « Glasgow Govan » cette fois. Elle déclare a posteriori : « Je suis reconnaissante d’avoir essuyé tant d’échecs, cela permet d’apprendre à convaincre les gens »[1].

Au Parlement écossais[modifier | modifier le code]

En mai 1999, elle est candidate aux premières élections au Parlement écossais dans la circonscription de Glasgow Govan et tête de liste du SNP pour la région électorale de Glasgow[6]. Battue au scrutin uninominal majoritaire à un tour, elle devient néanmoins membre du parlement écossais parmi les sept élus de la région (méthode d'Hondt). Elle est alors âgée de 29 ans. Il s'agit d'un scrutin historique, les nationalistes écossais arrivant en deuxième place[7].

Elle est réélue de la même façon lors des élections de mai 2003. En 2007, toujours en première place de la liste régionale, elle gagne cette fois la circonscription. En 2011, elle mène à nouveau la liste régionale ; la circonscription de Glasgow Govan ayant disparu après un redécoupage électoral, elle remporte au scrutin majoritaire la circonscription de Glasgow Southside.

Elle est successivement porte-parole du SNP pour la santé et l’éducation, puis pour la justice.

Vice-présidente du SNP[modifier | modifier le code]

À la suite de la démission du chef du parti, John Swinney, le , en raison des mauvais résultats obtenus aux élections européennes, Nicola Sturgeon annonce son intention de concourir à la direction du parti contre la vice-présidente sortante, Roseanna Cunningham (en), plus radicale. Toutefois, elle décide de se retirer de la course après que l'ancien chef du SNP, Alex Salmond, a annoncé sa candidature, et forme un ticket avec lui, comme candidate à la vice-présidence. Modéré, celui-ci vise à convaincre la classe moyenne[1].

Elle est élue vice-présidente du SNP le , et en devient la cheffe au Parlement écossais, dans la mesure où Salmond siège à la Chambre des communes. À ce poste, elle s’illustre par son opposition farouche au Premier ministre travailliste d’alors, Jack McConnell.

Vice-Première ministre et ministre d’Écosse[modifier | modifier le code]

Le , le Parti national écossais remporte, avec 47 sièges contre 46 aux travaillistes, les élections au Parlement écossais. Treize jours plus tard, Nicola Sturgeon est nommée vice-Première ministre et ministre de la Santé et du Bien-être dans le gouvernement d’Alex Salmond. Elle est la première femme à exercer la fonction de vice-Première ministre. Elle est assistée notamment par Shona Robison, ministre déléguée à la Santé publique et aux Sports. À l'occasion d'un remaniement ministériel opéré le , elle devient ministre des Infrastructures, des Investissements et de la Ville, permutant son ministère avec celui détenu par Alex Neil.

Première ministre d'Écosse[modifier | modifier le code]

Portrait officiel de Nicola Sturgeon (2017).

Le , à la suite de la démission d'Alex Salmond après l'échec indépendantiste au référendum sur l'indépendance de l'Écosse, elle est désignée leader du parti lors de la conférence nationale qui se tient à Perth. Elle est la première femme à diriger le Parti national écossais. Elle est ensuite élue par le Parlement écossais au poste de Première ministre le [8] et entre en fonction le lendemain 20 novembre. Elle devient ainsi la première femme à occuper ce poste.

Elle mène le SNP lors des élections générales britanniques de 2015, qui donnent au parti un score historique de 56 députés sur les 59 circonscriptions situées en Écosse. Nicola Sturgeon entend ensuite utiliser cette victoire pour obtenir davantage de mesures de décentralisation envers l'Écosse[9].

Elle remporte les élections parlementaires écossaises du 5 mai 2016 avec 41,7 % des voix. Cependant, avec 63 sièges remportés, soit 6 de moins que pour les précédentes élections de 2011, le SNP perd la majorité absolue. Sturgeon est réélue Première ministre le 17 mai suivant et forme son deuxième gouvernement le lendemain 18 mai.

À la suite du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, à l'issue duquel les Britanniques se sont prononcés à 51,9 % en faveur d'une sortie de l'UE alors que les Écossais ont largement voté pour y rester, Nicola Sturgeon déclare qu'il est « clair que le peuple d'Écosse voit son avenir dans l'Union européenne[10] ». À la suite des résultats du référendum britannique, elle annonce à Édimbourg la préparation d'un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse[11],[12]. Dans cette optique, elle annonce le la saisie du Parlement écossais sur l'organisation de ce projet[13]. Celui-ci est approuvé par le parlement le 28 mars suivant par 69 voix pour et 59 contre[14]. Le , Nicola Sturgeon communique formellement sa requête pour organiser un nouveau référendum d'indépendance au gouvernement britannique, l'aval de ce dernier étant nécessaire[15]. Cependant, le Parti national écossais accuse un recul de 21 députés lors des élections générales britanniques de 2017, passant ainsi de 56 à 35 représentants, ce qui conduit Sturgeon à suspendre sa revendication référendaire[16].

Nicola Sturgeon avec Boris Johnson, en juillet 2019.

En 2019, l'instabilité politique autour du Brexit ravive le désir indépendantiste de certains Écossais[17], majoritairement hostiles à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne[18]. L'élection de Boris Johnson comme Premier ministre du Royaume-Uni avait déjà renforcé le sentiment nationaliste en Écosse[19]. Le 2 novembre 2019, environ 20 000 Écossais manifestent à Glasgow pour demander l'organisation d'un nouveau référendum sur l'indépendance de leur nation constitutive[20]. À cette occasion, Nicola Sturgeon, déclare que « la perspective d'une Écosse indépendante est à portée de main »[21].

Lors des élections législatives britanniques du 12 décembre 2019, le Parti national écossais remporte 48 des 59 sièges en jeu en Écosse. Cette victoire permet à Nicola Sturgeon de réclamer l’organisation d’un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise, ce que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, refuse d’emblée[22].

À l'occasion des élections législatives écossaises de 2021, Nicola Sturgeon s'engage à demander un deuxième référendum sur l'indépendance de l’Écosse si son parti, le SNP, remporte la majorité absolue au Parlement[23]. Le Parti national écossais remporte les élections avec 40,3 % des suffrages exprimés et obtient 64 sièges au Parlement. Nicola Sturgeon réclame un nouveau référendum d'indépendance à Boris Johnson[24].

Prises de position politique[modifier | modifier le code]

Féministe, elle défend le mariage homosexuel, les droits des personnes trans et la gratuité des protections féminines[1].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives écossaises[modifier | modifier le code]

Scrutin national[modifier | modifier le code]

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle dirige le parti en concurrence.

Année Liste Voix % Rang Sièges obtenus
2016[25] SNP 953 587 41,7 1re
63 / 129
2021[26] 1 094 374 40,3
64 / 129

Scrutin par circonscription[modifier | modifier le code]

Année Parti Circonscription % Rang Issue
1999 SNP Glasgow Govan 36,7 2e Battue
2003 31,2
2007 41,9 1re Élue
2011 Glasgow Southside 54,4
2016 61,4
2021 60,2

Scrutin par région[modifier | modifier le code]

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.

Année Liste Région % Rang Sièges obtenus
1999 SNP Glasgow 25,5 2e
4 / 7
2003 17,1
2 / 7

Élections générales britanniques[modifier | modifier le code]

Scrutins général[modifier | modifier le code]

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle dirige le parti en concurrence.

Année Liste Voix % Rang Sièges obtenus
2015[27] SNP 1 454 436 4,7 5e
58 / 650
2017[28] 977 569 3,0 4e
35 / 650
2019[29] 1 242 380 3,9
48 / 650

Scrutins par circonscription[modifier | modifier le code]

Année Parti Circonscription % Rang Issue
1992[30] SNP Glasgow Shettleston 19,1 2e Battue
1997[31] Glasgow Govan 35,1

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • En 2017, lauréate du Prix Empereur Maximilien, prix européen pour la politique régionale et locale décerné par le Land de Tyrol et la Ville d'Innsbruck.
  • En 2021, le média Politico la classe parmi les 28 personnalités européennes les plus puissantes d'Europe, la distinguant dans la catégorie « Disrupteurs »[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Cécile Ducourtieux, « Du militantisme précoce au rêve d’indépendance, Nicola Sturgeon, reine d’Ecosse », sur Le Monde, (consulté le 3 mai 2021).
  2. a et b (en-GB) « Who is Nicola Sturgeon? A profile of the SNP leader », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 26 janvier 2021)
  3. Florentin Collomp, « Nicola Surgeon, la douche écossaise du Brexit », Le Figaro Magazine, semaine du 7 avril 2017, page 26.
  4. Mais qui est Nicola Sturgeon, cette passionaria de l'indépendance écossaise? (PORTRAIT) La Libre.be 5 juin 2017
  5. Daily Record, 14 décembre 2016.
  6. (en) « Profile: Nicola Sturgeon » (consulté le 9 mai 2015).
  7. Jean-Marc Gonin, « Nicolas Sturgeon, l'écossais plutôt que l'uni », Le Figaro Magazine,‎ , p. 18-19 (lire en ligne).
  8. Nicola Sturgeon investie comme Premier ministre d'Écosse - Les Échos, .
  9. « David Cameron face au chantage à l'indépendance des nationalistes écossais » - Florentin Collomp, Le Figaro, 15 mai 2015.
  10. « Brexit : l’Écosse poussée vers l’UE, le Sinn Fein veut unifier l'Irlande », France 24/AFP,
  11. L'Ecosse va-t-elle divorcer du Royaume-Uni ? - Mégane De Amorim, Libération, 24 juin 2016
  12. (en) Brexit: Nicola Sturgeon says second Scottish independence vote 'highly likely' - BBC News, 24 juin 2016
  13. Philippe Bernard (Londres correspondant), « L’Ecosse compte demander un nouveau référendum sur l’indépendance », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 mars 2017)
  14. « Feu vert du parlement écossais à un nouveau référendum d'indépendance », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 1er avril 2017)
  15. « L’Ecosse a demandé formellement à Londres un référendum sur l’indépendance », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 1er avril 2017)
  16. « Législatives au Royaume-Uni : les ambitions écossaises d’indépendance compromises », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 juin 2017)
  17. Le JDD, « En marge du Brexit, les indépendantistes écossais poussent leurs pions », sur lejdd.fr (consulté le 3 novembre 2019)
  18. Judikael Hirel, « Brexit : qui a voté "Leave" ? Qui a voté "Remain" ? », sur Le Point, (consulté le 3 novembre 2019)
  19. « Brexit: l’élection de Boris Johnson ravive les incertitudes en Ecosse et Irlande du Nord », sur L'Opinion, (consulté le 3 novembre 2019)
  20. « Brexit: environ 20.000 manifestants réclament un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse (photos) », sur Le Soir, (consulté le 3 novembre 2019)
  21. « Brexit: l’indépendance de l’Ecosse est «à portée de main», selon la Première ministre », sur Le Soir, (consulté le 3 novembre 2019)
  22. « Boris Johnson exclut un second référendum en Ecosse: les nationalistes refusent d’être «emprisonnés» », sur Le Soir, (consulté le 16 décembre 2019)
  23. « Le Parti national écossais voit la majorité absolue lui échapper », sur LEFIGARO (consulté le 8 mai 2021)
  24. « Écosse : les indépendantistes remportent les élections législatives et frôlent la majorité absolue au parlement écossais », sur Franceinfo, (consulté le 9 mai 2021)
  25. (en) « Scottish Parliament election 2016 results », sur BBC News.
  26. Résultats - BBC
  27. (en) « Results », sur BBC
  28. (en) « General Election 2017 results », The Telegraph,‎ (lire en ligne).
  29. (en) « Results of the 2019 General Election », sur BBC News.
  30. (en) « Election Data 1992 » [archive du ], Electoral Calculus
  31. (en) « Election Data 1997 » [archive du ], Electoral Calculus
  32. (en-US) « POLITICO 28 », sur POLITICO, (consulté le 26 janvier 2021)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Torrance, Nicola Sturgeon : A Political Life, Birlinn Ltd, 2015.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]