Gaz à effet de serre

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Les gaz à effet de serre (GES) sont des composants gazeux qui absorbent le rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre et contribuent à l'effet de serre. L'augmentation de leur concentration dans l'atmosphère terrestre est l'un des facteurs à l'origine du réchauffement climatique.

Un gaz ne peut absorber les rayonnements infrarouges qu'à partir de trois atomes par molécule, ou à partir de deux si ce sont deux atomes différents.

Principaux gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Les principaux GES naturellement présents dans l'atmosphère sont[G 1] :

  • la vapeur d'eau[1] (H2O) et les gouttelettes d'eau des nuages sont à l'origine de 72 %, soit près des trois quarts de l'effet de serre total[2] ;
  • le dioxyde de carbone (CO2), est le principal (en quantité) gaz à effet de serre produit par l'activité humaine, 74 % du total (tous modes d'émissions réunis)[2] ;
  • le méthane (CH4) ;
  • le protoxyde d'azote (N2O) ;
  • l'ozone (O3).

Les gaz à effet de serre industriels comprennent aussi des hydrocarbures halogénés comme :

Mesure du CO2 atmosphérique par l'observatoire de Mauna Loa à Hawaii.

Effet de serre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet de serre.

Sous l'effet des gaz à effet de serre, l'atmosphère terrestre se comporte en partie comme la vitre d'une serre, laissant entrer une grosse partie du rayonnement solaire, mais retenant le rayonnement infrarouge réémis[3]. Mais dans une serre il y a, en plus, l'absence de convection qui accentue l'échauffement de l'air.

La transparence de l'atmosphère (dans l'ordre du spectre visible) permet au rayonnement solaire d'atteindre le sol. L'énergie ainsi apportée s'y transforme en chaleur. Comme tout corps chaud, la surface de la Terre rayonne sa chaleur. Mais les GES et les nuages sont opaques aux rayons infrarouges émis par la Terre. En absorbant ces rayonnements, ils emprisonnent l'énergie thermique près de la surface du globe, où elle réchauffe l'atmosphère basse. Les nuages qui sont des particules de glace (ou d'eau liquide) réfléchissent le rayonnement solaire vers l'espace et le rayonnement terrestre vers elle. Certains nuages (grands cirrus notamment) ont deux effets (contradictoires) sur le climat, dont le bilan est encore mal compris au début du XXIe siècle : A la fois ils rafraichissent l'atmosphère en atténuant le rayonnement infrarouge reçu à la surface de la Terre (effet immédiat et momentané) ; et ils la réchauffent en participant à la réflexion vers la Terre du rayonnement infrarouge (effet sur le long terme).

L'effet de serre naturel est principalement dû à la vapeur d'eau[4] : 0,3 % en volume (soit 55 % de l'effet de serre) et aux nuages : 17 % de l'effet de serre (soit environ 72 % pour H2O, les 28 % restant étant pour l'essentiel le fait du CO2)[2], porte la température moyenne à la surface de la Terre de −18 °C (ce qu'elle serait en son absence) à +15 °C.

Selon Sandrine Anquetin, directrice de recherche CNRS au Laboratoire d’étude des transferts en hydrologie et environnement (LTHE) de Grenoble, les scientifiques observent et anticipent une intensification du cycle hydrologique. Le réchauffement global moyen accroit l'évaporation de l’eau, avec donc plus d'humidité dans l’atmosphère. Plus l’atmosphère se réchauffe, plus elle stocke et transporte l’humidité. L’intensification du cycle de l’eau est scientifiquement avérée à l’échelle globale. Il convient désormais de comprendre et d’anticiper sa déclinaison à l’échelle régionale[5].

Émissions dues aux activités humaines[modifier | modifier le code]

Les centrales thermiques à flamme causent une bonne part des émissions de GES (Ici la centrale thermique de Porcheville, Yvelines, fermée depuis le 1er mai 2017).
Émissions de carbone fossile par sources depuis 1800

Les concentrations en gaz à effet de serre dans l'atmosphère terrestre augmentent depuis le XIXe siècle[6] pour des raisons essentiellement anthropiques avec un nouveau record en 2012 selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM)[7]. L'accroissement des principaux gaz à effet de serre est essentiellement dû à certaines activités humaines[7] dont :

la combustion de combustibles fossiles
Ce sont principalement le charbon, les produits pétroliers et le gaz naturel ; ils ont libéré dans l'atmosphère depuis deux siècles de très importantes quantités de dioxyde de carbone provenant du carbone accumulé dans le sous-sol depuis le Paléozoïque. L'augmentation de concentration atmosphérique de CO2 qui en résulte, est le principal facteur du réchauffement climatique. En 2007, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) indique que les activités humaines sont responsables du changement climatique[G 2] avec un degré de confiance très élevé (= probabilité d'environ 90 %[G 3]) ; Le GIEC a également publié en 2014 un rapport classant les sources de production d'électricité en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre[8].
la déforestation et la combustion de bois 
une forêt mature est un réservoir important de carbone. La disparition de surfaces toujours plus grandes de forêts au profit de cultures ou de pâturages (emmagasinant une quantité moindre de matière organique) libère du CO2 dans l'atmosphère, surtout quand la déforestation se fait par brûlis. En effet, la pousse de jeunes arbres ne peut plus absorber autant de carbone qu'en génère la dégradation des arbres morts ou brûlés remplacés par des cultures industrielles ou des pâturages. Si le bois exporté pour la construction permet de poursuivre le stockage du carbone, son utilisation en combustion (chauffage, séchage par exemple du tabac, etc.) émet également des gaz à effet de serre ;
l'agriculture, l'élevage et l'artificialisation des sols (urbanisation
les sols sont en effet des réservoirs majeurs de carbone, lequel peut être dissous, de façon variable selon l'usage du sol, en CO2. En France, l'ADEME estime ainsi que « Les terres agricoles et la forêt occupent plus de 80 % du territoire national et séquestrent actuellement 4 à 5 GtC (soit entre 15 et 18 Gt CO2) dont plus des deux tiers dans les sols. Toute variation positive ou négative de ce stock influe sur les émissions nationales de gaz à effet de serre (GES), estimées à 0,5 Gt CO2éq/an (valeur 2011) »[9]. Selon certaines études, l'agriculture et la déforestation sont, à elles seules, responsables de la plus grande part des émissions de CO2 depuis le XIXe siècle[10]. Pour cette raison, une décision du Conseil européen de 2013 préconise la prise en compte des changements d'affectation des sols et de leur utilisation dans le calcul des émissions de CO2 (sous le nom de règles UTCATF, pour activités liées à l'Utilisation des Terres, au Changement d'Affectation des Terres et à la Foresterie[11]).
l'utilisation des chlorofluorocarbones (CFC) 
puis des hydrochlorofluorocarbures (HCFC), dans les systèmes de réfrigération et de climatisation (réglementée par le protocole de Montréal) conduit aussi à des rejets préoccupants. Par exemple, le HCFC le plus communément utilisé, le monochlorodifluorométhane ou HCFC-22 a un PRG (potentiel de réchauffement global) 1 800 fois plus élevé que le CO2[12].
les émissions de protoxyde d'azote 
en augmentation constante[7], elles sont en grande partie issues de l'agriculture industrielle et sont parfois utilisées lors de compétitions automobiles dans les moteurs à combustion afin d'en accroître temporairement la puissance.
les émissions de méthane 
elles tendaient à se stabiliser en 2005-2007, mais sont à nouveau en forte hausse, avec un record en 2012 (1,819 ppm, soit + 260 % par rapport au niveau préindustriel)[7], surtout à partir des zones tropicales.
Les rejets de méthane[n 1] non naturels sont dus principalement aux ruminants et aux surfaces inondées telles les rizières. On peut imputer à l'augmentation du cheptel de bovidés. Un rapport récent soutient que le secteur de l’élevage représente 9 % du CO2 et 18 % de l'équivalent CO2 issu de l'activité humaine, soit plus que les transports. Pourtant le carbone impliqué n'est autre que le carbone naturel préalablement capté par la prairie, qui de toute façon a pour partie "vocation" à être dégradé par les animaux d'élevage ou des organismes sauvages[13],[14] comme aux égouts et décharges, une augmentation des émissions de méthane. Une partie notable des GES proviennent de l'industrie de la viande, dont 14,5 % provient des flatulences (méthane) émises par les bovins[réf. souhaitée]. Or, ces gaz, même s'ils se dégradent assez rapidement en CO2, présentent un forçage radiatif supérieur et donc un potentiel de réchauffement global accru. Inversement, quand le méthane produit peut être valorisé, il constitue un combustible propre et renouvelable.

Le protocole de Kyoto, qui s'était donné comme objectif de stabiliser puis de réduire les émissions de GES afin de limiter le réchauffement climatique[15], n'a pas tenu ses objectifs.

Émissions naturelles[modifier | modifier le code]

Potentiel de réchauffement global[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Potentiel de réchauffement global.
Concentrations atmosphériques en volume, durée de séjour et potentiel de réchauffement des principaux gaz à effet de serre
Gaz à effet de serre Formule Concentration
préindustrielle[T 1]
Concentration
actuelle[n 2]
Durée de séjour
(ans)[T 2]
PRG
à 100 ans[T 2]
Vapeur d'eau H2O ~0,02 (1-2 semaines) ns
Dioxyde de carbone CO2 280 ppm 396 ppm[16] 100[2] 1
Méthane CH4 0,6 à 0,7 ppm 1,8 ppm 12[n 3] 25
Protoxyde d'azote N2O 0,270 ppm 0,327 ppm[17] 114 298
Dichlorodifluorométhane (CFC-12) CCl2F2 0 0,52 ppb 100 10 900
Chlorodifluorométhane (HCFC-22) CHClF2 0 0,105 ppb 12 1 810
Tétrafluorométhane[n 4] CF4 0 0,070 ppb 50 000 7 390
Hexafluorure de soufre SF6 0 0,008 ppb 3 200 22 800
Données pour l'année 2000[18]. Dans le premier graphique, les émissions sont pondérées par le potentiel de réchauffement global de chaque gaz (avec 72 % de CO2, 18 % de méthane, 9 % d'oxydes d'azote et 1 % d'autres gaz). Attention, les émissions des avions et du transport maritime, et les « émissions grises » ne sont pas intégrées dans ce type de graphique.

Chaque GES a un effet différent sur le réchauffement global. Par exemple, sur une période de 100 ans, un kilogramme de méthane a un impact sur l'effet de serre 25 fois plus fort qu'un kilogramme de CO2[19]. Alors pour comparer les émissions de chaque gaz, en fonction de leur impact sur les changements climatiques on préfère utiliser des unités communes : l'équivalent CO2 ou bien l'équivalent carbone, plutôt que de mesurer les émissions de chaque gaz.

L'équivalent CO2 est aussi appelé potentiel de réchauffement global (PRG). Il vaut 1 pour le dioxyde de carbone qui sert de référence. Le potentiel de réchauffement global d'un gaz est la masse de CO2 qui produirait un impact équivalent sur l'effet de serre. Par exemple, le méthane a un PRG de 25, ce qui signifie qu'il a un pouvoir de réchauffement 25 fois supérieur au dioxyde de carbone[19].

Il n'y a pas de PRG pour la vapeur d'eau : la vapeur d'eau en excès réside moins de 2 semaines dans l'atmosphère, dont elle est éliminée par précipitation. Sa contribution au réchauffement sur 100 ans est négligeable.[réf. nécessaire]

Pour l'équivalent carbone, on part du fait qu'1 kg de CO2 contient 0,2727 kg de carbone. L'émission d'1 kg de CO2 vaut donc 0,2727 kg d'équivalent carbone. Pour les autres gaz, l'équivalent carbone vaut : équivalent carbone = PRG × 0,2727

On peut noter que la combustion d'une tonne de carbone correspond bien à l'émission d'une tonne équivalent carbone de CO2, car le rapport est de 1:1 (il y a un atome de carbone C dans une molécule de CO2).

Cette unité de mesure, utile pour comparer les émissions produites, est utilisée dans la suite de cet article.

Durée de séjour[modifier | modifier le code]

Hormis la vapeur d'eau, qui est évacuée en quelques jours[réf. nécessaire], les gaz à effet de serre mettent très longtemps à s'éliminer de l'atmosphère. Étant donné la complexité du système atmosphérique, il est difficile de préciser la durée exacte de leur séjour[n 5]. Ils peuvent être évacués de plusieurs manières :

  • par une réaction chimique intervenant dans l'atmosphère : le méthane, par exemple, réagit avec les radicaux hydroxyle naturellement présents dans l'atmosphère pour créer du CO2.
  • par une réaction chimique intervenant à l'interface entre l'atmosphère et la surface du globe : le CO2 est réduit par photosynthèse par les végétaux ou est dissous dans les océans pour former des ions bicarbonate et carbonate (le CO2 est chimiquement stable dans l'atmosphère).
  • par des rayonnements : par exemple, les rayonnements électromagnétiques émis par le soleil et les rayonnements cosmiques « brisent » les molécules dans les couches supérieures de l'atmosphère. Une partie des hydrocarbures halogénés disparaissent de cette manière (ils sont généralement chimiquement inertes, donc stables lorsque introduits et mélangés dans l'atmosphère).

Voici quelques estimations de la durée de séjour des gaz, c'est-à-dire le temps nécessaire pour que leur concentration diminue de moitié.

Durée de séjour des principaux gaz à effet de serre[T 2]
Gaz à effet de serre Formule Durée de séjour
(ans)
PRG
à 100 ans
Vapeur d'eau H2O qq jours ns
Dioxyde de carbone CO2 100[2] 1
Méthane CH4 12 25
Protoxyde d'azote N2O 114 298
Dichlorodifluorométhane (CFC-12) CCl2F2 100 10 900
Chlorodifluorométhane (HCFC-22) CHClF2 12 1 810
Tétrafluorométhane[n 4] CF4 50 000 7 390
Hexafluorure de soufre SF6 3 200 22 800

Le PRG précis de l'eau n'est pas calculable en raison du lien direct entre la concentration de vapeur d'eau dans l'air et la température de l'air[réf. nécessaire].

Évolution des concentrations mondiales de GES[modifier | modifier le code]

En 2007 le quatrième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime qu'entre 1970 et 2004 les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines ont augmenté de 70 %[20].

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé le que les concentrations mondiales de gaz à effet de serre avaient atteint de nouveaux records en 2016[21] :

  • La teneur moyenne de l'atmosphère en CO2 était de 403,3 parties par million (ppm), soit 3,3 ppm de plus qu'en 2015 ; cette hausse est la plus forte augmentation interannuelle de la période 1984-2016 ; la teneur de 2016 représente 145 % du niveau préindustriel (278 ppm en 1750).
  • Le méthane (CH4), 2e GES persistant par son abondance, dont 60 % des émissions sont d'origine humaine, a atteint un nouveau record en 2016 à 1 853 parties par milliard, soit 257 % du niveau préindustriel ; après une période de stabilisation, sa teneur augmente à nouveau depuis 2007.
  • Le protoxyde d'azote (N2O) a atteint 328,9 ppb, soit 9 ppb de plus qu’en 2015, et 122 % du niveau préindustriel.
  • Globalement, le forçage radiatif de l'atmosphère par les gaz à effet de serre s'est accru de 40 % entre 1990 et 2016 ; le dioxyde de carbone est responsable d'environ 80 % de cette progression.
  • L'océan absorbe 26% des émissions anthropiques de CO2, limitant l'accroissement du CO2 atmosphérique causé par l'exploitation des combustibles fossiles ; mais l'absorption de quantités accrues de ce gaz (4 kg par jour et par personne) par les mers modifie le cycle des carbonates marins et entraîne une acidification de l'eau de mer ; le rythme actuel d'acidification des océans semble sans précédent depuis au moins 300 millions d'années ; cette acidification a une influence néfaste sur la calcification chez beaucoup d'organismes marins et tend à réduire leur taux de survie, altérer leurs fonctions physiologiques et diminue la biodiversité.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé le 26 mai 2014 qu'en avril, pour la première fois, les concentrations mensuelles de CO2 dans l'atmosphère ont dépassé le seuil symbolique de 400 parties par million (ppm) dans tout l'hémisphère nord ; dans l'hémisphère sud, les concentrations sont de 393 à 396 ppm, du fait de la moindre densité de population et d'activité économique ; la moyenne mondiale à l'époque préindustrielle était de 278 ppm[22].

Statistiques d'émissions[modifier | modifier le code]

Cycle du carbone[modifier | modifier le code]

Flux carbone fr.png
Cycle du carbone (flux en Gt/an)[23]
sources et puits
de carbone
flux de carbone
émis vers l'atmosphère
flux de carbone
extrait de l'atmosphère
combustion de combustible fossile 4-5
oxydation/érosion de matière organique du sol 61-62
respiration des organismes de la biosphère 50
déforestation 2
absorption par les océans 2,5
incorporation à la biosphère par photosynthèse 110
Accroissement net du carbone atmosphérique +4,5-6,5

Stocks de carbone : la biosphère contient 540 à 610 Gt de carbone ; le sol : 1 500 à 1 600 Gt ; les océans : 38 000 à 40 000 Gt, la lithosphère : 66 000 à 100 000 Gt, dont 4 000 à 5 000 Gt de combustibles fossiles ; l'atmosphère : 578 Gt en 1700, 766 Gt en 1999, croissance annuelle depuis : >6 Gt/an.

La progression et les fluctuations de la teneur en CO2 sont retracées quasiment en temps réel sur le site ESRL (Earth System Research Laboratory)[24].

Émissions globales de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Statistiques mondiales[modifier | modifier le code]

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques fournit sur son site internet[25] de nombreuses données sur les émissions des pays parties à ladite convention :

Évolution des émissions de GES des principaux pays parties à la Convention, entre 1990 et 2015
(Mt CO2éq) hors UTCATF*[26]
Pays 1990 2000 2010 2015 var.2015
/1990
Drapeau des États-Unis États-Unis 6 363 7 214 6 925 6 587 +3,5 %
Drapeau de l’Union européenne Union européenne à 28 5 643 5 152 4 775 4 308 -23,7 %
Drapeau de la Russie Russie 3 768 2 273 2 601 2 651 -29,6 %
Drapeau du Japon Japon 1 268 1 385 1 304 1 323 +4,3 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 251 1 043 942 902 -27,9 %
Drapeau du Canada Canada 611 738 701 722 +18,1 %
Drapeau de l'Australie Australie 420 485 537 533 +27,0 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 797 713 616 507 -36,4 %
Drapeau de la Turquie Turquie 214 296 407 475 +122,0 %
Drapeau de la France France 550 556 517 464 -15,7 %
Drapeau de l'Italie Italie 520 553 505 433 -16,7 %
Drapeau de la Pologne Pologne 570 391 407 386 -32,4 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 288 386 357 336 +16,6 %
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 962 427 413 323 -66,4 %
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 221 219 214 195 -11,6 %
Drapeau de la Belgique Belgique 146 149 132 117 -19,7 %
Drapeau de la Roumanie Roumanie 301 140 121 116 -61,4 %
Drapeau de l'Autriche Autriche 79 81 85 79 +0,1 %
Drapeau de la Suède Suède 72 69 65 54 -25,1 %
Drapeau de la Suisse Suisse 53 53 54 48 -10,0 %
* UTCATF = Utilisation des Terres, leur Changement d'Utilisation (exemple : déforestation) et Foresterie (en anglais : LULUCF).
Évolution des émissions de GES des principaux pays hors Convention, entre 1994 et 2012
(Mt CO2éq) hors UTCATF*[27]
Pays année de base année point intermédiaire année dernière année année var.dern.année
/année de base
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 4 058 1994 7 466 2005 11 896 2012 +193 %
Drapeau de l'Inde Inde 1 214 1994 1 524 2000 2 101 2010 +73 %
Drapeau du Brésil Brésil 551 1990 745 2001 985 2012 +79 %
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 295 1990 516 2001 688 2012 +134 %
Drapeau du Mexique Mexique 404 1990 514 2002 638 2013 +58 %
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 267 1990 319 1993 554 2000 +108 %
Drapeau de l'Iran Iran 385 1994 484 2000 +25 %
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud 347 1990 380 1994 +9 %
* UTCATF = Utilisation des Terres, leur Changement d'Utilisation (exemple : déforestation) et Foresterie (en anglais : LULUCF).

Après trois ans de relatif répit, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient croître d'environ 2 % en 2017 par rapport à 2016 et atteindre le niveau record de 36,8 milliards de tonnes, selon les estimations établies par le Global Carbon Project, une plate-forme animée par des scientifiques issus du monde entier[28].

Statistiques européennes[modifier | modifier le code]

Eurostat publie des statistiques destinées au suivi des engagements du Protocole de Kyoto :

Émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne par pays (Mt CO2éq, hors UTCF)
Pays 1990 1995 2000 2005 2010 2016 % 2016 2016/1990 tonnes
par tête
2016[29]
Total EU-28 5 719,6 5 386,7 5 277,7 5 351,2 4 909,1 4 440,8 100 % -22,4 % 8,7
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 263,7 1 138,3 1 064,3 1 016,0 967,0 935,8 21,1 % -25,9 % 11,4
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 812,1 769,6 743,4 728,1 643,7 516,8 11,6 % -36,4 % 7,9
Drapeau de la France France 555,1 552,1 565,3 568,6 527,7 475,4 10,7 % -14,4 % 7,1
Drapeau de l'Italie Italie 522,7 538,5 562,5 589,4 512,9 438,2 9,9 % -16,2 % 7,2
Drapeau de la Pologne Pologne 467,9 438,9 390,4 398,6 407,4 397,8 9,0 % -15,0 % 10,5
Drapeau de l'Espagne Espagne 292,5 334,0 395,2 450,6 368,3 340,5 7,7 % +19,4 % 7,3
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 225,9 238,9 229,4 225,4 223,7 207,0 4,7 % -8,4 % 12,2
Drapeau de la République tchèque République tchèque 200,1 159,4 150,8 149,0 141,5 131,3 3,0 % -34,4 % 12,4
Drapeau de la Belgique Belgique 149,8 157,7 154,5 149,0 136,9 122,1 2,8 % -18,5 % 10,8
Drapeau de la Roumanie Roumanie 247,5 181,1 141,2 148,2 122,7 113,4 2,6 % -54,2 % 5,8
Drapeau de la Grèce Grèce 105,6 111,8 128,9 138,9 121,0 94,7 2,1 % -10,3 % 8,8
pays voisins :
Drapeau de la Norvège Norvège 52,3 51,7 55,5 56,0 56,4 54,7 +4,6 % 10,5
Drapeau de la Suisse Suisse 56,7 56,0 57,1 58,3 58,5 53,5 -5,6 % 6,4
émissions de l'aviation internationale incluses ; émissions par tête : en tonnes CO2éq par habitant
Source : Eurostat[30].
Évolution des émissions de gaz à effet de serre des principaux pays européens
Source données : Agence européenne de l'environnement[31].

Remarques :

  • Les pays aux émissions de gaz à effet de serre les plus élevées par habitant utilisent des sources d'énergie à fortes émissions (en particulier pour la production d'électricité)
    1. Lignite : Allemagne, République tchèque
    2. Tourbe : Irlande (13,5 t CO2éq/hab)
    3. Schiste bitumineux : Estonie (15,0 t CO2éq/hab)
    4. Charbon : Pologne.
  • La Belgique a des émissions particulièrement élevées du fait de la part importante de l'industrie dans son économie. Ce facteur joue aussi dans le cas de l'Allemagne, et a fortiori pour le Luxembourg : 19,8 t CO2éq/hab.
  • Les Pays-Bas ont des émissions de méthane particulièrement élevées (9,2 % du total de leurs émissions de GES contre 2,6 % pour le total de l'Union européenne)[32] ; cela provient surtout de leurs gisements de gaz naturel (Groningue).
Répartition des émissions de l'Union européenne à 28 + Islande
par gaz à effet de serre (Mt CO2éq)[33]
Pays 1990 2000 2010 2014 2015 2016 % 2016 2016/1990
CO2* 4 481 4 185 3 946 3 484 3 518 3 496 80,9 % -22,0 %
CO2 net** 4 208 3 855 3 608 3 153 3 188 3 182 -24,4 %
CH4 730 611 493 461 461 457 10,6 % -37,4 %
N2O 397 318 253 249 249 248 5,7 % -37,5 %
HFC 29 55 104 115 110 110 2,5 % +279 %
PFC 26 12 4 4 4 4 0,09 % -85 %
SF6 11 11 7 6 6 7 0,16 % -36 %
Total EU-28 net* 5 407 4 864 4 469 3 988 4 019 4 009 -25,9 %
Total EU-28 brut** 5 680 5 194 4 807 4 320 4 349 4 323 100 % -23,9 %
Total EU-28 hors UTCF*** 5 657 5 169 4 785 4 298 4 327 4 300 -24,0 %
* émissions nettes de CO2 (émissions moins éliminations)
** émissions brutes de CO2 (sans les émissions UTCF)
*** hors UTCF : Utilisation des Terres, leur Changement (ex.: déforestation) et la Forêt.
HFC = hydrofluorocarbones ; PFC = perfluorocarbones
Source : Agence européenne de l'environnement.
Répartition des émissions de l'Union européenne à 28 +Islande par secteur (Mt CO2éq)[33]
Pays 1990 2000 2010 2014 2015 2016 % 2016 2016/1990
Énergie 4 355 4 022 3 800 3 339 3 375 3 352 78,0 % -23,0 %
Process industriels 518 457 396 384 379 377 8,8 % -27,2 %
Agriculture 543 459 421 429 430 431 10,0 % -20,6 %
UTCF* -250 -305 -317 -310 -307 -291 -6,8 % +16,4 %
Déchets 236 229 166 144 141 139 3,2 % -41 %
émissions indirectes 4 3 2 2 2 1 0,02 % -75 %
Total EU-28 net** 5 407 4 864 4 469 3 988 4 019 4 009 -25,9 %
Total EU-28 hors UTCF 5 657 5 169 4 785 4 298 4 327 4 300 100 % -24,0 %
* UTCF = Utilisation des Terres, leur Changement (ex.: déforestation) et la Forêt)
** émissions nettes de CO2 (émissions moins éliminations)
Source : Agence européenne de l'environnement.

Émissions de CO2 dans le monde[modifier | modifier le code]

Émissions de CO2 dans le monde par zone géographique[34] (hors UTCF)
En millions de tonnes de CO2[n 6] 1990 % 1990 2014 2015 % 2015 % var.
2015/1990
Amérique du Nord 5743 25,5 % 6365 6200 17,2 % +8 %
Drapeau du Canada Canada 557 2,5 % 705 684 1,9 % +23 %
Drapeau des États-Unis États-Unis 5008 22,2 % 5317 5177 14,4 % +3,4 %
Amérique centrale et du sud 651 2,9 % 1299 1284 3,6 % +97 %
Drapeau du Brésil Brésil 221 1,0 % 506 486 1,3 % +120 %
Europe et ex-URSS 8448 37,5 % 6265 6216 17,2 % -26,4 %
Drapeau de la Russie Russie 2395 10,6 % 1822 1761 4,9 % -26,5 %
Drapeau de l’Union européenne Union européenne à 28 4386 19,5 % 3424 3470 9,6 % -20,9 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1021 4,5 % 773 778 2,2 % -23,8 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 230 1,0 % 246 263 0,7 % +14,3 %
Drapeau de la France France 383 1,7 % 323 328 0,9 % -14,4 %
Drapeau de l'Italie Italie 429 1,9 % 337 354 1,0 % -17,5 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 581 2,6 % 415 399 1,1 % -31,3 %
Drapeau de la Pologne Pologne 364 1,6 % 289 295 0,8 % -19 %
Afrique sub-saharienne 530 2,4 % 942 942 2,6 % +78 %
Moyen-Orient et Afrique du nord 956 4,2 % 2545 2616 7,3 % +174 %
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 168 0,7 % 487 506 1,4 % +201 %
Asie 5248 23,3 % 17065 17167 47,6 % +227 %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 2357 10,5 % 10790 10717 29,7 % +355 %
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 270 1,2 % 612 610 1,7 % +126 %
Drapeau de l'Inde Inde 663 2,9 % 2349 2469 6,8 % +272 %
Drapeau du Japon Japon 1162 5,2 % 1285 1257 3,5 % +8,2 %
Océanie 306 1,4 % 484 491 1,4 % +60,5 %
Soutes internationales 626 2,8 % 1119 1145 3,2 % +83 %
Monde 22058 100 % 36084 36062 100 % +60,2 %

L'étude du Global carbon project[35], publiée le 21 septembre 2014, avant le sommet de l'ONU sur le climat, annonce que les émissions de CO2 devraient atteindre 37 milliards de tonnes en 2014 et 43,2 Mds de tonnes en 2019 ; en 2013, elles avaient progressé de 2,3 % pour atteindre 36,1 Mds de tonnes. En 2013, un Chinois émet désormais davantage qu'un Européen, avec 7,2 tonnes de CO2 par tête contre 6,8 tonnes par tête dans l'Union européenne, mais un Américain émet 16,4 tonnes de CO2 ; la progression de ces émissions est très rapide en Chine (+4,2 % en 2013) et en Inde (5,1 %) alors qu'en Europe elles reculent (-1,8 %). Le Global carbon project souligne que la trajectoire actuelle des émissions de gaz carbonique concorde avec le pire des scénarios évoqués par le GIEC, qui table sur une hausse de la température mondiale de 3,2 à 5,4°C d'ici 2100[36].

Les émissions de CO2 liées à l'énergie ont enregistré un coup d'arrêt en 2014 ; c'est la première fois, depuis 40 ans que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) établit ses statistiques d'émissions de CO2, que ces émissions cessent de croître dans un contexte de croissance économique (+3 %) ; elles avaient connu trois baisses : au début des années 1980, en 1992 et en 2009, toutes causées par un recul de l'activité économique. Le secteur de l'énergie a émis 32,3 gigatonnes de CO2 comme en 2013. L'AIE attribue les mérites de cette stabilisation pour l'essentiel à la Chine et aux pays de l'OCDE. En Chine, « l'année 2014 a été marquée par la croissance de la production électrique issue des énergies renouvelables, hydraulique, solaire, éolienne. L'électricité fournie par les centrales au charbon a moins compté », et la consommation s'est fortement ralentie. Les pays développés de l'OCDE sont parvenus à découpler la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre de celle de leur économie, grâce à leurs progrès dans l'efficacité énergétique et l'utilisation des énergies renouvelables[37],[38].

Les émissions de CO2 liées à l'énergie sont reparties à la hausse en 2017, après trois années de stagnation, selon l'Agence internationale de l'énergie, à 32,5 gigatonnes, soit +1,4 %. Cette augmentation résulte d'une robuste croissance économique mondiale (+3,7%), de prix bas pour les combustibles fossiles et de moindre efforts réalisés en matière d'efficacité énergétique. Les émissions de CO2 de la plupart des grandes économies ont augmenté en 2017, mais elles ont reculé au Royaume-Uni, au Mexique, au Japon et aux États-Unis ; leur recul de 0,5 % aux États-Unis s'explique par le déploiement plus important d'énergies renouvelables, combiné à un déclin de la demande d'électricité. L'Asie est responsable des deux tiers de l'augmentation des émissions ; les émissions n'ont progressé que de 1,7 % en Chine malgré une croissance de près de 7%, en raison du déploiement d'énergies renouvelables et du remplacement de charbon par du gaz. Dans l'Union européenne, les émissions ont progressé de 1,5 %, inversant les progrès réalisé ces dernières années, en raison d'un recours accru au pétrole et au gaz[39].

Dans l'Union européenne, la France est l'un des plus faibles émetteurs, par rapport à sa population, ce qui est dû à une très forte proportion de production d'électricité d'origine nucléaire et hydraulique. Néanmoins les émissions y ont progressé de 458 millions de tonnes équivalent de CO2 en 2016 à 466 millions en 2017[40].

Responsabilité des émissions[modifier | modifier le code]

La question de la répartition des responsabilités des émissions anthropiques a été un des points les plus épineux des négociations internationales sur le réchauffement climatique. Les pays émergents font valoir que le réchauffement climatique est causé pour l'essentiel par les gaz à effet de serre émis et accumulé dans l'atmosphère par les pays développés depuis la révolution industrielle et que les objectifs d'efforts de réduction des émissions devraient donc être répartis en fonction des émissions cumulées depuis le début de l'ère industrielle de chaque pays. Ce raisonnement a débouché sur le « principe des responsabilités communes mais différenciées » admis à partir de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, à Rio, en 1992[41].

Le point de vue adopté le plus fréquemment (approche territoire) consiste à attribuer à chaque pays les émissions produites sur son territoire. Or deux autres points de vue peuvent être soutenus :

  • considérer comme responsables les producteurs : une étude retraçant les émissions responsables du réchauffement climatique de 1854 à 2010 a mis en exergue la responsabilité de 90 entités productrices de combustibles fossiles et de ciment comme étant responsables des deux tiers des émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie (1/3 entreprises privées, 1/3 entreprises publiques, 1/3 États)[42]. Cette présentation a surtout pour but de minorer la responsabilité des pays consommateurs en faisant porter une part majorée des responsabilités aux pays exportateurs de pétrole et de gaz (Arabie Saoudite, Russie, Iran, Irak, Émirats, Venezuela, etc) et de charbon (Pologne, Australie, Indonésie, Colombie, etc.).
  • considérer comme responsables les consommateurs (approche consommation) : une approche au niveau de la consommation finale et non au niveau de la production d'énergie, dénommée ECO2Climat, comptabilise l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées par la consommation de produits et services des Français (y compris les services publics), par la construction et la consommation d’énergie de leur habitat, ainsi que par leurs déplacements, que ces émissions aient lieu sur le territoire français ou non. Cette méthode permet d'éliminer l'effet des échanges internationaux et des délocalisations, qui font baisser les émissions en France en les déplaçant à l'étranger. Avec cette approche, les émissions de GES par personne pour la consommation finale se sont élevées en 2012 à 10,1 tonnes équivalent CO2 par personne en moyenne. De 2008 à 2012, l'empreinte carbone des Français ainsi calculée a augmenté de 1,3 % à 662 millions de tonnes de CO2éq ; la population française ayant augmenté de 2 % dans le même temps, les émissions par personne ont légèrement diminué, de 10,23 t CO2éq à 10,15 t CO2éq (-0,7 %)[43].

Avec la même approche, mais avec une méthodologie différente et une envergure mondiale, le Global Carbon Project[44] fournit un atlas mondial du carbone qui fournit les données suivantes :

Émissions de CO2 dues aux combustibles fossiles des principaux pays en 2015[45]
Pays Approche territoriale
Mt CO2
Approche territoriale
t CO2/personne
Approche consommation
Mt CO2
Approche consommation
t CO2/personne
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 10 151 7,3 8 392 6,0
Drapeau des États-Unis États-Unis 5 411 17 5 886 18
Drapeau de l’Union européenne Union européenne 3 501 6,9 4 315 8,5
Drapeau de l'Inde Inde 2 320 1,8 2 171 1,7
Drapeau de la Russie Russie 1 671 12 1 338 9,3
Drapeau du Japon Japon 1 225 9,6 1 451 11
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 792 9,7 902 11
Drapeau de l'Iran Iran 642 8,1 525 6,6
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 592 12 662 13
Drapeau du Canada Canada 568 16 584 16
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 524 16,6 634 20
Drapeau du Brésil Brésil 523 2,5 550 2,7
Drapeau du Mexique Mexique 477 3,8 526 4,2
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 469 1,8 484 1,9
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud 462 8,3 371 6,7
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 416 6,4 596 9,1
Drapeau de l'Australie Australie 402 17 394 17
Drapeau de la Turquie Turquie 383 4,9 436 5,6
Drapeau de l'Italie Italie 357 6,0 480 8,1
Drapeau de la France France 337 5,2 458 7,1
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 323 4,7 308 4,5
Drapeau de la Pologne Pologne 311 8,1 301 7,9
Drapeau de l'Espagne Espagne 272 5,9 306 6,6
Drapeau de la République de Chine Taïwan 262 11 271 12
Drapeau de la Malaisie Malaisie 249 8,1 251 8,2
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan 230 13 213 12
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 223 5,0 245 5,5
Drapeau de l'Argentine Argentine 208 4,8 210 4,8
Drapeau de l'Égypte Égypte 207 2,2 196 2,1
Monde 36 019 4,9 36 019 4,9
Approche territoriale : les émissions sont attribuées au pays sur le territoire duquel elles se produisent.
Approche consommation : les émissions sont attribuées au pays où sont consommés les biens dont la production les a causées.

Selon les données de l'Agence internationale de l’énergie, les émissions de CO2 liées à l'énergie atteignaient 32 316 Mt en 2016 contre 15 460 Mt en 1973, en progression de 109 % en 43 ans ; elles provenaient de la combustion de charbon pour 44,1 %, de pétrole pour 34,8 % et de gaz naturel pour 20,4 %. Depuis 2006, la Chine a dépassé les États-Unis pour les émissions de gaz à effet de serre, mais sa population est 4,3 fois plus nombreuse. Les émissions de CO2 de la Chine étaient en 2016 de 9 057 Mt contre 4 833 Mt pour les États-Unis, 2 077 Mt pour l’Inde et 1 439 Mt pour la Russie (approche territoire) ; elles sont passées de 5,7 % du total mondial en 1973 à 28,2 % en 2016 ; mais les émissions par habitant des États-Unis restent largement en tête avec 14,95 t/hab contre 9,97 t/hab pour la Russie, 6,57 t/hab pour la Chine, 1,57 t/hab pour l'Inde et 4,35 t/hab pour la moyenne mondiale[46].

L'association Oxfam a publié le 1er décembre 2015, lors de la COP21, le rapport « Inégalités extrêmes et émissions de CO2 » qui fournit de nouvelles estimations des émissions selon le mode de vie et la consommation de différentes catégories de la population : la moitié la plus pauvre de la population mondiale, les 3,5 milliards de personnes les plus menacées par l’intensification catastrophique des tempêtes, des sécheresses et autres phénomènes extrêmes liée au changement climatique, n’est responsable que de 10 % des émissions de CO2, alors que les 10 % les plus riches de la planète sont responsables d’environ la moitié des émissions de CO2 mondiales. Une personne faisant partie des 1 % les plus riches au monde génère en moyenne 175 fois plus de CO2 qu’une personne se situant dans les 10 % les plus pauvres ; une personne parmi les 10 % les plus riches en Inde n’émet en moyenne qu’un quart du CO2 émis par une personne de la moitié la plus pauvre de la population des États-Unis ; un Américain parmi la moitié la plus pauvre de la population de son pays génère en moyenne vingt fois plus d’émissions que son pendant indien[47].

Les habitants les plus pauvres de la planète, qui sont les moins responsables du changement climatique, sont de surcroit en général les plus vulnérables face à ses conséquences et les moins préparés pour l’affronter. Ainsi, en Californie, plus de 80 % des terres arables sont irriguées, tandis que moins de 1 % d'entre elles le sont au Niger, au Burkina Faso et au Tchad. De même, alors que 91 % des agriculteurs aux États-Unis ont une assurance-récolte qui couvre leurs pertes en cas de phénomène météorologique extrême, ils ne sont que 15 % en Inde, 10 % en Chine et tout au plus 1 % au Malawi[48].

Méthode d'agrégation des résultats de mesure[modifier | modifier le code]

Jean-Marc Jancovici propose dans l'outil de bilan carbone proposé par l'ADEME trois démarches pour agréger les résultats de mesure[49] :

  • Une approche interne, qui comptabilise les émissions que l'on engendre chez soi.
  • Une approche « émissions intermédiaires », qui comptabilise les émissions qui correspondent à une partie des processus externes à l'activité, mais qui sont nécessaires pour permettre à l'activité d'exister sous sa forme actuelle. Les émissions intermédiaires sont très importantes dans le cas des activités de services.
  • Une approche globale, qui estime la pression totale que l'on exerce sur l'environnement en matière de gaz à effet de serre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les rejets des troupeaux de bovidés ne peuvent être considérés comme naturels puisqu'il s'agit d'agriculture, surtout quand ils sont nourris avec du soja qui augmente les flatulences des animaux.
  2. en 2005, sauf pour le CO2.
  3. Le potentiel de réchauffement climatique pour le CH4 comprend des effets indirects tels des augmentations d’ozone et de vapeur d’eau dans la stratosphère.
  4. a et b Aussi nommé perfluorométhane.
  5. Leur modèle est plus complexe qu'une loi de décroissance exponentielle.
  6. et non en tonnes éq. carbone

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 81.
  2. p. 5.
  3. p. 27.
  1. p. 25-26.
  2. a b et c p. 33.
  • Autres références :
  1. La vapeur d'eau, principal gaz à effet de serre, devant le CO2, sur futura-sciences.com du 20 mai 2005, consulté le 30 avril 2018
  2. a b c d et e Quels sont les gaz à effet de serre ?, site Manicore.
  3. Une explication détaillée de ce phénomène est disponible sur le site de Jean-Marc Jancovici : Qu'est-ce que l'effet de serre ?
  4. Contributions of Stratospheric Water Vapor to Decadal Changes in the Rate of Global Warming
  5. L’impact des évolutions climatiques sur les ressources en eau douce, Les Échos du 9 juillet 2015.
  6. Comment évoluent actuellement les émissions de gaz à effet de serre ?, sur le site de Jean-Marc Jancovici
  7. a b c et d Nouveaux records pour les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère , Communiqué OMM no 980]
  8. « IPCC Working Group III – Mitigation of Climate Change, Annex III: Technology - specific cost and performance parameters _ Table A.III.2 (Emissions of selected electricity supply technologies (gCO 2eq/kWh) », IPCC, (consulté le 23 octobre 2018), p. 1335
  9. Carbone organique des sols : l'énergie de l'agroécologie, une solution pour le climat, rapport de l'ADEME, juillet 2014
  10. Ronald Amundson, Asmeret Asefaw Berhe, Jan W. Hopmans, Carolyn Olson, A. Ester Sztein, Donald L. Sparks, "Soil and human security in the 21(st) century", Science, 8 mai 2015, vol. 348 no  6235, DOI: 10.1126/science.1261071, qui citent E. T. Sundquist, "The global carbon dioxide budget". Science 259, 934–941 (1993).
  11. Décision (UE) no  529/2013 du parlement européen et du conseil du relative aux règles comptables concernant les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre ... résultant des activités liées à l'utilisation des terres, ... les actions liées à ces activités
  12. Action ozone - L'heure d'éliminer les HCFC - septembre 2008, site du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) consulté le 14 janvier 2014.
  13. (en) [PDF] (en) Henning Steinfeld, « Livestock’s Long Shadow – Environmental Issues and Options » [PDF], FAO, (consulté le 5 décembre 2006)
  14. Christopher Matthews, « L’élevage aussi est une menace pour l’environnement », FAO, (consulté le 5 décembre 2006)
  15. [PDF] Protocole de Kyoto, sur unfccc.int, consulté le 9 sep^tembre 2018
  16. (en)Données temps réel du NOAA et du Mauna Loa Observatory (MLO) - CO2, site ESRL du NOOA.
  17. (en)Données temps réel du NOAA - N2O
  18. « EDGAR - EDGARV32FT Model Description », (consulté le 11 octobre 2016)
  19. a et b IPCC,2007, AR4, Chap 2, p212
  20. P. Huovila, M. Alla-Juusela, L. Melchert, S. Pouffary Buildings and Climate Change: Summary for Decision-Makers. United Nations Environment Programme (2007) lire en ligne
  21. Montée en flèche des concentrations de gaz à effet de serre: nouveau record, site de l'OMM consulté le 14 novembre 2017.
  22. Les concentrations de CO2 dépassent 400 parties par million dans tout l'hémisphère nord, site de l'OMM consulté le 2 juin 2014.
  23. (en) What is the Carbon Cycle?, Soil Carbon Center, Kansas State University.
  24. (en)Trends in Atmospheric Carbon Dioxide, sur le site de l'ESRL consulté le 6 janvier 2014.
  25. site officiel UNFCCC.
  26. [PDF] Données présentées dans les inventaires de gaz à effet de serre pour la période 1990-2015, Tableau 5 page 14, UNFCCC, 20 septembre 2017.
  27. [PDF] GHG Profiles - Non-Annex I, UNFCCC, consulté le 14 novembre 2017.
  28. Réchauffement climatique : la planète va droit dans le mur, Les Échos, 13 novembre 2017.
  29. (en) Émissions de gaz à effet de serre (source: AEE) - tonnes par tête, Eurostat, 17 août 2018.
  30. (en) Greenhouse gas emissions statistics - emission invetories, 1990 - 2016, Eurostat Statistics explained, juin 2018.
  31. (en)Base de données GES de l'Agence européenne de l'environnement, consultée le 7 janvier 2014.
  32. (en)Approximated EU Greenhouse gas inventory for 2016 (voir p. 36 et 108), site EEA consulté le 12 novembre 2017.
  33. a et b (en)Annual European Union greenhouse gas inventory 1990–2016 and inventory report 2018 (voir page viii), Agence européenne de l'environnement, 27 mai 2018.
  34. Les chiffres clés du climat en France, en Europe et dans le Monde (édition 2018) (voir page 26), Datalab (Ministère de la transition écologique et solidaire), novembre 2017.
  35. (en)Global Carbon Budget - Media Summary Highlights (compact), site Global carbon project, 21 septembre 2014
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  37. Climat : la pollution liée à la production d'énergie a cessé de progresser en 2014, Les Échos, 16 mars 2015.
  38. (en)Global energy-related emissions of carbon dioxide stalled in 2014, AIE, 13 mars 2015.
  39. Les émissions de CO2 liées à l'énergie repartent à la hausse en 2017, Europe 1, 22 mars 2018.
  40. Premier bilan du Plan Climat : Hulot plaide pour « changer d'échelle », sur connaissancedesenergies.org du 6 juillet 2018
  41. Le principe des responsabilités communes mais différenciées ou comment climatiser la négociation environnementale, Le Petit Juriste, 14 juin 2017.
  42. Tracing anthropogenic Carbon Dioxide and methane emissions to fossil fuels and cement producers, 1854-2010,site Springer consulté le 8 décembre 2013.
  43. Sur les 5 dernières années, l’empreinte carbone des Français a stagné, sur le site Carbone 4 consulté le 3 septembre 2013.
  44. (en) The Global Carbon Project, site officiel.
  45. Émissions fossiles, Global Carbon Atlas, site du Global Carbon Project, 2017.
  46. (en) [PDF] Agence internationale de l’énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA), Key World Energy Statistics 2018, 19 septembre 2018 - voir pages 26 et 29 à 34.
  47. Les 10 % les plus riches de la planète génèrent 50 % des émissions de CO2 mondiales, Oxfam France, 1er décembre 2015.
  48. Inégalités extrêmes et émissions de CO2, Oxfam France, 2 décembre 2015.
  49. Un outil pour connaître les émissions de gaz à effet de serre d'une entreprise ou administration : le "bilan carbone" de l'ADEME

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]