Valérie Masson-Delmotte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Valérie Masson-Delmotte
Image dans Infobox.
Valérie Masson-Delmotte en 2015.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (49 ans)
NancyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Membre de
Directeur de thèse
Sylvie Joussaume (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinctions

Valérie Masson-Delmotte, née le à Nancy[1], est une paléoclimatologue française. Elle est directrice de recherche au CEA et coprésidente du groupe no 1 du GIEC depuis 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Valérie Masson-Delmotte[2] est diplômée de l'École centrale Paris en 1993[3]. Elle soutient en 1996 une thèse de doctorat en physique des fluides et des transferts[4] à l'École centrale Paris sur la « Simulation du climat de l’holocène moyen à l’aide de modèles de circulation générale de l’atmosphère ; impacts des paramétrisations »[3].

Carrière scientifique et impacts[modifier | modifier le code]

Depuis 1997, remarquée par Jean Jouzel[4], elle est chercheuse au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement du Commissariat à l'énergie atomique (CEA)[5],[6].

Depuis 2008, elle est directrice de recherche au CEA[2]. Ses recherches portent sur l'évolution des climats passés et l'impact du climat futur. Elle a notamment participé à la reconstitution de la concentration en gaz à effet de serre de l'atmosphère sur les 800 000 dernières années[7]. Elle a également travaillé sur l'impact du réchauffement climatique sur l'Antarctique en 2070[8]. Elle avait contribué, en 2018, à plus de deux cents publications scientifiques[5],[6].

Valérie Masson-Delmotte a été en pointe dans la lutte contre le climatoscepticisme. En particulier, elle est à l'origine de l'appel des 400, en 2010, qui rassemblait environ 400 spécialistes du climat critiquant le « dénigrement », les « accusations ou affirmations péremptoires » ainsi que les « erreurs » de Claude Allègre ou Vincent Courtillot sur le sujet. Cet appel demandait aux instances scientifiques et politiques une réaction vis-à-vis des critiques dont ces climatologues étaient l'objet de la part de ces scientifiques niant la responsabilité humaine dans les changements climatiques[9],[10],[11],[12],[1].

Elle a publié Climat. Le vrai et le faux dont le but est de démonter les arguments climato-sceptiques et de montrer que les auteurs climato-sceptiques s'appuient largement des arguments développés dans la blogosphère anglophone[13]. Selon elle, en France, les climato-sceptiques sont notamment motivés par l'idée que la technique « permet et permettra de régler tous les problèmes »[13].

Elle fait partie de nombreux projets nationaux et internationaux dont le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Elle a contribué à la rédaction des quatrième et cinquième rapports du GIEC[5]. Le , elle est élue co-présidente du groupe de travail no 1 du GIEC, qui travaille sur les bases physiques du climat[4]. Elle est membre du Haut Conseil pour le climat, créé en 2018 et placé auprès du Premier ministre français[14].

Médiation scientifique[modifier | modifier le code]

Valérie Masson-Delmotte a écrit des ouvrages à destination des enfants, d'autres pour le grand public afin d'expliquer les connaissances scientifiques sur l'évolution du climat, et leurs impacts[15]. Elle a également été commissaire de plusieurs expositions sur ces thèmes[15] et fait de nombreuses conférences.

Elle effectue de la médiation scientifique dans les établissements scolaires ou dans les centres commerciaux pour toucher le plus grand nombre[16].

Elle a réalisé une critique scientifique du film Le Jour d'après[17].

Distinction[modifier | modifier le code]

Prises de position[modifier | modifier le code]

En 2015, Valérie Masson-Delmotte a signé un appel, aux côtés d'une centaine de personnalités internationales, demandant à laisser les énergies fossiles dans le sol pour éviter un « crime climatique », comparé à un crime contre l'humanité[19].

En 2018, au début de la crise des Gilets jaunes, elle signe une tribune appelant à mettre en place une délibération citoyenne, qui trouve un débouché dans la Convention citoyenne pour le climat[20]. Elle intervient lors du premier week-end de celle-ci, le , afin de communiquer le socle d’informations minimales sur le réchauffement climatique[21],[22].

En 2018, elle a écrit une lettre au ministre de l'Éducation nationale pour que les sciences du climat soient mieux représentées dans les programmes du lycée[23]. Selon elle, les nouveaux programmes sont un recul sur la manière d'aborder le sujet, un retour aux années 1950-1970, sans que l'influence humaine ne soit abordée[24]. Le , Jean-Michel Blanquer saisit le Conseil supérieur des programmes pour ajouter « des contenus d’enseignement complémentaires sur les enjeux du changement climatique, du développement durable et de la biodiversité ». Celui-ci auditionne des experts du climat comme Valérie Masson-Delmotte et Jean Jouzel mais aussi François Gervais, physicien, spécialiste des supraconducteurs et climatosceptique[25].

Elle soutient la création du collectif de scientifiques engagés pour la reduction de leur empreinte, Labos 1point5[26].

Elle soutient les initiatives citoyennes telles que les traductions collaboratives des rapports du GIEC et s'interroge sur la possibilité de créer des résumés à l'intention des citoyens[27].

En , elle intervient comme experte au « Procès du siècle », un procès fictif organisé par le conseil départemental de Meurthe-et-Moselle et Sciences Po Environnement[28].

Elle tente de mettre en cohérence sa connaissance de l'urgence climatique avec son impact personnel carbone calculé avec l'outil MicMac en étant végétarienne, en privilégiant les circuits courts et en se déplaçant en vélo électrique. Elle réduit ses voyages professionnels à ceux rendus nécessaires par sa fonction au sein du GIEC qu'elle compense par des projets de reboisement en France gérés par Reforest'Action[29].

Prix et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Valérie Masson-Delmotte a reçu de nombreux prix[3] :

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

En tant qu'autrice[modifier | modifier le code]

En collaboration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Isabelle Hanne, « Valérie Masson-Delmotte, elle en Giec » sur Libération, 6 décembre 2015
  2. a et b « Valérie Masson-Delmotte, une climatologue citoyenne », La Croix,‎ (lire en ligne).
  3. a b et c « Valerie Masson-Delmotte », sur Le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (consulté le 14 février 2018).
  4. a b et c Marielle Court, « Valérie Masson-Delmotte couronnée par la revue Nature », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  5. a b et c (en) « Valérie Masson-Delmotte », sur The Conversation (consulté le 14 février 2018).
  6. a et b « Valérie Masson-Delmotte, une voix pour alerter sur le réchauffement climatique », sur Le Monde, .
  7. « Valérie Masson-Delmotte, seule Française récompensée dans le classement des 10 personnalités scientifiques de 2018 », sur Sciences et Avenir.
  8. « La fonte de l’Antarctique s’accélère », sur Pour la science.
  9. « Climat : 400 scientifiques signent contre Claude Allègre », sur Sciences², .
  10. « Climat : l'Appel anti-Allègre porte 583 signatures », sur Sciences², .
  11. « Claude Allègre : l'Appel des 604 et leurs arguments », sur Sciences², .
  12. « La blogosphère, incubateur du climatoscepticisme », sur Le Monde, .
  13. a et b « Haro sur les écolos ! », sur Le Monde, .
  14. Pierre Le Hir, Audrey Garric et Cédric Pietralunga, « Climat : un haut conseil pour orienter le gouvernement », sur Le Monde.fr, (consulté le 28 novembre 2018).
  15. a b et c « Valérie Masson Delmotte, lauréate du prix de popularisation scientifique », sur SFP.
  16. « Valérie Masson-Delmotte, climatologue tempérée », sur France Culture, .
  17. « Le Jour d'après - Risques VS Fictions n° 7 avec Valérie Masson-Delmotte », sur Risques VS fictions.
  18. « Légion d'honneur pour Jean Jouzel et Valérie Masson-Delmotte », sur Université Paris Saclay.
  19. « Un appel historique contre le crime climatique », sur Mediapart, .
  20. « Valérie Masson-Delmotte : « Nous devons mieux anticiper les risques sévères » », sur lejournal.cnrs.fr, (consulté le 16 juin 2020).
  21. « La Convention citoyenne pour le climat est une innovation démocratique majeure », sur Alternatives Economiques (consulté le 21 juin 2020)
  22. « Au programme du premier weekend de travail », sur Convention citoyenne pour le climat, (consulté le 21 juin 2020)
  23. « Valérie Masson-Delmotte, une climatologue parmi les dix scientifiques de l’année », .
  24. « Le changement climatique, grand oublié des programmes au lycée », sur Mediapart, .
  25. « Climat: le scepticisme au sommaire des programmes scolaires - Journal de l'environnement », sur www.journaldelenvironnement.net (consulté le 23 octobre 2019)
  26. « « Face à l’urgence climatique, les scientifiques doivent réduire leur impact sur l’environnement » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2020)
  27. « Do you speak le Giec ? », sur France Culture (consulté le 30 octobre 2019)
  28. « Le procès du siècle - La Planète accuse | Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle », sur meurthe-et-moselle.fr (consulté le 18 novembre 2019)
  29. La-Croix.com, « Valérie Masson-Delmotte : « Certains ados en savent plus sur le climat qu’un ministre » », sur La Croix, (consulté le 27 mars 2020)
  30. (en) « Nominations », sur ipcc.ch.
  31. « Valérie Masson-Delmotte reçoit le Prix Martha T. Muse 2015 », sur Université Paris Saclay.
  32. « Valérie Masson-Delmotte, dans le « TOP 10 » de Nature », sur CEA, .
  33. « Valérie Masson-Delmotte médaillée d’argent 2019 du CNRS », sur Université de Versailles Saint Quentin, (consulté le 5 mai 2019)
  34. (en-GB) « EGU announces 2020 awards and medals », sur European Geosciences Union (EGU) (consulté le 22 octobre 2019)
  35. (en) « Valérie Masson-Delmotte - SCAR President’s Medal for Outstanding Achievement in Antarctic Science 2020 »

Liens externes[modifier | modifier le code]