Laurent Alexandre

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Laurent Alexandre
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Laurent Alexandre en 2014.
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Conseiller (d)
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Laurent Alexandre, né le à Paris, est un chirurgien-urologue, essayiste et entrepreneur français.

S'intéressant au mouvement transhumaniste et aux bouleversements que pourrait connaître l'humanité, conjointement aux progrès de la science dans le domaine de la biotechnologie, il intervient régulièrement dans les médias à ce sujet, par exemple dans la revue We demain. Il est également chroniqueur au Le Huffington Post, au journal Le Monde, et dans le magazine L'Express, où il tient une chronique hebdomadaire, « Demain sera vertigineux ».

Compagnon de route de l'homme politique libéral Alain Madelin, il est aussi le cofondateur du site web Doctissimo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Fils de dentistes et frère d’une psychiatre[1], Laurent Alexandre[2] est docteur en médecine de l'université Paris-VI (1991)[3]. Diplômé de l’IEP Paris (section Service Public, promotion 1989)[4] et d'HEC Paris (MBA, promotion 1990), il est un ancien élève de l'ENA (1992-1994).

À l'issue de sa scolarité à l'ENA, il est affecté à partir du à un tribunal administratif[5],[6]. Mis en disponibilité dès novembre 1994[7], il est radié du corps des tribunaux administratifs en 2002[8].

Carrière[modifier | modifier le code]

Interne des hôpitaux de Paris en chirurgie urologique, Laurent Alexandre effectue en même temps le programme MBA d'HEC (programme appelé ISA à l'époque) de 1988 à 1990[9] pour se former au management d'entreprise sur le campus de Jouy-en-Josas, avec Bernard Ramanantsoa comme professeur de stratégie. Après avoir créé A2D Conseil SARL en , il fonde en Medcost SA, avec Thierry Dispot, Denis Carradot, Cédric Bannel, Emery Doligé et deux membres de sa famille[réf. souhaitée].

En 1999, il cofonde avec Claude Malhuret le site de santé grand public Doctissimo[10]. En 2000, Medcost édite le site internet Doctissimo. En 2001, Medcost, dont il est PDG, rachète Doctissimo pour 20 millions de francs[10]. En 2008, Medcost est racheté par le Groupe Lagardère pour 139 millions d'euros, somme dont Laurent Alexandre touche un peu plus de la moitié[11]. Il abandonne la médecine, ayant collaboré à de nombreux articles en urologie mais sans publication scientifique majeure à son actif[12].

En 1997, il est secrétaire national de Démocratie libérale, présidée par Alain Madelin[13].

En 2010, il rachète DNAVision[14],[15], une société belge de séquençage d'ADN[16]. En , le groupe marketing internet Hi-Media, venu au capital un an plus tôt, cède ses parts au Groupe Hima, société de Laurent Alexandre. Le capital est donc réparti entre le groupe Hima (68 %), Laurent Alexandre (28 %) et JCG Médias (4 %)[1].

En 2013, il rachète 28 % du capital du journal La Tribune au groupe Hi Media[17]. Selon L'Obs, il est résident fiscal belge, il facturerait chacune de ses conférences entre 5 000 et 12 000 [18].

Il est membre du club Le Siècle[13] et proche de Jacques Attali[11] ainsi que de Matthieu Pigasse[1].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Transhumanisme[modifier | modifier le code]

En , Laurent Alexandre intervient lors d'une Conférence TEDx avec une discussion ayant pour titre : « Le recul de la mort : Vers une immortalité à brève échéance ?[2] »

En , il participe à « Google maître du monde », une émission de C dans l'air sur France 5 consacrée à ce sujet[19]. Le même mois, il est interviewé sur BFM Business dans l'émission Good Morning Business, sur son parcours et sur le transhumanisme mis en œuvre avec la création par Google de la société Calico[20],[21],[22]. En juin de la même année, il réalise une keynote à la conférence USI 2014, intitulée « Les neuro-révolutionnaires »[23].

Il pense que l'espérance de vie humaine aura une croissance très rapide à cause des technologies NBIC (nanotechnologie, biotechnologie, informatique, cognitique) dès le XXIe siècle[24]. Selon lui, les progrès de la médecine seront considérablement accélérés par la baisse du coût des manipulations génétiques.

L'allongement de la vie entraînerait des crises politiques, philosophiques, psychologiques. Il faudrait ainsi selon lui des contrepouvoirs démocratiques, une vraie réflexion et un débat citoyen sur le contrôle et le déploiement de ces technologies[25].

Il redoute le risque de « neurogoulag » et de « neurototalitarisme » d'un gouvernement totalitaire pouvant se servir de ces technologies pour asservir en modifiant le fonctionnement cérébral.[réf. souhaitée]

Il craint (mais plus tard défend au nom d'un « choc technologique à venir »[26]) l'usage de ces technologies avec un autre objectif qu'humaniste : soit certaines formes d'eugénisme assumé ou non, soit à des fins géopolitiques (que celles-ci soient à motivation étatique ou commerciale), en augmentant les capacités intellectuelles de leurs scientifiques pour gagner la bataille technologique[25],[27], voire en affaiblissant les capacités cognitives de leurs adversaires.

Le biologiste Jacques Testart a émis de fortes réserves sur les prévisions de Laurent Alexandre fondées sur la loi de Moore, qu'il qualifie d'« énorme confusion » et a déclaré que son affirmation selon laquelle l'homme qui vivra 1 000 ans est déjà né est « de l'intox »[13].

En 2013, il déclare dans Le Monde que les recherches chinoises sur les variantes génétiques pourraient permettre aux futurs parents de sélectionner les « meilleurs embryons », ce qui suscite l'hostilité d'une trentaine de scientifiques, dont Axel Kahn, qui dénoncent son eugénisme. Laurent Alexandre se défend en indiquant avoir seulement « [décrit] une possibilité », et récuse le qualificatif d’eugéniste mais se présente comme « profondément darwinien »[11].

Ses positions sont parfois critiquées pour une certaine propension à l'exagération et à la provocation[28].

Gestation pour autrui[modifier | modifier le code]

En 2014, il prend la parole dans une conférence du collectif La Manif pour tous opposé au mariage pour tous[29] et à la GPA, bien qu'il y soit lui-même favorable[30].

Politique[modifier | modifier le code]

Laurent Alexandre apporte son soutien à Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle de 2017[31].

Il écrit des articles dans L'Express où transhumanisme, neurobiologie et politique se confondent. Dans un article publié le 26 avril 2018, intitulé « Pourquoi Bourdieu avait tort »[32], il interprète les inégalités sociales comme explicables en grande partie par des inégalités génétiques, légitimant en même temps l'action du ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer.

Ses thèses, et cet article en particulier, ont été dénoncées par plusieurs scientifiques pointant notamment sa mauvaise compréhension du concept d'héritabilité[33]. Dans une tribune parue dans Le Monde et intitulée « Halte aux fake news génétiques »[34], un collectif d'une vingtaine de chercheurs revient, sans le citer directement, sur les arguments qu'il propage, indique s'inquiéter du « retour d’un discours pseudo-scientifique sujet à toutes sortes d'instrumentalisations », et conclut :

« Ces usages trompeurs de “quantifications génétiques” sont graves, s’agissant de sujets à forts enjeux politiques. Lorsqu’ils sont le fait de scientifiques prétendant exprimer l’état des savoirs en génétique ou en neurosciences, il s’agit à nos yeux d’un manquement caractérisé à l’éthique scientifique. »

Mais dans le numéro du 19 juin 2019 de l'hebdomadaire national, il écrit encore, en se référant très vaguement aux travaux notamment de Robert Plomin, que : "ce n'est pas parce qu'il y a des livres chez les intellectuels que leurs enfants lisent bien : c'est parce qu'ils ont reçu un bon patrimoine génétique (...). En niant le déterminisme génétique, on laisse croire que l'école peut transformer un âne en cheval de course"[35].

Le site de critique médiatique Acrimed — marqué à gauche — décrit, pour sa part, Laurent Alexandre comme un militant politique agissant sous couvert de vulgarisation scientifique au détriment de l'honnêteté intellectuelle et de la rigueur scientifique[36].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Google Démocratie, roman avec David Angevin, Naïve, 2011
  • La Mort de la mort : comment la technomédecine va bouleverser l'humanité, Jean-Claude Lattès, 2011, 425 p. (OCLC 746463078)
  • Adrian Humain 2.0, roman avec David Angevin, Naïve, 2013
  • La Défaite du cancer, Lattès, 2014
  • L'Homme qui en savait trop, roman avec David Angevin, Robert Laffont, 2015
  • Les robots font-ils l'amour ? : le transhumanisme en 12 questions, avec Jean-Michel Besnier, Éditions Dunod, 2016
  • La guerre des intelligences. Intelligence artificielle versus intelligence humaine, JC Lattès, , 250 p. (ISBN 978-2-7096-6084-6)
  • L'IA va-t-elle aussi tuer la démocratie?, avec Jean-François Copé, JC Lattès, 2019

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Sabrina Champenois, « Gène homme », Libération,‎ (lire en ligne).
  2. a et b « Laurent Alexandre – Le recul de la mort : Vers une immortalité à brève échéance ? », sur tedxparis.com.
  3. Voir sur sudoc.fr.
  4. Alumni Sciences Po, « l'Association des Sciences-Po - Fiche profil », sur sciences-po.asso.fr (consulté le 30 mars 2018).
  5. Arrêté du 16 mars 1994 portant affectation aux carrières des élèves de la promotion 1992-1994 de l’École nationale d'administration (lire en ligne).
  6. Décret du 13 mai 1994 portant nomination et titularisation (tribunaux administratifs et cours administratives d'appel).
  7. Arrêté du 15 novembre 1994 portant mise en disponibilité (tribunaux administratifs et cours administratives d'appel) (lire en ligne).
  8. Décret du 12 juin 2002 portant radiation (tribunaux administratifs et cours administratives d'appel) (lire en ligne).
  9. HEC Alumni - Annuaire.
  10. a et b Gérald Bouchez, « Mariage arrangé entre Medcost et Doctissimo », 01net.com, (consulté le 8 septembre 2014).
  11. a b et c Thomas E. Florin, « Crocodile dandy », Vanity Fair no 58, juin 2018, p. 86-91 et 121.
  12. Le Dr Alexandre a participé à la rédaction de 39 articles scientifiques (voir liste sur Pub-Med), en urologie. Voir aussi : "Viens voir le docteur : Comment le fondateur de Doctissimo est devenu futurologue", VanityFair.fr, 24 mai 2018. Extrait : « Laurent Alexandre [...] abandonne la médecine : il n’a rien découvert de majeur comme son idole Charcot, mais au moins il a fait fortune. »
  13. a b et c Dominique Perrin, « Mais qui a peur de Laurent Alexandre ? L'homme qui veut nous rendre immortels », GQ, février 2016, pages 120-125.
  14. site internet de DNAVision, consulté le 1er décembre 2014.
  15. Éradiquer les trisomiques bien qu’ils soient doux, Revue médicale suisse no 338.
  16. Archive, 11 février 2010 sur Pharmaceutiques.
  17. Nicolas Jaimes, « Le cofondateur de Doctissimo acquiert 28 % de La Tribune », Journal du net, (consulté le 8 septembre 2014).
  18. « 10 choses à savoir sur Laurent Alexandre, gourou de l'intelligence artificielle », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 19 octobre 2017).
  19. « Google maître du monde », France 5.
  20. Juliette Demey, « La stratégie secrète de Google apparaît… : Interview – Laurent Alexandre, expert en technologies du futur, analyse le nouveau rôle de Google dans nos vies et dans nos sociétés », le JDD,‎ (lire en ligne).
  21. BFM Business- Good Morning Business le - Stéphane Soumier, voir en ligne.
  22. Le 20 h de France 2 du  : JT de 20 h du lundi , France TV Info.
  23. « Les neuro-révolutionnaires - Laurent Alexandre, à l'USI », vidéo sur la chaine de l'USI sur YouTube.
  24. « Le recul de la mort - l'immortalité à brève échéance ? Laurent Alexandre at TEDxParis 2012 ».
  25. a et b « Laurent Alexandre : “Le scientifique est le fantassin du XXIe siècle” », sur YouTube.
  26. « Laurent Alexandre transhumanisme 14 01 2019 » (consulté le 7 août 2019)
  27. Voir Surhomme.
  28. « La provoc’ fait partie du personnage. » « Viens voir le docteur : Comment le fondateur de Doctissimo est devenu futurologue », VanityFair.fr, 24 mai 2018.
    Quelques exemples tirés de l'article. « Il peut [...] appeler à "violer Macron" pour augmenter les budgets de la recherche. » « Les réseaux sociaux, c’est simple, explique-t-il un jour à un ami psychiatre. Tu publies deux ou trois trucs clivants par jour et au bout de deux ans, tu as minimum 30 000 abonnés. » « Au mois de février, il devait donner une conférence devant les 100 plus grands clients de BNP Paribas. Au dernier moment, tout a été annulé : l’un des organisateurs avait entendu Laurent Alexandre traiter de "c... molles" les membres de la commission européenne. "Qu’est-ce que vous voulez ? me dit-il. Je ne vais quand même pas me changer." »
    Exemple de la relativité et de la mesure avec laquelle il utilise la provocation : « Sur le fond, il se dit "profondément darwinien", convaincu que la nature élimine les plus faibles, mais récuse le qualificatif d’eugéniste : "Il n’y a heureusement plus d’élimination des individus qui ont de moins bonnes capacités cognitives", écrit-il avec prudence, craignant d’être mis au ban. »
  29. « L'enfant face à la GPA : Soirée-débat le mercredi 19 novembre » (consulté le 19 novembre 2014).
  30. « Laurent Alexandre : "L’immortalité ce n’est pas si compliqué que ça!" » Philippe Vandel, émission Tout et son contraire (3e extrait), FranceInfo.fr - 27 avril 2015 (consulté le 30 avril 2015).
  31. « Présidentielle 2017 : 32 personnalités s'engagent pour le second tour », leparisien.fr,‎ 2017-04-28cest09:44:40+02:00 (lire en ligne, consulté le 29 juin 2017).
  32. « Déterminisme : pourquoi Bourdieu avait tort », lexpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mai 2018).
  33. Boris Chaumette, « L’intelligence humaine n’est pas réductible à la génétique », The Conversation,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juillet 2018).
  34. « Actualité à la Une », sur Le Monde.fr (consulté le 30 juillet 2018).
  35. Laurent Alexandre, « Les profs tombent dans le piège de l'ADN », L'Express,‎ (lire en ligne)
  36. « Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express ? », sur Acrimed, (consulté le 15 mai 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]