Fusillade de Parkland

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Fusillade de Parkland
Image illustrative de l’article Fusillade de Parkland
Entrée de l'école secondaire Marjory Stoneman Douglas, côté Pine Island Road, en 2008.

Localisation Parkland, Floride, Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 26° 18′ 19,08″ nord, 80° 16′ 05,88″ ouest
Date
14 h 40 (UTC−05:00)
Type Fusillade
Tuerie de masse
Armes Arme semi-automatique
Morts 17
Blessés 15 (incluant l’assassin)
Auteurs présumés Nikolas Cruz

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

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Fusillade de Parkland

Géolocalisation sur la carte : Floride

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Fusillade de Parkland

La fusillade de Parkland est une tuerie en milieu scolaire survenue le dans le lycée Marjory Stoneman Douglas en Floride, perpétrée par un ancien élève de l'établissement.

Dix-sept personnes sont tuées et quinze autres sont hospitalisées, faisant de cette fusillade l'une des plus meurtrières survenues aux États-Unis en milieu scolaire[1],[2]. Nikolas Cruz, le jeune homme identifié comme le tireur, est arrêté après la tuerie et est accusé de dix-sept chefs d'accusation de meurtre. Selon le bureau du shérif, Nikolas Cruz a avoué ses crimes.

Bien qu'aucune motivation n'ait encore été citée par les procureurs ou la police locale, ses camarades de classe qualifient Nikolas Cruz de « raciste » et de « psychopathe ». La haine présumée de Cruz envers les Juifs et les femmes a été citée comme motif de la fusillade[3].

Fusillade[modifier | modifier le code]

Arrestation de Nikolas Cruz peu après la tuerie.

La fusillade a lieu dans l'après-midi du , au Marjory Stoneman Douglas High School de Parkland, en Floride. À 14 h 19 (heure de l'Est), Cruz est déposé à l'école par un chauffeur Uber[4]. Vers 14 h 40, vers l'heure de fin des classes, le personnel et les étudiants entendent des coups de feu et le « code rouge » pour le confinement est déclenché[5].

Le tireur déclenche une alarme incendie alors qu'il porte un masque à gaz et des grenades fumigènes[6]. Il est armé d'un fusil d'assaut AR-15 calibre .223 (5,56 mm) et de multiples chargeurs. Le fusil avait été acheté légalement après vérification des antécédents[7].

La fusillade dure six minutes, le shérif adjoint armé du Broward County Sheriff's Office affecté à la sécurité de l'école n'est pas rentré dans le bâtiment[8].

Cruz s'échappe ensuite en se mêlant aux étudiants en fuite. Il se rend alors à pied à un supermarché Walmart, où il achète un soda dans un restaurant Subway. Il marche ensuite jusqu'à un McDonald's et s'y attarde quelque temps avant de repartir à pied. Il est arrêté sans incident à proximité de Coral Springs vers 15 h 40. Il a été identifié comme étant l'auteur du crime par les enregistrements des caméras de sécurité de l'école[9].

Réponse des forces de l'ordre[modifier | modifier le code]

Un officier chargé de la sécurité de l'école est resté à l'extérieur du bâtiment 12 durant la fusillade ; il fut suspendu sans maintien de salaire le jour suivant mais démissionna immédiatement. Le shérif Israel précise que "[l'officier] était absolument sur le campus durant tout l'événement" et qu'il aurait du "[rentrer], s'occuper du tueur, [et] tuer le tueur". Une déclaration de l'avocat de l'officier précise qu'il pensait que la fusillade avait lieu à l'extérieur du bâtiment, ce qu'il affirme avoir précisé au premier officier de la police de Coral Springs arrivé sur place. La déclaration mentionne également des transmissions radio indiquant une victime par balle près du terrain de football. Cependant, le Miami Herald indique que les transcriptions des transmissions de l'officier à 14h23 sont "possibles tirs d'arme à feu — bâtiment 1200". À 14h25, il précise que "on a aussi entendu que c'était proche, à l'intérieur du [bâtiment] 1200". À 14h27, au bâtiment 12, il alerte de "rester au moins à 500 pieds [...]". Le 15 mars, en accord avec un ordre de la cour, le bureau du shérif délivre un enregistrement vidéo capturé par le système des caméras de sécurité de l'école, montrant certains des mouvements de l'officier durant la fusillade.

Des sources anonymes indiquent à CNN que le capitaine du bureau du shérif au commandement ce jour-là a donné l'ordre aux adjoints de former un périmètre au lieu d'immédiatement confronter le tireur alors que cette tactique est contraire à l'entraînement reçu par les forces de l'ordre pour faire face aux tireurs actifs. D'après les indicateurs temporels des journaux de police, l'ordre d'entrer a été donné peu après la fin de la fusillade. Les premiers officiers entrèrent environ quatre minutes après le départ de Cruz, car ils pensaient à cause d'un délai dans l'enregistrement de surveillance qu'il était toujours à l'intérieur.

Le président Donald Trump a ouvertement critiqué les officiers qui ont failli à entrer dans le bâtiment durant la fusillade. Le 26 février, il déclare qu'il pense qu'il serait entré lui-même, "même si je n'avais pas d'arme, et je pense que la plupart des personnes dans cette pièce auraient fait la même chose". Cette affirmation fut moquée par les médias et considérée comme honteuse par les survivants.

Victimes[modifier | modifier le code]

Quatorze étudiants et trois membres du personnel sont tués et de nombreux autres blessés, dont au moins quinze (dont le suspect) ont été emmenés dans des hôpitaux de la région. Parmi les personnes tuées, douze meurent dans l'école, deux à l'extérieur des bâtiments de l'école, une dans la rue et deux à l'hôpital.

Le suspect[modifier | modifier le code]

Nikolas Cruz
Nikolas Cruz.png
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Nikolas Jacob CruzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Taille
1,73 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Poids
59,4 kgVoir et modifier les données sur Wikidata
Cheveux
Yeux
Noisette (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Victimes
17Voir et modifier les données sur Wikidata

Nikolas Jacob Cruz (né en septembre 1998), un ancien élève de 19 ans de l'école, est identifié comme le tireur présumé. Son ancien professeur de mathématiques a déclaré qu'un courriel de la direction de l'école avait circulé parmi les enseignants, avertissant que Cruz avait proféré des menaces contre d'autres élèves, l'empêchant de porter un sac à dos sur le campus. Il a ensuite été expulsé pour s'être apparemment battu avec le petit ami de son ex-petite amie. Sur Instagram, il partageait des points de vue racistes, homophobes et antisémites et se montrait obsédé par la violence et les armes[10],[11].

Peu après la fusillade, de nombreux médias rapportent que Cruz était affilié au groupe suprémaciste blanc Republic of Florida (ROF), et qu'il s'identifiait aux mouvements nationalistes blancs de droite alternative (alt-right) et identitaires[12]. Cette information est cependant démentie le jeudi suivant, les autorités judiciaires affirmant qu'ils n'avaient aucune preuve reliant Cruz à la ROF et qu'il s'agissait d'un « malentendu »[13],[14].

Enquête[modifier | modifier le code]

Le 16 février, le FBI révèle qu'un mois auparavant, un proche de Nikolas Cruz avait contacté l'agence pour prévenir que ce dernier possédait une arme, avait l'intention de tuer des gens et pouvait avoir une conduite insensée ou initier une fusillade dans une école. Toutefois, l'information n'a pas été transmise au bureau local de Miami[15].

Débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Des étudiants protestent contre la violence armée devant la Maison Blanche le 19 février 2018.

La fusillade a pour conséquence de relancer le débat sur le contrôle des armes à feu, récurrent aux États-Unis après chaque massacre. De nombreuses manifestations avec une forte mobilisation d'étudiants se développent après le drame[16].

Emma González, une étudiante de l'école secondaire Marjory Stoneman Douglas à Parkland en Floride, rescapée de la fusillade, est rapidement devenue le visage des lycéens bouleversés par cette tuerie et partisans de lois strictes sur les armes à feu en Amérique. Le 17 février 2018, elle a prononcé un discours à Fort Lauderdale, en Floride, sur l'impact de la fusillade au Lycée Parkland et sur ce que cela signifiait pour la sécurité publique de l'Amérique dans son ensemble. Elle n'est pas seule, une vingtaine de lycéens concernés par la question forment un mouvement pour la révision des lois en la matière, et s'en prennent au camp adverse pro-armes, avec la National Rifle Association (NRA) comme emblème : Cameron Kasky, Sarah Chadwick, David Hogg et Jaclyn Corin sont tout à fait représentatifs de ce groupe. Le maelstrom émotionnel [17] subi aux lendemains du massacre par chaque lycéen survivant de Stoneman Douglas est palpable, et fonde leur engagement pour une cause à laquelle ils identifient leur survie, et pour laquelle les 17 morts de Parkland ne doivent pas avoir péri en vain.

Le , la Floride adopte le Marjory Stoneman Douglas High School Public Safety Act qui fixe l’âge minimum légal pour acheter une arme à feu à 21 ans au lieu de 18 précédemment, impose un délai d’attente de trois jours pour toute vente de fusils, mais autorise certains employés d’établissements scolaires à être armés, comme c'était déjà le cas selon diverses modalités dans les États de Géorgie, du Kansas, du Dakota du Sud, du Tennessee, du Texas et du Wyoming. La loi ne reprend pas la revendication des lycéens d'interdiction des fusils d’assaut semi-automatiques, mais la NRA décide cependant d'attaquer cette décision devant la justice fédérale[18].

March For Our Lives : une marche le 24 mars sur la capitale.
Message et dessins sur la chaussée lors d'une veillée en Californie pour les victimes.

La mobilisation sur le sujet prend une ampleur nationale le 14 mars, un mois après la tuerie, avec le National Walk Out Day[19], évènement pendant lequel tous les lycéens du pays sont invités à sortir de leur établissement pendant 17 minutes, autant que le nombre des morts de Parkland. Une minorité de responsables d'établissements a puni ses élèves pour s'être rassemblés[20], provocant des réponses juridiques sur les réseaux sociaux au titre du droit à l'expression individuelle[21]. Puis, le 24 mars a lieu la March For Our Lives (Marche pour nos vies) rassemblant un demi-million de personnes à Washington pour faire pression sur la représentation politique nationale. Cette marche est relayée par 800 autres rassemblements dans les villes du pays et même à l'international[22].

Enfin, la commémoration le 20 avril des 19 ans de la tuerie de Colombine s'avèrera, compte tenu du contexte, un écho particulièrement suivi ; la génération des jeunes adultes n'étant pas née lors de la survenue des faits. La dernière estimation dénombre 200 000 jeunes qui depuis, aux États-Unis, se sont trouvés dans des conditions réelles de tireur actif en milieu scolaire (lockdown : confinement de l'établissement jusqu'à intervention des forces de l'ordre).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Richard Luscombe et Oliver Laughland, « Florida school shooting: at least 17 people dead on 'horrific, horrific day' », sur The Guardian, (consulté le 15 février 2018).
  2. (en-US) Jennifer Earl, « Florida school shooting among 10 deadliest in modern US history », Fox News,‎ (lire en ligne).
  3. (en) Samantha Allen, Kelly Weill et Taylor Lorenz, « Nikolas Cruz Trained With White Supremacists, Wore Pro-Trump Hat in School », The Daily Beast, .
  4. (en) Alex Johnson, « As officers searched Florida school, shooting suspect was shopping, authorities say », NBC News, .
  5. (en) « As officers searched Florida school, shooting suspect was shopping, authorities say », NBC News, .
  6. (en) « Suspect, Nikolas Cruz, in custody in Parkland school shooting in Florida », CBS News, .
  7. (en) Eliott C. McLaughlin et Madison Park, « Social media paints picture of racist 'professional school shooter' », CNN, (consulté le 16 février 2018).
  8. (en) « Sheriff: Armed school resource officer "never went in" to building in Florida mass shooting », CBS News, (consulté le 23 février 2018).
  9. (en) « Florida school shooting suspect hid among students after massacre », CBS News, (consulté le 16 février 2018).
  10. (en) Paul P. Murphy, « Exclusive: Group chat messages show school shooter obsessed with race, violence and guns », CNN, .
  11. « Ce que l’on sait de Nikolas Cruz, l’auteur de la fusillade dans un lycée de Floride », Le mondeAFP, .
  12. (en-US) « Parkland Shooter Had Ties to White Supremacy Grouppa », The Daily Dot, The Daily Dot, (consulté le 15 février 2018).
  13. (en) Shawn Musgrave, « How white nationalists fooled the media about Florida shooter », Politico,
  14. (en-US) Ruth Brown, « White nationalists spread fake news about Florida shooter », New York Post,
  15. (en) « FBI Statement on the Shooting in Parkland, Florida », Federal Bureau of Investigation (FBI), .
  16. « Aux États-Unis, les jeunes bousculent le débat sur le « gun control » », sur Le Monde,
  17. (en) perceptible dans cet enregistrement retransmis après coup par la chaîne CNN - Twitter, 23 mars 2018.
  18. %5B%5BLe%20Monde%5D%5D « Le gouverneur de Floride signe la loi sur le contrôle des armes », .
  19. (en) communiqué du mouvement Never Again MSD le 14 mars 2018, désormais doté d'une agence de communication grâce à sa dotation financière caritative.
  20. The #Pennridge225 kids are being punished by an NRA supporter, @JoanieBaloney90, who runs the schoolboard.
  21. Garanti par le Premier Amendement.
  22. (en) Find Your March - Marchforourlives.com

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]