Zone euro
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La zone euro (qui fait partie de l’Union économique et monétaire (UEM)) est une zone monétaire qui regroupe les pays de l'Union européenne qui ont adopté l'euro (€) comme monnaie unique. Seize pays européens représentant près de 322 millions d'habitants[1] font partie de la zone euro au 1er janvier 2009.
La zone a été créée en 1999 par onze pays, rejoints par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008 et par la Slovaquie en 2009.
Les billets et les pièces circulent depuis le 1er janvier 2002 mais sont fabriqués depuis le 1er janvier 1999 dans ces 11 pays: Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-bas, Portugal.
Plusieurs critères sont nécessaires pour rejoindre la zone euro : un déficit public inférieur à 3 % du PIB, une dette publique ne dépassant pas 60 % du PIB, une inflation maîtrisée, une indépendance de la banque centrale du pays et une devise nationale stable pendant au moins deux ans au sein du MCE II.
Le taux directeur de la zone euro a été fixé par la Banque centrale européenne à 1,25 % à la date du 2 avril 2009[2].
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[modifier] Historique et origine
La zone euro est une des principales étapes de l'intégration économique au sein de l'Union européenne. Il était prévu à la création de l’Union économique et monétaire que tous les pays de l'UE l'intègrent à terme.
À sa création, en 1999, la zone euro comprenait onze des quinze pays[3] que l'UE comptait alors, essentiellement les pays fondateurs ou historiques. À leur entrée, ils étaient censés respecter les critères du pacte de stabilité et de croissance. L'Italie et l'Espagne ont fait des efforts budgétaires importants pour respecter ces critères. Certains pays (Italie, Belgique, etc.) ont intégré la zone malgré une dette publique supérieure à 100 % du PIB.
[modifier] Pays utilisant l'euro
[modifier] Pays membres de l'Union européenne
Les 16 pays membres de la zone euro sont (par date d'adhésion et ordre alphabétique, le tableau est reclassable) :
| Pays | date d'adoption | Population | Exceptions |
|---|---|---|---|
| 1 janvier 1999 | 82 314 906 | ||
| 1 janvier 1999 | 8 316 487 | ||
| 1 janvier 1999 | 10 666 866 | ||
| 1 janvier 1999 | 45 116 894 | ||
| 1 janvier 1999 | 5 289 128 | ||
| 1 janvier 1999 | 64 473 140 | ||
| 1 janvier 1999 | 4 239 848 | ||
| 1 janvier 1999 | 59 131 287 | ||
| 1 janvier 1999 | 476 200 | ||
| 1 janvier 1999 | 16 471 968 | ||
| 1 janvier 1999 | 10 599 095 | ||
| 1 janvier 2001 | 11 125 179 | ||
| 1 janvier 2007 | 2 013 597 | ||
| 1 janvier 2008 | 766 400 | ||
| 1 janvier 2008 | 404 962 | ||
| 1 janvier 2009 | 5 455 407 | ||
| 325 714 137 | |||
[modifier] Micro-États européens ayant un accord avec des pays membres
En plus des seize pays membres de l'UEM, trois micro-États utilisent l'euro comme monnaie officielle légalement sans être membres de l'Union européenne. En effet ces micro-États avaient des accords avec des pays pour utiliser leur monnaie avant que la zone euro se construise. Il s'agit de
- Saint-Marin et du Vatican, qui avaient des accords avec l'Italie pour avoir leurs propres pièces (en lire) tout en utilisant la lire italienne ;
- Monaco, qui avait des accords avec la France pour utiliser le franc français.
Cette situation leur permet d'avoir leur propre face nationale sur les pièces qu'ils émettent en euros.
La principauté d'Andorre, qui utilisait le franc français et la peseta espagnole au moment du passage à l'euro s'est retrouvée de facto dans la zone euro. À l'heure actuelle, l'Andorre n'a pas le droit de frapper ses pièces en euro avec sa propre face nationale, mais une négociation est en cours avec la BCE et la Commission européenne pour que dans un avenir proche elle puisse frapper sa monnaie et avoir sa propre série d'euros estampillée Andorre.
[modifier] Pays européens sans accord formel avec l’Union européenne ou un de ses pays membres
| État/Territoire | Adopté |
|---|---|
| 1er janvier 2008 | |
| 1278 / 1er janvier 2002 Franc et peseta en circulation depuis que la souveraineté est établie / EUR |
|
| 2 septembre 1999 / 1er janvier 2002 DM/EUR semi-officiel; autre monnaie YUM aussi acceptée [1] [2] |
|
| 6 novembre 1999 / 1er janvier 2002 DM/EUR officiel; en circulation avec le YUM jusqu'au 13/11/2000 |
[modifier] Pays membres de l'Union européenne, non membres de la zone euro
Plusieurs États membres n'ont pas encore adopté l'euro, soit parce qu'ils ne répondent pas encore aux critères d'adhésion, soit parce qu'ils ne le souhaitent pas.
Parmi les 10 nouveaux membres de 2004 et les 2 nouveaux membres de 2007, la plupart espèrent rejoindre la zone au plus vite, mais pour le moment seuls Chypre, Malte, la Slovaquie et la Slovénie ont adopté l'euro. L'Estonie et la Lituanie ont adhéré en même temps que la Slovénie au MCE II en juin 2004, première étape à leur entrée dans la zone euro, et ont été rejointes par la Lettonie, Chypre et Malte au 2 mai 2005.
- La Lituanie (recalée de peu en 2007) n'intégrera pas la zone euro comme prévu en janvier 2010 comme l'Estonie et la Lettonie (renonciation pour 2008) du fait de la crise financière et de la trop forte inflation. Aucun nouvel objectif n'a été communiqué pour l'instant.
- La Bulgarie, membre de l'UE depuis le 1er janvier 2007, pratique déjà un taux fixe avec l'euro depuis le 1er janvier 1999 (au taux de 1,95583 nouveau lev pour un euro, soit le taux de conversion du mark allemand) et espérait être en mesure d'intégrer la zone euro deux ans après l'entrée en vigueur du traité d'adhésion (en 2009). Mais cette hypothèse n'est pas réaliste et la Bulgarie ne devrait pas adopter l'euro avant 2011.
- La République tchèque a pour objectif la date du 1er janvier 2012.
- La Hongrie et la Roumanie tablent sur le 1er janvier 2013.
- La Pologne a indiqué par la voix de son premier ministre Donald Tusk vouloir intégrer la zone euro le 1er janvier 2012 après un référendum en 2010 sur l'adoption de l'euro, mais l'adoption du MCE II sur un temps si court reste très difficile.
Parmi les anciens membres (avant l'élargissement de 2004) :
- Le Danemark, qui avait voté non au traité de Maastricht avant d'obtenir quatre dérogations dont l'une sur la monnaie unique, a refusé l'euro par référendum en septembre 2000[1]. Mais le gouvernement actuel (janvier 2008) a indiqué qu'il reposerait la question par référendum[1]. Sa monnaie est liée à l'euro par un mécanisme de change dit MCE II.
- Le Royaume-Uni (qui possède une dérogation permanente) ne s'est pas prononcé officiellement. Tony Blair, alors premier ministre y était favorable et avait annoncé un référendum mais sans en préciser la date. Son successeur et ancien ministre des Finances Gordon Brown est moins favorable à l'euro et a juste indiqué que les critères n'étaient pas remplis[1]. L'opinion publique britannique y est, selon les sondages, majoritairement hostile. Beaucoup de responsables britanniques mettent en avant une meilleure santé économique du Royaume-Uni que celle de la zone Euro pour refuser la monnaie unique. Suite a la récente chute des cours de la Livre, la question pourrait revenir prochainement a l'ordre du jour.
- La Suède a refusé l'adoption de l'euro par référendum à une large majorité [1] en septembre 2003 et le débat n'a depuis pas été rouvert. Elle ne possède cependant pas de dérogation comme le Danemark ou le Royaume-Uni et devrait donc chercher à atteindre l'objectif à court-terme.
[modifier] Monnaies liées à l’euro avec l’accord de l’Union européenne
En raison d’accords préalables (avec le franc français et l’escudo portugais), des monnaies africaines et océaniennes sont liées à l’euro par un taux fixe :
- le franc CFA BEAC (code XAF) ;
- le franc CFA BCEAO (code XOF) ;
- le franc CFP (code XPF) ;
- le franc comorien (code KMF) ;
- l'escudo cap-verdien du Cap-Vert (code CVE).
[modifier] Croissance de la zone euro
À fin 2007, le taux de croissance de la zone euro était de 2,8 % contre 3 % pour l'ensemble de l'Union européenne[1] pour une inflation équivalente de 3,1 %[1] et la zone euro représentait plus de 70 % du PIB de l'Union européenne[1]
L'Allemagne a connu une croissance faible du PIB aux débuts des années 2000, provoquant une croissance agrégée de la zone euro assez faible. La France a également connu des difficultés. Cette situation, et l'absence de réformes structurelles, a accentué les déficits budgétaires de ces deux États (les budgets étant basés sur des perspectives de croissance), ce qui a suscité des critiques de la part du reste de l'Union européenne en raison du pacte de stabilité et de croissance (PSC) qui la régit : les États membres ne doivent pas avoir un déficit public supérieur à 3% de leur PIB.
La croissance de l'Allemagne est repartie à la hausse à partir du deuxième trimestre 2006.
À titre de comparaison, le tableau ci-dessous indique l'évolution de l'inflation et de la croissance dans l'Union européenne à 15 ou à 25, ainsi qu'au Royaume-Uni et aux États-Unis.
| Année | Inflation[9] (en %) | Croissance du PIB réel (en %)[9] | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Zone euro[10] | UE (15) | UE (25) | RU | USA | Zone euro[10] | UE (15) | UE (25) | RU | USA | |
| 1996 | (:) | (:) | (:) | (:) | 3,0% | 1,5% | 1,7% | 1,8% | 2,8% | 3,7% |
| 1997 | 1,6% | 1,7% | 2,6% | 1,8% | 2,3% | 2,5% | 2,6% | 2,7% | 3,0% | 4,5% |
| 1998 | 1,1% | 1,3% | 2,1% | 1,6% | 1,6% | 2,8% | 2,9% | 3,0% | 3,3% | 4,2% |
| 1999 | 1,1% | 1,2% | 1,6% | 1,3% | 2,2% | 3,0% | 3,0% | 3,0% | 3,0% | 4,4% |
| 2000 | 2,1% | 1,9% | 2,4% | 0,8% | 3,4% | 3,9% | 3,9% | 3,9% | 3,8% | 3,7% |
| 2001 | 2,3% | 2,2% | 2,5% | 1,2% | 2,8% | 1,9% | 1,9% | 2,0% | 2,4% | 0,8% |
| 2002 | 2,2% | 2,1% | 2,1% | 1,3% | 1,6% | 0,9% | 1,1% | 1,2% | 2,1% | 1,6% |
| 2003 | 2,1% | 2,0% | 1,9% | 1,4% | 2,3% | 0,8% | 1,1% | 1,3% | 2,7% | 2,5% |
| 2004 | 2,1% | 2,0% | 2,1% | 1,3% | 2,7% | 1,9% | 2,2% | 2,3% | 3,3% | 3,9% |
| 2005 | 2,2% | 2,1% | 2,2% | 2,1% | 3,4% | 1,4% | 1,5% | 1,7% | 1,9% | 3,2% |
| 2006 | (:) | (:) | (:) | (:) | 3,24% | 2,1%(*) | 2,2%(*) | 2,3%(*) | 2,4%(*) | 3,2%(*) |
| 2007 | (:) | (:) | (:) | (:) | 2,85% | 1,8%(*) | 2,0%(*) | 2,2%(*) | 2,8%(*) | 2,7%(*) |
| (:) Non disponible – (*) Prévision | ||||||||||
[modifier] Notes
- ↑ a b c d e f g h Tableau sur la zone Euro (source Eurostat), Le Monde, 1er janvier 2008
- ↑ http://www.ecb.int/press/pr/date/2009/html/pr090402.fr.html
- ↑ Pierre du Bois de Dunilac, «L'introduction de l'euro», Revue du droit de l'Union européenne, n° 4, 2001, p.855 à 888.
- ↑ a b c Les territoires français du Pacifique utilisent le franc CFP.
- ↑ Campione utilise officiellement le franc suisse du fait qu'elle soit enclavée en Suisse, bien que l'euro y soit accepté.
- ↑ Aruba utilise le florin d'Aruba. Elle fait partie du Royaume des Pays-Bas mais pas de l'UE.
- ↑ Les Antilles néerlandaises utilisent le florin antillais. Elles font partie du Royaume des Pays-Bas mais pas de l'UE.
- ↑ La République turque de Chypre du Nord (qui n'est reconnue que par la Turquie) utilise formellement la nouvelle lire turque, mais l'euro y circule largement.
- ↑ a b Source : Statistiques publiées par Eurostat
- ↑ a b Les statistiques de la zone euro sont celles comptant 12 pays membres.
[modifier] Liens connexes
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