Politique européenne de voisinage

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La Politique européenne de voisinage (PEV) est une politique de l'Union européenne (UE) visant à améliorer ses relations avec ses voisins n'entrant pas dans le projet d'adhésion. Cette politique favorise les relations avec l'UE sur des thèmes tels que la sécurité, la stabilité et l'économie avec ses nouveaux pays voisins.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Politique européenne de voisinage a été conçue après l'élargissement de l'Union européenne de 2004 à dix nouveaux États membres, dans le souci d’éviter l’apparition de nouvelles lignes de partage en Europe. La politique a été d’abord formulée par la Commission européenne en mars 2003.

Au Sud, la première politique globale pour la région était le Partenariat Euromed (appelé aussi processus de Barcelone), un large cadre de relations politiques, économiques et sociales entre les états membres de l’UE et les pays du Sud de la Méditerranée. Il a été créé les 27 et 28 Novembre 1995 lors d’une conférence des ministres des Affaires Etrangères tenue à Barcelone. Mis à part les 27 états membres de l’Union européenne, les « Partenaires Méditerranéens » restants regroupent tous les autres pays méditerranéens, y compris la Libye (qui a le statut d’observateur de 1999 à 2012).

Un nouveau mécanisme de financement, l’Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) a été mis en place en janvier 2007.

Le partenariat oriental a ainsi été inauguré au Sommet de Prague en mai 2009, visant à rapprocher l'UE de 6 pays : l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, l'Ukraine et la Biélorussie. Il représente la dimension orientale de la PEV et renforce les relations bilatérales entre l’UE et ses partenaires.

Le 25 mai 2011, la Commission européenne a relancé sa politique européenne de voisinage, soutenue par plus de 1,2 milliards d'euro en fonds nouveaux, portant le total à près de 7 milliards d'euros. Les principales priorités et les orientations d'une stratégie PEV revitalisée sont définies dans la communication conjointe de la Commission européenne et la Haute Représentante pour les Affaires étrangères, intitulé "Une stratégie nouvelle à l’égard d’un voisinage en mutation". Celle-ci vise à renforcer les liens individuels et régionaux entre l'UE et les pays de son voisinage au moyen d'une approche qui prône «plus de fonds pour plus de réformes», en mettant davantage de fonds à la disposition des pays en échange de l'obligation accrue de rendre mutuellement des comptes.

Périmètre[modifier | modifier le code]

Initialement, la PEV ne visait que les états à l'est des nouvelles frontières de l'UE à la suite de l'élargissement de 2004, c'est-à-dire la Russie, la Biélorussie, l'Ukraine, et la Moldavie. La PEV a cependant été étendue aux pays du Caucase méridional (Géorgie, Arménie, et Azerbaïdjan) ainsi qu'au partenariat euro-méditerranéen (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie, Syrie).

La Russie détient un statut spécial avec les Espaces Communs UE-Russie au lieu de la participation à la PEV. La Turquie et les pays des Balkans ne rentrent pas dans cette politique, vu qu'ils sont candidats à une adhésion à l'Union européenne[1].

Politique prônée[modifier | modifier le code]

La PEV appuie les réformes politiques et économiques dans 16 pays voisins de l’Union européenne en vue de promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité économique dans toute la région. Elle est conçue pour donner plus d’importance que par le passé aux relations bilatérales entre l’Union et chacun de ses voisins.

Cadre institutionnel[modifier | modifier le code]

Au sein de la Commission Barroso II, elle est sous la responsabilité de Štefan Füle, Commissaire européen à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage. Elle était auparavant (Commission Barroso I) sous la responsabilité de Benita Ferrero-Waldner, commissaire européen aux relations extérieures et Politique européenne de voisinage.

Critiques[modifier | modifier le code]

Association européenne de libre-échange (AELE) Euroïsation par accord avec l'UE Espace Schengen Espace économique européen Accord de libre-échange centre-européen (ALECE) Conseil de l'Europe Union européenne Zone euro Union douanière de l'Union européenne Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan Union de la Russie et de la Biélorussie Suisse Islande Liechtenstein Norvège Kosovo (UNMIK) Albanie Bosnie-et-Herzégovine Macédoine Monténégro Serbie Moldavie Organisation pour la démocratie et le développement (GUAM) Ukraine Géorgie Azerbaïdjan Kazakhstan Biélorussie Russie Arménie Vatican Saint-Marin Monaco Andorre Turquie Croatie Bulgarie Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord Roumanie Tchéquie Danemark Hongrie Lituanie Pologne Suède Chypre Irlande Autriche Belgique Estonie Finlande France Allemagne Grèce Italie Luxembourg Lettonie Malte Pays-Bas Portugal Slovaquie Slovénie Espagne
Diagramme d'Euler cliquable montrant les relations entre divers accords et organisations multinationaux européens.vdm

À la suite du printemps arabe, commencé en 2011, et à la réaction tardive et divisée de l’Union européenne (UE), beaucoup ont demandé un changement d’approche dans les relations extérieures de l’UE. Les socialistes au Parlement européen ont appelé à une nouvelle approche dans les relations avec les pays du Maghreb, car les révolutions arabes, qui ont pris au dépourvu l’Europe, « consacrent l’échec de la politique de voisinage de l’Union européenne ». Une politique, selon Kader Arif, député européen socialiste, qui était « nourrie par nos craintes et qui n’avait comme priorité que la lutte contre l’immigration, le terrorisme et l’islamisme radical, plus quelques intérêts économiques, en particulier l’accès à l’énergie ». Alors que la politique de voisinage de l’Union européenne est fondée sur le principe de l’aide au développement conditionnée à un respect des droits de l’homme notamment, l’Europe « s’est accommodée de régimes autoritaires qui n’avaient comme seul but que de répondre à nos angoisses[2] ».

Les révolutions arabes, pour Catherine Trautmann, Présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen, devraient être « l’occasion de mettre en perspective le débat sur les questions migratoires ». Les socialistes se prononcent pour une réelle politique commune et équilibrée des migrations, dans le cadre de politiques de voisinage et de développement renouvelées. Les eurodéputés socialistes, à l’image de Vincent Peillon, insistent également sur le fait « qu’il est maintenant fondamental de mobiliser et de réexaminer les instruments existants afin de soutenir les réformes politiques, économiques et sociales dont les pays arabes ont besoin[3] ».

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dumont, Gérardot, Andrieu, L'Europe, Paris, 2010, p.47.
  2. Communiqué de presse de la Délégation socialiste française au Parlement européen quant au rôle que doit jouer l'Union européenne dans la transition démocratique des pays arabes
  3. Intervention de Kader Arif en séance plénière au Parlement européen quant à la situation en Egypte

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ch. Manigand, E.du Reau, T. Sandu (Dir.), Frontières et sécurité de l'Europe, territoires, identités et espaces européens, coll. Aujourd'hui l'Europe, L'Harmattan, Paris, mars 2008, 262 p. ; voir V. Hacker " Identité institutionnelle et devenir constitutionnel".
  • M. Dumont, M. Gérardot (dirs.), L'Europe, Atlande, Paris, 2010, pp. 46–53.

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]