La Liste de Schindler (film)

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La Liste de Schindler

Description de cette image, également commentée ci-après

L'usine d'Oskar Schindler, à Brněnec (République tchèque), en 2004

Titre original Schindler's List
Réalisation Steven Spielberg
Scénario Steven Zaillian
Acteurs principaux
Sociétés de production Universal Pictures
Amblin Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame historique
Sortie 1993
Durée 195 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Liste de Schindler (Schindler's List) est un drame historique américain réalisé par Steven Spielberg, sorti le 30 novembre 1993, et inspiré du roman éponyme La Liste de Schindler de Thomas Keneally sur Oskar Schindler, qui réussit à sauver environ 1 100 Juifs promis à la mort dans le camp de concentration de Płaszów, sans pour autant occulter les travers du personnage un peu ambigu et cherchant à tirer un profit matériel de la situation.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Oskar Schindler (Liam Neeson) est un industriel allemand, membre du parti nazi. Ne pensant tout d'abord qu'à son profit, il emploie une main d'œuvre juive bon marché dans son usine. Mais Oskar Schindler ne se rend véritablement compte de l'horreur et la folie nazie qu'en assistant à la liquidation du ghetto de Cracovie par le commandant SS Amon Göth (Ralph Fiennes), et particulièrement en voyant une petite fille au manteau rouge perdue dans le massacre. Dès lors, il tente avec son comptable Itzhak Stern (Ben Kingsley), de sauver le plus de vies possibles.

Alors que le camp dirigé par Amon Göth reçoit l'ordre de fermer et que des milliers de Juifs doivent alors être transférés à Auschwitz, Schindler décide d'acheter 1 100 de ces hommes pour les « abriter » en les embauchant dans la nouvelle usine d'armes qu'il a ouverte. Il rédige alors la liste contenant les noms de ceux qui seront sauvés. Mais un train de femmes destinées à partir à son usine est détourné vers Auschwitz. Elles échappent de peu à la mort et vont enfin à l'usine de Schindler. Dans cette usine, il interdit aux gardiens tout méfait sur les employés et ira même jusqu'à saboter sa propre marchandise pour qu'elle ne puisse être tirée par les canons.

Quelques mois plus tard, la guerre se termine. Oskar Schindler et sa femme quittent le pays car ils sont pourchassés comme criminels de guerre par les alliés, mais pas avant d'avoir dit adieu aux 1 100 Juifs qu'ils ont sauvés et de s'être vu offrir par ces derniers une bague portant la maxime tirée du Talmud : « Celui qui sauve une vie sauve l'humanité tout entière » (Michna, Sanhédrin 4:5 « וכל המקיים נפש אחת מישראל מעלה עליו הכתוב כאילו קיים עולם מלא »).

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Steven Spielberg, réalisateur du film.
Drapeau des États-Unis États-Unis : 30 novembre 1993 (première à Washington DC) puis 15 décembre 1993
Drapeau de la France France : 2 mars 1994

Distribution[modifier | modifier le code]

« Celui qui sauve une seule vie, sauve le monde entier », maxime tirée du Talmud (traité Sanhédrin page 37a).

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Poldek Pfefferberg, un des Juifs sauvés par Oskar Schindler, (les Schindlerjuden) avait pour mission de raconter la vie de son sauveur, tentant même de tourner un film biographique concernant Schindler avec la Metro Goldwyn Mayer en 1963[2] et écrit par Howard Koch[3]. Mais le projet échoua.

En 1982, l'écrivain Thomas Keneally écrit le livre La Liste de Schindler après avoir rencontré Pfefferberg. Le président de MCA, Sid Sheinberg (en), envoya à Steven Spielberg une critique du livre parue dans le New York Times. Surpris par l'histoire de Schindler, le réalisateur se demandait en plaisantant si c'était la vérité. Spielberg fut attiré par le caractère paradoxal de l'industriel allemand et exprime un intérêt suffisant pour qu'Universal Pictures en achète les droits et le réalisateur rencontre Pfefferberg en 1983. Mais, ne se sentant pas d'envergure pour réaliser un film sur l'Holocauste, Spielberg tente de confier la réalisation à Roman Polanski, qui refusa lui aussi, trouvant l'histoire trop proche de la sienne, sa mère étant morte à Auschwitz[4] et lui ayant vécu dans le ghetto de Cracovie.

Après avoir tenté de confier la réalisation à Martin Scorsese, qui refusa car il pensait que seul un réalisateur juif en serait capable, Spielberg décida de réaliser La Liste de Schindler après avoir entendu parler du génocide en Bosnie et des négationnistes de l'Holocauste[2]. Avec la montée du néo-nazisme après la chute du mur de Berlin, il craignait que les gens puissent accepter trop d'intolérance, comme dans les années 1930. De plus, le réalisateur était de plus en plus impliqué de par ses origines juives. Sid Sheinberg donna le feu vert à Spielberg à condition qu'il tourne d'abord Jurassic Park. Spielberg a dit plus tard à propos de Sheinberg : « Il savait qu'une fois que j'aurais tourné La Liste de Schindler, je n'aurais pas été capable de faire Jurassic Park[3]. »

Le réalisateur ne demanda aucun salaire en faisant ce film. Pour lui, ce salaire aurait été l'« argent du sang[5] ».

Scénario[modifier | modifier le code]

L'adaptation cinématographique de La Liste de Schindler est écrite par le scénariste et réalisateur Steven Zaillian, connu pour avoir notamment écrit le scénario du Jeu du Faucon (1985), de John Schlesinger et L'Éveil (1990), de Penny Marshall, qui lui permet d'obtenir une nomination à l'Oscar du meilleur scénario adapté en 1991.

Kennealy avait tenté d'en faire une adaptation en 1983, en écrivant un script de 220 pages. Spielberg engagea par la suite Kurt Luedtke  (de), scénariste d’Out of Africa, mais ce dernier abandonna quatre ans plus tard.

Quand Scorsese fut attaché au projet, il engagea Zaillian pour écrire le script du film. De retour dans le projet, Spielberg trouva que le projet de script de 115 pages de Zaillian était trop court, lui demandant de l'étendre à 195 pages. Spielberg voulant mettre l'accent sur les Juifs dans l'Histoire, de prolonger la séquence de la liquidation du ghetto, comme il « était fermement convaincu que la séquence doit être presque impossible à regarder. » Il voulait également que la transition de Schindler soit progressive et ambiguë.

Casting[modifier | modifier le code]

Liam Neeson, interprète d'Oskar Schindler dans le film.

Plusieurs acteurs furent approchés pour incarner Oskar Schindler, comme Warren Beatty, qui a participé à une lecture du scénario, mais Spielberg craint qu'il n'arriverait pas à dissimuler son accent[6], Mel Gibson[3], Kevin Costner[3], mais aussi Bruno Ganz et Stellan Skarsgard[5].

Mais c'est l'acteur irlandais Liam Neeson qui obtient finalement le rôle de Schindler après que Spielberg le voit dans la pièce de théâtre Anna Christie (en), jouée à Broadway[3].

Le rôle du tortionnaire nazi Amon Göth, fut confié à l'acteur britannique Ralph Fiennes, après que Spielberg l'a vu dans Les Hauts de Hurlevent et lui ait trouvé une expression de « sadisme sexuel » dans le regard[5]. Fiennes ressemblait tellement à Göth en costumes que Mila Pfefferberg, l'une des survivantes des événements, en a tremblé de peur lorsqu'elle l'a rencontré[7].

Pour l'incarner, Fiennes prend treize kilos rien qu'en buvant de la Guinness, afin d'arrondir sa silhouette[5],[8].

Trente mille figurants furent embauchés pour le film. Steven Spielberg a également auditionné des enfants des Juifs sauvés par Schindler pour les rôles joués en hébreu, ainsi que des Polonais pour jouer les survivants[5],[3].

En ce qui concerne les acteurs allemands qui jouent les soldats SS, le film a été, selon leurs dires, une façon de s'affranchir des secrets de famille ayant trait à l'Holocauste, raison pour laquelle ils ont remercié Spielberg de leur en avoir donné l'occasion[5],[9]. L'un des producteurs, Branko Lustig, qui joue aussi le maître d'hôtel dans la première scène où apparaît Oskar Schindler, est lui-même un survivant d'Auschwitz[5].

Sur le tournage du film, Ben Kingsley, l'interprète d'Itzhak Stern, comptable de Schindler, garda dans une poche de son manteau une photo d'Anne Frank, jeune fille morte dans les camps de concentration et dont le journal intime a été publié après la Shoah car regarder la photo lui donnait la force nécessaire et le ton juste pour interpréter certaines scènes difficiles du film.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné entre mars et mai 1993 dans le quartier de Kazimierz à Cracovie. Steven Spielberg n'a pas eu la permission de tourner dans le camp d'Auschwitz. Les scènes du camp de la mort ont été tournées à l'extérieur des portes, sur un plateau construit à l'identique. Il fut tourné en noir et blanc, sauf six scènes : une au tout début montrant la cérémonie juive du shabbat, trois centrées sur le manteau rouge d'une petite fille juive, une centrée sur les flammes des bougies allumées pour le shabbat dans l'usine d'armement et la scène finale tournée sur la tombe d'Oskar Schindler.

Le tournage fut sans doute l'un des plus éprouvants pour Spielberg : « Même les bonnes journées étaient tristes. Jamais on a osé rire ou raconter une blague. J’avais du mal à dire « action » parce que « aktion » est le terme allemand pour parler de la déportation vers les ghettos juifs… Réaliser ce film m’a changé à jamais[10] ».

Réception[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

La Liste de Schindler a été encensé par la critique depuis sa sortie en salles, récoltant 97 % de critiques favorables sur le site Rotten Tomatoes, basé sur 58 commentaires positifs et 2 commentaires négatifs et une note moyenne de 8.8/10[11] et une moyenne de 93/100 sur le site Metacritic, basé sur 22 commentaires positifs et 1 commentaire mitigé[12].

La Liste de Schindler se trouve dans le Top 100 de l'American Film Institute à la huitième position. Il est également septième dans le classement des meilleurs films de tous les temps sur le site de référence IMDB avec une note de 8.9/10. Oskar Schindler et Amon Göth sont dans les 100 Héros et Méchants du cinéma. À la suite de ce film, Stanley Kubrick refusa de faire son Aryan Paper, pensant qu'il était inutile « d'enfoncer des portes ouvertes ».

À l'opposé de cet engouement, Louis Skorecki reproche à Spielberg d'avoir transformé la Shoah en spectacle et de filmer « les déportés juifs traqués par les nazis comme il filmait les nageuses attaquées par le requin dans les Dents de la mer ou les enfants pourchassés par les dinosaures dans Jurassic Park »[13]. De son côté, Charlotte Lacoste, dans son ouvrage Séductions du bourreau, critique l'humanisme donné au personnage d'Oskar Schindler – contestable dans les faits historiques selon elle – par rapport aux victimes, les déportés juifs.

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Box-office arrêté le… Nombre de semaines
Alt=Image de la Terre Mondial[14] 321 306 305 $ 29 septembre 1994 35
Drapeau des États-Unis États-Unis[14] 96 065 768 $ 29 septembre 1994 35
Drapeau de la France France[15] 2 669 900 entrées - -

Aux États-Unis, sorti dans un premier temps dans un nombre limité de salles, le film se classe à la quatorzième place avec 278 627 $. Mais dès sa sortie en salles sur le reste du territoire, le film se hausse à la 10e place du box-office avec 7 257 805 $ en trois semaines.

Le film atteint la seconde place du box-office dès sa quatorzième semaine, avec 62 656 498 $ de recettes pour finir honnêtement sa carrière avec 96 065 768 $ sur le territoire américain après 34 semaines.

C'est à l'étranger que La Liste de Schindler fait un meilleur score. Le film fut un grand succès mondial, rapportant 321 millions de dollars US, pour un budget de 22 millions.

La tombe d'Oskar Schindler est située dans le cimetière chrétien sur le Mont Sion à Jérusalem, Israël.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dates de sortie - Internet Movie Database.
  2. a et b (en) Joseph McBride, Steven Spielberg, London, Faber and Faber,‎ 1997 (ISBN 978-0-571-19177-2, LCCN 96038053), p. 424–427.
  3. a, b, c, d, e et f (en) « Making History », sur EW.com,‎ 23 mars 2011.
  4. (en) Joseph McBride, Steven Spielberg, London, Faber and Faber,‎ 1997 (ISBN 978-0-571-19177-2, LCCN 96038053), p. 414–416.
  5. a, b, c, d, e, f et g (fr) « La Liste de Schindler - Secrets de tournage », sur Allociné,‎ 23 mars 2011.
  6. (en) Susan Royal, « An Interview with Steven Spielberg », sur Inside Film Magazine Online (consulté le 29 octobre 2008).
  7. (en) Richard Corliss, « The Man Behind the Monster », Time,‎ 21 février 1994 (lire en ligne).
  8. « Régimes, muscu, festins : quand les acteurs jouent avec leurs kilos ! », sur Allociné,‎ 23 mars 2011.
  9. (en) « An Interview with Steven Spielberg », sur Inside Film,‎ 23 mars 2011.
  10. « La Liste de Schindler, le film que Spielberg n'osait pas tourner » sur Première.fr, 19 janvier 2012.
  11. (en) « Schindler's List », sur Rotten Tomatoes,‎ 23 mars 2011.
  12. (en) « Schindler's List », sur Metacritic,‎ 23 mars 2011.
  13. Louis Skorecki, « La Liste de Schindler. TF1, 20 h 55 », Libération,‎ 5 juin 1999 (lire en ligne).
  14. a et b (en) « Schindler's List », sur Box Office Mojo,‎ 23 mars 2011.
  15. (fr) « La Liste de Schindler », sur Jp's Box-office,‎ 23 mars 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]