Holocauste (mini-série)

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Holocauste

Titre original Holocaust
Genre Mini-série historique
Acteurs principaux Fritz Weaver
Rosemary Harris
James Woods
Meryl Streep
Joseph Bottoms
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Chaîne d'origine NBC
Nb. de saisons 1
Nb. d'épisodes 4
Durée de 89 à 135 minutes
Diff. originale 16 avril 197819 avril 1978

Holocauste (Holocaust) est une mini-série américaine en quatre épisodes de 89 à 135 minutes réalisée par Marvin Chomsky sur un scénario de Gerald Green et diffusée entre le 16 et le 19 avril 1978 sur NBC. Elle décrit la destruction des juifs d'Europe à travers l'histoire de deux familles de Berlin, l'une juive, l'autre nazie[1].

En France, la mini-série a été diffusée en 1979 sur Antenne 2.

Résumé[modifier | modifier le code]

Cette mini-série raconte l'Holocauste (expression controversée pour la Shoah), pendant la Seconde Guerre mondiale, vécu à la fois par les Weiss, une famille de juifs allemands, et par un jeune avocat, lui aussi allemand, enrôlé par les SS.

1935, à Berlin. La famille Weiss, de confession juive, marie son fils aîné Karl, artiste peintre, à Inga Helms, une catholique. Les Weiss apprécient leur belle-fille mais les Helms dont un fils et un ami sont nazis, sont réticents. Joseph Weiss, le chef de famille, médecin généraliste, a comme patients un couple aryen, les Dorf, dont l'épouse est cardiaque : malgré son apparente faiblesse, celle-ci est ambitieuse pour son époux et l'encourage à rejoindre les Nazis afin de gravir l'échelle sociale. D'abord réticent et se déclarant neutre vis-à-vis des juifs, il excelle bientôt dans ses nouvelles fonctions, notamment par son sens des euphémismes concernant les persécutions antisémites.

Les Weiss sous-estiment la puissance du nazisme et refusent de quitter l'Allemagne. Karl est arrêté et déporté avant même le début de la guerre au camp de Buchenwald : sa femme est harcelée par les siens qui lui reprochent son mariage, colère amplifiée par la présence à leur domicile des Weiss, spoliés de leurs biens, qu'Inga a accueillis. Auparavant, Joesph Weiss, citoyen polonais, avait été expulsé d'Allemagne et recueilli par son frère à Varsovie.

Rudi, le cadet des Weiss, ne supportant plus l'enfermement, rêve d'une lutte active contre le nazisme : il part seul et rencontre à Prague Héléna, une jeune Tchèque juive dont il s'éprend.

Anna, la benjamine des Weiss, ne supporte plus non plus la clandestinité et l'attitude faussement optimiste de sa mère : au cours d'une fugue, elle est violée et perd la raison. Inga la mène chez un médecin, lequel fait croire à Inga qu'une hospitalisation est nécessaire : Anna est emmenée en bus à l'hôpital psychiatrique de Hadamar avec d'autres malades mentaux, et gazée avec eux dès leur arrivée dans l'établissement.

Inga, sans nouvelle de son mari, cède au chantage de l'ami de ses parents qui travaille à Buchenwald : elle couche avec lui en échange d'un traitement moins dur pour Karl.

Rudi assiste clandestinement au massacre de Babi Yar : il rejoint avec Héléna un réseau de résistants et se marient. Héléna meurt peu après au cours d'une action manquée et Rudi, capturé, est envoyé au camp de concentration de Sobibor : il participe avec succès à l'évasion collective.

Bertha Weiss rejoint son mari au ghetto de Varsovie dans lequel la situation se dégrade : ils optent pour la résistance active. Ils meurent en camp de concentration, ignorant que leur fils Karl s'y trouve aussi, lequel, malgré le sacrifice d'Inga, n'a pu échapper à la torture pour avoir dessiné l'horreur des camps. Karl meurt, épuisé par plusieurs années de captivité, de privations et de torture.

Erik Dorf, devenu un des organisateurs de la solution finale, est arrêté par les alliés et se suicide. Sa femme furieuse chasse de sa maison l'oncle d'Erik venu lui annoncer la nouvelle : celui-ci, d'abord partisan d'Hitler, avait enfin pris conscience des atrocités nazies.

Inga et Rudi sont les seuls survivants à l'armistice. Rudi accepte d'accompagner un groupe d'enfants en Palestine ; Inga, qui a eu un enfant de Karl lors de brèves retrouvailles, reste en Allemagne.

Distribution[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Épisodes[modifier | modifier le code]

  1. La montée des ténèbres (19351940) 135 minutes
  2. La route de Babi-Yar (19411942) 94 minutes
  3. La solution finale (19421944) 89 minutes
  4. Les rescapés (19441945) 101 minutes

Personnages[modifier | modifier le code]

Une étude plus détaillée des protagonistes est nécessaire car chacun est le reflet des différentes attitudes face à la guerre et l'Holocauste.

Famille Weiss

Joseph et Bertha : elle est allemande, lui polonais mais vivant en Allemagne depuis longtemps. Bertha est issue d'une famille cultivée, elle est calme et optimiste, ce qui la conduit à refuser de quitter l'Allemagne tant qu'il était encore temps. Joseph est médecin généraliste et a à peu près le même caractère que son épouse. Lorsqu'ils se retrouvent dans le ghetto de Varsovie, ils deviennent réalistes et optent pour la résistance active. Déportés à Auschwitz, ils subissent le « traitement spécial ».

Karl : fils aîné, artiste peintre sans le sou, il se décrit lui-même comme n'ayant pas l'étoffe d'un héros. Il est déporté avant la guerre à Buchenwald où son talent artistique lui permet de travailler dans un atelier. Il devient aigre quand il comprend que son épouse chrétienne a des relations sexuelles avec un officier du camp afin de lui faire passer du courrier. Transféré à Theresienstadt, il y retrouve sa femme qui s'y est fait enfermer volontairement mais les œuvres cachées sur les atrocités nazies sont découvertes et Karl est torturé et déporté à Auschwitz où il meurt d'épuisement.

Rudi : le cadet est adolescent au début de la saga. Vif et enjoué, il supporte moins bien que ses parents les persécutions antisémites. En quête d'action, il quitte sa mère et sa sœur et erre à travers l'Europe occupée, cherchant à rejoindre la Résistance. Il est sauvé à Prague par une jeune tchèque juive, Héléna, dont il s'éprend. Ils poursuivent ensemble leur pérégrination et arrivent à Kiev en pleine invasion nazie : ils tombent sur le frère d'Inga, blessé et le sauvent, mais celui-ci les dénonce comme juifs. Rudi et Héléna partent avec des dizaines de milliers de personnes pour une marche forcée : s'échappant du convoi, ils découvrent avec horreur qu'ils viennent d'échapper à un massacre gigantesque. Rejoignant des partisans juifs ukrainiens, ils se marient et participent à des actions armées : Rudi, en dépit de sa volonté d'action, répugne d'abord à tuer. Lors d'une action manquée, Héléna est tuée. Rudi est déporté à Sobibor et participe à l'évasion massive du camp. À la fin de la guerre, il retrouve sa belle-sœur Inga et accepte d'accompagner un groupe d'enfants en Palestine.

Anna : benjamine des Weiss, elle se révolte contre l'optimisme de sa mère et lors d'une fugue, est violée. Traumatisée, elle est emmenée chez un médecin qui l'envoie dans une pseudo-clinique où Anna est gazée dès son arrivée avec d'autres malades mentaux.

Moïse : frère de Joseph, il a toujours vécu en Pologne. Recueillant son frère lorsque celui-ci est expulsé d'Allemagne, il participe à la résistance active et meurt pendant la révolte du ghetto.

Inga : épouse de Karl, elle est chrétienne et antinazie. Energique, elle lutte contre sa propre famille antisémite. Elle cache Bertha et les enfants chez elle mais ne pourra empêcher la déportation de Bertha. Pour communiquer avec son époux emprisonné, Inga accepte l'odieux chantage d'un ami de sa famille en poste à Buchenwald : elle a des relations sexuelles avec lui en échange du courrier. Puis elle se fera emprisonner à Theresienstadt pour rejoindre Karl. Le jour de la déportation de Karl pour Auschwitz, elle lui apprend qu'elle est enceinte et persiste à vouloir le garder en dépit de la demande de Karl. À la libération, elle retrouve son beau-frère Rudi, seul survivant de la famille Weiss.

Famille Dorf

Erik : fils d'un boulanger socialiste, il a réussi de brillantes études de juriste mais est au chômage. Assez timide, il ne sait pas se vendre. Sa femme le pousse à entrer chez les nazis. Erik accepte et est engagé après avoir déclaré franchement que ses sentiments sont neutres vis-à-vis des juifs. Il est vite apprécié de son supérieur pour sa dialectique retorse à propos de l'antisémitisme mais sa froideur et son souci d'exécuter les ordres à la lettre lui créent des ennemis. On le devine parfois perplexe et même effrayé devant les atrocités nazies mais il s'obstine, poussé par son épouse. Partisan du « jusqu'auboutisme », il tente de convaincre surtout lui-même que le génocide est nécessaire. Prisonnier des Alliés, il se suicide.

Martha : épouse d'Erik, elle est de santé fragile mais a un moral d'acier. Elle revendique fièrement son appartenance à la Nouvelle Allemagne et place toutes ses ambitions dans la carrière de son mari. Dénuée de pitié, la solution finale ne l'émeut pas et ne montrera aucun regret à la fin de la guerre.

Kurt : oncle d'Erik, il est ingénieur en génie civil et obtient un contrat avec l'armée pour remettre en état les routes des zones occupées. Il manifeste mollement son soutien au nazisme et esquive de plus en plus mal les questions inquisitrices de son neveu. Travaillant à Auschwitz, il découvre la solution finale et tente sans succès de sauver quelques déportés juifs en les embauchant dans des groupes de travail. Il avouera finalement à son neveu son écœurement du génocide et à la libération, fera de même avec Martha.

L'accueil de la série[modifier | modifier le code]

Elie Wiesel critique ce type de fiction. Il affirme que la banalisation de la shoah induite par le feuilleton est moralement discutable et indécente. Il pense qu'il est impossible de traduire la shoah par le cinéma fictionnel car il s'agit d'un événement qui dépasse toute forme narrative traditionnelle. Pour lui Holocauste est un mélodrame sans envergure qui ne montre pas toute l'étendue de l'horreur ni l'héritage qui a péri dans l'holocauste. Les coupures de publicité prêtent aussi le flanc au soupçon de commercialiser la shoah. Alain Finkielkraut reproche au téléfilm de brosser un tableau clivé des Juifs, modernes et assimilés ou traditionnels et archaïques, gommant la richesse d'une culture vibrante et nuancée, anéantie par la guerre. Primo Levi émet un avis globalement plus favorable, mais non exempt de reproches : par exemple, les hommes n'étaient pas aussi bien rasés, les femmes n'attendaient pas de la sorte, ce qui relève d'une foi résiduelle en l'humanité, dont les Nazis ont précisément été totalement et sciemment dépourvus. Cependant aux États-Unis, le feuilleton est vu par un Américain sur deux. En Allemagne, le feuilleton est suivi par plus d'un tiers des Allemands et le gouvernement allonge le délai de prescription pour les criminels nazis.

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Emmy Award 1978 : Meilleure mini-série
  • Emmy Award 1978 : Meilleure réalisation pour Marvin J. Chomsky
  • Emmy Award 1978 : Meilleur scénario pour Gerald Green
  • Emmy Award 1978 : Meilleur acteur pour Michael Moriarty
  • Emmy Award 1978 : Meilleure actrice pour Meryl Streep
  • Emmy Award 1978 : Meilleure actrice dans un second rôle pour Blanche Baker
  • Emmy Award 1978 : Meilleurs costumes
  • Emmy Award 1978 : Meilleur montage
  • Golden Globe Award 1979 : Meilleur acteur pour Michael Moriarty
  • Golden Globe Award 1979 : Meilleure actrice pour Rosemary Harris

Commentaires[modifier | modifier le code]

La série est suivie par près de 120 millions de téléspectateurs américains. Elle est revendue à 28 pays dont la RFA et la France. Elle devient dans ce dernier pays un enjeu de mémoire[2]. La série a été critiquée pour sa mièvreries, ses inexactitudes historiques, son manque de réalisme.

Erreurs[modifier | modifier le code]

  • Épisode 1 : dans la scène au cours de laquelle Erik Dorf et Heydrich parlent de la nuit de Cristal (1938) Heydrich porte au col une décoration qui n'a pas été attribuée avant 1942.
  • Épisode 2 : les soldats soviétiques portent des pattes d'épaules du modèle 1943. Or, nous sommes à la veille de l’opération Barbarossa
  • Épisode 2 : les casquettes portée par Hans Frank et son acolyte présentent des insignes incorrects.
  • Épisode 2 : un soldat, lors des premières scènes d'exécution, porte sur son calot un Totenkopf qui est inutilisé depuis 1935
  • Épisode 2 : une lettre adressée par Inga Helms-Weiss (Meryl Streep) à son mari Karl Weiss (James Woods), emprisonné à Buchenwald, est visible en assez gros plan, et on peut remarquer qu'elle est rédigée en anglais alors qu'ils sont tous deux allemands.
  • Épisode 2 : le personnage d'Erik Dorf est imaginaire ; il n'a donc pas assisté à la conférence de Wannsee comme c'est le cas dans la série.
  • Épisode 3 : Arthur Nebe est crédité du grade de colonel. Or en 1941, il était déjà général de brigade.
  • Épisode 4 : au début de l'épisode, Erik Dorf fait projeter d'authentiques photographies de déportés. La scène se déroule en 1942 (la bataille de Stalingrad est évoquée) ou 1943 (le soulèvement du ghetto de Varsovie n'a pas encore eu lieu). Or, certaines des photographies projetées ont été prises en 1944 (photo issue de l'Album d'Auschwitz, photo clandestine prise par les membres du Sonderkommando d'Auschwitz-Birkenau).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent »,‎ 2009, 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 275
  2. dictionnaire de la Shoah, p 275