Oskar Schindler

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Oskar Schindler

Naissance 28 avril 1908
Zwittau, Moravie
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
(auj. Svitavy, République tchèque)
Décès 9 octobre 1974 (à 66 ans)
Hildesheim, Basse-Saxe
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l’Ouest
Profession
Autres activités
Ascendants
Hans Schindler
Franziska Luser
Conjoint
La tombe d'Oskar Schindler est située dans le cimetière chrétien sur le Mont Sion à Jérusalem, Israël.

Oskar Schindler (né le 28 avril 1908 à Zwittau, à l'extrême ouest de la Moravie[1] et mort le 9 octobre 1974 à Hildesheim, en Allemagne) est un industriel allemand qui a sauvé durant la Shoah plus de 1 100 personnes en les faisant travailler dans ses fabriques d'émail et de munitions situées respectivement dans le Gouvernement général de Pologne et dans le Protectorat de Bohême-Moravie. Sa vie a été le sujet d'un roman de Thomas Keneally et d'un film de Steven Spielberg. Il est enterré au cimetière chrétien du Mont Sion à Jérusalem.

Biographie[modifier | modifier le code]

Texte (en anglais) montrant que Oskar Schindler a été décoré en 1963. Musée Oskar Schindler, Cracovie, Pologne.
L'usine de Schindler à Brněnec, République tchèque en 2004.
Plaque commémorative.
Plaque commémorative à Hildesheim où Schindler vivait 1971-1974.

Oskar Schindler naît le 28 avril 1908 à Zwittau, en Moravie, dans une famille catholique. Industriel allemand sudète, il devient membre du Parti allemand des Sudètes en 1935 [2]. En 1936, il collabore à l'Abwehr[3], le service de renseignement de Allemagne nazie et est affecté à Abwehrstelle II Commando VIII, basée à Breslau[4]. Il expliquera plus tard à la police tchèque qu'il l'a fait parce qu'il avait besoin d'argent; en ces temps Schindler est confronté à des problèmes d'alcool et est constamment endetté[5]. Ses tâches pour l'Abwehr incluent la collecte d'informations sur les chemins de fer, les installations militaires, les mouvements de troupes, ainsi que le recrutement d'autres espions au sein de la Tchécoslovaquie, en préparation du projet d'invasion du pays par l'Allemagne nazie[6]. Il est arrêté par le gouvernement tchèque pour espionnage le 18 juillet 1938 et est immédiatement emprisonné, mais il est libéré en tant que prisonnier politique grâce aux accords de Munich. Schindler demande son adhésion au Parti national-socialiste le 1er novembre et celle-ci est acceptée l'année suivante[7].

Après un certain temps pour se remettre à Zwittau, Schindler est promu commandant en second de son unité Abwehr et déménage avec sa femme à Ostrava, à la frontière tchéco-polonaise, en janvier 1939. Il demeure impliqué dans les activités d'espionnage dans les mois qui précédent l'occupation de la Bohême-Moravie par les troupes allemandes en mars. Son épouse Emilie l'aide dans cette activité, en travaillant et cachant des documents secrets dans leur appartement pour le bureau Abwehr[8]. Comme il se rend souvent en Pologne pour affaires, lui et ses 25 agents sont en mesure de recueillir des informations sur les activités des chemins de fer militaires polonais en vue de la prochaine et planifiée invasion de la Pologne[9]. Une mission concerne en particulier son unité pour surveiller et fournir des informations sur la ligne de chemin de fer et le tunnel du col de Jablunkov, considéré comme critique pour le mouvement des troupes allemandes[10]. Le tunnel sera capturé intact par la 14e armée le 1er septembre 1939, dans les premières heures de la Seconde Guerre mondiale[11]. Schindler continue à travailler pour l'Abwehr jusqu'à l'automne 1940, quand il est envoyé en Turquie pour enquêter sur la corruption parmi des officiers de l'Abwehr affectés à l'ambassade d'Allemagne[12].

Il fait ensuite fortune en dirigeant la Deutsche Emailwarenfabrik, usine spécialisée dans la fabrication de batteries de cuisine en émail, située à proximité du camp d'internement de Plaszow, au sud de la ville de Cracovie, et ceci en profitant de ses bonnes relations avec le chef de ce camp nazi Amon Göth, lequel lui fournit la main d'œuvre parmi les nombreux Juifs internés. Initialement, Schindler est surtout intéressé par le potentiel financier de l'entreprise et engage des Juifs parce qu'ils sont moins chers que les Polonais - les salaires étant fixés par le régime nazi d'occupation[13].

Plus tard, interpellé par leur sort, il prend parti pour eux et, aidé de sa femme Émilie, ainsi que par son comptable juif Itzhak Stern, il sauve ainsi la vie de plus de 1 100 d'entre eux en les arrachant aux camps d'extermination nazis et en les amenant à 15 kilomètres au sud de sa ville natale pour les faire travailler dans une usine d'armement intégrée au camp de Brünnlitz, aujourd'hui Brněnec. Il orchestre alors la faillite de cette nouvelle usine, notamment pour sauver ses travailleurs juifs et ne pas ralentir l'avancée alliée par sa production d'armes. Il se rend également jusqu'à Auschwitz pour récupérer ses ouvrières juives dirigées vers le camp par l'administration nazie. Il joue parfaitement de son charisme, de son savoir-faire pour mener à bien ses actions de sauvetage et il y consacre aussi ses biens personnels.

Il est arrêté trois fois, dont une fois sans mandat, en 1942, pour avoir embrassé l'une de ses ouvrières juives. Son emprisonnement ne dure que quelques semaines. La troisième arrestation a lieu quelque temps après l'emprisonnement d'Amon Göth, le commandant du camp de travaux forcés juifs de Plaszow en Pologne, en raison de l'amitié liant les deux hommes, tous deux membres du parti nazi, celle-ci ne dure que huit jours.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il émigre en Argentine où il devient fermier. Ne prospérant pas, il revient en 1958 en Allemagne. Là, il essaie de se relancer dans l'industrie et échoue constamment. Même après la guerre, il se tient au courant de la vie des personnes qu'il a sauvées et reste en contact avec elles.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le 18 juillet 1967, le Mémorial de Yad Vashem le déclare Juste parmi les nations[14]. Cet honneur est aussi accordé le 24 juin 1993 à sa veuve Emilie Schindler.

Œuvres inspirées de son action[modifier | modifier le code]

Roman La liste de Schindler[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Liste de Schindler (roman).

Un roman de Thomas Keneally, Schindler's List (La liste de Schindler, 1982), adapté au cinéma par Steven Spielberg sous le même titre (1993), a fait connaître son action au grand public.

La liste de Schindler au cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Liste de Schindler (film).

Un film réalisé par Steven Spielberg sorti en 1993 retrace son histoire durant la Seconde Guerre mondiale et les méthodes qu'il a employées pour sauver des juifs : La Liste de Schindler. Ce film a remporté 7 oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur ainsi que toutes les principales récompenses dans la catégorie meilleur film, ainsi qu'un nombre exceptionnel de prix. Parmi eux : 7 British Academy Awards, un Christoper Awards et 3 Golden Globes. La Liste de Schindler a été désigné meilleur film par : the New York Film Critics Circle, the National Society of Films Critics, the National Board of Review, the Producers Guild, the Los Angeles Films Critics, the Chicago, Boston and Dallas Film Critics. Steven Spielberg a également été récompensé par the Directors Guild of America Awards. Le rôle d'Oskar Schindler y est interprété par Liam Neeson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Timbre commémoratif allemand célébrant le centenaire de la naissance d'Oskar Schindler. La phrase indique "Celui qui sauve une vie, sauve l'humanité tout entière" .
  1. Alors en Autriche-Hongrie, aujourd'hui Svitavy en République tchèque.
  2. David M. Crowe, Oskar Schindler: The Untold Account of His Life, Wartime Activities, and the True Story Behind the List, Cambridge, MA, Westview Press, 2004, page 16
  3. (cs) Jitka Gruntová, Legendy a fakta o Oskaru Schindlerovi, Naše vojsko,‎ 2002, 274 p. (ISBN 80-206-0607-6).
  4. David M. Crowe, op.cit., page 17
  5. David M. Crowe, op.cit., page 19
  6. David M. Crowe, op.cit., pages 24-25
  7. David M. Crowe, op.cit., pages 46 -47
  8. David M. Crowe, op.cit., pages 53 -53
  9. David M. Crowe, op.cit., pages 18, 54, 63
  10. David M. Crowe, op.cit., page 56
  11. David M. Crowe, op.cit., page 69
  12. David M. Crowe, op.cit., pages 291-292
  13. David M. Crowe, op.cit., page 138
  14. (en) The Library of Congress « …on July 18, 1967, Yad Vashem decided to recognize Oskar Schindler as one of the Righteous Among the Nations, or ‘righteous Gentiles’, an honor awarded by Israel to non-Jews who saved Jews during the Holocaust at great personal risk ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David M. Crowe, Oskar Schindler: The Untold Account of His Life, Wartime Activities, and the True Story Behind the List, Cambridge, MA, Westview Press,‎ 2004 (ISBN 978-0-465-00253-5)
  • Erika Rosenberg, Emilie Schindler : une héroïne dans l'ombre d'Oskar Schindler, Paris, Lanore 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]