Argent

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Argent
PalladiumArgentCadmium
Cu
   
 
47
Ag
 
               
               
                                   
                                   
                                                               
                                                               
                                                               
                                   
Ag
Au
Tableau completTableau étendu
Informations générales
Nom, symbole, numéro Argent, Ag, 47
Série chimique métaux de transition
Groupe, période, bloc 11, 5, d
Masse volumique 10,50 g·cm-3 (20 °C)[1];

9,35 g·cm-3 (liquide, 961,9 °C),

9,05 g·cm-3 (liquide, 1 250 °C)[2]
Dureté 2,5
Couleur Blanc argenté métallique
No CAS 7440-22-4 [3]
No EINECS 231-131-3
Propriétés atomiques
Masse atomique 107,8682 ± 0,0002 u[1]
Rayon atomique (calc) 160 pm (165 pm)
Rayon de covalence 145 ± 5 pm [4]
Rayon de van der Waals 172 pm
Configuration électronique [Kr] 4d10 5s1
Électrons par niveau d’énergie 2, 8, 18, 18, 1
État(s) d’oxydation ±1
Oxyde amphotère
Structure cristalline Cubique à faces centrées
Propriétés physiques
État ordinaire Solide
Point de fusion 961,78 °C (congélation)[5]
Point d’ébullition 2 162 °C [1]
2 212 °C [6]
Énergie de fusion 104,2 J·g-1 [7]
Énergie de vaporisation 2,636 kJ·g-1 [7]
Volume molaire 10,27×10-6 m3·mol-1
Pression de vapeur 1×10-6 Pa (684 °C)

1×10-4 Pa (828 °C)
1×10-2 Pa (1 028 °C)
1 Pa (1 330 °C)
1×101 Pa (1 543 °C)

1×102 Pa (1 825 °C)[7]
Vitesse du son 2 600 m·s-1 à 20 °C
Divers
Électronégativité (Pauling) 1,93
Chaleur massique solide :

234 J·kg-1·K-1 (°C)
238 J·kg-1·K-1 (100 °C)
282 J·kg-1·K-1 (527 °C)
297 J·kg-1·K-1 (961 °C)

liquide : 310 J·kg-1·K-1 (961–2227°C)[7]
Conductivité électrique 63×106 S·m-1
Conductivité thermique 429 W·m-1·K-1
Solubilité sol. dans les acides oxydants et les solutions de cyanures de métaux alcalins en présence d'O2;

sol. dans HNO3;

sol. dans Hg, Na, K, NaK[7]
Énergies d’ionisation[8]
1re : 7,57623 eV 2e : 21,47746 eV
3e : 34,83 eV
Isotopes les plus stables
Iso AN Période MD Ed PD
MeV
107Ag 51,839 % stable avec 60 neutrons
108mAg {syn.} 418 a ε
——
TI
2,027
——
0,109
108Pd
———
108Ag
109Ag 48,161 % stable avec 62 neutrons
Précautions
SIMDUT[9]

Produit non contrôlé
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
Argent
Pépite d'argent
Pépite d'argent
Identification
No CAS 7440-22-4
No EINECS 231-131-3
PubChem 23954
104755
No E E174
SMILES
InChI
Propriétés physiques
Solubilité pratiquement insoluble dans l'eau[6]
Pression de vapeur saturante 0,13 µbar (840 °C)[6]
Écotoxicologie
DL50 >10 000 mg·kg-1 souris oral[10]
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du latin Argentum — et de numéro atomique 47.

C’est un métal précieux dont le nom désigne aussi en français dans le langage courant les billets et pièces de monnaies mais les économistes distinguent, à la différence du langage courant, l’argent métal de la monnaie comme outil de régulation des échanges économiques.

L’origine du mot viendrait d’un étymon indo-européen *arg- signifiant « brillant » et serait l’équivalent en sanskrit de ar-jun signifiant « brillant »[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

L’extraction d’argent a commencé il y a environ 5000 ans. Ce métal a été tiré du sol pour la première fois en 3000 avant J.C. en Anatolie (notre Turquie actuelle). Ces premiers filons représentaient une ressource de valeur pour les civilisations qui ont fleuri dans le proche orient, ainsi que pour la Crète et la Grèce, tout au long de l’antiquité.

A peu près en 1200 avant J.C., le centre de production d’argent fut établi aux mines de Laurium, en Grèce, d’où il continua d’alimenter les empires naissants de la région. En 100 après J.C., l’Espagne devint à son tour la capitale de la production d’argent. Les mines Espagnoles étaient le principal fournisseur de l’Empire Romain et un point commercial important sur le trajet du commerce d’épices asiatique.

À la suite de l’invasion de l’Espagne par le peuple maure, la pratique d’extraction d’argent a migré vers un plus grand nombre de pays, dont la plupart se situaient en Europe centrale. La plupart des découvertes des plus grandes mines d’argent se sont faites entre 750 et 1200 après J.C., incluant celles faites en Allemagne et en Europe de l’est.

Le demi-millénaire compris entre 1000 et 1500 fut une période significative durant laquelle augmentèrent le nombre de mines qui furent découvertes, ainsi que celui des avancées technologiques et améliorations de production qui en découlèrent. Cependant, aucun évènement historique concernant l’argent ne peut rivaliser avec la découverte du nouveau monde en 1492. Cette importante découverte et les années qui la suivirent ont réinventé le rôle de l’argent à travers le monde.

La conquête Espagnole du nouveau monde a conduit à une extraction d’argent telle, qu’elle éclipse alors tout ce qui avait pu se produire avant dans ce domaine. Entre 1500 et 1800, la Bolivie, le Pérou et le Mexique ont effectué à eux trois plus de 85 % de la production et du commerce mondial.

Plus tard, plusieurs autres pays ont commencé à contribuer plus considérablement, notamment les Etats-Unis, avec la découverte du filon Comstock au Nevada. La production d’argent mondiale a continué à grandir, passant de 40 à 80 millions d’onces de production annuelle durant les années 1870.

La période allant de 1876 à 1920 a représenté une explosion tant dans le domaine de l’innovation technologique que dans l’exploitation de nouvelles régions dans le monde entier. La quantité produite au cours du dernier quart du XIXe siècle a quadruplé par rapport à la production moyenne de ses 75 premières années, passant à presque 120 millions d’onces de production annuelle.

De même, de nouvelles découvertes en Australie, Amérique centrale et Europe ont considérablement augmenté la quantité mondiale de production d’argent. Les deux décennies entre 1900 et 1920 ont abouti à une augmentation de la production mondiale de 50 % et ont élevé son total à environ 190 millions d’onces. Ces augmentations ont découlé de découvertes faites au Canada, États-Unis, Afrique, Mexique, Chili, Japon et bien d’autres pays.

Au cours du dernier siècle, de nouvelles technologies ont également contribué à une hausse massive de la production mondiale d’argent. Les avancées majeures ont consisté en le forage par machines à vapeur, l’extraction, l’aspiration de l’eau dans les tunnels et l’amélioration des transports. En outre, les progrès techniques dans l’industrie minière ont amélioré la capacité à séparer l’argent du reste des minerais et ont permis de traiter un plus grand nombre de minerais contenant l’argent. De telles méthodes ont été critiques à l’augmentation du volume de production future, puisque de nombreux filons productifs se sont vus épuisés vers la fin du XIXe siècle.

Aujourd’hui, plus de 5000 ans après que les cultures antiques ont commencé à exploiter ce précieux métal, la production annuelle mondiale atteint en moyenne 671 millions d’onces.

Sciences[modifier | modifier le code]

Propriétés physico-chimiques[modifier | modifier le code]

L’argent est un métal relativement ductile et très malléable, apprécié pour son éclat blanc particulier.

Il est attaqué par les sulfures contenus dans les aliments, d'où le noircissement de la vaisselle en argent qu'on observe parfois.

Les sulfures présents dans l'atmosphère réagissent avec l'argent pour former Ag2S. Le ternissement est accéléré par la présence de cuivre dans les alliages. On peut éviter le ternissement en le stockant avec du papier imprégné d'acétate de cuivre ou de cadmium, qui ont plus d'affinité pour H2S[7]. Traiter l'argent par électrolyse avec une solution de chromate alcalin retarde le ternissement[2].

La corructation est une lumière vive, ponctuelle, émise par ce métal au moment de son refroidissement après fusion lorsque le voile composé d’oxydes et de fondant en surface se déchire emportés par le borax. Cette solidification appelée rochage par absorption de l’oxygène fait gonfler le métal.

Solubilité[modifier | modifier le code]

L'acide de choix pour dissoudre l'argent est l'acide nitrique : \rm{3 Ag + 4HNO_{3} \rightarrow 3AgNO_{3} + 2H_{2}O + NO }

La dissolution dans l'acide sulfurique concentré chaud est plus économique en acide : \rm{2Ag + 3H_{2}SO_{4} \rightarrow 2AgHSO_{4} + SO_{2} + 2H_{2}O }
ou : \rm{2Ag + 2H_{2}SO_{4} \rightarrow Ag_{2}SO_{4} + SO_{2} + 2H_{2}O }

L'argent est attaqué par l'eau régale, l'acide chromique, les solutions de permanganate, l'acide persulfurique, l'acide sélénique et les solutions aqueuses d'halogènes libres. Les réactions peuvent être ralenties par la formation d'une couche protectrice (AgCl par exemple)[2].

Il est également soluble dans les hydroxydes alcalins fondus en présence d'air et dans les peroxydes fondus[12].

Analyse[modifier | modifier le code]

On peut analyser un échantillon en le dissolvant dans de l'acide nitrique et en précipitant l'argent sous forme d'AgCl[7]. Le seuil de détection est de 0,1 μg·l-1. Contrairement aux autres chlorures, peu solubles, le chlorure d'argent est soluble dans l'ammoniaque[2].

Les halogénures d'argent peuvent être dissous dans NaKCO3 fondu. L'argent est précipité sous forme métallique et peut être séparé par dissolution dans l'eau[2].

Alliages notables[modifier | modifier le code]

Toxicologie, écotoxicologie[modifier | modifier le code]

L'argent est aussi un polluant et un contaminant.


Pour des raisons mal comprises, l'être humain en supporte des doses bien plus élevées que ces organismes. L'absorption d'argent dans la circulation du sang de l’organisme humain ne semble pas avoir d’effet direct en dessous d'un certain seuil, mais un excès provoque une maladie dite argyrisme qui donne à la peau et au blanc de l'œil un teint gris-bleuâtre, voire noirâtre.

Au-delà de 0,4 ng/litre, l'argent est considéré comme un indicateur de pollution (par le nitrate d'argent par exemple).

  • Des baies très polluées comme la Baie de San Francisco et celle de Caroline du Sud en contiennent jusqu'à 20 ng/litre voire plus.
  • Les organismes marins filtreurs peuvent en accumuler des doses préoccupantes (par exemple, 0,01 à 58 mg·kg-1 de chair, en poids sec, relevé dans des moules aux États-Unis, ou 1,8 à 11 mg·kg-1 dans des huitres (p.s.)[13]).
  • L'argent pourrait ainsi contribuer à certains déséquilibres écologiques et au phénomène de zones marines mortes qui caractérise certaines baies.
  • En France, de 2003 à 2007, Ifremer a constaté que les moules en contiennent localement de grandes quantités entre l'estuaire de la Seine et la façade maritime picarde, selon la cartographie interactive des données de surveillance obligatoire pour les métaux, HAP, PCB, DDT, lindane dans la chair des huitres et moules[14].
  • En France toujours, alors que beaucoup de métaux lourds tendent à diminuer dans la chair des poissons pêchés en mer et commercialisés depuis les années 1990, l'argent reste stable ou a même pu localement dans les années 2000 significativement augmenter[15].

Économie[modifier | modifier le code]

L'argent a été utilisé comme monnaie dans la plupart des civilisations au même titre que l'or. Jusqu'à l'instauration du système de l'Étalon-or à la fin du XIXe siècle en Occident, la plupart des pays européens ainsi que les États-Unis ou encore le Mexique fonctionnaient dans le cadre d'un régime monétaire appelé bimétallisme dans lequel une monnaie or et une monnaie argent circulaient conjointement. Le bimétallisme a été accusé par les économistes de favoriser une certaine instabilité des cours de la monnaie et donc de provoquer une instabilité de l'économie. On parlera dans ce cadre de la fameuse loi de Gresham, du nom d'un commerçant et financier britannique du XVIe siècle, qui a démontré que la mauvaise monnaie avait tendance à chasser la bonne. Cela signifie que dans le cadre d'un système monétaire où deux étalons monétaires coexistent l'un fini par chasser l'autre, en l'occurrence l'or qui devient de ce fait rare et recherché. Cette concurrence entre les monnaies peut avoir un impact défavorable sur l'économie en favorisant la spéculation et en bouleversant la hiérarchie des prix. L'abandon du bimétallisme n'a cependant pas sonné la fin de l'argent en tant que monnaie. Ainsi en France jusqu'aux années 1970, des pièces en argent massif ont été frappées. Parmi celles-ci on peut citer la célèbre pièce de 5 Francs sur laquelle figure en effigie la semeuse, une femme qui sème des grains de blé. Ces pièces font encore l'objet d'une cotation et donc peuvent servir de support d'investissement. Par ailleurs, l'argent en tant que métal précieux peut être utilisé pour placer ses liquidités. Le placement peut se faire sous forme de pièces, mais aussi de lingots ou encore de lingotins (d'une taille plus petite que les lingots). Le cours du lingot varie en fonction du cours de l'once d'argent. L'argent comme l'or fait en effet l'objet d'une double cotation sur le marché de Londres et sur le marché New Yorkais. Dans les deux cas, les mouvements observés sont à la fois liés aux fondamentaux (demande de métaux précieux, volume de production, perspectives macro-économiques…), mais aussi à la spéculation. Il faut d'ailleurs le noter les cours de l'argent varient davantage que ceux de l'or. On constate généralement que les cours de l'argent amplifient les variations observées sur les cours de l'or à la hausse comme à la baisse.

Consommation[modifier | modifier le code]

La consommation d’argent en 2004 dans le monde a été de l’ordre de 26 000 tonnes. La consommation dépasse la production depuis plusieurs années. On estime que l'argent va devenir un métal très rare d'ici environ 10 ans.[réf. nécessaire]

Production[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Tendance de la production mondiale

L’argent provient de mines ou du recyclage. En 2004 :

  • la production minière a été de l’ordre de 19 700 tonnes ;
  • la quantité d’argent recyclé a été de l’ordre de 5 600 tonnes.

Selon l’USGS, la production d’argent dans le monde en 2008 était estimée à 20 900 tonnes d’argent soit 671 millions d’onces.


L’argent est extrait soit de mines dont il est le principal métal, soit de mines d’autres métaux dont l’argent est en quelque sorte un sous-produit ; c’est ainsi que :

  • 40 % de la production minière d’argent vient de mines d’argent ;
  • 30 % vient de mines de plomb et/ou de zinc ;
  • 20 % vient de mines de cuivre ;
  • 7 % vient de mines d’or;
  • 3 % vient de mines d'aluminium.[réf. nécessaire]

En 2011, la production était de 23 689 tonnes d’argent, soit 761,6 millions d’onces[16].

Pays producteurs[modifier | modifier le code]

Globalement, les Amériques ont produit un peu plus de la moitié de l’argent extrait dans le monde.

Dix pays ont produit 84 % de l’argent extrait dans le monde en 2011 :

Pays Tonnes  % du total
Mexique 4 752 20,06
Pérou 3 415 14,41
République populaire de Chine 3 231 13,64
Australie 1 713 7,24
Chili 1 309 5,52
Pologne 1 269 5,35
Russie 1 244 5,25
Bolivie 1 213 5,12
États-Unis 1 119 4,72
Argentine 703 2,96
Total dix pays 19 968 84,29
Total monde 23 689 100,0

Chiffres de 2011, source : Silver Institute, 2011

Utilisations[modifier | modifier le code]

L’argent est utilisé:

Bijouterie[modifier | modifier le code]

Le deuxième domaine avec 7 700 tonnes est la bijouterie et l’orfèvrerie. L’argent est utilisé pour fabriquer des objets et des bijoux (pendentifs, bracelets, colliers…) tout ceci est possible car l’argent possède une propriété qui permet de concevoir ces œuvres : sa bonne malléabilité. L’argent est souvent allié à de faibles quantités de cuivre pour renforcer ses caractéristiques mécaniques. L'argent le plus courant en bijouterie est l'argent 925. Un poinçon 925 signifie que le bijou est fabriqué avec au moins 92,5 % d'argent pur et authentifie la qualité du métal précieux[17]. On l’utilise aussi allié à l’or, ou en plaquage (de 3 à 5 microns d’épaisseur pour la bijouterie, de 20 à 30 microns pour l’argenterie).

Photographie[modifier | modifier le code]

Le troisième domaine est la photographie, avec 5 600 tonnes. Des cristaux d’halogénures d’argent sensibles à la lumière sont l’élément essentiel des films et papiers photographiques. Ce secteur est en décroissance constante depuis plusieurs années en raison du développement de la photographie numérique. Le marché de la radiographie est devenu plus important que le marché de grand-public.

La photographie était la plus grande consommatrice d’argent avant que les procédés modernes permettent de récupérer l’argent dans les bains de développement et ainsi de le recycler en bonne partie. La diminution du nombre de pellicules argentiques commercialisées en raison de l’avènement du numérique a également contribué à en réduire considérablement le besoin.

Utilisations mineures[modifier | modifier le code]

Applications monétaires[modifier | modifier le code]

Pièce française en argent
  • Autrefois massivement frappé pour la monnaie, l’argent est désormais utilisé pour produire pièces et médailles avec 1 300 tonnes.
  • On peut signaler aussi qu’une partie de l’argent est stockée ou déstockée par les états et les investisseurs (en 2004, vente de 1 920 t par les états et stockage d’environ 1 300 tonnes par les investisseurs).
  • Après l'apparition de l'Euro, la France ne frappait plus de monnaie en argent ; depuis 2008, elle frappe de nouveau des pièces en argent ayant cours légal (les Semeuses de Joaquin Jimenez).

Alimentation[modifier | modifier le code]

  • L’argent est utilisé en confiserie, principalement en Extrême-Orient.
  • Il a une action germicide et bactéricide. Il était employé dans des ustensiles destinés aux enfants afin de les protéger contre des maladies dont l’origine n’était pas connue à ces époques. L’expression naître avec une petite cuillère en argent dans la bouche vient de ce phénomène, son utilisation récente comme indication de richesse n’est qu’une conséquence. Les Vénitiens transportaient eau, vin et vinaigre dans des réservoirs en argent pour les conserver et lors de la conquête de l’ouest américain, les pionniers protégeaient leur réserve d’eau en plaçant des pièces de monnaie en argent dans leurs outres ou leurs barriques.
  • L'argent est aussi un additif alimentaire industriel, E174.

Musique[modifier | modifier le code]

  • L’argent est utilisé en plaquage pour recouvrir certaines cordes de guitare, en général les plus graves.
  • Il est aussi l'un des matériaux les plus utilisés, depuis le XIXe siècle, pour la fabrication des flûtes traversières. On trouve également à présent des pavillons de cuivres (trombones notamment) fabriqués en argent massif.

Nanotechnologies[modifier | modifier le code]

Article détaillé : nano-argent.
  • En 2008, selon les producteurs, environ 500 t/an de nano-argent (ou nanoargent, « nano-silver » pour les anglophones) auraient été produits, sous forme d'ions argent, de particules d’argent protéinées (silver proteins) ou de colloïdes utilisés comme biocide (1/5e de la production, ) ou bactéricide ou pour d'autres usages dans des domaines variés dont dans le textile avec par exemple des chaussettes bactéricides et anti-odeurs. On en trouve aussi dans des cosmétiques, sprays, revêtements de matériaux métalliques (réservoirs métalliques d'aspirateurs sans sac), plastiques, vernis, peintures, plans de travail, pansements, parois de réfrigérateurs, climatiseurs, emballages alimentaires[18]… Les nanoparticules d'argent peuvent former de 50 % à 80 % du poids de l'argent d'un colloïde, les 20 à 50 % restant étant des ions argent. La production de nanoargent aurait été multipliée par 500 de 2000 à 2004, mais certains produits (argent protéiné notamment) usurpent le nom de nanoargent, n'étant que microniques ou submillimétriques. L'étiquetage ne permet pas de discerner l'efficacité (variable) de ces produits. On manque par ailleurs de données sur le relargage de nanoargent (nanoparticules ou ions argent) dans l'environnement. Il peut atteindre au moins 15 % à plus de 90 % du produit pour certains usages (jusqu'à 100 % de perte en quatre lavages pour certaines chaussettes, même si elles n'ont pas été portées et lavées à la main)[19].
    Différents types morphologiques peuvent être produit en jouant sur les phénomènes de précipitation et cristallisation ; cubes, cubes creux, sphères, particules à facettes, grains pyramidaux dont la réactivité et les propriétés (toxicité notamment) varient. 1 cm3 d'une concentration à 1 ppm de nanoparticules d'argent représente 25 000 milliards de ces particules[19]. Combinées à du phosphate de calcium l'activité de particules de vingt à cinquante nanomètres de nanoargent peut être jusqu'à 1000 fois supérieure, ce qui laisse présager des impacts environnementaux
    Parmi 800 nano-produits répertoriés dans les années 2000 par le Woodrow Wilson Institute, 56 % étaient fabriqués à partir de nano-argent (le plus souvent à partir de nanoparticules d'argent). Des évaluations estiment qu'en 2015, il pourrait en être produit 1 000 à 5 000 tonnes/an, ce qui correspondrait à 1/3 de l'actuelle production mondiale d’argent)[19].
    Des rats exposés aux nanoparticules de 15 nanomètres inhalées présentent ensuite ces particules dans tout l’organisme (cerveau y compris), avec des effets qu’on ignore). Un article de février 2009 a conclu que des nanoparticules d’argent testés en association avec du cuivre, (argent seul et argent colloïdal) pour différentes tailles de nanoparticules interféraient avec la duplication de l’ADN[19]. À forte dose une argyria est possible[19]. Enfin une résistance bactérienne au traitement par nano-argent peut apparaître, comme pour les autres traitement antibiotiques.

Mécanique[modifier | modifier le code]

L'argent a une bonne résistance à l'effort, il est utilisé dans les vilebrequins de locomotives diesel. On le retrouve également dans les roulements à billes des turbines, où on fait appel à ses propriétés autolubrifiantes.

Contacts électriques[modifier | modifier le code]

Enfermé entre deux feuilles de papier mylar, il est utilisé dans les contacts électriques des claviers d'ordinateurs[7].

Miroirs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réaction de Tollens.

Une solution de nitrate d'argent, de soude, d'ammoniaque et de sucre (ou de formaldéhyde) est utilisée pour déposer une couche d'argent sur le verre. Le verre étant préalablement traité avec SnCl2. Ce procédé sert notamment à fabriquer les bouteille isotherme, les CD[7] ou les décorations de sapins de Noël[2].

Couleur[modifier | modifier le code]

Argent est une couleur gris neutre clair à très clair, induisant souvent une idée de brillance. ██████

Note : La couleur argent, en héraldique[20], désigne le blanc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC Press Inc,‎ 2009, 90e éd., Relié, 2804 p. (ISBN 978-1-420-09084-0)
  2. a, b, c, d, e et f (en) Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry, Release 2004, 7th Edition, Silver, Silver Compounds, and Silver Alloys, Wiley-VCH Verlag GmbH & Co,‎ 2001 DOI:10.1002/14356007.a24_107
  3. Base de données Chemical Abstracts interrogée via SciFinder Web le 15 décembre 2009 (résultats de la recherche)
  4. (en) Beatriz Cordero, Verónica Gómez, Ana E. Platero-Prats, Marc Revés, Jorge Echeverría, Eduard Cremades, Flavia Barragán et Santiago Alvarez, « Covalent radii revisited », Dalton Transactions,‎ 2008, p. 2832 - 2838 (DOI 10.1039/b801115j)
  5. Procès-verbaux du Comité international des poids et mesures, 78e session, 1989, pp. T1-T21 (et pp. T23-T42, version anglaise).
  6. a, b et c Entrée de « Silver, Powder » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 13 février 2010 (JavaScript nécessaire)
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Samuel F. Etris, Kirk-Othmer encyclopedia of chemical technology 4th ed. : Silver and silver alloys, vol. 22, John Wiley & Sons.
  8. (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC,‎ 2009, 89e éd., p. 10-203
  9. « Argent » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  10. « ChemIDPlus » (consulté le 1er février 2009)
  11. Ernout, A. et Meillet, A., Dictionnaire Étymologique de la langue latine. Histoire des mots, Paris, Librairie C. Klicksieck,‎ 1939 (OCLC 79138165)
  12. « Silver, elemental » dans la base de données Hazardous Substances Data Bank, consulté le 10 août 2010
  13. Ifremer, Surveillance du milieu marin, travaux du Réseau National d'Observation de la Qualité du Milieu Marin ; Le RNO : programmes actuels - L'argent, le cobalt, le nickel et le vanadium dans les mollusques du littoral français - Les carottes sédimentaires, mémoire de la contamination ; Bulletin Ifremer, 2002 Télécharger en Pdf
  14. Les contaminants chimiques dans les huîtres et les moules du littoral français / Résultats du réseau de surveillance ROCCH (ex RNO) pour la période 2003-2007
  15. (en) Thierry Guérin, Rachida Chekri, Christelle Vastel, Véronique Sirot, Jean-Luc Volatier, Jean-Charles Leblanc et Laurent Noël, Determination of 20 trace elements in fish and other seafood from the French market ; Food Chemistry, Volume 127, Issue 3, 1 August 2011, Pages 934-942 ; Doi:10.1016/j.foodchem.2011.01.061 (Résumé)
  16. Silver Production 2011, sur le site silverinstitute.org
  17. La Fabrication à la main des bijoux argent pour homme de la marque Zense
  18. Inventaire suisse de l’utilisation des nano-argents
  19. a, b, c, d et e "L'analyse bénéfices / risques appliquée aux nanotechnologies : le cas du nano-argent", Paris, 2 avril 2009
  20. Couleurs héraldiques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]