Anglésite

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Anglésite
Catégorie VII : sulfates, sélénates tellurates, chromates, molybdates, tungstates[1]
Anglésite - Touissit Maroc 5×4cm

Anglésite - Touissit Maroc 5×4cm
Général
Numéro CAS 7446-14-2
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule brute O4PbSPbSO4
Identification
Masse formulaire[2] 303,3 ± 0,1 uma
O 21,1 %, Pb 68,32 %, S 10,57 %,
Couleur incolore, bleu, vert, gris, jaune
Classe cristalline et groupe d'espace dipyramidale, Pbnm
Système cristallin orthorhombique
Réseau de Bravais primitif P
Clivage bon sur {001} et distinct sur {210}
Cassure conchoïdale
Habitus agrégats massifs
Échelle de Mohs 2,5 - 3
Trait blanc
Éclat adamantin, résineux, vitreux, soyeux
Propriétés optiques
Indice de réfraction α=1,878 β=1,883 γ=1,895
Biréfringence Δ=0,017 ; biaxe positif
Dispersion 2vz ~ 75°
Fluorescence ultraviolet luminescent, fluorescence
Transparence transparent à translucide
Propriétés chimiques
Densité 6,2 à 6,4 g·cm-3
Température de fusion 1170 °C
Solubilité acide chlorhydrique à froid, acide sulfurique chaud,et dans la potasse caustique.
Comportement chimique inattaquable à l'HNO3
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique
T
Dangereux pour l’environnement
N



SIMDUT[3]
D2A : Matière très toxique ayant d'autres effets toxiques
D2A,
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L’anglésite est une espèce minérale composée de sulfate naturel de plomb de formule PbSO4 (sulfate de plomb), avec des traces de Ba et Cu.

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Découvert par le minéralogiste anglais Withering qui l'avait initialement nommé vitriol de plomb natif[4]. C'est le minéralogiste français François Sulpice Beudant qui en est l'inventeur : il l'a décrit en 1832 sous le nom d'anglésine puis d'anglésite. Le minéral est nommé d'après le lieu de découverte du topotype[5].

Topotype[modifier | modifier le code]

Mine Parys, île d'Anglesey (Pays de Galles), Royaume-Uni.

Cristallographie[modifier | modifier le code]

L'anglésite cristallise dans le groupe d'espace orthorhombique Pbnm (Z = 4)[6].

Les cations Pb2+ ont une coordinence 12 d'anions O2–, avec une longueur de liaison moyenne Pb-O = 2,864 Å. Les cations S6+ ont une coordinence 4 d'O2– et forment des tétraèdres SO4 isolés, avec une longueur de liaison moyenne S-O = 1,477 Å.

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

Isostructurelle avec la barite et la célestine, l'anglésite appartient au groupe de la baryte.

Groupe de la baryte[modifier | modifier le code]

Ces minéraux ont une structure orthorhombique et une formule chimique qui répond au terme général A(SO4), où A peut être le plomb, le baryum, le strontium ou le chrome…

Gîtologie[modifier | modifier le code]

L’anglésite se forme par oxydation de la galène dans la zone d'oxydation des gîtes de plomb : cette oxydation peut être soit directe (avec formation de couches d'anglésite autour d'un cœur de galène), soit par solution de la galène et recristallisation. L'anglésite donne souvent des macrocristaux bien formés, blancs. L’anglésite est un isomorphe de la barite.

Minéraux associés[modifier | modifier le code]

Brochantite, calédonite, cérusite, galène, gypse, hémimorphite, lanarkite, leadhillite, linarite, malachite, massicot, mimétite, pyromorphite, smithsonite, sphalérite, wulfénite.

Synonymie[modifier | modifier le code]

Variétés[modifier | modifier le code]

  • Argento-anglésite (synonyme : Argentiferous anglesite) : variété riche en argent trouvée à Mowry Mine, Comté de Santa Cruz, Arizona, États-Unis[8].
  • Barytoanglésite[9] : variété de formule (Pb,Ba)SO4[10]. Trouvée dans deux occurrences : en Auriche à Bad Bleiberg, Carinthie et aux États-Unis à Royal Flush Mine, Comté de Socorro, Nouveau-Mexique.
  • Cupro-anglésite (Synonyme : Curian-anglesite) : variété de formule (Pb,Cu)SO4. Cette variété est regardée par beaucoup comme un mélange. Trouvée en Russie à Treschina fumarole, volcan Tolbatchik, Kamchatka.

Critères de détermination[modifier | modifier le code]

Confusion possible avec la cérusite et la phosgénite, mais ces deux minéraux se dissolvent avec effervescence dans les acides, l'anglésite est soluble sans effervescence.

Gisements remarquables[modifier | modifier le code]

  • Australie
Comet Maestries Mine, Dundas mineral field, Zeehan District, Tasmanie[11]
  • Canada
Poudrette, Mont Saint-Hilaire, comté de Rouville, Montérégie, Québec
  • France
Champ Brècheté, Urbeis, Val de Villé, Bas-Rhin, Alsace
Carrière de la Lande Plumelin, Morbihan[12]
  • Italie
Mine de Monteponi, Iglesias, province de Carbonia-Iglesias, Sardaigne[13]
  • Maroc
Touissit, district de Touissit, préfecture d'Oujda-Angad[14]
  • Namibie
Mine de Tsumeb

Utilisations[modifier | modifier le code]

  • Utilisée comme source mineure de plomb.
  • Les pierres gemmes peuvent être taillées avec le statut de pierres fines.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. « Sulfate de plomb » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  4. a et b Jean André Henri Lucas et René Just Haüy, Tableau méthodique des espèces minérales, Volume 2, 1813, p. 326
  5. Beudant, Traité élémentaire de Minéralogie, seconde édition, 1832
  6. ICSD No. 92 609 ; (en) Steven D. Jacobsen, Joseph R. Smyth, R. Jeffrey Swope et Robert T. Downs, « Rigid-body character of the SO4 groups in celestine, anglesite and barite », The Canadian Mineralogist, vol. 36, no 4,‎ 1998, p. 1053-1060
  7. François Sulpice Beudant, Minéralogie, vol. 3, 1832, p. 134
  8. (en) Stanton B. Keith, « Index of Mining Properties in Santa Cruz County Arizona », dans Arizona Bureau of Mines Bull., vol. 191, 1975, p. 81
  9. Société française de minéralogie et de cristallographie, dans Bulletin de la Société française de minéralogie, vol. 73, 1950, p. 463
  10. (de) Ramdohr, dans Abh. deutsch. Ak. Wiss. Berlin, no 4, 1947, p. 1
  11. (en) Bottrill et Baker (in prep), Catalogue of minerals of Tasmania
  12. P. Le Roc'h et M. Bocianowski, « La carrière de la Lande, Plumelin (Morbihan) », dans Le Cahier des Micromonteurs, vol. 72, no 2, 2001, p. 7-10
  13. (it) V. De Michele, Guida mineralogica d'Italia, Istituto Geografico De Agostini, Novara, 1974, 2 vol.
  14. Claveau, Paulhac et Pellerin, 1952