Molybdène

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Molybdène
NiobiumMolybdèneTechnétium
Cr
  Structure cristalline cubique à corps centré
 
42
Mo
 
               
               
                                   
                                   
                                                               
                                                               
                                                               
                                   
Mo
W
Tableau completTableau étendu
Informations générales
Nom, symbole, numéro Molybdène, Mo, 42
Série chimique métal de transition
Groupe, période, bloc 6, 5, d
Masse volumique 10,22 g·cm-3 (20 °C)[1]
Dureté 5,5
Couleur Gris métallique
No CAS 7439-98-7
No EINECS 231-107-2
Propriétés atomiques
Masse atomique 95,95 ± 0,02 u
Rayon atomique (calc) 145 pm
Rayon de covalence 154 ± 5 pm [2]
Configuration électronique [Kr] 4d5 5s1
Électrons par niveau d’énergie 2, 8, 18, 13, 1
État(s) d’oxydation 2, 3, 4, 5, 6
Oxyde acide fort
Structure cristalline cubique centré
Propriétés physiques
État ordinaire solide
Point de fusion 2 623 °C [1]
Point d’ébullition 4 639 °C [1]
Énergie de fusion 26,4 kJ·mol-1
Énergie de vaporisation 598 kJ·mol-1
Volume molaire 9,38×10-6 m3·mol-1
Pression de vapeur 0,0755 Pa
Divers
Électronégativité (Pauling) 2,16
Chaleur massique 250 J·kg-1·K-1
Conductivité électrique 18,7×106 S·m-1
Conductivité thermique 138 W·m-1·K-1
Solubilité sol. dans NH4OH + H2O2 [3]
Énergies d’ionisation[1]
1re : 7,09243 eV 2e : 16,16 eV
3e : 27,13 eV 4e : 46,4 eV
5e : 54,49 eV 6e : 68,8276 eV
7e : 125,664 eV 8e : 143,6 eV
9e : 164,12 eV 10e : 186,4 eV
11e : 209,3 eV 12e : 230,28 eV
13e : 279,1 eV 14e : 302,60 eV
15e : 544,0 eV 16e : 570 eV
17e : 636 eV 18e : 702 eV
19e : 767 eV 20e : 833 eV
21e : 902 eV 22e : 968 eV
23e : 1 020 eV 24e : 1 082 eV
25e : 1 263 eV 26e : 1 323 eV
27e : 1 387 eV 28e : 1 449 eV
29e : 1 535 eV 30e : 1 601 eV
Isotopes les plus stables
Iso AN Période MD Ed PD
MeV
92Mo 14,84 % stable avec 50 neutrons
93Mo {syn.} 4 000 a ε 0,405 93Nb
94Mo 9,25 % stable avec 52 neutrons
95Mo 15,92 % stable avec 53 neutrons
96Mo 16,68 % stable avec 54 neutrons
97Mo 9,55 % stable avec 55 neutrons
98Mo 24,13 % stable avec 56 neutrons
99Mo {syn.} 65,94 h β- 1,357 99Tc
100Mo 9,63 % 7,8×1018 a - 3,034 100Ru
Précautions
Directive 67/548/EEC[4]
État pulvérulent :
Facilement inflammable
F



SIMDUT[5]

Produit non contrôlé
SGH[4]
État pulvérulent :
SGH02 : Inflammable
Danger
H228, P210,
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Le molybdène est un élément chimique, de symbole Mo et de numéro atomique 42.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le molybdène (du grec ancien μόλυβδος / molubdos signifiant plomb) n'existe pas à l'état natif. Ses composés naturels ont été confondus jusqu'au XVIIIe siècle avec des composés d'autres éléments tels que le carbone ou le plomb.

En 1778, Carl Wilhelm Scheele réussit à séparer le molybdène du graphite et du plomb, et isole l'oxyde de molybdène de la molybdénite.

En 1782, Peter Jacob Hjelm obtient un métal impur en réduisant l'oxyde de molybdène par le carbone.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le molybdène ne fut que très peu utilisé en dehors des laboratoires. Quand l'aciériste français Schneider remarqua les propriétés des alliages d'acier au molybdène, il les utilisa dans la réalisation de blindages.

Propriétés[modifier | modifier le code]

Molybdène

Le molybdène est un métal de transition. Le métal pur est d'aspect blanc métallique et il est très dur. Il a été souvent confondu avec du minerai de graphite et de galène. Il a un haut module d'élasticité et seuls le tungstène et le tantale, des métaux plus aisément disponibles, ont des points de fusion plus élevés.

C'est un agent d'alliage valable, car il contribue à la trempabilité et à la dureté des aciers éteints et gâchés. Il améliore également la force de l'acier aux températures élevées. Du molybdène est employé en alliages, électrodes et catalyseurs. Pendant la Première Guerre mondiale, la pièce d'artillerie allemande appelée la « Grosse Bertha » contenait du molybdène comme composant essentiel de son acier.

Isotopes[modifier | modifier le code]

Le molybdène naturel est un mélange de plusieurs isotopes stables[6] (avec proportions respectives moyennes présentées entre parenthèses)[6] :

  • 92Mo (14,84 %)
  • 94Mo ( 9,25 %)
  • 95Mo (15,92 %)
  • 96Mo (16,68 %)
  • 97Mo ( 9,55 %)
  • 98Mo (24,13 %)
  • 100Mo ( 9,63 %) (cet isotope est radioactif, mais avec une période si longue (7,8×1018 ans) que celle-ci peut être ignorée)

Les isotopes 90, 91m, 91, 93m, 93, 99, 101, 102 et 105 du molybdène sont radioactifs[7]. Ils n'existent pas dans l'environnement naturel terrestre. Ce sont des produits de fission ou d'activation neutronique introduits dans l'environnement par les essais nucléaires, ou des fuites ou émissions autorisées d'installations nucléaires (usines de retraitement des déchets nucléaires usés).

Selon l'IRSN (2003), « Le molybdène est un élément relativement mal connu sur le plan radioécologique »[7]. Le 99Mo, mieux connu est émetteur Bêta dont la période radioactive est courte (66 heures, ce qui explique qu'il est très rarement et difficilement détecté dans l’environnement). Son activité massique de 1,75×1016 Bq.g-1. Ses émissions principales par désintégration sont 443 keV (82 % du rendement d’émission) ; 133 keV (17 % du rendement d’émission) ; 290 keV (1 % du rendement d’émission)[8]. Sa cinétique environnementale et métabolique est mal connue.
Dans l'eau, les crustacés le bioaccumulent (facteur de concentration = 100[9]), de même que les mollusques filtreurs (facteur de concentration = 100[9]) et moindrement les poissons (facteur de concentration = 10 à 20 pour le poisson entier[9], mais Short & al. (1973) ont étudié la fixation et la bioaccumulation de 99Mo (comme traceur) puis de molybdène en ajout, pour quelques espèces de poissons, dans le lac Michigan et en laboratoire, démontrant que ce radionucléide est 2 fois plus concentré dans la rate et le foie que dans les parties musculaires)[10].

Utilisation[modifier | modifier le code]

  • L'addition d'une faible quantité de molybdène durcit l'acier. Plus des deux tiers de la production de molybdène sont utilisés dans les alliages. L'utilisation du molybdène grimpa en flèche pendant la Première Guerre mondiale, lorsque la demande pour le tungstène rendit celui-ci rare et que les alliages haute résistance étaient très demandés.
Le molybdène est encore utilisé de nos jours dans les alliages haute résistance et les aciers haute température. Des alliages spéciaux contenant du molybdène, comme l'Hastelloy ®, sont résistants et ne se corrodent pas à température élevée.
  • L'addition d'une faible quantité de molybdène (1%) durcit l'uranium métal. Il a notamment été utilisé pour fabriquer le combustible des premiers réacteurs nucléaires graphite gaz d'EDF dans les années 60[11].
  • Le molybdène est utilisé dans certaines parties d'avions et de missiles, et également comme filament. On utilise le molybdène comme catalyseur, particulièrement dans l'industrie pétrolière, pour éliminer les composés organiques soufrés du pétrole. Il entre aussi dans la composition de l'acier inoxydable utilisé dans le milieu marin, pour sa forte résistance à la corrosion chimique.
  • Le 99Mo est un radioisotope utilisé dans l'industrie, en tant que précurseur du 99Tc (médecine nucléaire).
  • Le molybdène est utilisé en alliage comme support du silicium pour la réalisation de semi-conducteurs de puissance, grâce aux coefficients de dilatation très voisins de ces deux matériaux.
  • Les oranges de molybdène sont des pigments de la gamme de l'orange moyen au rouge-orangé vif, utilisés dans les peintures, les encres, les plastiques et les caoutchoucs.
  • Le molybdène, souvent appelé « moly », est utilisé dans l'industrie comme élément chauffant pour les fours sous vide ou ambiance gazeuse à haute température. Il est conseillé de l'utiliser pour les pièces composées de titane ou d'alliage titane, en lieu et place des éléments chauffants en graphite qui polluent la pièce par dépôt d'éléments graphites lors de l'opération de traitement thermique. Le molybdène est cependant fragile en industrie du fait des changements rapides de température et de pression qui engendrent des grossissements de grains et rendent la pièce cassante. De plus, il semblerait qu'en pratique, 25 % d’énergie supplémentaire soit nécessaire afin d'obtenir la même température au sein du four en cas d'utilisation de molybdène. Celui-ci est également plus coûteux à l'achat et en pièce de remplacement. L'élément graphite ne peut être utilisé en cas de température trop élevée combinée à une pression trop basse afin d'éviter de dépasser la tension de vaporisation au risque de retrouver tout le graphite aggloméré dans la zone froide du four.

Le molybdène est un élément important pour l'alimentation des plantes et on le trouve dans certains enzymes comme la xanthine oxydase.

On le trouve également dans les alliages dentaires (pour la réalisation de couronnes, bridges, ou châssis métalliques) à base de nickel-chrome et cobalt-chrome.

Dans les années 1980, le molybdène était considéré comme l'une des huit matières premières stratégiques indispensables en temps de guerre comme en temps de paix[12].

Gisements[modifier | modifier le code]

Bien que l'on trouve du molybdène dans des minéraux tel que la wulfénite (PbMoO4) ou la powellite (CaMoO4), la principale source commerciale de molybdène est la molybdénite (MoS2).

Le molybdène est miné directement et est aussi un sous-produit de l'exploitation minière du cuivre ; la concentration de molybdène dans ce minerai est comprise entre 0,01 et 0,5 %.

Près de la moitié de la production minière de molybdène provient des États-Unis.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le molybdène était importé du Portugal par les Allemands[13].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC Press Inc,‎ 2009, 90e éd., Relié, 2804 p. (ISBN 978-1-420-09084-0)
  2. (en) Beatriz Cordero, Verónica Gómez, Ana E. Platero-Prats, Marc Revés, Jorge Echeverría, Eduard Cremades, Flavia Barragán et Santiago Alvarez, « Covalent radii revisited », Dalton Transactions,‎ 2008, p. 2832 - 2838 (DOI 10.1039/b801115j)
  3. (en) Metals handbook, vol. 10 : Materials characterization, ASM International,‎ 1986, 1310 p. (ISBN 0-87170-007-7), p. 346
  4. a et b SIGMA-ALDRICH
  5. « Molybdène » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  6. a et b Tuli JK (1995). Nuclear wallets cards. National nuclear data center, Brookhaven National Laboratory, New York, USA
  7. a et b P. Calmon, JM Métivier, IRSN, Fiche radioisotope 99Mo et l'environnement, 2003-06-03, PDF, 12 pp.
  8. ICRP (1983) Radionuclide transformations, energy and intensity of emissions, International Commission on Radiological Protection, Publication n°38, Oxford Pergamon Press
  9. a, b et c Quinault JM et Grauby A (1984). Manuel de radioécologie CEA/EDF.
  10. Short ZF, Olson PR., Palumbo RF, Donaldson JR et Lowman FG (1973). “Uptake of Molybdenum, marked with 99Mo, by the Biota of Ferm Lake, Washington, in a Laboratory and a Field Experiment” in: Proceedings ot the third national symposium on radioecology, p. 474-485, Oak Ridge, Tennessee.
  11. Histoire de la sureté de l'énergie nucléaire civile en France (1945-2000) - Thèse de FOASSO Cyrille - 2003 - Université Lumière Lyon 2
  12. Avec le germanium (électronique avancée), le titane (sous-marins de chasse, alliage extrêmement résistant), le magnésium (explosifs), le platine (contacts aussi conducteurs que l'or pour l'aviation, circuits avec contacts rapides), le mercure (chimie nucléaire, instruments de mesure), le cobalt (chimie nucléaire) et le niobium (alliages spéciaux extrêmement rares). (Christine Ockrent et comte de Marenches, Dans le secret des princes, éd. Stock, 1986, p. 193)
  13. Léonce Peillard, Coulez le Tirptiz, p. 194.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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