Europium

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Europium
SamariumEuropiumGadolinium
  Structure cristalline cubique à corps centré
 
63
Eu
 
               
               
                                   
                                   
                                                               
                                                               
                                                               
                                   
Eu
Am
Tableau completTableau étendu
Informations générales
Nom, symbole, numéro Europium, Eu, 63
Série chimique Lanthanides
Groupe, période, bloc L/A, 6, f
Masse volumique 5,244 g·cm-3 (25 °C)[1]
Couleur blanc argenté
No CAS 7440-53-1 [2]
No EINECS 231-161-7[3]
Propriétés atomiques
Masse atomique 151,964 ± 0,001 u [1]
Rayon atomique (calc) 185 pm (247 pm)
Rayon de covalence 1,98 ± 0,06 Å [4]
Configuration électronique [Xe] 4f7 6s2
Électrons par niveau d’énergie 2, 8, 18, 25, 8, 2
État(s) d’oxydation 3
Oxyde basique
Structure cristalline Cubique centré
Propriétés physiques
État ordinaire solide
Point de fusion 822 °C [1]
Point d’ébullition 1 596 °C [1]
Énergie de fusion 9,21 kJ·mol-1
Énergie de vaporisation 143,5 kJ·mol-1
Volume molaire 28,97×10-6 m3·mol-1
Pression de vapeur 144 Pa à 1 095 K
Divers
Électronégativité (Pauling) 1,2
Chaleur massique 180 J·kg-1·K-1
Conductivité électrique 1,12×106 S·m-1
Conductivité thermique 13,9 W·m-1·K-1
Énergies d’ionisation[5]
1re : 5,67038 eV 2e : 11,25 eV
3e : 24,92 eV 4e : 42,7 eV
Isotopes les plus stables
Iso AN Période MD Ed PD
MeV
150Eu {syn.} 36,9 ans ε 2,261 150Sm
151Eu 47,8 % stable avec 88 neutrons
152Eu {syn.} 13,537 ans ε
β-
1,847
1,819
152Sm
152Gd
153Eu 52,2 % stable avec 90 neutrons
Précautions
Directive 67/548/EEC[3]
État pulvérulent :
Facilement inflammable
F



SGH
SGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Attention
H302, H373, H411,
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L'europium est un élément chimique, de symbole Eu et de numéro atomique 63.

Caractéristiques notables[modifier | modifier le code]

Europium

L'europium est le plus réactif des éléments des terres rares.

  • Il s'oxyde rapidement à l'air, pour donner du trioxyde d'europium selon la réaction :
4 Eu + 3 O2 → 2 Eu2O3
  • Sa réaction à l'eau est comparable à celle du calcium 20Ca lorsqu'il réagit avec l'eau :
2 Eu + 6 H2O → 2 Eu(OH)3 + 3 H2
2 Eu + 3 H2SO4 → 2 [Eu(H2O)9] + 3 SO4 + 3H2
  • Comme les autres terres rares (à l'exception du lanthane 57La), l'europium brûle dans l'air à environ 150 à 180 °C.
  • Il est aussi dur que le plomb et assez ductile.
  • Refroidi à -271,35°C et soumis à une pression de 80 GPa, l’europium devient supraconducteur[6].

Applications[modifier | modifier le code]

Domaine nucléaire[modifier | modifier le code]

Produits de fission à vie moyenne
Propriété :
Unité :
t½
a
Rendement
%
Q *
keV
βγ
*
155Eu 4,76 0,0803 252 βγ
85Kr 10,76 0,2180 687 βγ
113mCd 14,1 0,0008 316 β
90Sr 28,9 4,505 2826 β
137Cs 30,23 6.337 1176 βγ
121mSn 43,9 0,00005 390 βγ
151Sm 90 0,5314 77 β
  • Comme tous les isotopes des lanthanides pauvres en neutron, l'europium a une bonne capacité à absorber les neutrons. On a aussi étudié son utilisation dans les réacteurs nucléaires. Majoritairement les barres de contrôle des réacteurs nucléaires des sous-marins russes utilisent l'europium. La section efficace est de 2 980 barns et les deux isotopes stables sont capturants.
Sections efficaces de capture thermique
Isotope 151Eu 152Eu 153Eu 154Eu 155Eu 156Eu
Rendement <<0,45% neg. 0,14% neg. 0,03% 0,01%
Barns 5 900 12 800 312 1 340 3 950
  • L'europium est un produit de fission, dont les rendements de fission sont faibles car les nombres de nucléons sont proches de la limite supérieure des gros fragments de fission. Les isotopes les plus stables formés sont:
    - d'une part l'europium 151 (stable) par décroissance bêta du samarium 151 (période 96,6 ans ) qui est un poison neutronique (15 000 barns de section efficace) qui se transforme majoritairement en samarium 152 (stable) dans le cours du fonctionnement du réacteur
    - d'une part l'europium 153 (stable) formé par décroissance bêta du samarium 153 (période 46,8 h)
    - d'autre part l'europium 155 (période 4,76 an) qui est un poison neutronique qui se retrouve parmi les déchets à vie courte
    et d'autre part l'europium 156 (période 15 jours).

Autres domaines[modifier | modifier le code]

Les applications commerciales de l'europium sont limitées.

  • Il est utilisé pour doper certains verres afin de faire des lasers.
  • L'europium trivalent en particulier sous forme d'Europium(III) oxide (en) (Eu2O3) est utilisé pour doper les phosphores de tubes cathodiques notamment le vanadate d'yttrium (YVO4) dans des phosphores rouges. L'europium divalent est utilisé dans une autre matrice pour produire des phosphores bleus. Le thiogallate de strontium SrGa2S4 dopé par l'europium donne une phosphorescence verte persistant plusieurs secondes. L'aluminate de strontium SrAl2O4 dopé par l'europium donne un bleu (490 nm), un bleu-vert persistant (505 nm) et un vert brillant (520 nm). Des phosphorescences avec des longueurs plus grandes sont possibles au prix du rendement.
  • L'europium est utilisé en géochimie : il se concentre préférentiellement dans les feldspaths plagioclases calciques (anorthites). Par exemple, les highlands lunaires (anorthosites) présentent une anomalie positive en europium par rapport aux autres terres rares, alors que les mers lunaires (coulées basaltiques) sont déprimées en cet élément.
  • L'europium et ses dérivés peuvent être utilisés pour modifier le déplacement chimique de certains noyaux en RMN (Résonance Magnétique Nucléaire), après fixation sélective sur des atomes de type bases de Lewis par exemple. Ceci permet de déterminer des structures moléculaires complexes de produits organiques naturels ou de synthèse[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'europium fut découvert par Paul-Émile Lecoq de Boisbaudran en 1890, qui obtint une fraction concentrée de samarium-gadolinium possédant des lignes spectrales n'appartenant ni au samarium ni au gadolinum. Toutefois, le crédit de la découverte est généralement attribué au chimiste français Eugène Anatole Demarçay, qui suspecta en 1896 que des échantillons de samarium récemment découverts étaient contaminés par un élément inconnu. Il fut capable d'isoler l'europium en 1901.

Des clathrates d'europium ont été synthétisés dans l'espoir qu'ils aient des propriétés thermoélectriques intéressantes[8].

Toxicologie, écotoxicologie[modifier | modifier le code]

Les phénomènes de complexation et de bioaccumulation de l'Europium au niveau cellulaire et moléculaire sont longtemps restés inconnus, faute d'études. Une thèse[9] a récemment permis d'étudier les interactions de certains cations (uranium (VI) et europium, en tant qu’analogue d'actinides trivalents) avec certaines protéines (phytochélatines) connues pour protéger les cellules des effets de l'intrusion dans un organisme végétal de métaux lourds toxiques et qu'on pensait aussi impliquées dans la séquestration des radionucléides au sein d'organismes vivants. La réactivité de leurs sous-entités constitutives (glycine, acide glutamique, cystéine ; polypeptides (glutathion réduit et oxydé) a aussi été étudiée[10], de même que la spéciation des contaminants en solution (stœchiométrie) et que les constantes d’équilibre associées à la formation de ces espèces.
Les sous-entités ont montré un pouvoir complexant moyennement élevé vis-à-vis des radionucléides (log ß1,1 de l’ordre de 2 ou de 5, à pH 3 ou 6 respectivement), avec des espèces produites qui sont mononucléaires (une seule molécule de ligand par espèce (1:1)) et des interactions liées aux groupements durs (oxygénés). Mais certaines phytochélatines (PC2 à PC4) complexent plus efficacement l’europium, tant pour des solutions synthétiques imitant le contexte « biologique » (pH neutre et force ionique de 0.1mol/L, etc.), que lors de contaminations cellulaires réelles par différentes quantités d'europium. Les cellules ont significativement capté l'europium.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC Press Inc,‎ 2009, 90e éd., Relié, 2804 p. (ISBN 978-1-420-09084-0)
  2. Base de données Chemical Abstracts interrogée via SciFinder Web le 15 décembre 2009 (résultats de la recherche)
  3. a et b Entrée de « Europium » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais) (JavaScript nécessaire)
  4. (en) Beatriz Cordero, Verónica Gómez, Ana E. Platero-Prats, Marc Revés, Jorge Echeverría, Eduard Cremades, Flavia Barragán et Santiago Alvarez, « Covalent radii revisited », Dalton Transactions,‎ 2008, p. 2832 - 2838 (DOI 10.1039/b801115j)
  5. (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC,‎ 2009, 89e éd., p. 10-203
  6. Laurent Sacco, L’europium, le nouveau supraconducteur, futura-sciences.com, 20 mai 2009.
  7. "Heterocycles with a quinone function. An abnormal reaction of butanedione with 1-2 diaminoanthraquinone-Crystalline structure obtained from naphto(2,3-f)quinoxaline-7,12-dione". M. Baron, S. Giorgi-Renault, J. Renault, P. Mailliet, D. Carré, J. Etienne, Can. J. Chem, (1984), 62, 3, 526-530.
  8. Ya. Mudryk, P. Rogl, C. Paul, S. Berger, E. Bauer, G. Hilscher, C. Godart, H. Noël, A. Saccone, R. Ferro, Crystal chemistry and thermoelectric properties of clathrates with rare-earth substitution ; Physica B: Condensed Matter, Volume 328, Issues 1-2, April 2003, Pages 44-48 (Résumé)
  9. Valérie Lourenco, thèse de Doctorat (Université Paris XI) soutenue à l'Institut de Physisque Nucléaire d'Orsay « Etude de la spéciation des radionucléides avec les molécules d’intérêt biologique», 5 juillet 2007
  10. études faites par Spectrofluorimétrie Laser à Résolution Temporelle (SLRT), ElectroSpray-Spectrométrie de Masse (ES-MS) et Spectroscopie d’Absorption X (EXAFS)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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