Vallée de la Tarentaise

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Vallée de la Tarentaise
Vue de la vallée depuis les hauts de Peisey-Nancroix.
Vue de la vallée depuis les hauts de Peisey-Nancroix.
Massif Alpes
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Coordonnées géographiques 45° 33′ N 6° 39′ E / 45.55, 6.65 ()45° 33′ Nord 6° 39′ Est / 45.55, 6.65 ()

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Vallée de la Tarentaise

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Vallée de la Tarentaise
Orientation nord-ouest, puis sud-ouest et enfin nord-ouest
Longueur 80 km
Type Vallée glaciaire
Écoulement Isère
Voie d'accès principale N 90, D 902

La Tarentaise est une des six provinces de la Savoie.

Elle correspond à la haute vallée de l'Isère, de sa source jusqu'aux portes d'Albertville, ainsi qu'aux vallées perpendiculaires affluentes. La vallée principale est une vallée glaciaire, encaissée et très étroite à certains endroits, bordée au nord par les massifs du Beaufortain et du Mont-Blanc, et au sud par la Vanoise et la Lauzière.

Avec notamment les Trois Vallées (Courchevel, Méribel, Les Ménuires et Val Thorens), Paradiski (Les Arcs et La Plagne) et l'Espace Killy (Tignes et Val d'Isère), la Tarentaise présente la plus forte concentration au monde de domaines skiables étendus[1].

Le gentilé de l'habitant de la Tarentaise est Tarin, féminin Tarine.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Tarentaise est une haute vallée alpine où coule l'Isère passant par plusieurs seuils appelés également « verroux », dont le plus important est situé à Notre-Dame-de-Briançon sous l'ombre des ruines du château du vicomte de Tarentaise qui contrôlait l'accès à la Moyenne et la Haute Vallée, jusqu'à la combe de Savoie débutant à Albertville. L'Isère prend sa source au glacier des sources de l'Isère sous la Grande aiguille Rousse, près du col de la Vache. La distance entre Moûtiers et Bourg-Saint-Maurice est de 25 kilomètres, et 26 kilomètres entre Moûtiers et Albertville.

Vue depuis le col de la Madeleine sur le plateau de Nâves (commune de La Léchère) et le mont Blanc.

Historiquement, comme le reprend le Dictionnaire du duché de Savoie (1840), on partage la vallée de l'Isère en deux ensembles, la Haute et la Basse Tarentaise, à partir de sa capitale Moûtiers[2]. Le dictionnaire, réédité par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, distingue ensuite des vallées secondaires latérales : la vallée de Saint-Jean et du Thoron (Doron de Belleville ou Vallée des Belleville), la vallée de Peisey (Peisey-Nancroix), les vallées d'Arbonne et de Bonneval (au-dessus de Bourg-Saint-Maurice), la vallée de Bonnefoi (Sainte-Foy-Tarentaise) et de Tignes, la vallée du Petit-Saint-Bernard[2]. Plus précisément, la séparation de ces deux sous-ensembles s'est faite au niveau du « Pas du Saix » ou du « Siaix », qui se trouve au niveau d'un rétrécissement de la vallée de l'Isère, entre les communes de Saint-Marcel et de Montgirod[3],[4]. Toutefois, un autre découpage est proposé permettant de distinguer trois ensembles entre Basse, Moyenne et Haute Tarentaise. La Basse s'étire de la ville Albertville jusqu'à Moûtiers[5],[6],[7], partie encaissée et abrupte à fond plat. Vient ensuite la Moyenne Tarentaise comprise entre Moûtiers et Bourg-Saint-Maurice[5],[6],[7]. La vallée prend alors un relief différent et une prise graduelle d'altitude depuis le fond de vallée, plus ouverte au travers de bassins (Aigueblanche, Aime) avec des villages d'altitude et des coteaux bien exposés au soleil, communément appelés « les Versants du Soleil » débutant à Naves. Des cols alpins carrossables, dont le col de la Madeleine depuis la commune de La Léchère, et le Cormet d'Arêches depuis la commune d'Aime. Des vallées parallèles telles que la Grande Maison, l'Eau Rousse ou vallée de Celliers, la Vallée de Naves, la Vallée du Morel, la vallée des Belleville, les Trois Vallées, la vallée de Peisey. C'est également en Moyenne Tarentaise que débutent les chemins du baroque[8]. Dans cette région se regroupent des stations thermales réputées pour leurs bienfaits médicaux : La Léchère, Salins et Brides-les-Bains. Enfin, la Haute Tarentaise se trouve entre Bourg-Saint-Maurice et Val d'Isère. La vallée redevient plus étroite et on peut apercevoir de nombreux couloirs d'avalanches le long de la route. On peut admirer le glacier du mont Pourri culminant à 3 779 mètres d'altitude et surplombant la vallée. La Daille est le dernier verrou de la vallée séparant la commune de Tignes du bourg de Val d'Isère. La vallée prend fin au col de l'Iseran, d'une altitude de 2 764 mètres, ce qui en fait le plus haut col de montagne routier de toutes les Alpes.

Bouquetin dans la réserve de la Grande Sassière, en Haute Tarentaise.

La vallée partage avec sa voisine la Maurienne le parc national de la Vanoise, sanctuaire pour d'innombrables espèces florales et animales endémiques et protégées. Le parc national du Grand Paradis, situé en Italie dans la vallée d'Aoste et le Piémont, jouxte le parc national de la Vanoise, permettant ainsi des échanges génétiques plus complets, et une plus grande liberté pour les espèces alpines. Les bouquetins ont été sauvés de l'extinction le siècle dernier grâce à ce sanctuaire et, depuis, à permis de repeupler l'ensemble de l'arc alpin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Tarentaise.svg

Les armes actuelles de la Tarentaise se blasonnent ainsi :

De gueules à l'aigle d'argent ou De gueules à l'aigle blanche.

Celles-ci correspondent à celles de la famille de Briançon, vicomte de Tarentaise, reprise par la branche cadette des Aigueblanche[9].

Le drapeau semble pris par les archevêques de Moûtiers-Tarentaise[10].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de la province de Tarentaise provient de l'ancien nom latin de son centre politique, Moûtiers, Darentasia, siège d'un évêché depuis le Ve siècle. L'usage du nom pour la province remonterait au XIe siècle.

Ce dernier dérivant, selon les interprétations, du nom de lieutenant d'Auguste qui aurait soumis la région, Aulus Terentius Varro Murena. Cependant, Jean-Paul Bergeri, dans son ouvrage Histoire de Moûtiers. capitale de la Tarentaise, indique qu'il s'agit d'un « hydronyme ayant une origine préceltique et que l'on pourrait traduire par « cours d'eau », avec une nuance renvoyant aux « eaux vives » »[11].

Histoire de la province[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Savoie.
Carte de la Savoie, avec un découpage provincial moderne.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, la Tarentaise était habitée par les Ceutrons (cf. le lieu-dit "centron" sur la commune de Montgirod), avant d'être occupée par les Allobroges. Lors de la conquête romaine, les Romains établissent la province des Alpes Grées, avec Aime, Axima en latin, pour capitale. La région est définitivement soumise en -25 par un lieutenant d'Auguste, le consul Terentius Varro. Auguste aurait ainsi donné le nom de son lieutenant à la nouvelle province. Les Romains développent le rôle de cette province en construisant la via Domitia, reliant Mediolanum (Milan) à Vienna (Vienne), et passant par Bergiatrium (Bourg-Saint-Maurice), Axima (Aime) et Darentasia (Moûtiers)[12].

Moyen Âge : le comté de Tarentaise[modifier | modifier le code]

La position géostratégique de la Tarentaise durant tout le Moyen Âge était celle de passage entre la péninsule italienne et le Nord de l'Europe, notamment pour le pèlerinage entre Vienne et Milan, devenant un territoire important pour la Maison de Savoie au sein des États de Savoie.

Vers 427, saint Jacques d'Assyrie est le premier évêque de Tarentaise[13]. Son successeur Marcel édifie la cathédrale de la ville. À partir du IXe siècle, le diocèse de Moûtiers alors rattaché à Vienne devient le siège d'une province ecclésiastique en l'an 800 dont l'archevêque a juridiction sur les évêques d’Aoste et de Sion. En l'an 996, l'archevêque de Moûtiers prend le titre de comte, c'est-à-dire qu'il obtient le pouvoir temporel sur l'ensemble de la vallée. Cependant les deux juridictions ne se superposent pas. Ainsi l'archevêché est défini entre le village de Savoie (situé dans la Combe de Savoie) à Laval de Tignes (aujourd'hui Val d'Isère), et de Marthod (à l'aval de Ugine) à Pralognan[14]. Tandis que le comté, dont on ne trouve qu'une trace de délimitations datant du XIIe siècle, s'étendait sur la vallée de l'Isère, du castrum de Conflans à l'étroit du Siaix, sur les vallées débouchant sur Moûtiers (le Doron de Belleville ou Vallée des Belleville et le Doron de Bozel ou vallée de Bozel), ainsi que sur le Beaufortain[14]. Ainsi toute la haute-Tarentaise échappe cette juridiction[14], et se trouve sous le contrôle d'une grande famille les Briançons, de même que les enclaves des seigneuries d'Aigueblanche et de Salins[15].

Ceux-ci, apparus vers le Xe siècle, portent le titre de vicomte de Tarentaise, qui leur aurait été donné par les comtes de Savoie[15] ou par l'Empereur Henri IV du Saint-Empire[16], depuis Aymon Ier de Briançon, fils de Richard II. Les seigneurs de Briançon sont perçus comme une menace par les archevêques, prélevant des droits de passages ou commettant des actes de violence qui exaspèrent la population qui se plaint auprès de l'archevêque. Vers la fin du Xe siècle, l'archevêque Héraclius fait appel à l'Empereur Henri IV du Saint-Empire pour régler la situation. Celui-ci mandate le Humbert II de Savoie. Le vicomte Aimery (Emeric) de Briançon est vaincu vers 1082[17]. En 1097, le comte de Savoie obtient le contrôle sur cette vallée stratégique, aux dépens de l'archevêque. Lors de l'extinction de la branche aînée des Briançon, en 1254, les seigneurs d'Aigueblanche-Briançon, Gontier et Aymeric, s'emparent de la forteresse du Pas de Briançon (aujourd'hui, il ne reste plus qu'un fragment de mur en opus spicatum - c'est-à-dire en arête de poisson - au sommet du rocher)[18]. Celui-ci contrôle le défilé très resserré entre la montagne et la rivière de l'Isère et donc la route qui mène à Aigueblanche, puis à Moûtiers. Par leur acte, ils remettent en cause le fait qu'Aymeric IV, de la branche aînée des Briançon, avait reconnu la suzeraineté de l'archevêque-comte de Tarentaise, son frère Aymon Ier de Briançon, puis de Bernard de Chignin (v. 1212)[19]. Ils remettent surtout en cause la capacité du représentant de l'Empereur à pouvoir défendre les terres des dits seigneurs, dans la mesure où le siège impérial est vacant[20]. Le 9 février 1254, Mgr Rodolphe Ier Grossi du Châtelard proteste et menace d'excommunication les deux seigneurs. Cependant, il renonce quatre ans plus tard, en échange d'un paiement de 1 700 livres viennoises[18]. À la mort de l'archevêque Grossi du Châtelard, le comte Philippe Ier de Savoie devient garant des terres du comté[20]. En 1276, un bailli de Savoie, par ordre du comte Philippe Ier de Savoie, enquête sur les revenus et droits appartenant à la famille d'Aigueblanche-Briançon, et notamment sur le droit de péage de Briançon. Le 12 mars 1276, il est décidé que le château de Briançon et le droit sur la vicomté reviennent au comte de Savoie[21]. Le 15 avril 1279, le représentant de la famille, Jean d’Aigueblanche, doyen du chapitre d'Hereford, et Aimery, chancelier d’Hereford, son frère, consentent à l'achat de leurs droits par le comte de Savoie[21],[20]. Les Briançon perdent le titre de « vicomte ». Le comté de Tarentaise tombe entièrement sous la sphère d'influence de la maison de Savoie.

Le titre de « vicomte de Tarentaise » possédé jusqu'en 1279 par la famille de Briançon et sa branche, les Aigueblanche-Briançon, devient vacant. Les autres titres et possessions passent ensuite par mariage à la maison de Montmayeur, au XIVe siècle[22]. Ces derniers seraient représentés, pour l'un des spécialistes des familles nobles de l'ancien duché de Savoie, par le comte Amédée de Foras, d'une branche cadette des seigneurs Briançons[23].

Le 29 mai 1310, Jacquemet de Beaufort, en échange de la seigneurie de Beaufort, obtient la seigneurie de Val d'Isère et achète en 1346 le titre de « vicomte de Tarentaise » à Amédée V de Savoie, pour 2 000 florins[24]. En 1540, Jean de Mareschal reçut le titre de « Vicomte de Tarentaise »[25]. Les possessions et titres passent ensuite en 1795, à la famille d'Allinges-Coudrée, dont le dernier descendant, Prosper-Gaëtan d'Allinges, marquis de Coudrée, meurt le [26].

Le , Mgr Claude-Humbert de Rolland signe avec Charles-Emmanuel III de Sardaigne un traité[27] qui met fin au pouvoir temporel de l'archevêque sur la province de Tarentaise, signant par delà la perte du titre comtal. Il s'agit en réalité de la vente de quelques droits que les archevêques possédaient encore, plus honorifiques que lucratifs. Les comtes de Savoie contrôlaient déjà entièrement la vallée. Toutefois, désormais, l'archevêque recevra une rente de 3 000 livres et le titre honorifique de Prince de Conflans et de Saint-Sigismond et ses successeurs continueront à percevoir les différents impôts ecclésiastiques[28].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en pays de Savoie.

La naissance du tourisme se fait quelques décennies avant l'arrivée du train. En 1819, des notables savoyards, dont une trentaine originaires de Moûtiers, créés une Compagnie de Bains en vu d'exploiter les eaux de Brides[29], dont les eaux sont connues dès l'époque romaine[30]. La source, à la suite d'un mouvement de terrain, vient d'être redécouverte en 1818[29],[30]. La ville de Moûtiers achète les sources de Brides (1965), ainsi que celles de Salins (1968)[29], dont l'exploitation a tiré le bénéfice de la présence de sa voisine[30]. À la fin du siècle, en 1874, la Société générale de Tarentaise, qui possède des entreprises métallurgiques et minières dans la vallée (Salins), et qui est à l'origine du développement ferroviaire de la vallée, achète les deux sources[29],[31]. Le site de La Léchère connaît les mêmes débuts avec la redécouverte d'une source en 1850 et l'ouverture du premier établissement ouvert en 1897[32].

Vers les années 1870, la montagne devient un attrait pour les sportif qui cherchent à réaliser de nouveaux exploits. Les principaux sommets du massif de la Vanoise sont atteints au cours des vingt années suivantes[29]. La développement touristique du village de Pralognan, date de cette période. L'essor touristique prend une nouvelle mesure avec l'arrivée du train à Moûtiers en 1893, et Bourg-Saint-Maurice en 1913[29].

Le développement industriel moderne de la vallée débute tardivement vers la fin du XIXe siècle. Le chemin de fer n'arrive à Moûtiers qu'en 1893 alors qu'il est présent dans la vallée voisine de Maurienne depuis 1850[33]. La région qui bénéficie de la ressource hydrique nécessaire, s'équipe d'usines permettant l'exploitation de la houille blanche (hydroélectricité). Elles sont implantées à La Bâthie, Notre-Dame-de-Briançon, Plombière-Saint-Marcel, Villard-du-Planay (Bozel), toutes construites entre 1896 et 1900[33],[34]. Elles sont complétées par celles de Petit-Cœur (1928) et de Moûtiers (1938)[33],[34]. Ces usines sont couplées avec des sociétés d'électrochimie qui s'implantent à la suite de l'arrivée de capitaux externes à la Savoie (Voir la spéculations boursières sur les sociétés hydroélectriques). Ainsi une usine de traitement des dérivés de l'acétylène et élaboration du graphite pour les électrodes s'implante à Notre-Dame-de-Briançon ; des usines basées sur l'électrolyse de chlorure de sodium s'établissent à Plombière, et Plombière de Château-Feuillet (La Léchère), l'exploitation de carborundum se fait à La Bâthie et celle du ferro-silicium au Villard-du-Planay à Bozel (1898) (Groupe qui devient Bozel-Malétra puis Nobel-Bozel)[34],[35]. La main d'œuvre est recrutée localement, puis s'ouvre, en raison d'une difficile complémentarité entre le travail dans l'agriculture montagnarde, à des ouvriers d'origines étrangères[33]. La pollution engendrée par les usines mène à un mécontentement de la part des autorités locales[33],[34],[29].

L'exploitation tant industriel que touristique de la vallée permet de stopper l'exode rural des villages de haute montagne ou de la basse vallée, grâce à la création d'emplois, ainsi qu'une certaine élévation du niveau de vie[29].

Lors des Jeux olympiques d'hiver à Albertville de 1992, certains villages et stations de la vallée deviennent des sites d'accueil et d'épreuves[36]. La station thermale Brides-les-Bains est choisie pour accueillir le « village olympique »[37], de même que des pôles secondaires sont créés (La Tania, Valmorel, ainsi qu'à Val-d'Isère, Tignes, Les Arcs, La Plagne ou encore Courchevel)[37],[38]. La ville de Moûtiers devient le centre international de Radio-Télévision (CIRTV) et la résidence Radiana, sur la commune de La Léchère, accueille les services de presse[39]. 9 sites répartis sur les stations de Courchevel, La Plagne, Les Arcs, Val-d'Isère, Les Ménuires, Méribel, Tignes ou Pralognan-la-Vanoise accueillent une trentaine d'épreuves sur les 57[37]. Ces Jeux sont l'occasion de réaménager la vallée, notamment avec la transformation en 2×2 de la RN90 qui mène d'Albertville à Moûtiers[40] ou l'amélioration du réseau ferré ainsi que les gares[41],[42]. Désormais Bourg-Saint-Maurice est à 4h50 de Paris[41].

Administration du territoire[modifier | modifier le code]

Administrativement, la Tarentaise correspond à la majeure partie de l'arrondissement d'Albertville. Auparavant, elle formait la totalité de l'arrondissement de Moûtiers, supprimé par la loi du . La vallée de la Tarentaise, qui va d'Albertville au col de l'Iseran, se différencie de la province de la Tarentaise proprement dite dans l'ancien duché de Savoie, d'une appréciation plus restrictive. Elle débute peu avant la commune de Feissons-sur-Isère. Elle commence donc à partir des limites du canton de Moûtiers.

La ville de Moûtiers, siège d'un archevêché, accueille un collège qui devient « royal » au XVIIIe siècle[43]. Moûtiers et Pesey, où se trouve une mine, sont le lieu d'installation de l'École des mines du Mont-Blanc en 1803[44].

À la suite de la refonte de la carte hospitalière, la maternité de Moûtiers est fermée en 2001. Les services sont transférés soit à Bourg-Saint-Maurice, soit à Albertville. Cette fermeture avait menée à une forte opposition de la population locale, qui mettait en avant le caractère montagnard spécifique de la vallée[45].

Économie[modifier | modifier le code]

La Tarentaise concentre sur son territoire une des plus fortes densités mondiales de stations de sports d'hiver, dont Valmorel, Doucy, Nâves pour ses pistes de fonds, Courchevel, Méribel, Les Menuires et Val Thorens formant Les Trois Vallées, La Plagne, Les Arcs et Champagny-en-Vanoise formant Paradiski, Tignes et Val d'Isère formant l'Espace Killy, La Rosière formant avec la station de La Thuile l'Espace San Bernardo.

Parmi les autres activités, figurent, outre l'agriculture (principalement élevage bovin laitier), l'industrie lourde en premier chef dans le bassin d'Aigueblanche, localisation privilégiée du fait des nombreuses vallées secondaires de l'Isère à cet endroit. Elles permettaient une importante production d'hydroélectricité (on ne savait pas transporter cette énergie à ces débuts), mais aussi une alimentation en eau fraîche pour refroidir les hauts fourneaux. Enfin l'exploitation forestière était pratiquée, et trois stations thermales sont exploitées : La Léchère-les-Bains (problèmes veineux principalement), Salins-les-Thermes et Brides-les-Bains (traitement des surcharges pondérales principalement).

Agriculture : Maintien de la race tarentaise ou tarine[46] ; fabrication du fromage tarentais, du beaufort AOC depuis 1968, de tommes de vaches, de brebis et de chèvres.

Les crozets sont des petites pâtes à base de froment ou plus particulièrement de sarrasin, originaire de la vallée de Celliers.

De nombreuses associations essayent de faire renaître la viticulture, tradition séculaire abandonnée mais en plein renouveau notamment du côté de Cevins et dans une moindre mesure Grand-Cœur grâce à des associations de passionnés à la recherche de leur racines et voulant les faire revivre[47].

Culture[modifier | modifier le code]

La vallée de la Tarentaise est classée Pays d'art et d'histoire. Elle comprend de nombreuses églises baroques, appelés chemins du baroque principalement à partir de la commune de La Léchère.

La frontière est le costume traditionnel de la tarentaise, avec une coiffe particulière est des vêtements ornés de broderies de gentianes bleues et d'edelweiss, appelés également étoiles des neiges.

Le génépi est une boisson alcoolisée très prisées dans les chaumières, symbole par excellence de la flore locale et des traditions vivaces[48].

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albertville Tarentaise Expansion "l'activité économique", consulté le 05/04/13
  2. a et b Entrée « Tarentaise » dans Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, « Dictionnaire du duché de Savoie, 1840, tome 2 », L'Histoire en Savoie, no 9,‎ 2005, p. 94 (lire en ligne).
  3. Raymond Oursel et Pascal Lemaître, Les chemins du sacré : Pèlerinage architectura, La Fontaine de Siloé,‎ 2008, 393 p. (lire en ligne), p. 25.
  4. Archives départementales de la Savoie, Archives de l'ancien duché de Savoie, Série S A. Inventaire, 1966, p. 58.
  5. a et b Marie-Hélène Froeschlé-Chopard, Les confréries, l'Eglise et la cité : cartographie des confréries du Sud-Est (Actes du colloque de Marseille, École des hautes études en Sciences sociales, 22-23 mai 1985), vol. 10, Centre Alpin et Rhodanien d'Ethnologie,‎ 1988, 267 p. (ISBN 978-2-85924-002-8), p. 69, « Dans cette vallée intra alpine méridionale, la Basse-Tarentaise correspond au secteur Albertville-Conflans, la Moyenne-Tarentaise s'étend de Moûtiers à Bourg-Saint-Maurice. »
  6. a et b Paul Guichonnet, Visages de la Savoie, Horizons de France,‎ 1964, 221 p. (lire en ligne), p. 52
  7. a et b Louis Terreaux, Pays de Savoie, Petite Encyclopédie Savoyarde, C. Bonneton,‎ 1985, 191 p. (ISBN 978-2-86253-058-1), p. 12
  8. Fondation FACIM[réf. incomplète]
  9. Bernard Demotz et François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne (Volume 2), Cléopas,‎ 2008, 845 p. (ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 112.
  10. Bernard Demotz, Georges Bischoff et Jean-Marie Cauchies, Les principautés dans l'Occident médiéval : à l'origine des régions, Brepols,‎ 2007, 387 p. (ISBN 978-2-5035-2191-6), p. 61.
  11. Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers : Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé, Coll. « Les Savoisiennes »,‎ 2007, 503 p. (ISBN 978-2-8420-6341-2), p. 54-55.
  12. D'après l'itinéraire d'Antonin et la table de Théodose cité par J.-J. Vernier, 1896, Études historiques et géographiques sur la Savoie, p. 33-43, édition 1993, Res Universis.
  13. L’étude de son culte est particulièrement intéressante. Elle s’appuie sur un texte du XIIe siècle relatant la Vie du saint et ses miracles qui a été retrouvé au XVIIe siècle. De ce document, aujourd’hui disparu, on conserve au moins quatre copies partielles ou des résumés, dont celle du père Jésuite Pierre-François Chifflet, d'avant 1643. Selon ce dernier : « Saint Jacques est Syrien, au service du roi. Il n’accepte pas la persécution dont sont victimes les chrétiens et se convertit. Il vient de recevoir le baptême lorsqu’il rencontre saint Honorat, qu’il suit à l'abbaye de Lérins, ce dernier lui confère les ordres majeurs et l’envoie évangéliser le pays des Ceutrons, vers 420 ».
  14. a, b et c Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers : Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé, Coll. « Les Savoisiennes »,‎ 2007, 503 p. (ISBN 978-2-8420-6341-2), p. 293.
  15. a et b Marius Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (Tarentaise), vol. 4, Éditions Horvath,‎ 1982, 444 p. (ISBN 978-2-7171-0159-1), p. 14.
  16. D'après Léon Vercoutère, auteur de Les seigneurs de Briançon et d'Aigueblanche en Tarentaise (1933), repris par Bernard Bligny, L'église et les ordres religieux dans le royaume de Bourgogne, Impr. Allier,‎ 1960, 535 p. (ISBN 978-2-7171-0159-1), p. 138.
  17. Académie de la Val d'Isère, Recueil des mémoires et documents, Volume 2, 1868, p.306.
  18. a et b Marius Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (Tarentaise), vol. 4, Éditions Horvath,‎ 1982, 444 p. (ISBN 978-2-7171-0159-1), p. 339.
  19. Félix Bernard, Les Origines féodales en Savoie-Dauphiné : la vie et les rapports sociaux d'alors, Impr. Guirimand,‎ 1969, 396 p. (ISBN 978-2-7171-0159-1), p. 313.
  20. a, b et c Jacques Lovie, Histoire des diocèses de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Éditions Beauchesne,‎ 1979, p. 44-45.
  21. a et b Volume 1 de Archives de l'ancien duché de Savoie. Série S A. Inventaire, Archives départementales de la Savoie, 1966, p.59
  22. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine,‎ 2000, 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 369.
  23. L'observation des blasons de ces deux familles permettrait ce rapprochement. Félix Bernard, Le pays de Montmayeur : sa vallée du Coisin et le Bondeloge, Imprimerie Allier,‎ 1971, 214 p., p. 104.
  24. Marcel Charvin, Histoires ... de Val d'Isère, Éditions du C.N.R.S., Centre régional de publications Lyon, 1979, 323 pages, p.69.
  25. Cette famille porte selon les textes les noms de Duyn Maréchal ou Mareschal (de) Duyn (de) La Val d'Isère. in François Marius Hudry Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (vol. 4), Roanne, Éditions Horvath,‎ 1982, 444 p. (ISBN 978-2-7171-0263-5), p. 173.
  26. Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Éditions Cabédita,‎ 1999, 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 163.
  27. François Descotes, article « Encore un mot sur Mgr Rolland, archevêque de Tarentaise », Revue savoisienne, Volumes 1-4, Académie florimontane,‎ 1868, p. 70-74.
  28. Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers : Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé, Coll. « Les Savoisiennes »,‎ 2007, 503 p. (ISBN 978-2-8420-6341-2), p. 301.
  29. a, b, c, d, e, f, g et h Dominique Jarrassé, Deux mille ans de thermalisme, Presses Universiataires Blaise Pascal,‎ 1996, 296 p. (ISBN 978-2-87741-070-0), p. 40, 41 et 45.
  30. a, b et c Boyer Marc, « La vie touristique des Dorons de la Vanoise, son évolution récente », Revue de géographie de Lyon, vol. 30, no 2,‎ 1955, p. 106-109 (lire en ligne).
  31. Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers. Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé. Collection « Les Savoisiennes » (ISBN 978-2-84206-341-2), p. 95-96.
  32. Jean-Luc Penna, La Tarentaise Autrefois, La Fontaine de Siloë,‎ 2005, 195 p. (ISBN 978-2-84206-276-7), p. 152.
  33. a, b, c, d et e Roger Loyet, Du sillon à l'or blanc: La montagne au fil des hommes, La Fontaine de Siloë,‎ 2006, 190 p., p. 20-21
  34. a, b, c et d André Palluel-Guillard (sous la dir.), La Savoie de Révolution française à nos jours, XIXe-XXe siècle, Ouest France Université,‎ 1986, 626 p. (ISBN 2-85882-536-X), p. 255-257.
  35. Louis Chabert, Les grandes Alpes industrielles de Savoie : évolution économique et humaine, Saint-Alban-Leysse,‎ 1978, 559 p., thèse. Compte-rendu par Paul Veyret dans la Revue de géographie alpine (67-3) de 1979 (Lire en ligne).
  36. Pierre Kukawka, « Les Jeux Olympiques d'hiver : enjeux et perspectives. Grenoble 1968 - Nagano 1998 », Revue de géographie alpine, vol. 87, no 1,‎ 1999, p. 99-104 (lire en ligne).
  37. a, b et c Claude Ponson, « Les XVIe Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville et de la Savoie : les enjeux de l'aménagement », Revue de géographie alpine, vol. 79, no 3,‎ 1991, p. 109-116 (lire en ligne).
  38. Colloque « Grenoble, Albertville, Turin : Que reste-t-il des Jeux Olympiques d’hiver ? », organisé par Montanea et Alpes Magazine, en partenariat avec Chambéry Promotion, 2 février 2010 à Chambéry.
  39. Marc Boyer, Les villégiatures du XVIe au XXIe siècle : panorama du "tourisme sédentaire", EMS,‎ 2008, 238 p. (ISBN 978-2-84769-088-0), p. 75.
  40. Article de Rémy Charmetant (Agence touristique départementale de la Savoie), « La Savoie sportive : les effets des événements sportifs sur le territoire » (pp.53-63) in Jean-Loup Chappelet (sous la dir.), Les politiques publiques d'accueil d'événements sportifs, Éditions L'Harmattan,‎ 2006, 224 p. (ISBN 978-2-29615-687-6).
  41. a et b Jean-Jacques Tur, Géographie humaine et économique de la France, Ellipses,‎ 1994, 447 p., p. 427, Zoom n°24 « L'impact économique des Jeux Olympiques d'hiver sur Albertville et la Savoie ».
  42. Jean Billet, « La région Rhône-Alpes et les Jeux Olympiques : tourisme, compétitivité internationale et aménagement », Revue de géographie alpine, vol. 79, no 3,‎ 1991, p. 99-108 (lire en ligne).
  43. Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers. Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé. Collection « Les Savoisiennes » (ISBN 978-2-84206-341-2), p. 356-357.
  44. Louis Aguillon, Notice Historique de l'Ecole des Mines de Paris , Chapitre 5 « L'École des mines du Mont-Blanc » (Lire en ligne) ou encore Bulletin de l'Association des Anciens élèves de l'Ecole des mines de Paris, 1932, « La mine de Pesey (Savoie) » (Lire en ligne), sur le site des Annales des Mines.
  45. La Rédaction, « Moûtiers: la maternité a fermé en 2001 », Le Dauphiné libéré,‎ 7 avril 2010 (lire en ligne).
  46. Site officiel de la race Tarentaise
  47. La Vigne en Tarentaise
  48. F. Zégierman, relecture Keldélice[réf. incomplète]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marius Hudry, En Tarentaise sur les chemins du baroque, la Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne - La Fontaine de Siloé, 1994
  • Pierre Bozon, Maurienne et Tarentaise : Les Destinées des Hautes Vallées De Savoie, Grenoble, 1986
  • Jean-Luc Penna, La Tarentaise autrefois, La Fontaine de Siloé, 3e édition, Montmélian, 2005
  • Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers. Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé. Collection « Les Savoisiennes » (ISBN 2842063414, 9782842063412)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]