Daniel Mermet

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Daniel Mermet
Image illustrative de l'article Daniel Mermet
Daniel Mermet en octobre 2006

Naissance (71 ans)
Pavillons-sous-Bois, France
Nationalité français
Profession Journaliste radio
Autres activités Écrivain
Médias
Média principal Radio
Radio « Là-bas si j'y suis » (France Inter)

Daniel Mermet, né le 16 décembre 1942 aux Pavillons-sous-Bois (actuelle Seine-Saint-Denis[n 1]), est un journaliste, écrivain et producteur de radio français principalement connu pour son émission Là-bas si j'y suis sur France Inter. Mermet est également cofondateur d'Attac[1],[2], reprenant en décembre 1997 à l'antenne de France Inter l'idée d'Ignacio Ramonet de créer ce groupe contre ce qui est présenté comme l'incurie des marchés[3]. Personnalité engagée, se définissant lui-même comme « ethniquement rouge »[4] mais sans être affilié à un parti politique, Daniel Mermet refuse l'étiquette de « militant »[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille ouvrière de la banlieue parisienne, comptant huit enfants[5].

En 1962, il sort diplômé de l'école normale d'Arts appliqués de Paris et étudie aussi à l'École nationale supérieure des beaux-arts[6],[5]. À la même époque, ses premiers engagements politiques le rapprochent des positions du FLN et du Réseau Jeanson[5]. Le 17 octobre 1961, il est témoin des massacres sur le pont Saint-Michel à Paris[7].

À la fin des années 1960, il dessine et fabrique des modèles de jouets en bois pour l'industrie. Il dessine[6] également pour l'industrie textile et collabore au magazine Elle. Il a brièvement collaboré avec Paul Grimault ce qui lui a donné l'occasion de rencontrer Pierre et Jacques Prévert[5].

Les années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

Daniel Mermet crée en 1973 le « Théâtre de la table qui recule ». Un spectacle, Mortimer Baltimore, est joué entre autres au Festival d'Avignon. Daniel Mermet connaît des difficultés financières, et la troupe disparaît lorsque son fondateur entre à France Culture en 1976 où il réalise des contes quotidiens et des émissions sur l'art brut (Dans la Banlieue de l'Art)[5].

En 1977, il entre à L'Oreille en coin de Jean Garretto et Pierre Codou sur France Inter où il réalise une émission de voyage poétique, puis il fait une émission quotidienne d'horreur en 1984 : Chair de Poule[5],[8], sur le jazz Charlie Piano Bar en 1985, et une émission humoristique en 1987, Bienvenue à bord du Titanic[5].

Outre ces émissions, il participera aussi à des programmes radiophoniques érotiques : Tendre est la nuit et Malin plaisir[8] et La Coulée Douce durant les étés 1985 et 1986, une émission « suffisamment érotique pour que des poils se hérissent »[5] qui fit scandale.[réf. nécessaire]

Là-bas si j'y suis (depuis 1989)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Là-bas si j'y suis.

Depuis septembre 1989, Daniel Mermet anime sur France Inter Là-bas si j'y suis, une émission quotidienne de voyage, d'enquête et de grands reportages. Cette émission a obtenu le prix Ondas 1992, le prix de la Société civile des auteurs multimédia (Scam) en 1993 et celui du Conseil français de l'audiovisuel 1998. Le 21 juin 2013, Daniel Mermet a obtenu le « Grand Prix Scam 2013 pour l'ensemble de son œuvre »[5].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Considéré largement comme journaliste[9] et se présentant comme tel[10], Daniel Mermet est connu comme étant particulièrement engagé dans ses émissions[11],[6], orientation qu'il revendique par ailleurs[11],[5]. Cet engagement a été dénoncé par certains journalistes en titre à France Inter qui ne peuvent se permettre des écarts à la neutralité[6]. En tant que producteur cependant, il n'est pas statutairement journaliste et dépend de la direction des programmes de Radio France[n 2],[n 3],[11].

La manière de présenter « Là-bas si j'y suis » montre les engagements sociétaux de Daniel Mermet ; Mermet a ainsi produit des reportages afin de lutter contre le Front National, protester contre l'invasion de la Tchétchénie, aider une rescapée d'un goulag nord-coréen ou encore interviewer un ancien médecin nazi, précipitant sa mise en accusation face au tribunal correctionnel par de multiples associations[7]. Outre ces reportages, Mermet produit aussi des émission plus légères et au ton pittoresque. Moins fréquents que les reportages engagés, ces reportages n'en représentent pas moins une grande part de l'émission[7].

Reportages marquants[modifier | modifier le code]

Parmi les reportages considérés comme marquants de l'émission, figure la série d'émissions au Rwanda, où Daniel Mermet s'est rendu avec le journaliste de RFI Jérôme Bastion au moment du génocide des tutsis en 1994. Ils avaient découvert au milieu d'un charnier, une petite fille vivante, Valentine. Un an après, les deux journalistes sont retournés au Rwanda, et ont retrouvé Valentine[12],[13].

Lors d'un reportage à Sarajevo pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, Daniel Mermet est grièvement blessé le 24 août 1992 victime d'un accident de voiture alors qu'il circulait à vive allure pour se prémunir de tirs éventuels de snipers[14],[15],[16].

Des reportages de l'émission ont servi de base à un spectacle chorégraphique de Denis Plassard Onde de choc (1999). En 2002, avec Antoine Chao, Daniel Mermet met en scène Mords la main qui te nourrit avec des chômeurs stagiaires à la Maison de la Culture d'Amiens [17].

En 1999, l'une de ses émissions, Carnets de voyages fait figure de journal de voyage[8],[18].

Controverse[modifier | modifier le code]

Gestion du personnel[modifier | modifier le code]

En 2013, les pratiques de gestion du personnel de Daniel Mermet, déjà mises en cause par le journaliste Olivier Cyran dans le journal CQFD dix ans plus tôt[19], font l'objet d'une enquête du même journaliste Olivier Cyran intitulée « Daniel Mermet ou les délices de “l'autogestion joyeuse” »[20]. Elle révèle de nombreuses plaintes d'anciens collaborateurs de l'émission Là-bas si j'y suis[21],[22].

François Ruffin, qui a longtemps travaillé pour l'émission, estime que « dans ce portrait tout en obscurité, [il ne reconnait] pas [s]on patron »[23]. D'autres collaborateurs et anciens collaborateurs de Là-bas si j'y suis, Antoine Chao, Agnès Le Bot et Christophe Imbert, ont dénoncé le caractère militant de l'article d'Olivier Cyran. Leurs témoignages, publiés sur différents sites internet, dont Rue89 et Fakir, ont été regroupés sur le site non officiel de « Là-bas si j'y suis », sous le titre : « Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis répond »[24].

Relaxé d'incitation à la haine raciale[modifier | modifier le code]

À l'initiative de Gilles-William Goldnadel, Daniel Mermet a été poursuivi pour avoir diffusé, en 2001, des propos d'auditeurs sur le conflit israélo-palestinien tenant, selon Goldnadel, de l'« incitation à la haine raciale ». Mermet a été relaxé en juillet 2002 et définitivement acquitté par la Cour d'appel de Versailles le 20 décembre 2006. Reporters sans frontières a dénoncé des « pressions croissantes exercées sur les journalistes critiquant la politique d'Ariel Sharon »[25].

Réalisation de documentaires[modifier | modifier le code]

  • Chomsky et Cie, documentaire de Olivier Azam et Daniel Mermet basé sur la réalisation d'un reportage radio pour Là-bas si j’y suis par Giv Anquetil et Daniel Mermet. Sorti en salle le 26 novembre 2008[26], (650 00 entrées) et en DVD. .
  • Chomsky et le Pouvoir, documentaire de Olivier Azam et Daniel Mermet basé sur un nouvel entretien avec Noam Chomsky réalisé en avril 2009. Sorti en DVD en novembre 2009 avec le premier volet du documentaire[27].
  • Daniel Mermet et Olivier Azam réalisent un autre documentaire, sur l'historien américain Howard Zinn, auteur notamment d'une "Histoire Populaire des États-Unis".

Une souscription a été lancée sur le site internet de la coopérative audiovisuelle et cinématographique de production Les Mutins de Pangée[28], afin de financer le film.

Sur le site des Mutins de Pangée [29], figurent également des extraits exclusifs du documentaire en préparation, réservés à ceux que Mermet et Azam appellent les "Souscripteurs Modestes et Géniaux" (SMG).

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Là-bas si j'y suis : carnets de routes, Paris, Pocket,‎ 2000, 444 p. (ISBN 2-266-10424-1)
  • Là-bas si j'y suis : carnets de voyages, Agenda 2000, Eden,‎ 1999, 100 p. (ISBN 2-913245-09-9)
  • Là-bas si j'y suis : carnets de voyages, Agenda 2001, Eden,‎ 2000, 110 p. (ISBN 2-913245-22-6)
  • Là-bas si j'y suis : carnets de voyages, Agenda 2002, Eden,‎ 2001, 150 p. (ISBN 2-913245-37-4)
  • Ugly Ohmondieumondieumondieu !, Point virgule,‎ 2002, 152 p. (ISBN 2020558696)
  • L'île du droit à la caresse, Panama,‎ 2004, 26 p. (ISBN 2-7557-0128-5)
  • Post-scriptum sur l'insignifiance suivi de Dialogue, édition de l'Aube,‎ 2007, 149 p. (ISBN 978-2-7526-0372-2)

CD-livre[modifier | modifier le code]

- Reprise de l'émission Là-bas si j'y suis du
- Inclus dans un livre de 47 pages
- Illustration musicale :
The Left hand of God, de Victor Young, interprété par le Charlie Haden Quartet West
J'aurais bien voulu, L'Ours, Signalétique, de et interprété par Jacques Higelin et Areski Belkacem, extraits de l'album Higelin et Areski

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avant 1964 : dans le département de la Seine.
  2. D'après Deleu 2006, p. 172, l'émission Là-bas si j'y suis ne relève pas de la grille « journalisme » de France Inter mais de celle des « programmes » tout comme sa dépendance hiérarchique qui est celle du directeur des programmes. Mermet n'aurait par ailleurs pas de carte de presse, du moins jusqu'à 2006.
  3. D'après Fribourg 2006 « Les producteurs radio ne sont pas journalistes, n'en ont pas le titre, seuls certains se définissent comme tels » déclare Hervé Glévarec.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le collège des fondateurs d'Attac », sur Attac France (consulté le 26 juillet 2013)
  2. Deleu 2006, p. 173
  3. Bonnassieux 2005, p. 81
  4. « Comme certains sont nègres, moi je suis rouge », revue Médias,‎ automne 2011 (interview de Daniel Mermet)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k La Lettre de la SCAM n°46 2013
  6. a, b, c et d Deleu 2006, p. 172
  7. a, b et c Deleu 2006, p. 174
  8. a, b et c Deleu 2006, p. 176
  9. [vidéo] « Plateau Daniel Mermet », sur ina.fr, France 2,‎ 18 mai 1995 (consulté le 1er août 2013)
  10. (fr) [vidéo] Daniel Mermet, Journaliste, SCAM (Réalisation Stéphane Marchetti), 24 mai 2011 sur Dailymotion
  11. a, b et c Fribourg 2006, p. 50
  12. Libération, 23 mai 1995, FRANCE INTER, 14 heures à 15 heures. «Là-bas si j'y suis». Daniel Mermet, au Rwanda, sur les traces de Valentine. Il y a un an, il découvrait l'enfant au milieu d'un charnier
  13. INA Plateau Daniel Mermet, 18 mai 1995 - sur le Rwanda]
  14. Florence Mitri, « « Salut, c’est Daniel Mermet… » », La Vie, no 2497,‎ 8 juillet 1993 (lire en ligne)
  15. L'accident de Daniel Mermet à Sarajevo INA
  16. Émission Là-bas si j'y suis du 4 décembre 2013, diffusion entre la 30e et la 36e minute de l'enregistrement précédant l'accident
  17. L'Humanité , 12 avril 2002, Quinze chômeurs un matin dans la Somme…
  18. La-bas.org L'émission Carnets de voyages
  19. « T'en baves là-bas si j'y suis », article publié dans le no 7 de CQFD (décembre 2003).
  20. Olivier Cyran, « Daniel Mermet ou les délices de “l'autogestion joyeuse” », Article11, 26 juin 2013.
  21. Enquête relayée par Mediapart, Slate, Rue89 et Arrêt sur Images.
  22. « Harcèlement moral chez Mermet : émoi en ligne, embarras à Radio France », Rue89, 6 juillet 2013.
  23. François Ruffin, « Mes années Mermet », 8 juillet 2013.
  24. Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis répond
  25. « Daniel Mermet, la « mauvaise cible » des pro-Israéliens », Le Courrier
  26. Le site du film Chomsky et Cie
  27. Les Mutins de Pangée
  28. Les Mutins de Pangée
  29. Les Mutins de Pangée, à propos du documentaire "Howard Zinn, une histoire populaire des États-Unis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Christophe Deleu, Les anonymes à la radi : Usages, fonctions et portée de leur parole, De Boeck Supérieur, coll. « Médias recherches »,‎ 19 juin 2006, 232 p. (ISBN 2-8041-5044-5 et 978-2-8041-5044-0, lire en ligne)
  • « Astérisque », La Lettre de la SCAM, Société civile des auteurs multimédia, no 46,‎ juillet 2013 (lire en ligne)
  • Jean-Baptiste Fribourg, Salut Daniel... La communauté des auditeurs de là-bas si j'y suis sur France Inter : Mémoire de fin d'étude, Science-Po Lyon,‎ 2006 (lire en ligne)
  • Alain Bonnassieux, Que sont les dirigeants associatifs devenus ? : Enquêtes sur l'évolution des engagements bénévoles dans la région stéphanoise, Université de Saint-Étienne,‎ 2005, 145 p. (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]