Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau

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Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau
Le comte de Rambuteau,d'après Court, 1838 MMCR.jpg

Le comte de Rambuteau, d'après Court, en 1838

Fonctions
Député
Conseiller d'État
Pair de France
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
Lieu de travail
Activités
Autres informations
Distinction

Claude-Philibert Barthelot, comte de Rambuteau, est un préfet et administrateur français, né à Mâcon (Saône-et-Loire) le , mort à Charnay-lès-Mâcon (Saône-et-Loire), le . Haut fonctionnaire français de la première moitié du XIXe siècle, il fut conseiller d'État et pair de France, et a joué un rôle important en tant que préfet de la Seine de 1833 à 1848.

Il a mis en place les premiers éléments de la transformation de Paris, achevée par le préfet Haussmann sous le Second Empire : percée de nombreuses artères dont les Champs-Élysées, achèvement de nombreux édifices et constructions d'importants monuments.

La rue Rambuteau à Paris porte son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Le comte Claude-Philibert Barthelot  de Rambuteau naît à Mâcon en 1781, d’une vieille noblesse catholique originaire du Sud de la France, des environs de Montauban, enracinée en Bourgogne depuis le XVIe siècle. Les Barthelot possèdent alors les terres d’Ozenay, de Meursault et de Crary. La propriété de Rambuteau est acquise plus tardivement en 1545 ; du château ancien, il reste une tour et une chapelle, le château actuel sera construit à partir de 1824[1].

Le comte vécut son enfance au château de Champgrenon, à Charnay-Lès-Mâcon.  Construit en 1580, cette demeure eut le privilège d’abriter les réunions des poètes de la Pléiade. Le comte doit ses deux prénoms à ses ancêtres, dont Claude de Barthelot qui protégea l’abbaye St Philibert de Tournus contre les huguenots[1].

Son père se prénomme donc Claude et son oncle Philibert ; lui-même cumule ce double  héritage. Ses aïeux sont des militaires qui servent vaillamment leur Roi et la France, lors de la guerre de Succession d’Espagne (1702-1713) puis de la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748). Là, Claude Barthelot de Rambuteau au service du prince de Conti obtient la croix de St-Louis, éminente distinction militaire[1].

Les Mémoires ne nous disent rien de plus sur cette lignée, somme toute classique, de vieille noblesse française, s’acquittant comme il se doit de l’impôt du sang, payant de sa personne et aussi de ses biens, sans en obtenir beaucoup plus que la gloire et l’honneur de servir. Claude de Rambuteau, grand-père du comte Philibert, eut l’obligation de nourrir en  partie ses hommes et fut obligé de vendre ses terres de Villars et de Crary, et à mettre "les écureuils à pied"  à savoir en coupant et vendant ses bois[1].

Cette noblesse de province, différente de l’aristocratie parisienne, repose sur des assises foncières essentielles, ce qui n’exclut pas un important réseau aristocratique de relations amicales et familiales ; à Lyon Monsieur de Brévannes, Madame de la Salle, à Paris chez ma tante de Boisgelin, hôtel Brévannes, rue d’Orléans, au Marais  comme le précise le comte de Rambuteau après avoir évoqué son enfance tourmentée[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est tout d’abord administrateur sous le Premier Empire. Nommé chambellan de Napoléon Ier en 1809, comte de l'Empire en 1810, préfet du Simplon en 1813 (qu'il doit fuir en pleine nuit le 26 décembre par le col de la Forclaz) puis de la Loire en 1814. Durant les Cent-Jours, il est de nouveau au service de l'Empereur (préfet de l'Aude). Rambuteau a été marqué par son expérience de l'époque napoléonienne ; il écrira dans ses Mémoires : « Je trouvai un grand intérêt à suivre l'Empereur au conseil d'État... C'était la grande école de gouvernement, si j'ai valu quelque chose depuis, c'est à cette école que je l'ai dû. »

Après la bataille de Waterloo(1815), destitué par la seconde Restauration, il se retire en Bourgogne où il reste inactif pendant douze ans.

En 1827, il se fait élire député pour l'opposition libérale et est réélu en juin 1830. Adversaire de Charles X, il bénéficie de l'instauration de la Monarchie de Juillet ; en 1833, Louis-Philippe le nomme préfet de la Seine, puis l'appelle à la Chambre des pairs (1835).

Préfet de la Seine[modifier | modifier le code]

Dans se première adresse à Louis-Philippe, le préfet Rambuteau déclare :

« Dans la mission que Votre Majesté m'a confiée, je n'oublierai jamais que mon premier devoir est de donner aux Parisiens de l'eau, de l'air et de l'ombre. »

— Mémoires

Son mandat est marqué par la mise en œuvre des théories hygiénistes. Un an avant sa nomination, en 1832, une épidémie de choléra a ravagé Paris. Rambuteau estime que les rues étroites, tortueuses et insalubres du centre de Paris favorisent le développement de la maladie. Il lance le percement d'une voie de 13 mètres de largeur, ce qui constitue une nouveauté dans le centre de la capitale : la rue Rambuteau, qui recevra le nom du préfet dès 1839.

La rue Rambuteau à Paris

Sous son mandat, l'Arc de Triomphe est terminé et le projet de la grande avenue des Champs-Élysées voit le jour. Le pouvoir de l'administration reste cependant limité par les règles d'expropriation.

Une loi « d'expropriation pour cause d'intérêt public » du 3 mai 1841 s'efforce d’adapter ces règles. Cette loi reste toutefois favorable aux propriétaires, toujours largement indemnisés grâce à un jury attentif à les défendre.

Appliquant sa devise « de l'eau, de l'air, de l'ombre », Rambuteau fait moderniser le réseau des égouts et construire de nombreuses fontaines, dont certaines sont encore en fonction dans les jardins publics. Passionné d’horticulture, il installe l’arbre dans la rue : il développe les espaces verts et la plantation d'arbres le long des avenues.

Il généralise l'éclairage au gaz : à son arrivée aux affaires, la ville comptait 69 becs de gaz (réverbère à gaz qui a rendu obsolète l’utilisation des réverbères à huile), à son départ, 8 600.

Son nom est aussi attaché aux vespasiennes qu'il a fait installer sur les voies publiques. À Paris, les vespasiennes ont un temps été appelées rambuteaux, par antonomase[2].

Malgré le vote de la loi d'expropriation de 1841, qui a permis la réalisation de certains travaux d'urbanisme, Rambuteau n'a pas eu les moyens qui permettront plus tard à Haussmann de mener à bien les grands travaux dont il a montré la voie.

On peut observer des « R » sur les cheminées latérales de l'Hôtel de ville de Paris, qui sont la signature du préfet Rambuteau.

Il fut également l'un des préfets les plus actifs pour la conservation des monuments anciens de son département, au côté d'autres préfets de la Monarchie de Juillet sensibles à la préservation du patrimoine tel Chaper en Côte d'Or, Gabriel dans l'Aube et Rivet dans le Rhône[3].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il a épousé, le 7 mars 1808 à Agen, Marie-Adélaïde-Charlotte de Narbonne Lara, née le 11 mai 1790 à Belleville[4] (département de la Seine), morte le 31 décembre 1856 au château de Champgrenon à Charnay-lès-Mâcon, petite fille naturelle du roi Louis XV, dont il a eu trois filles :

  • Claudine Adèle (1809-1876) qui épousa en 1831, Emmanuel de Mesgrigny (1807-1874)
  • Marie-Louise (1812-1880) qui épousa en 1834, Theodore Giles Louis Alphonse de Rocca (1812-1842)
  • Amable-Françoise (1817-1851) qui épousa, le 16 juillet 1835 à Paris, Jean-Jacques-Louis Lombard de Buffières (1800-1875)

Citations[modifier | modifier le code]

« M. de Rambuteau renouvela la face de Paris. Les vieilles rues furent rendues plus praticables ; cent vingt kilomètres d'égouts furent remaniés, les boulevards nivelés, les quais et les places plantés d'arbres, et l'éclairage au gaz fut presque partout substitué aux lanternes de M. de Sartine. Vingt-sept boulevards extérieurs furent commencés ; on modifia et décora les places de la Concorde, et de la Bastille ; les Champs-Élysées se couvrirent d'hôtels. Des terrains incultes et des marais, dans les faubourgs du Temple, Saint-Martin et Montmartre et dans le clos Saint-Lazare, se transformèrent en quartiers salubres et aérés. Parmi les édifices restaurés ou construits, il faut citer l'Hôtel-de-Ville, la Sainte-Chapelle, Notre-Dame-de-Lorette, la Madeleine, Saint-Vincent-de-Paul, le Collège de France, le grand hôpital Lariboisière, les prisons modèles de La Roquette et de Mazas, les fontaines Cuvier, Richelieu et Saint-Sulpice, etc[5]. »

— Article Comte de Rambuteau, de H. Fisquet, Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Firmin Didot Frères, 1862

« M. de Rambuteau fut, on ne l'a pas oublié, l'Haussmann du gouvernement de Louis-Philippe, mais un Haussmann raisonnable et modéré, moins audacieux, moins aventureux, plus sérieusement administrateur, plus économe des deniers des contribuables, enfin moins dédaigneux de l'opinion de ses administrés, comme il convenait à un régime constitutionnel. »

— Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1875

Anecdote[modifier | modifier le code]

  • Rambuteau avait une orthographe approximative : venu voir une dame de la haute société et ne la trouvant pas chez elle, il y laissa une carte ainsi libellée : « Je suis Venus en personne », ce qui l'étonna grandement du fait de la corpulence du préfet... (cité par Octave Aubry, dans L'Impératrice Eugénie).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Groupe Patrimoine Ecrit de Bourgogne, Claude Philibert de RAMBUTEAU (1781-1869) Un homme de son temps. Chambellan, Préfet, Initiateur de la transformation de Paris, Université pour Tous de Bourgogne, Centre de Chalon sur Saône, , page 13 p.
  2. Voir par exemple Huysmans dans À vau l'eau.
  3. Abbé Migne, Esprit Gustave Jouve,Michel André,Charles Forbes Montalembert (comte de), Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ou: Théorie du beau dans l'art chrétien, Paris, J-P Migne,
  4. Geneanet.org. Belleville ne faisait pas partie de Paris.
  5. Nouvelle biographie générale, article « Rambuteau », lire en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) O. F Abbott, A Maker of Modern Paris: Comte de Rambuteau, The Contemporary review n° 873, septembre 1938, pp. 350-356

Liens externes[modifier | modifier le code]